Calvinus Institutio Christianae religionis, Institution de la réligion chrétienne
Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et royales. L’objectif est clair : montrer que les textes réformés n’ont pas leur place dans le royaume et que ceux qui les impriment ou les diffusent s’exposent à des sanctions.
Étienne Dolet n’est pas un simple exécutant. Humaniste, imprimeur, il a choisi de publier des ouvrages qui participent à la diffusion des idées de la Réforme. En s’attaquant à ses livres, le pouvoir vise aussi sa personne et, au-delà, la liberté de l’imprimerie. L’atelier typographique, capable de multiplier rapidement les textes et de les faire circuler, devient un enjeu politique et religieux majeur.
Le choix du parvis de Notre-Dame renforce le message. On ne détruit pas ces ouvrages dans un lieu discret, mais au centre symbolique de la capitale religieuse, devant tous. Ce type d’autodafé sert à rappeler que l’orthodoxie catholique reste la norme officielle et que toute contestation, qu’elle soit théologique ou portée par le livre imprimé, sera traitée comme une menace directe à l’ordre du royaume.