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19 octobre 1942
Événement

Trois combattants des FTP-MOI grenadent les soldats allemands, l'attaque la plus meurtrière de l'Occupation à Paris

Stade Jean Bouin
Trois combattants des FTP-MOI grenadent les soldats allemands, l'attaque la plus meurtrière de l'Occupation à Paris
Affiche Rouge.

Des soldats de la Luftwaffe font de la gymnastique au stade Jean-Bouin du 16e arrondissement ; trois hommes franchissent la grille, lancent leurs grenades et repartent à bicyclette.

Le stade Jean-Bouin, avenue du Général-Sarrail dans le 16e arrondissement, a été réquisitionné par l'occupant. Des unités allemandes y font l'exercice physique, en tenue de sport, désarmées, à heures fixes. C'est une cible idéale : concentrée, prévisible, sans protection.

Les FTP-MOI de la région parisienne l'ont repéré. Ces détachements de la Main-d'œuvre immigrée regroupent des réfugiés politiques et des ouvriers étrangers, juifs polonais et hongrois, Arméniens, Italiens antifascistes, Espagnols républicains. En 1942, ils sont pratiquement les seuls à mener la lutte armée dans Paris. Leurs moyens sont dérisoires : quelques armes de poing, des grenades récupérées, des bicyclettes pour fuir.

Le 19 octobre 1942, trois combattants des FTP-MOI lancent des grenades sur les soldats allemands rassemblés au stade. Huit soldats sont tués, quinze blessés. C'est le bilan le plus lourd de toutes les actions armées menées à Paris pendant l'Occupation.

Les représailles suivent. L'occupant prélève des otages dans les camps de Romainville et de Compiègne et les fusille au Mont-Valérien. Des listes sont établies avec la collaboration des autorités françaises, qui désignent prioritairement des communistes et des Juifs.

Cette logique est le dilemme permanent de la Résistance armée. Chaque action tue quelques Allemands et coûte la vie à des dizaines de Français désignés au hasard. Certains dirigeants de la Résistance non communiste jugent la lutte armée urbaine contre-productive et préfèrent le renseignement et le sabotage. Les FTP-MOI répondent que sans attentats, l'occupant règne en paix, que la France passe pour consentante, et que ceux qui sont voués à la déportation de toute façon n'ont rien à ménager.

La plupart de ces combattants seront arrêtés en novembre 1943 par les Brigades spéciales de la police française, et fusillés en février 1944.