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Mes souvenirs

Paris-Genève (Ressources) - réédition de 1874, 1979.
33 Fiches citant cet ouvrage
1979 Édition

Fiches citant cet ouvrage

33 fiches
Événement
1837
1837 — Fabrique de chaudières pour locomotives de Charles Beslay
p 2 & 8
Usine de Charles Beslay, Proudhonien, député en 1831 et 1848, doyen du Conseil de la Commune de Paris. Il soutint avec zèle la pire erreur de la Commune : ne pas toucher à l'immense trésor de la Banque de France
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Demeure de Charles Beslay
p 8 & 133
Les chefs républicains qui tentent de s'opposer au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte se réunissent chez Charles Beslay afin de déjouer les recherches de la police
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Événement
1820
3 juin 1820
p 69
Manifestation au cri de “vive la charte” ; un étudiant est tué par la garde royale ; sa tombe au Père Lachaise va devenir un lieu de rendez-vous pour les "Libéraux"
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Événement
1823
27 février 1823 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 80
Manuel est expulsé de la Chambre à la demande des députés ultras pour avoir soi-disant justifié la déchéance de Louis XVI. Il revient le lendemain pour obliger l'Assemblée à l'expulser par la force. Vives réactions dans …

Manuel est expulsé de la Chambre à la demande des députés ultras pour avoir soi-disant justifié la déchéance de Louis XVI. Il revient le lendemain pour obliger l'Assemblée à l'expulser par la force. Vives réactions dans l'opinion publique

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Événement
1847
17 août 1847 — Hôtel Sébastiani
p 157
L'assassinat sauvage de la duchesse de Choiseul par son mari, qui la trompait avec la gouvernante de leurs 10 enfants, finit de discréditer l'aristocratie parasitaire de la Monarchie de Juillet auprès de l'opinion publiq …

L'assassinat sauvage de la duchesse de Choiseul par son mari, qui la trompait avec la gouvernante de leurs 10 enfants, finit de discréditer l'aristocratie parasitaire de la Monarchie de Juillet auprès de l'opinion publique

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Événement
1848
22 février 1848 — Place de la Madeleine
p 158
Lieu de rassemblement alternatif suite à l'interdiction du banquet politique qui déclenchera la Révolution de Février 1848
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
p 159-161
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
1848
15 mai 1848 — Palais Bourbon
p 179-180
Une manifestation en soutien à la Pologne débouche, peut-être du fait d'une provocation d'Huber, sur l'envahissement de l'Assemblée qui va servir de prétexte à la répression des chefs républicains
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Événement
Événement
1848
23 juin 1848 — Mairie de l'ex 8ème arrondissement (de 1793 à 1860)
p 182
Les Insurgés prennent la place des Vosges et la mairie de l'ex 8ème arrondissement sur laquelle ils hissent le drapeau rouge. 350 soldats de la ligne ont mis bas les armes
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 187-189
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
Événement
1851
2 décembre 1851 — Demeure de Pierre Lafon
p 241
Pourchassés par les troupes de la répression, les députés républicains qui ont dû quitter l'appartement de la baronne Coppens se réunissent clandestinement chez leur collègue Pierre Lafon, député siégeant à l'extrême gau …

Pourchassés par les troupes de la répression, les députés républicains qui ont dû quitter l'appartement de la baronne Coppens se réunissent clandestinement chez leur collègue Pierre Lafon, député siégeant à l'extrême gauche

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Événement
1851
4 décembre 1851
p 242-243
Barricade reprise deux fois par les Insurgés contre le coup d'État de Badinguet. Une femme y blessa d'un coup de fusil le lieutenant-colonel qui commandait la troupe
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Demeure de Jules Grévy
p 242
Cachette de plusieurs députés pendant le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et quartier général clandestin de la résistance. L'immeuble possède une sortie vers la rue Molière. Jules Grévy a été arrêté, c'est sa femm …

Cachette de plusieurs députés pendant le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et quartier général clandestin de la résistance. L'immeuble possède une sortie vers la rue Molière. Jules Grévy a été arrêté, c'est sa femme qui héberge

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Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 286-287
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Palais Bourbon
p 302-303
L''Assemblée est investie par la foule et la Garde nationale ; sont proclamées la déchéance de la dynastie des Bonaparte et de l'instauration de la République
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Hôtel de Ville
p 303
Proclamation de la 3ème République. Un gouvernement de défense nationale est constitué précipitamment sans aucune consultation populaire
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Événement
1871
3 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 354
Adoption des statuts de la Fédération républicaine de la Garde nationale, dite plus simplement Fédération de la Garde nationale, par les délégués de 215 bataillons. Unification avec le "Comité fédéral républlicain"
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Événement
1871
27 février 1871
p 355
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1871
21 avril 1871 — Siège de la Compagnie du Gaz de Paris
p 369-370
On prend la caisse. On la rend. Toute la tragédie financière de la Commune tient dans ce geste. Le 21 avril 1871, des officiers du 208e bataillon de la Garde nationale fédérée se présentent au siège de la Compagnie paris …

On prend la caisse. On la rend. Toute la tragédie financière de la Commune tient dans ce geste.

Le 21 avril 1871, des officiers du 208e bataillon de la Garde nationale fédérée se présentent au siège de la Compagnie parisienne du Gaz, 6 rue Condorcet, et réquisitionnent le contenu de la caisse : 183 210 francs et 32 centimes. L'opération est brève, militaire, sans violence. Paris est en guerre civile depuis un mois ; les troupes versaillaises se massent à l'ouest ; la Commune a besoin d'argent pour payer la solde des gardes nationaux, entretenir les barricades, nourrir les cantines.

Mais Charles Beslay, délégué de la Commune à la Banque de France et doyen de l'assemblée à soixante-seize ans, apprend l'affaire et intervient. La somme est restituée intégralement à la Compagnie du Gaz. Pas un centime ne manque.

Le proudhonien et la caisse Beslay est un cas à part dans la Commune. Ancien industriel breton, disciple de Proudhon, ami personnel du vieux maître du mutuellisme, il siège à l'Hôtel de Ville avec la conviction que la révolution sociale passe par le crédit, l'échange équitable et le respect des contrats — pas par la confiscation. Nommé délégué à la Banque de France, il s'est installé dans les bureaux du sous-gouverneur de Plœuc et négocie, semaine après semaine, des avances au compte-gouttes. La Commune recevra en tout 16,7 millions de francs — dont 9,4 millions qui étaient déjà sur les comptes de la Ville. Pendant ce temps, Versailles puise librement dans les 74 succursales provinciales de la Banque : 315 millions de francs, vingt fois plus.

La restitution de la caisse de la Compagnie du Gaz est un épisode mineur, presque comique dans sa précision comptable. Mais elle illustre, en miniature, le drame central de la Commune : son refus de toucher à la finance. Les bataillons fédérés meurent sur les barricades pour un pouvoir qui n'ose pas ouvrir les coffres.

Marx, dans La Guerre civile en France, est catégorique : la Commune aurait dû marcher sur la Banque de France dès le premier jour. « En dehors du fait qu'elle était le siège d'un immense pouvoir, la Banque aurait valu, comme otage, plus que dix mille otages. » La timidité de Beslay — sa loyauté proudhonienne envers le crédit et la bonne foi — a coûté à la Commune son seul vrai levier contre Versailles. On ne gagne pas une guerre civile en rendant la caisse.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Église St Marcel de la Maison Blanche/Chapelle Bréa
p 370
Chanzy, amené à la chapelle Bréa, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet
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Événement
1871
19 mars 1871 — Gare d'Orléans/Gare d'Austerlitz
p 370
Chanzy est arrêté avec ses officiers et le député Turquet en débarquant du train à la gare d'Orléans
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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 371
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
29 avril 1871
p 373
Les francs-maçons des trois rites se rassemblent contre l'avis de leur direction pour aller négocier la paix sur les remparts ; 6 000 francs-maçons, représentant 45 loges
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Événement
1871
28 mars 1871 — Banque de France
p 393-430
De Plœuc convainc Beslay de ne pas occuper la Banque de France ; une des plus grosses erreurs de la Commune, qui n'utilisera pas ce formidable moyen de pression contre Versailles. Le 28 mars 1871, le jour même de la proc …

De Plœuc convainc Beslay de ne pas occuper la Banque de France ; une des plus grosses erreurs de la Commune, qui n'utilisera pas ce formidable moyen de pression contre Versailles.

Le 28 mars 1871, le jour même de la proclamation de la Commune, Charles Beslay se rend rue La Vrillière. La Banque de France est là, à portée de main — ses caves renferment plusieurs milliards de francs en billets et en réserves métalliques. Beslay est le délégué de la Commune auprès de la Banque. Il vient en prendre le contrôle.

Il en ressort sans avoir rien pris.

Le sous-gouverneur de Plœuc l'a reçu, et l'a convaincu. L'argument est simple, et redoutablement efficace : la Banque de France n'appartient pas à l'État, elle appartient à ses actionnaires. En saisir les avoirs serait porter atteinte à la propriété privée — ce que la Commune, qui se réclame de la légalité républicaine, ne peut pas faire. Surtout, de Plœuc fait valoir que la Banque est le garant du commerce et de l'industrie, que bloquer ses opérations ruinerait les petits épargnants autant que les grands. Beslay, vieux saint-simonien de soixante-sept ans, républicain modéré, proche de Proudhon, est sensible à ces arguments. Il part.

Philippe avait résumé l'affaire en une phrase dans sa fiche : une des plus grosses erreurs de la Commune, qui n'utilisera pas ce formidable moyen de pression contre Versailles.

Les historiens sont du même avis. La Banque accordera en tout 15 millions à la Commune — contre 257 à Versailles, pour financer l'armée qui l'écrasera en mai. Les trois milliards dormaient en cave, rue La Vrillière, pendant toute la durée de la Commune. Beslay lui-même, dans ses Souvenirs, reconnaîtra s'être laissé abuser. De Plœuc, lui, reçut la Légion d'honneur après la Semaine sanglante.

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Événement
1871
13 avril 1871 — Banque de France
p 401
Jourde, Varlin et Amouroux vont réclamer les diamants de la couronne à la Banque de France qu'elle avait reçus en dépôt. En fait, ils avaient été transférés dans les départements avec le numéraire de la banque dès le déb …

Jourde, Varlin et Amouroux vont réclamer les diamants de la couronne à la Banque de France qu'elle avait reçus en dépôt. En fait, ils avaient été transférés dans les départements avec le numéraire de la banque dès le début du conflit.

Au 1, rue de La Vrillière (Ier arr.), trois délégués de la Commune viennent chercher un trésor. Ils repartent les mains vides.

Ce 13 avril, Francis Jourde, Eugène Varlin et Charles Amouroux se présentent à la Banque de France. Leur mission : récupérer les diamants de la Couronne, entreposés dans les coffres de l'institution depuis la chute de l'Empire. La Commune a besoin de ces fonds pour financer sa défense. Mais quand ils arrivent, les diamants ont déjà pris le chemin de Versailles.

C'est le sous-gouverneur Gustave Rouland, puis son adjoint le marquis de Ploeuc, qui mènent la danse. Depuis le 18 mars, ils jouent un jeu d'une habileté redoutable : accorder juste assez pour éviter une saisie, jamais assez pour armer réellement la Commune. Au total, la Banque versera environ 16 millions de francs aux insurgés — une somme qui paraît considérable, mais dérisoire rapportée aux 320 millions acheminés sans sourciller vers le gouvernement de Thiers.

La Commune commet ici l'une de ses erreurs les plus fatales. Charles Beslay, vieux proudhonien nommé délégué auprès de la Banque, se laisse amadouer par de Ploeuc. Il refuse de forcer les coffres, convaincu qu'il faut respecter le « crédit de la France ». Pendant ce temps, Versailles dispose de ressources quasi illimitées pour recruter, armer et préparer l'assaut final.

Jourde et Varlin, eux, ont compris. Mais la décision n'est pas entre leurs mains. L'ironie est cruelle : les communards qui rêvent de renverser l'ordre bourgeois n'osent pas toucher à son temple.

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Événement
1871
12 mai 1871 — Banque de France
p 405-407
Une tentative de perquisition de la Banque de France, où les Communards avaient eu vent que des armes étaient cachées, est repoussée par Charles Beslay au nom de l'intégrité de la Banque et de la catastrophe que son viol …

Une tentative de perquisition de la Banque de France, où les Communards avaient eu vent que des armes étaient cachées, est repoussée par Charles Beslay au nom de l'intégrité de la Banque et de la catastrophe que son viol engendrerait

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Événement
1871
1871 — Banque de France
p 415 & 424
Plœuc permet à Charles Beslay de s'enfuir en Suisse en l'y conduisant personnellement avec l'accord au moins tacite de Thiers ; renvoi d'ascenseur pour son attitude vis à vis de la Banque de France pendant la Commune
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