Eugène-François Vidocq, né le 24 juillet 1775 à Arras et décédé le 11 mai 1857 à Paris, est un criminel devenu criminologue français, considéré comme le père de la police nationale française et le premier détective privé.
Jeune homme aventureux et parfois imprudent, Vidocq débute dans l'armée et combat aux batailles de Valmy et Jemappes en 1792. Il passe ensuite plusieurs périodes en prison, principalement pour des délits mineurs, et exerce divers métiers. Selon ses mémoires, il s'évade de plus d'une vingtaine de prisons, parfois déguisé en religieuse.
En 1809, Vidocq offre ses services à l'État et crée sous Napoléon un nouveau département de police. En 1812, il fonde la Brigade de Sûreté à Paris, première agence d'investigation criminelle composée d'officiers en civil, qui deviendra la Sûreté Nationale. Cette organisation, largement composée d'anciens condamnés, constitue le modèle de Scotland Yard en 1829 et du FBI un siècle plus tard. Son expérience du milieu criminel à Arras, Paris et dans les provinces contribue à l'efficacité de cette brigade. Avec son équipe d'agents en civil, il appréhende environ 4000 criminels.
Vidocq démissionne en 1827 pour créer une papeterie employant d'anciens condamnés, mais l'entreprise échoue. Sous le règne de Louis-Philippe, il redevient chef du département des détectives mais est renvoyé en 1832, accusé d'avoir organisé un vol. Il crée alors une agence de détectives privés, prototype des agences modernes, rapidement supprimée par les autorités.
Personnage célèbre en France pour son audace, Vidocq fréquente Victor Hugo, Honoré de Balzac, Eugène Sue et Alexandre Dumas père. Il inspire le personnage de Vautrin dans La Comédie humaine de Balzac, ainsi que d'autres écrivains comme Edgar Allan Poe. Plusieurs ouvrages sont publiés sous son nom, notamment ses Mémoires en 1829, bien qu'il soit incertain qu'il les ait réellement écrits.
Sources