Galdric Verdaguer donne l'ordre à ses soldats, du 88ème bataillon...

Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Champ des Polonais

Galdric Verdaguer, par Appert, 1871

Galdric Verdaguer donne l'ordre à ses soldats, du 88ème bataillon de ligne, de mettre l'arme au pied alors que le général Lecomte avait commandé de tirer sur la foule ; il sera pour cela fusillé le 22 février 1872 à Satory.

Lecomte a ordonné de tirer sur la foule. Ses soldats refusent. C'est le sergent Galdric Verdaguer qui incarne et cristallise ce refus en une phrase restée dans l'histoire : « L'arme à terre ! »

Verdaguer est catalan, né à Millas dans les Pyrénées-Orientales. Simple sous-officier du 88e régiment de ligne, il n'est pas un révolutionnaire — rien dans son parcours n'annonce ce geste. Mais ce matin-là, face à la foule montmartroise désarmée, face aux femmes qui s'avancent vers les fusils braqués, il prend sa décision. Il désobéit à un ordre direct de son général. Ses hommes le suivent. Les crosses s'abaissent.

Ce moment — quelques secondes sur le Champ des Polonais — change le cours de la journée. Sans lui, une fusillade dans la foule aurait peut-être dispersé le rassemblement, sauvé l'opération, empêché la Commune. Avec lui, tout s'inverse.

La suite de l'histoire de Verdaguer est moins glorieuse. Arrêté après l'écrasement de la Commune, jugé par le conseil de guerre versaillais pour insubordination et trahison, il est fusillé le 22 février 1872 au camp de Satory — neuf mois après les événements. Il paie de sa vie le geste qui avait refusé de faire tirer sur des civils. Son nom figure dans les mémoires communardes. La République versaillaise l'envoya dans la fosse commune de Satory.

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