Portrait du "colonel Fabien" paru dans La Défense du 17 août 1945.
Le 6 août 1944, cinq mille affiches sortirent de l'imprimerie Frémiot, avenue Parmentier. Quatorze jours plus tard, Paris était libre.
L'imprimerie de Louis Frémiot était installée au 16 avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement. Le 6 août 1944, dans les conditions du Paris occupé, elle imprima cinq mille exemplaires de l'ordre de mobilisation générale des Francs-Tireurs et Partisans Français de la région Paris.
Le texte avait été rédigé par l'état-major régional des FTPF, coordonné notamment par Pierre Georges, dit le colonel Fabien, et par Rino Scolari. L'ordre appelait les résistants et les patriotes à se lever. Les affiches furent transportées et stockées en lieu sûr.
Dans la nuit du 10 au 11 août 1944, elles furent collées sur les murs de Paris. La date du 10 août n'était pas choisie au hasard : c'était le cent cinquante-deuxième anniversaire de la prise des Tuileries par les sections révolutionnaires en 1792. La Résistance aimait ses calendriers.
Paris était encore occupé. Les Allemands contrôlaient la ville, les exécutions continuaient, les déportations également. La grève de la police ne commencerait que le 15 août, le soulèvement général le 19. Mais les affiches étaient déjà sur les murs.
Louis Frémiot risquait sa vie et son imprimerie. Le colonel Fabien ne vit pas la Libération de Paris qu'il avait préparée : il mourut en Alsace en décembre 1944, quatre mois après avoir commandé la mobilisation.
Les affiches du 10 août furent le dernier appel aux armes avant que les barricades ne s'élèvent.