Le Club du 2 Mars naît dans l’effervescence qui suit la révolution de février 1848, quand les clubs politiques se multiplient à une vitesse folle à Paris. Il s’installe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, ce qui lui donne d’emblée une visibilité et une capacité d’accueil importantes : on y tient de vastes assemblées où se mêlent étudiants, ouvriers, petits bourgeois et militants républicains.
Autour d’Eugène Dauzon et de ses proches (Prévost, Lallier, Christian Pitois, etc.), le club se veut à la fois tribune d’agitation démocratique et lieu de politisation accélérée, dans la lignée des clubs de 1793. On y discute suffrage universel, organisation du travail, droit au secours, responsabilité des nouveaux gouvernants, et très tôt s’y exprime une sensibilité nettement sociale, voire socialiste, qui le placera du côté des clubs les plus radicaux.
Cette radicalité explique qu’on retrouve le Club du 2 Mars très actif au moment des journées de Juin 1848. Ses orateurs ont contribué, en amont, à entretenir la défiance à l’égard de la fermeture des Ateliers nationaux et à appeler à une pression populaire sur l’Assemblée. Lorsque l’insurrection éclate, une partie de ses membres bascule vers le camp des insurgés ou, à tout le moins, sert de relais entre les faubourgs et les milieux étudiants, ce qui vaudra au club d’être dans le collimateur des autorités lors de la répression et du tournant répressif de l’été 1848.