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📖 Un Paris révolutionnaire AUZIAS Claire
Bibliographie

Un Paris révolutionnaire

AUZIAS Claire
L'Esprit frappeur, 2001.
Livre
187 Fiches citant cet ouvrage
2001 Édition

Fiches citant cet ouvrage

187 fiches
Événement
1791
1791 — Hôtel de Modène/Demeure d'Anacharsis Cloots
p 20
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Événement
1391
1391 – 1914 — Conciergerie
p 22
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Événement
1871
16 mai 1871 — Colonne Vendôme (érigée en 1810)
p 25-28
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1892
8 novembre 1892 — Commissariat de Police de la rue des Bons Enfants
p 29
Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enf …

Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enfants

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Événement
1793
10 mai 1793 — Bibliothèque du couvent des Jacobins
p 31-32
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Événement
1892
1892 — Club des Socialistes indépendants allemands
p 35
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Événement
1907
23 novembre 1907 — Salle du Petit Journal
p 36
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Événement
1960
1960 – 1976 — Siège de la Confédération Nationale du Travail/Siège du CESE
p 37
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Événement
1949
1949 – 1967 — Demeure de Marie-Rose Berland
p 39
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Événement
1844
1844 — Siège de la revue "Vorwärts"/Bureaux des "Annales franco-allemandes"
p 40-41
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Événement
1792
5 septembre 1792 – 1793 — Église des Capucines/Section de la place Vendôme/Section des Piques
p 46-47
L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre. À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des …

L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre.

À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des Piques, anciennement section de la place Vendôme, dont elle vient de changer le nom en hommage à l'arme des sans-culottes. C'est l'une des sections révolutionnaires de Paris qui compte parmi ses membres le citoyen Robespierre. Sade sera élu président de la section en juillet 1793.

Le Marquis de Sade, né en 1740, avait passé une grande partie de sa vie en prison ou à l'asile : à Vincennes et à la Bastille, où il avait composé ses œuvres les plus scandaleuses, dont "Les 120 journées de Sodome", rédigées sur un rouleau de papier caché dans les murs de sa cellule. Libéré en 1789, peu avant la prise de la Bastille, il se retrouva dans une République naissante qui confondait liberté des mœurs et liberté politique, et il s'y engagea avec un zèle que ses biographes n'ont pas toujours su comment qualifier.

À la Section des Piques, Sade rédige des discours, des adresses, des pétitions. On connaît huit textes imprimés et un manuscrit de sa main. Le 15 novembre 1793, il est l'auteur d'une pétition anti-religieuse adressée aux représentants du peuple, demandant l'établissement d'un culte de la Raison en remplacement du "charlatanisme religieux" : le texte, conservé à Gallica, révèle un Sade parfaitement intégré au vocabulaire révolutionnaire de l'époque, plus proche des hébertistes que des robespiérristes sur la question de la religion.

Le paradoxe est vertigineux. L'homme dont les œuvres célébraient la violence, la domination et l'avilissement des corps se retrouve à rédiger des pétitions humanistes et à administrer les affaires d'une section populaire. Un paradoxe qui a sa logique : Sade avait haï la monarchie et l'Église autant que quiconque, et la Révolution lui offrait pour la première fois la possibilité d'exister comme citoyen ordinaire plutôt que comme prisonnier ou scandale de salon.

En décembre 1793, la Terreur le rattrape. Appelé à siéger dans un tribunal révolutionnaire, il refuse de signer des actes de condamnation. La chose lui sera reprochée : arrêté comme "modéré" par les robespiérristes, il est incarcéré et faillit périr sur l'échafaud. Il ne fut sauvé que par la chute de Robespierre au 9 thermidor. Il mourut en 1814 dans l'asile de Charenton, où il continuait à écrire des pièces de théâtre jouées par les pensionnaires de l'établissement.

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Événement
Date imprécise — Hôtel des Tournelles/Cour des miracles
p 48-50
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Événement
1250
1250 – 1667
p 48-50
La Cour des miracles de la rue Neuve St Sauveur, appelée le "royaume d'Argot", était dominée par le grand Coësre, ou le Ragot sous Henri II. Elle est démantelée par La Reynie en 1667
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Événement
1250
1250 – 1667
p 48-50
La Cour des miracles de la rue Neuve St Sauveur, appelée le "royaume d'Argot", était dominée par le grand Coësre, ou le Ragot sous Henri II. Elle est démantelée par La Reynie en 1667
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Événement
1792
décembre 1792 – 1794 — Imprimerie de Jacques-René Hébert
p 49
Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 …

Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 que le souvenir et la topographie tourmentée. C'est dans cet espace résiduel, rebaptisé « cour des Miracles » sur l'impressum du journal, qu'Hébert installe l'imprimerie du Père Duchesne entre les mois de décembre 1792 et d'octobre 1793. L'adresse officielle : « rue Neuve-de-l'Égalité, cour des Miracles ».

Le choix n'est pas anodin. Ce quartier populaire, dense, difficile à surveiller, est le terrain naturel d'un journal qui se veut la voix des sans-culottes. C'est ici que s'impriment, tout au long de l'année 1793, les grandes colères et les grandes joies du Père Duchesne — les numéros 171 à 312, soit près de la moitié de la série. Les crieurs les écoulent ensuite dans les sections, les cafés et les marchés, jusqu'à des tirages qui atteignent parfois 70 000 exemplaires.

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Événement
1796
28 février 1796 — Abbaye Ste Geneviève/Lycée Henri IV
p 51-52
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Événement
1795
16 novembre 1795 — Réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève (puis dans un des caveaux)/Club du Panthéon
p 51-52
Ouverture du club du Panthéon, dit aussi club des Panthéonistes, foyer de la future Conjuration des Égaux
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Événement
Date imprécise — Demeure de Madeleine Pelletier
p 53
Militante anarchiste et féministe ; première femme interne des hôpitaux de Paris
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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 54
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
1948
1948 – 1972 — Imprimerie de la Ruche ouvrière
p 61
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Événement
1791
Événement
1791
16 janvier 1791 — Église Saint-Sulpice
p 63-65
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Événement
1865
8 janvier 1865 – 1868 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 68-69
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
Événement
1971
1971 — Siège du journal "Le Réfractaire"
p 70-71
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Événement
1933
1933 – 1988 — Demeure de René Lefeuvre/Siège de la revue "Les Cahiers de Spartacus"
p 74-75
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Événement
1843
octobre 1843 – 1845 — Hôtel Lauzun/Hôtel Pimodan/Demeure de Charles Baudelaire/Demeure de Théophile Gautier
p 82
Charles Baudelaire et Théophile Gautier sont locataires ; l'Hôtel accueille un cénacle romantique, mais aussi le club des "Haschischins"
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Événement
Événement
1961
17 octobre 1961 — Préfecture de police/Pont St Michel
p 94-96
Ils étaient venus sans armes, en habits du dimanche, protester contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux ; on les a matraqués, noyés, et la France a mis quarante ans à admettre que cela avait eu lieu. Le 5 octobre 1961, …

Ils étaient venus sans armes, en habits du dimanche, protester contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux ; on les a matraqués, noyés, et la France a mis quarante ans à admettre que cela avait eu lieu.

Le 5 octobre 1961, le préfet de police Maurice Papon annonce l'instauration d'un couvre-feu à Paris. Il ne s'applique qu'à une catégorie de la population : les "Français musulmans d'Algérie," qui ont interdiction de circuler entre vingt heures trente et cinq heures trente du matin. Ils sont français en droit, puisque l'Algérie est constituée de départements français. Le couvre-feu est donc une mesure raciale prise contre des citoyens.

La Fédération de France du FLN appelle à manifester pacifiquement. La consigne est stricte : aucune arme, pas même un canif ; les hommes viendront en costume, avec leurs femmes et leurs enfants.

Le 17 octobre 1961, entre vingt et trente mille Algériens convergent vers les Grands Boulevards, la place de l'Étoile, le boulevard Saint-Michel, sortant des bidonvilles de Nanterre et des foyers de banlieue. Ils sont désarmés.

La répression est immédiate et d'une brutalité extrême. Les policiers chargent à la matraque et au bâton, tirent, frappent à mort dans les cars et dans les cours de commissariats. Des hommes sont jetés à la Seine du pont Saint-Michel et du pont de Neuilly. Des corps seront repêchés pendant des semaines en aval. Plus de onze mille manifestants sont arrêtés et parqués au Palais des Sports, au stade Pierre-de-Coubertin et au Vélodrome d'Hiver, dix-neuf ans après la rafle de juillet 1942 au même endroit.

Le bilan officiel de l'époque annonce trois morts. Les historiens l'estiment aujourd'hui entre plusieurs dizaines et deux cents. Le chiffre exact restera inconnu.

Le lendemain, la presse reprend la version préfectorale. Les inscriptions "Ici on noie les Algériens" apparaissent sur les quais. Les archives resteront fermées, les dossiers détruits, l'affaire enterrée par l'amnistie de 1962. Il faudra attendre les années 1990 pour que l'histoire s'écrive, et 2012 pour qu'un président de la République reconnaisse les faits.

Maurice Papon sera condamné en 1998, non pour ce massacre, mais pour sa participation à la déportation des Juifs de Bordeaux.

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Événement
1962
8 février 1962 — Bouche du métro Charonne/Comité Audin
p 94-96
Répression d'une manifestation anti-OAS, qui fera 9 tués, tous CGT, et plus de 100 blessés Le 8 février 1962, une manifestation anti-OAS rassemble des milliers de syndicalistes à Paris, dans le contexte de la guerre d'Al …

Répression d'une manifestation anti-OAS, qui fera 9 tués, tous CGT, et plus de 100 blessés

Le 8 février 1962, une manifestation anti-OAS rassemble des milliers de syndicalistes à Paris, dans le contexte de la guerre d'Algérie. L'Organisation armée secrète (OAS), groupe clandestin opposé à l'indépendance algérienne, multiplie les attentats et les violences contre les partisans du général de Gaulle.

Vers 21 heures, le cortège, composé majoritairement de militants de la Confédération générale du travail (CGT), arrive rue de Charonne dans le 11e arrondissement. Des forces de police, déployées en masse, chargent violemment la foule à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Des témoignages rapportent des tirs de balles réelles par les forces de l'ordre, transformant la rue en piège mortel.

Bilans : neuf morts, tous membres de la CGT, dont Pierre Beylot, cheminot de 21 ans, et plus de 100 blessés. Parmi les victimes, des ouvriers et des militants syndicaux abattus ou piétinés dans la cohue. L'événement, connu comme le massacre de la rue de Charonne, est l'un des plus meurtriers de la répression policière sous la Ve République.

Une plaque commémorative sur le mur de la rue rappelle les noms des victimes et la date. Chaque année, des cérémonies y rendent hommage aux syndicalistes tués.

Sources

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Événement
1961
Événement
1544
14 février 1544 — Parvis de Notre-Dame
p 97-99
Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et r …

Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et royales. L’objectif est clair : montrer que les textes réformés n’ont pas leur place dans le royaume et que ceux qui les impriment ou les diffusent s’exposent à des sanctions.

Étienne Dolet n’est pas un simple exécutant. Humaniste, imprimeur, il a choisi de publier des ouvrages qui participent à la diffusion des idées de la Réforme. En s’attaquant à ses livres, le pouvoir vise aussi sa personne et, au-delà, la liberté de l’imprimerie. L’atelier typographique, capable de multiplier rapidement les textes et de les faire circuler, devient un enjeu politique et religieux majeur.

Le choix du parvis de Notre-Dame renforce le message. On ne détruit pas ces ouvrages dans un lieu discret, mais au centre symbolique de la capitale religieuse, devant tous. Ce type d’autodafé sert à rappeler que l’orthodoxie catholique reste la norme officielle et que toute contestation, qu’elle soit théologique ou portée par le livre imprimé, sera traitée comme une menace directe à l’ordre du royaume.

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Événement
1546
3 août 1546
p 97-99
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
Événement
Événement
Événement
1831
9 mai 1831 — Restaurant "Aux vendanges de Bourgogne"
p 102-105
Banquet républicain organisé par la Société des Amis du Peuple en l'honneur des acquittés du 15 avril ; Galois porte un toast "à Louis-Philippe, s'il trahit" avec un couteau dans la main
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Événement
1824
Événement
1871
Événement
1851
1851 — Hôtel St Joseph ou Riffault/Séjour de Jules Vallès
p 106-108
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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Vallès/Cachette d'Émile Oudet
p 106-108
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Événement
1871
Événement
1885
14 février 1885 — Séjour de Jules Vallès
p 106-108
Jules Vallès meurt le 14 février 1885 dans un appartement du 77 boulevard Saint‑Michel, à Paris, épuisé par le diabète. Il est hébergé là par le docteur Guébhard et sa famille, qui l’entourent dans ses derniers mois, ent …

Jules Vallès meurt le 14 février 1885 dans un appartement du 77 boulevard Saint‑Michel, à Paris, épuisé par le diabète. Il est hébergé là par le docteur Guébhard et sa famille, qui l’entourent dans ses derniers mois, entre soins et solidarité militante. Loin du fracas de la Commune et des tribunaux militaires, la fin de ce combattant de 1871 se joue dans un cadre presque domestique, marqué par la présence discrète de proches et d’alliés politiques.

Au moment de sa mort, Vallès a repris depuis plusieurs années son activité de journaliste et d’écrivain : il a publié sa grande trilogie autobiographique et relancé Le Cri du Peuple, redevenu un point de repère pour une gauche radicale encore marquée par la défaite de la Commune mais à nouveau présente dans l’espace public. Son état de santé, en revanche, ne cesse de se dégrader, jusqu’à cette dernière crise de février 1885.

La nouvelle de sa disparition se répand vite. Le 16 février, ses obsèques rassemblent des dizaines de milliers de personnes, anciens communards, militants socialistes, simples lecteurs, dans un cortège qui va jusqu’au Père-Lachaise. Entre l’appartement du docteur Guébhard et l’ultime montée vers le cimetière, c’est toute une mémoire des combats communards et ouvriers du XIXᵉ siècle qui se donne rendez-vous autour de celui qui avait choisi pour devise : « Je ne renie rien. »

Plaque de la demeure où mourut Jules Vallès, Photo: Mu, Wikimedia

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Événement
1889
mars 1889 – 1894 — Hôtel Lisbonne (devenu Hôtel Fontaines du Luxembourg)
p 106
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Événement
Événement
1830
1830 — Hôtel meublé de Rouen/Demeure de Charles-Augustin Sainte-Beuve
p 107
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Événement
1868
janvier 1868 – 1871 — Second Siège de la Société civile de consommation "La Ménagère"/Coopérative ouvrière/Les Marmites
p 109-110
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Événement
1864
1864 – 1870 — Premier Siège de la Société civile de consommation "La Ménagère"/Les Marmites
p 109-110
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Événement
1868
octobre 1868 — Premier restaurant coopératif "la Marmite"
p 109-110
Première implantation des Marmites, restaurants coopératifs offrant repas et débats ; l'association est affiliée à l'A.I.T.
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Événement
Date imprécise — Restaurant coopératif "la Marmite"
p 109-110
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Événement
Date imprécise — Restaurant coopératif "la Marmite"
p 109-110
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Événement
Date imprécise — Restaurant coopératif "la Marmite"
p 109-110
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Événement
1895
4 mai 1895 — Siège de la revue "Les Temps Nouveaux"
p 112-114
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Événement
1885
Événement
1880
1880 — Cabaret Au Vieux Chêne/Bal populaire/Enseigne remarquable
p 113
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Événement
1907
22 juin 1907 — Siège du journal "Xin Shiji"
p 115
Journal anarchiste chinois qui donnera naissance au mouvement "Travail-études", auquel ont participé de futurs dirigeants de la Chine populaire
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Événement
Événement
1821
Événement
1911
3 décembre 1911 — Crématorium du cimetière du Père Lachaise
p 132-133
Il s’était fixé soixante-dix ans pour limite. En novembre 1911, Paul Lafargue et Laura, la fille de Karl Marx, se donnent la mort ensemble. Le 3 décembre, au Père-Lachaise, le socialisme européen leur rend hommage, et un …

Il s’était fixé soixante-dix ans pour limite. En novembre 1911, Paul Lafargue et Laura, la fille de Karl Marx, se donnent la mort ensemble. Le 3 décembre, au Père-Lachaise, le socialisme européen leur rend hommage, et un exilé russe prend la parole : Lénine.

Paul Lafargue est né à Santiago de Cuba en 1842. Étudiant à Paris, militant de l’opposition socialiste au Second Empire, il est exclu à vie de l’université pour avoir souhaité, au congrès international des étudiants de Liège, en 1865, voir disparaître les rubans tricolores au profit de la seule couleur rouge. Il part finir ses études à Londres, où il fréquente Karl Marx et Friedrich Engels. En 1868, il épouse la deuxième fille de Marx, Laura. Leurs trois enfants meurent en bas âge.

Après avoir pris part à la Commune, Lafargue s’exile. Revenu après l’amnistie, il fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier français. Emprisonné à Sainte-Pélagie en 1883 pour propagande révolutionnaire, il y réédite Le Droit à la paresse, paru en 1880 ; en 1891, il est élu député du Nord alors qu’il est de nouveau en prison, condamné après la fusillade de Fourmies. Avec Laura, il traduit Marx et Engels et diffuse leur pensée en France et en Espagne. L’héritage d’Engels, mort en 1895, permet au couple, jusque-là dans la gêne, d’acheter une grande propriété entourée d’un parc à Draveil. Lénine, alors exilé en France, y est reçu en 1910.

Le 25 novembre 1911, à soixante-neuf ans, tout près de la limite qu’il s’était fixée, Paul Lafargue se donne la mort avec Laura, par une injection d’acide cyanhydrique. Sa lettre est brève : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Dans L’Humanité, Jean Jaurès leur consacre un article, « La destinée ».

Les obsèques ont lieu le 3 décembre au cimetière du Père-Lachaise. Près de vingt mille personnes y assistent. Une dizaine de dirigeants socialistes venus de toute l’Europe prennent la parole, parmi lesquels Jaurès, Édouard Vaillant, Karl Kautsky et Alexandra Kollontaï. Au nom du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, un exilé qui vit alors à Paris et qui était lié d’amitié avec le couple lit en français un éloge funèbre : Lénine.

Le Père-Lachaise abrite depuis 1889 le premier crématorium de France, dessiné par Jean Camille Formigé : la loi autorise la crémation depuis 1887, mais elle reste alors une pratique marginale, que l’Église catholique n’acceptera qu’en 1963. Paul et Laura Lafargue reposent dans la 76e division du cimetière, face au mur des Fédérés, où 147 insurgés furent fusillés à la fin de la Semaine sanglante, en mai 1871.

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Événement
1868
1er décembre 1868 – 1911 — Demeure de Paul et Laura Lafargue
p 132-133
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Événement
1911
3 décembre 1911 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Paul et Laura Lafargue
p 132-133
Né à Cuba, gendre de Karl Marx, Paul Lafargue fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier et écrit Le Droit à la paresse ; Laura, deuxième fille de Marx, traduit en français des textes de son père. Ayant décidé de ne pas at …

Né à Cuba, gendre de Karl Marx, Paul Lafargue fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier et écrit Le Droit à la paresse ; Laura, deuxième fille de Marx, traduit en français des textes de son père. Ayant décidé de ne pas attendre « l'impitoyable vieillesse », le couple se suicide ensemble à Draveil, dans la nuit du 25 au 26 novembre 1911. Près de vingt mille personnes suivent leurs obsèques le 3 décembre ; ils reposent au Père-Lachaise, dans la 76e division, face au Mur des Fédérés.

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Événement
1784
Événement
Événement
1908
Événement
Événement
1848
26 février 1848 — Caserne de la garde républicaine/Siège des "Montagnards de Caussidière"
p 145-146
Fin février 1848, Paris vient à peine de basculer dans la République quand Michel Bakounine s’installe dans une caserne de la garde républicaine, devenue le quartier général des « Montagnards » d’Étienne Arago et de Marc …

Fin février 1848, Paris vient à peine de basculer dans la République quand Michel Bakounine s’installe dans une caserne de la garde républicaine, devenue le quartier général des « Montagnards » d’Étienne Arago et de Marc Caussidière. Révolutionnaire russe en exil, déjà passé par les milieux démocrates allemands et polonais, Bakounine se retrouve au cœur du bouillonnement parisien : clubs, comités, projets d’insurrections européennes s’entrecroisent dans ce bâtiment soudain transformé en ruche politique.

La caserne sert à la fois de lieu de cantonnement et de maison commune pour une nébuleuse de militants radicaux. Caussidière, nouveau préfet de police issu de l’opposition républicaine, y protège volontiers étrangers révolutionnaires et Français « trop » remuants aux yeux des modérés. Bakounine y fréquente des socialistes, des démocrates, des républicains avancés, discute de la situation en Pologne, en Allemagne, en Italie, et rêve d’une chaîne de soulèvements qui partirait de Paris pour embraser l’Europe. Son logement dans ces murs n’a rien d’une retraite universitaire : c’est un poste d’observation et de liaison, au plus près des foyers de décision et des rumeurs d’émeute.

Ce court séjour parisien a pour lui valeur de laboratoire. Il y mesure à la fois la force explosive des insurrections urbaines et les limites des républiques bourgeoises fraîchement installées, déjà soucieuses de rétablir l’ordre. Ces tensions nourriront plus tard sa critique du pouvoir centralisé et sa méfiance envers les partis qui prétendent parler au nom du peuple tout en le contrôlant. Dans le Paris de février–mars 1848, la caserne où loge Bakounine condense ainsi un moment très particulier : celui où la nouvelle République française ouvre, pour quelques semaines, un espace aux révolutionnaires sans frontières, avant de se refermer sur eux.

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Événement
1926
25 mai 1926 — Bouillon Chartier
p 147-149
L'anarchiste Samuel Schwartzbard abat Simon Peltioura, nationaliste ukrainien responsable de pogroms ; ce qui n'empêche pas qu'on lui élève aujourd'hui des statues en Ukraine. Le 25 mai 1926, au 3 rue Racine à Paris, un …

L'anarchiste Samuel Schwartzbard abat Simon Peltioura, nationaliste ukrainien responsable de pogroms ; ce qui n'empêche pas qu'on lui élève aujourd'hui des statues en Ukraine.

Le 25 mai 1926, au 3 rue Racine à Paris, un événement marquant de l’histoire politique européenne se déroule : l’anarchiste Samuel Schwartzbard abat Symon Petlioura, figure du nationalisme ukrainien et farouche adversaire du bolchevisme. Entre 1917 et 1920, durant la guerre civile qui oppose les armées blanches au pouvoir soviétique naissant et au moment où l’Ukraine tente d’affirmer son indépendance, Petlioura joue un rôle de premier plan à la tête de la République nationale ukrainienne. En 1920, il s’allie au maréchal polonais Józef Piłsudski dans une campagne commune contre les bolcheviques. Cette alliance donne lieu à l’opération de Kiev, qui traduit l’ambition de Piłsudski de constituer une vaste fédération d’États d’Europe de l’Est — une « Grande Pologne » englobant l’Ukraine, la Biélorussie et la Lituanie.

Exilé à Paris après la défaite de la République populaire ukrainienne, Petlioura est considéré responsable de nombreux pogroms antijuifs perpétrés en Ukraine entre 1918 et 1920, lors de la guerre civile. Ces violences ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes, principalement des civils juifs.

Samuel Schwartzbard, militant anarchiste d’origine juive, justifie son geste comme un acte de vengeance pour les victimes de ces pogroms. Son procès, très médiatisé, s’ouvre en octobre 1927 à Paris. La défense met en avant la responsabilité morale de Petlioura dans les massacres, tandis que l’accusation insiste sur le caractère prémédité de l’assassinat. Schwartzbard est finalement acquitté, le jury estimant qu’il a agi sous l’emprise d’un sentiment de justice face à l’impunité des crimes commis en Ukraine.

L’affaire a un retentissement international, divisant l’opinion publique entre partisans de la cause ukrainienne et défenseurs des droits des victimes juives. Aujourd’hui, Symon Petlioura est commémoré en Ukraine, où des statues et des rues portent son nom, en tant que symbole de la lutte pour l’indépendance nationale, malgré la controverse persistante sur son rôle dans les pogroms.

Procès contre Schwartzbard en 1927

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Événement
1926
24 mai 1926 — Grand Bouillon Racine/Bouillon Chartier
p 147-149
Réunion anarchiste préparant l'attentat contre Symon Petlioura, ex commandant de l'armée et troisième président de la République populaire ukrainienne, présumé responsable de nombreux pogroms
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Événement
Événement
Événement
1930
1930 – 1934 — Maison d'édition "Hours Press"
p 154-156
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Événement
1937
1937 — Demeure de Colette Peignot
p 157-158
Demeure de Georges Bataille et de Laure, future compagne de Souvarine
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Événement
Événement
1838
10 septembre 1838 — Demeure de Flora Tristan
p 171-172
Elle sera victime d'une tentative d'assassinat par son mari pour ses opinions. Il n'est pas facile de penser librement quand on ne peut pas divorcer. Flora Tristan a trente-cinq ans en ce mois de septembre 1838. Née en 1 …

Elle sera victime d'une tentative d'assassinat par son mari pour ses opinions. Il n'est pas facile de penser librement quand on ne peut pas divorcer.

Flora Tristan a trente-cinq ans en ce mois de septembre 1838. Née en 1803 à Paris d'un père péruvien de la noblesse et d'une mère française, elle a grandi dans la misère après la mort de son père, sans héritage possible: ses parents n'étaient pas légalement mariés selon les lois françaises. Contrainte au travail dès l'adolescence, elle entre comme apprentie lithographe chez André Chazal, qu'elle épouse en 1821. Le mariage tourne vite à l'oppression; elle le quitte en 1825, emportant ses enfants. En France, sous la Monarchie de Juillet, une femme séparée n'a pas le droit de divorcer.

Au 100 bis rue du Bac, dans le 7e arrondissement, elle tient un salon politique où se retrouvent des républicains, des saint-simoniens, des socialistes utopiques, des étrangers en exil. La discussion porte sur la condition des femmes, sur les droits des travailleurs, sur l'organisation sociale. Flora Tristan est en train de publier "Pérégrinations d'une Paria" (1838), récit de son voyage au Pérou pour réclamer son héritage paternel : un livre qui lie le sort des femmes à celui des colonisés et des prolétaires, et qui est déjà, en germe, le programme de "L'Union ouvrière" de 1843.

Le lendemain du 10 septembre, son mari Chazal la retrouve dans la rue et lui tire dessus au revolver. La balle reste dans son corps; elle survit. Chazal est condamné aux travaux forcés. Le procès fait scandale: pour la première fois, un tribunal reconnaît publiquement la légitimité d'une femme à fuir un mari violent.

Flora Tristan meurt en 1844, à quarante et un ans, épuisée par une tournée de France pour promouvoir "L'Union ouvrière". Elle n'aura pas vu le mouvement ouvrier naître ni la révolution de 1848. Mais Marx lira son livre; et la formule finale du Manifeste communiste de 1848, "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!", est une reformulation directe de son appel de 1843. Sa petite-fille, Aline Gauguin, sera la mère de Paul Gauguin.

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Événement
1832
1832 — Demeure de Pauline Roland et Pierre Leroux
p 173-174
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Événement
Événement
1848
5 mars 1848 — Hôtel Manchester/Séjour de Karl Marx
p 175-176
Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d’abord logé à l’hôtel Manchester, au 1 r …

Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d’abord logé à l’hôtel Manchester, au 1 rue de Gramont, en plein cœur de la capitale. Ce séjour est bref : il ne s’agit que d’un point de chute provisoire, le temps de reprendre souffle et de trouver un logement plus stable dans un Paris en pleine effervescence révolutionnaire.

Quelques jours plus tard, la famille quitte l’hôtel pour s’installer au 10, rue Neuve‑de‑Ménilmontant, une petite rue du Marais populaire, aujourd’hui rue Commines. Le choix n’est pas anodin : on se rapproche des quartiers ouvriers et des milieux démocrates et socialistes que Marx entend observer de près avant de repartir vers l’Allemagne, où il espère voir la révolution gagner le Rhin. Dans ces quelques semaines parisiennes de 1848, entre hôtel du centre et appartement modeste du 3ᵉ arrondissement, se joue un moment de transition : Marx n’est déjà plus le jeune publiciste exilé de 1843–1845, et pas encore l’organisateur de la Neue Rheinische Zeitung, mais un révolutionnaire en transit qui prépare, depuis Paris, son retour sur la scène politique allemande.

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Événement
1830
29 juillet 1830 — Caserne de Babylone/Caserne de gardes-françaises
p 175
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Événement
1844
Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
p 175-176
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de Ferdinand Flocon, Karl Marx revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 rue Commines. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont Friedrich Engels, Ferdinand Freiligrath et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
1843
1843 – 1844 — Bureaux des "Annales franco-allemandes"
p 175-176
Premier local des Annales franco-allemandes, qui ne connaîtront qu'un seul numéro double fin février 1844, les "socialistes" français n'étant pas empressés à collaborer
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Événement
1889
18 août 1889 — Hospice des frères St Jean de Dieu/Les Incurables
p 177-178
Mort de l'écrivain Auguste Villiers de l'Isle-Adam, à l'hospice des Incurables
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Événement
Événement
1893
Événement
1894
12 février 1894 — Hôtel Terminus (de 1889)/Attentat anarchiste
p 190-191
L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'È …

L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'Ère des attentats (1892-1894), il est connu pour être l'un des premiers attentats de terrorisme de masse et modernes de l'histoire et pour la déclaration que fait Henry lors de son procès, considérée comme un élément fondateur de cette forme de terrorisme.

À la suite du vote des lois scélérates, la répression de janvier et février 1894 et l'exécution d'Auguste Vaillant sans qu'il soit gracié par Sadi Carnot, ce dernier devient un ennemi symbolique de l'ensemble du mouvement anarchiste, qui voit en lui le principal responsable des persécutions les touchant.

Le 12 février 1894, vers neuf heures du soir, Émile Henry, un jeune homme de 21 ans, entre dans le café de l’hôtel Terminus, tout près de la gare Saint-Lazare. Il porte dans la poche de son pardessus une bombe à main. L’établissement est plein : on y dîne, on y boit, on écoute l’orchestre, on profite de la chaleur et de la lumière avant de reprendre un train ou de rentrer chez soi.

Henry a renoncé à s’en prendre au président de la République, Sadi Carnot, l'Élysée est trop bien gardé, et a choisi ce lieu précisément parce qu’il y a du monde. Il allume la mèche avec son cigare, lance la bombe vers les musiciens et sort aussitôt. L’explosion fracasse glaces et boiseries, renverse les tables, blesse une quinzaine de personnes et en tue une. Dans la panique, un garçon de café et des passants se lancent à sa poursuite ; il tire au revolver, mais il est rapidement maîtrisé et arrêté non loin de là.

L’attentat du café Terminus s’inscrit dans ce que la presse appellera l’« ère des attentats », une vague d’actions violentes menées par des anarchistes contre une société jugée corrompue et inégalitaire. Lors de son procès, Émile Henry revendique pleinement son geste, visant non plus des responsables identifiés, mais la foule elle‑même, symbole à ses yeux d’un ordre social à abattre. Cet épisode marque l’un des premiers attentats de masse de l’histoire contemporaine et frappe durablement les esprits par son caractère froidement indiscriminé.

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Événement
Événement
1894
12 février 1894 — Cachette d'Émile Henry
p 190-191
Planque du militant anarchiste Émile Henry ; il y prépare l'attentat de l'hôtel Terminus
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Événement
1894
15 mars 1894 — Parvis de l'église de la Madeleine
p 192
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Événement
1923
6 juillet 1923 — Théâtre Michel
p 195-197
Pugila entre Tzara et Breton, entre Dadaïstes et futurs Surréalistes, à l'occasion de la "Soirée du Cœur à Barbe" où est représentée la pièce "le Cœur à Gaz"
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Événement
1973
18 juillet 1973 — Demeure de Georges Henein
p 198-200
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Événement
1946
1946 — Local prêté par Jacques Hérold
p 198-200
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Événement
1867
1867 — Demeure de Lautréamont
p 202-204
Chambre d'hôtel d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", mort à 24 ans
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Événement
1869
octobre 1869 – 1870 — Demeure de Lautréamont
p 202-204
Demeure d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont ; pseudonyme inspiré par Latréaumont, personnage de roman, lui-même inspiré d'un personnage réel qui tenta de renverser Louis XIV
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Événement
1870
24 novembre 1870 — Demeure de Lautréamont
p 202-204
Mort d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", à 24 ans
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Événement
1891
février 1891 — Rédaction du journal "L'Endehors"
p 205-207
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Événement
1897
1897 — Siège du journal "La Feuille"
p 205-207
Rédaction du journal anarchiste "La Feuille" ; créé par Zo d'Axa
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Événement
1825
15 décembre 1825 – 1832 — Hôtel de Hollande/Demeure de Charles Fourier
p 208-209
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Événement
1822
novembre 1822 — Demeure de Charles Fourier (chez Saussol)
p 208-209
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Événement
1822
1822 – 1825 — Hôtel St Roch/Demeure de Charles Fourier
p 208-209
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Événement
1832
1er mai 1832 – 1834 — Siège du journal "Le Phalanstère"
p 208-209
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Événement
1837
10 octobre 1837 — Demeure de Charles Fourier
p 208-209
Il attendit pendant des années, chaque midi, chez lui, le mécène qui financerait son phalanstère ; personne ne vint, et il mourut seul dans un logement de la rue Paul Lelong. Charles Fourier meurt le 10 octobre 1837 au 9 …

Il attendit pendant des années, chaque midi, chez lui, le mécène qui financerait son phalanstère ; personne ne vint, et il mourut seul dans un logement de la rue Paul Lelong.

Charles Fourier meurt le 10 octobre 1837 au 9 rue Paul Lelong, dans le 2e arrondissement. Il a soixante-cinq ans. Sa concierge le trouve à genoux au milieu de ses pots de fleurs. Il vivait seul, employé de commerce puis rentier modeste, ancien commis voyageur en tissus.

Son œuvre est l'une des plus étranges et des plus fécondes du socialisme français. Il l'a construite seul, contre son époque, en autodidacte forcené. Sa thèse fondamentale est que la "civilisation" marchande est un système absurde qui contredit systématiquement la nature humaine. Le commerce y produit la pénurie pour faire monter les prix ; le mariage y produit l'adultère et le malheur ; le travail y produit le dégoût de travailler. Fourier accumule les preuves de cette absurdité avec une ironie glaciale, et sa critique du commerce reste l'une des plus radicales jamais écrites.

Sa solution est le phalanstère : une communauté de mille six cent vingt personnes, vivant dans un même bâtiment, organisant le travail selon l'"attraction passionnée." Chacun ferait ce qui lui plaît, changerait de tâche plusieurs fois par jour, travaillerait dans les groupes affinitaires de son choix. Les enfants, qui adorent la saleté, seraient chargés des tâches sales. Le travail deviendrait attrayant, donc infiniment plus productif que le travail contraint.

Fourier est aussi l'un des premiers à poser l'émancipation des femmes comme critère du progrès social : "Le degré d'émancipation de la femme est la mesure naturelle de l'émancipation générale." La phrase sera reprise par Marx.

Pendant des années, il rentre chez lui chaque jour à midi et attend le mécène qui financerait le premier phalanstère. Aucun ne vint. Après sa mort, ses disciples fonderont des colonies en France, en Roumanie, aux États-Unis, presque toutes éphémères. Le Familistère de Guise, construit par Jean-Baptiste Godin, fonctionnera pourtant en coopérative ouvrière pendant près d'un siècle.

Marx et Engels rangeront Fourier parmi les "socialistes utopiques," terme moins méprisant qu'il n'y paraît : ils reconnaissaient sa critique de la société bourgeoise comme géniale, tout en jugeant sa solution sans prise sur les forces réelles de l'histoire.

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Événement
1892
30 mars 1892 — Lieu de l'arrestation de Ravachol
p 210-211
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Événement
1892
10 mars 1892 — Domicile du juge Benoît
p 210-211
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Événement
1892
27 mars 1892 — Domicile du substitut Bulot
p 210-211
Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Cl …

Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Clichy en 1891. Bulot est absent. Les dégâts sont matériels. L'auteur est un certain François Claudius Koenigstein, dit Ravachol.

C'est le deuxième attentat en moins d'une semaine — le 11 mars, une bombe avait déjà visé le domicile du président du tribunal qui avait jugé la même affaire. Ravachol revendique une logique de représailles : la justice bourgeoise frappe les anarchistes, les anarchistes frappent les juges. La propagande par le fait dans toute sa rigueur.

Ravachol est arrêté quelques jours plus tard, trahi par un garçon de restaurant qui l'avait reconnu. Au moment de son arrestation, il chantait. Son procès devient une tribune. Condamné à mort pour ces attentats et pour plusieurs meurtres commis avant de venir à Paris, il monte à l'échafaud en juillet 1892 en criant ses convictions. Le mouvement anarchiste en fait aussitôt un martyr — on "ravacholise" pour désigner l'acte révolutionnaire par excellence.

L'affaire Ravachol marque le début d'une vague d'attentats anarchistes qui secoue Paris jusqu'en 1894 — Vaillant à la Chambre, Émile Henry au café Terminus, puis l'assassinat du président Carnot à Lyon. La IIIe République répond par les lois scélérates, qui restreignent la liberté de la presse.

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Événement
1946
1946 — Local de la Confédération Nationale du Travail espagnole en exil
p 217-218
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Événement
1946
1946 — Local de la Confédération Nationale du Travail française
p 217-218
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Événement
1907
5 juin 1907 — Bourse du Travail CGT (expulsée de la Bourse du Travail de Paris)/Siège de la Confédération Générale du Travail Unifiée
p 220-221
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Événement
1924
11 janvier 1924 — Salle de la Grange aux Belles
p 220-221
Le PCF tire sur des anarchistes venus contester une réunion politique
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Événement
Événement
1870
8 novembre 1870 – 1871 — Salle de la rue d'Arras/Club de la Patrie en Danger
p 224-226
Club Blanquiste qui propose une motion sur la fabrication de canons avec la fonte du bronze de la colonne Vendôme
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Événement
1870
septembre 1870 — Salle du Pré aux Clercs/Église du couvent des Récollettes
p 224-226
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Événement
1868
17 juin 1868 — Bal du Tivoli Waux-Hall (créé par l'artificier italien Torré en 1764)
p 224-226
Première réunion publique non autorisée après l'interdiction du 6 juin 1864
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Événement
1870
1870 – 1871 — École de Médecine/Club de l'École de Médecine
p 224-226
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Événement
1870
1870 – 1871 — Collège de France/Club du Collège de France
p 224-226
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Événement
1870
1870 — Salle Valentino (6 réunions)/Club de la Délivrance
p 224-226
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Événement
Événement
1870
1870 – 1871 — Club des Montagnards de 1870
p 224-226
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Événement
1870
1870 – 1871 — Folies Bergère (10 réunions)/Club des Folies Bergère (club modéré)
p 224-226
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Événement
1870
1870 – 1871 — Salle de la Redoute (58 réunions)/Club Central Républicain
p 224-226
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Événement
1869
1869 – 1871 — Cabaret Au Vieux Chêne (13 réunions)/Enseigne remarquable
p 224-226
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Événement
1870
1870 – 1871 — Élysée Montmartre/Club de la Révolution
p 224-226
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Événement
1870
1870 – 1871 — Bal de la Reine Blanche/Club de la Reine Blanche
p 224-226
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 230-231
Jean Baptiste Clément dédie à l'ambulancière Louise, la jeune femme qui avait assisté les combattants de la barricade et dont on ne connait ni le nom ni ce qu'elle est devenue, son "Temps des Cerises"
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Événement
1833
5 août 1833 — Demeure de Claire Démar
p 232-233
Elle venait d'achever "Ma loi d'avenir", qui réclamait l'abolition du mariage et de la paternité. Elle le laissa sur la table, adressa une lettre à Charles Lambert, et mourut avec Perret Desessarts. Le saint-simonisme de …

Elle venait d'achever "Ma loi d'avenir", qui réclamait l'abolition du mariage et de la paternité. Elle le laissa sur la table, adressa une lettre à Charles Lambert, et mourut avec Perret Desessarts.

Le saint-simonisme des années 1830 avait une aile féministe : des femmes qui ne se contentaient pas de réclamer l'égalité civile ou le droit au travail, mais posaient des questions que la bourgeoisie ne voulait pas entendre. Claire Démar était la plus radicale de toutes.

Elle avait fréquenté les républicains, puis rejoint les cercles saint-simoniens. Son premier texte, "Appel d'une femme au peuple sur l'affranchissement de la femme", dénonçait le mariage comme une prostitution légalisée. Son manuscrit "Ma loi d'avenir", achevé au début de l'été 1833, allait plus loin : abolition de la famille bourgeoise, fin de la "loi du sang" (la paternité comme fondement de l'héritage), éducation des enfants confiée à une "mère sociale" commune. L'amour libre n'y était pas une revendication morale mais la conséquence logique d'un programme politique.

Le 5 août 1833, au 9 rue de la Folie Méricourt dans le 11e arrondissement, Claire Démar se donna la mort avec Perret Desessarts, un jeune saint-simonien. Elle laissait son manuscrit, une lettre d'adieu à Charles Lambert, et rien d'autre.

Suzanne Voilquin, figure centrale du saint-simonisme féminin, publia "Ma loi d'avenir" à titre posthume. Le texte était trop radical même pour les milieux saint-simoniens : Barthélémy-Prosper Enfantin, le "Père" du mouvement, prônait la publicité des mœurs ; Démar, elle, défendait la vie privée contre son emprise.

Ce que Démar avait écrit en 1833 — la famille comme institution de domination, la maternité comme destin imposé, le mariage comme contrat inégal — Marx et Engels l'aborderaient dans le Manifeste de 1848 sous l'angle de la propriété et de la reproduction sociale. Claire Démar l'avait dit quinze ans plus tôt, rue de la Folie Méricourt, et en était morte.


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Événement
1851
1851 – 1899
p 236-237
Lieu des exécutions devant la Roquette sur cinq dalles toujours présentes ; ce qui fit donner à l'échafaud un de ses surnoms "l'Abbaye de Cinq-Pierres", référence au "gardien du Paradis"
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Événement
Événement
1934
25 juillet 1934 — Hôpital Tenon
p 245-246
Nestor Makhno avait dirigé des dizaines de milliers de paysans anarchistes qui tinrent tête à la fois aux Blancs et aux Rouges pendant la guerre civile russe. Il mourut à quarante-cinq ans dans un hôpital de Paris, tuber …

Nestor Makhno avait dirigé des dizaines de milliers de paysans anarchistes qui tinrent tête à la fois aux Blancs et aux Rouges pendant la guerre civile russe. Il mourut à quarante-cinq ans dans un hôpital de Paris, tuberculeux et sans le sou.

Né en 1888 à Guliay-Polié en Ukraine, fils de paysans, Nestor Makhno devint anarchiste à seize ans, fut emprisonné sous le tsar, libéré par la révolution de 1917. À partir de 1918, il organisa l'Armée insurrectionnelle révolutionnaire d'Ukraine — une armée paysanne, anarchiste, pluriethnique, qui allait tenir une grande partie du sud de l'Ukraine pendant trois ans, alternant alliances et affrontements avec les armées bolcheviques selon l'état du front contre les Blancs.

La Makhnovshchina protégea les communautés juives contre les pogroms. Elle tenta d'établir des communes libres, des soviets autonomes, des écoles. Trotski l'admira à contrecœur, la combattit dès qu'elle cessa d'obéir, la réprima définitivement en 1921 après la défaite de Wrangel.

Makhno s'enfuit en Roumanie, puis en Pologne, arriva à Paris en 1925. Il y vécut dans la pauvreté, travaillant comme figurant de théâtre et comme ouvrier, écrivant ses mémoires en ukrainien. La tuberculose l'emporta le 25 juillet 1934 à l'hôpital Tenon, dans le 20e arrondissement.

Il est enterré au columbarium du Père-Lachaise, case 6686. L'Ukraine indépendante lui a rendu hommage depuis 1991 — le même État dont ses adversaires bolcheviques avaient refusé l'existence.

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Événement
Événement
1934
25 juillet 1934 — Cimetière du Père Lachaise/Sépulture de Nestor Ivanovitch Makhno
p 245-246
Fils de paysans d’Ukraine, Nestor Makhno est condamné à mort en 1910 pour des « expropriations » anarchistes au cours desquelles un gendarme est tué ; libéré par la révolution de février 1917, il fonde l’Armée révolution …

Fils de paysans d’Ukraine, Nestor Makhno est condamné à mort en 1910 pour des « expropriations » anarchistes au cours desquelles un gendarme est tué ; libéré par la révolution de février 1917, il fonde l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne, qui combat les armées blanches puis l’Armée rouge, et fuit en 1921, vaincu. Réfugié à Paris en 1925, tourneur chez Renault, il doit se défendre d’accusations d’antisémitisme que l’historien Paul Avrich juge non prouvées. Tuberculeux, il meurt à l’hôpital Tenon le 25 juillet 1934, à 45 ans. Incinéré au Père-Lachaise le 28 juillet, il est salué par Voline. Ses cendres reposent au columbarium (87e division), case 6685, sous une plaque de bronze à son profil par G. Guelfi ; des sympathisants d’extrême gauche l’entretiennent régulièrement.

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Événement
Événement
1914
1914 — Siège de l'Association La Fraternité des compatriotes
p 253-254
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Événement
Événement
1969
Événement
Événement
1948
1948 – 1967 — Cabaret-théâtre Les Trois Baudets
p 270
Pépinière d'artistes jusqu'à la mort de son animateur Jacques Canetti, qui révéla Édith Piaf, Charles Trenet, et amena à la chanson Jeanne Moreau et Serge Reggiani
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Événement
Événement
Événement
1910
1910 — Demeure d'Inessa Armand
p 275-277
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Événement
1986
15 avril 1986 — Jack's Hôtel/Demeure de Jean Genet
p 278
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Événement
1921
Événement
Date imprécise — Demeure de Benjamin Péret
p 286-287
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Événement
1793
1793 — Demeure d'Olympe de Gouges
p 300-301
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Événement
1913
Événement
1911
1er décembre 1911 — Planque de Jules Bonnot
p 308-310
Préparation du braquage de la rue Ordener par la bande à Bonnot
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Événement
1942
1942 — Socle de la statue de Charles Fourier (de 1899)
p 312-313
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Événement
Événement
Date imprécise — Librairie Noir et Rouge
p 322-323
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Événement
1911
21 décembre 1911 — Succursale de la Société Générale
p 326-327
Premier hold-up en automobile, une luxueuse limousine Delaunay-Belleville, de la bande à Bonnot. Le garçon de recette Caby, caissier de la Société générale, est blessé. Le butin est maigre : 5 000 francs
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Événement
1931
1931 — Maison de la CGTU/Maison des Syndicats
p 334
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Événement
Événement
Date imprécise — Demeure de Rirette Maîtrejean et de Victor Serge
p 338
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Événement
1968
14 juin 1968 — Cimetière du Père Lachaise/Sépulture de Rirette Maîtrejean
p 338
Venue de Corrèze, l’anarchiste individualiste Rirette Maîtrejean dirige avec son compagnon Victor Serge le journal L’Anarchie ; arrêtée en 1912 dans l’enquête sur la bande à Bonnot, elle passe un an à Saint-Lazare et est …

Venue de Corrèze, l’anarchiste individualiste Rirette Maîtrejean dirige avec son compagnon Victor Serge le journal L’Anarchie ; arrêtée en 1912 dans l’enquête sur la bande à Bonnot, elle passe un an à Saint-Lazare et est acquittée au procès de 1913, où Serge est condamné à cinq ans de prison. Ses Souvenirs d’anarchie, parus dans Le Matin, lui sont vivement reprochés ; correctrice de presse, elle milite ensuite pour faire libérer Serge du goulag. Devenue aveugle, elle meurt à Limeil-Brévannes le 14 juin 1968, à 80 ans. Ses cendres reposent au columbarium (87e division), case 2439.

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Événement
Date imprécise — Siège du journal "L'Équipe"
p 340 & 376
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Événement
1937
1937 — Demeure de Magdeleine et Maurice Paz/Séjour de Victor Serge
p 340
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Événement
1937
septembre 1937 – 1939 — Siège du Parti ouvrier d'unification marxiste (le POUM)
p 342
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Événement
1930
1930 — Cour de l'Étoile d'Or/Ébénisterie qui emploie Eugène Dieudonné
p 342
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Événement
1936
1er octobre 1936 — Siège de la revue "Les Cahiers de Spartacus"
p 344
Pendant que le Parti communiste français applaudit les procès de Moscou, une petite revue de la rue Mouffetard publie le livre qui dit que Staline assassine les vieux bolcheviks. L'été 1936 est terrible pour ceux qui sav …

Pendant que le Parti communiste français applaudit les procès de Moscou, une petite revue de la rue Mouffetard publie le livre qui dit que Staline assassine les vieux bolcheviks.

L'été 1936 est terrible pour ceux qui savent lire. En août, à Moscou, s'ouvre le premier des grands procès publics. Zinoviev, Kamenev et quatorze autres dirigeants de la révolution d'Octobre, compagnons de Lénine, fondateurs du régime, comparaissent devant un tribunal et avouent des crimes invraisemblables : complot terroriste, alliance avec la Gestapo, projet d'assassinat de Staline. Ils sont condamnés à mort et fusillés. Seize hommes.

Dans le monde entier, les partis communistes approuvent. En France, L'Humanité publie les aveux comme des vérités établies. Une grande partie de l'intelligentsia de gauche, engagée dans le Front populaire et dans le soutien à la République espagnole, préfère se taire pour ne pas affaiblir le camp antifasciste.

Victor Serge sait. Né Victor Kibaltchitch en 1890 à Bruxelles de parents russes exilés, anarchiste français puis bolchevik russe, il a été de la révolution d'Octobre, du Komintern, de l'Opposition de gauche. Arrêté en 1933, déporté à Orenbourg, il a été libéré en avril 1936 sous la pression d'une campagne internationale d'écrivains, dont André Gide et Romain Rolland. Il est le seul survivant de l'Opposition à avoir quitté l'URSS vivant. Il arrive en Belgique en avril 1936 et écrit immédiatement.

"Seize fusillés. Où va la Révolution russe ?" paraît en octobre 1936. C'est le premier titre des Cahiers Spartacus, dont le siège est au 23 rue Mouffetard, dans le 5e arrondissement. L'éditeur est René Lefeuvre, ancien de la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert, luxembourgiste, qui a fondé Spartacus en 1934 pour publier en éditions populaires bon marché les textes du marxisme révolutionnaire.

Le livre est court, factuel, implacable. Serge démonte le mécanisme des aveux, établit l'impossibilité matérielle des accusations, nomme ce qui se passe : la liquidation physique de la génération d'Octobre par la bureaucratie qui l'a supplantée. Il sera traité de fasciste, de trotskiste, d'agent de l'ennemi. Il avait raison sur toute la ligne. Les éditions Spartacus existent toujours.

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Événement
2000
2000 — Squat de la rue des Maraîchers
p 346-347
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Événement
1832
6 juin 1832 — Maison des saint-simoniens (communauté exclusivement masculine)
p 353-356
Installation de la communauté saint-simonienne composée de 40 "fils", détournement de la pensée de Saint-Simon ; elle sera vite dissoute pour atteinte aux bonnes mœurs
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Événement
1969
1969 — Siège de l'Association culturelle berbère (dans un bistrot)
p 364-365
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Événement
1930
Événement
1840
1er juillet 1840 — Taverne Dénoyez (à l'enseigne du Grand St Martin)/Banquet communiste de Belleville
p 369-370
En 1840, le mot « communiste » n'avait pas encore de parti. Il avait un banquet. En juillet 1840, la Taverne Dénoyez, sur les hauteurs de Belleville — alors commune indépendante à l'est de Paris, non encore annexée —, ac …

En 1840, le mot « communiste » n'avait pas encore de parti. Il avait un banquet.

En juillet 1840, la Taverne Dénoyez, sur les hauteurs de Belleville — alors commune indépendante à l'est de Paris, non encore annexée —, accueille douze cents convives pour un banquet organisé par Théodore Dézamy et Jean-Jacques Pillot. Ce n'est pas une réunion de notables. C'est la première grande assemblée de ce qu'on appelle désormais les « communistes ».

Le mot est nouveau, ou presque. Depuis Babeuf et la Conjuration des Égaux de 1796 — supprimée par le Directoire, ses chefs guillotinés en 1797 —, la tradition révolutionnaire radicale s'était maintenue discrètement, par des cercles, des brochures, des sociétés secrètes. En 1834, la Société des Familles. En 1837, la Société des Saisons de Blanqui et Barbès. Mais le terme « communiste » commence à circuler vraiment à partir de 1839, popularisé par la presse militante.

Dézamy est l'un des théoriciens les plus précis de ce courant. Ancien disciple d'Étienne Cabet — qui prêche un communisme pacifique et utopique, son Voyage en Icarie — il s'en est séparé pour une position plus radicale : pas de réforme progressive, pas de colonie idéale, pas d'attente. Son Code de la Communauté, publié en 1842, est un programme matérialiste et révolutionnaire. Pillot, lui, publie en 1840 Ni châteaux ni chaumières : titre explicite.

Cabet n'est pas là ce soir-là. Il a refusé. Ce n'est pas son monde — trop bruyant, trop radical. Les douze cents présents à Belleville le savent : ils font la différence entre un communisme de propagande douce et une tradition qui remonte directement à Babeuf, à la communauté des biens, à la redistribution forcée des richesses.

On porte des toasts. Aux droits du peuple. À la Pologne opprimée. À la mémoire des révolutionnaires exécutés.

Marx arrive à Paris en octobre 1843 — trois ans après Belleville. Il lit Dézamy, fréquente les cercles qui ont connu ces hauteurs de Belleville. En 1844, avec Engels, il rédige La Sainte Famille (publié en février 1845) — il sera expulsé de France avant même d'en voir les premiers exemplaires. Ce banquet de juillet 1840 est l'un des nœuds où la tradition babouviste transmet son fil au socialisme du XIXe siècle.

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