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4 décembre 1851
Événement

Rue des Petits-Carreaux, les insurgés reprennent deux fois leur barricade contre le coup d’État

Barricade rue des Petits Carreaux
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La mort du député Alphonse Baudin sur une barricade du faubourg Saint-Antoine, le 3 décembre 1851 (gravure). Archives Paris révolutionnaire

Deux jours après le coup d’État, le quartier Montorgueil refuse de se rendre. Sa barricade tombe, puis se relève — deux fois.

Au surlendemain du 2 décembre 1851, Paris résiste encore au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, par îlots. Le 3, le député Alphonse Baudin est tombé sur une barricade du faubourg Saint-Antoine, et le général de Saint-Arnaud a fait savoir que tout homme pris sur une barricade serait fusillé. Dans la nuit, trente mille soldats se déploient entre les Grands Boulevards et la Seine, là où les insurgés se sont retranchés : un lacis de vieilles rues étroites, faciles à barrer, autour des rues Montorgueil, Saint-Denis et Saint-Martin.

Le 4 décembre, la rue des Petits-Carreaux, qui prolonge la rue Montorgueil vers le nord, est coupée par une barricade. La troupe l’enlève ; les insurgés la reprennent. Elle tombe de nouveau, et de nouveau ils la reprennent. Au plus fort des combats, une femme blesse d’un coup de fusil le lieutenant-colonel qui commande les soldats. L’épisode est rapporté par Charles Beslay dans ses souvenirs.

Tout près de là, rue Montorgueil, un jeune républicain de Limoges, Denis Dussoubs, a ceint l’écharpe tricolore de son frère Marcellin, député démocrate-socialiste, que la maladie retient chez lui. Il s’avance seul et désarmé vers les soldats du 51e de ligne pour les appeler à se rallier à la République. Son appel reste vain. À peine est-il remonté sur la barricade que la fusillade éclate ; les grenadiers et les voltigeurs s’emparent au pas de course des quatre premières barricades de la rue, et Dussoubs est tué en défendant la première.

Le même après-midi, à quelques centaines de mètres, sur les boulevards Montmartre et Poissonnière, la troupe ouvre le feu sur une foule de curieux et de manifestants : entre une centaine et trois cents morts, dont des femmes et des enfants. Au soir du 4 décembre, la résistance parisienne est écrasée. Le bilan de ces journées s’élève à trois ou quatre cents tués, sans compter les soldats ; dans toute la France, près de vingt-sept mille personnes seront arrêtées, et des milliers de républicains transportés en Algérie.

Le prince-président fait ratifier son coup de force par un plébiscite, les 20 et 21 décembre, dans un climat de peur où il n’est pas question de faire campagne pour le « non ». Soixante-six députés sont proscrits, parmi lesquels Schœlcher, Raspail, Edgar Quinet ou Thiers. Victor Hugo, l’un des animateurs du Comité de résistance, a déjà gagné Bruxelles : de son long exil, il tirera « Napoléon le Petit » et « Histoire d’un crime », un récit que les historiens jugent partial, mais qui reste le plus circonstancié des journées de décembre. Le 2 décembre 1852, un an jour pour jour après le coup d’État, le Second Empire est proclamé.

Depuis 1881, une rue proche de la rue Montorgueil porte le nom de Dussoubs, le jeune homme à l’écharpe.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.