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13 octobre 1940
Événement

Guy Môquet, seize ans, est arrêté par la police française au métro Gare-de-l'Est pour distribution de tracts

Demeure de Guy Môquet (chez ses parents)
Guy Môquet, seize ans, est arrêté par la police française au métro Gare-de-l'Est pour distribution de tracts
Guy Môquet sur la stèle de la Carrière des Fusillés à Châteaubriant, d'après une photo prise en juin 1941 dans le camp de Choisel à Châteaubriant.

Ce ne sont pas les Allemands qui l'arrêtent, mais trois inspecteurs français d'une brigade créée pour traquer les communistes ; il sera fusillé un an plus tard, sans jamais avoir été jugé.

Guy Môquet a seize ans. Il est élève au lycée Carnot, il habite avec sa mère au 34 rue Baron, dans le 17e arrondissement. Son père Prosper Môquet, ouvrier cheminot, député communiste du 17e arrondissement, a été déchu de son mandat après la dissolution du Parti communiste en septembre 1939, arrêté en octobre, condamné à cinq ans de prison et déporté en Algérie. Le fils milite dans les Jeunesses communistes clandestines pour tenter d'obtenir sa libération autant que par conviction.

L'activité de ces jeunes militants est modeste et dangereuse : distribution de tracts à la volée dans le métro, collage de papillons, inscriptions à la craie sur les murs. Nous sommes en octobre 1940, quatre mois après l'armistice, dans un Paris où la Résistance n'existe pratiquement pas encore.

Le 13 octobre 1940, Guy Môquet est arrêté à la station de métro Gare-de-l'Est avec René Pignard, sur dénonciation, par trois inspecteurs de la police française appartenant à la Brigade spéciale de répression anticommuniste. Cette brigade est un service français, créé par des Français, dirigé par des Français, dont la mission est de traquer les communistes. Elle sera l'instrument le plus efficace de la répression de la Résistance à Paris.

Il refuse de parler. La perquisition à son domicile ne donne rien. Il est battu à la préfecture de police. Le tribunal correctionnel l'acquitte en janvier 1941, faute de preuves. L'administration le maintient néanmoins en détention, par voie administrative, et le transfère au camp de Châteaubriant.

Le 20 octobre 1941, le colonel Hotz est abattu à Nantes par Gilbert Brustlein et ses camarades. En représailles, quarante-huit otages sont désignés pour être fusillés. Le préfet Pucheu et les autorités françaises participent à l'établissement des listes. Guy Môquet, dix-sept ans, est fusillé le 22 octobre 1941 à la carrière de la Sablière, à Châteaubriant. Il avait écrit à sa mère la veille : "Certes j'aurais voulu vivre."