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Couverture — Les Bataillons de la Jeunesse
Bibliographie

Les Bataillons de la Jeunesse

Éditions Sociales, 1967.
158 Fiches citant cet ouvrage
1967 Édition

Fiches citant cet ouvrage

158 fiches
Événement
1945
3 janvier 1945 — Cimetière du Père Lachaise (97ème division)/Tombe commune du colonel Fabien et de ses camarades, morts avec lui
p 2-3
Tombe commune de Pierre Georges et de ses trois compagnons, le lieutenant-colonel Dax et les capitaines Katz et Lebon, morts dans les Ardennes le 27 décembre 1944 dans l'explosion accidentelle d'une mine
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Événement
1940
13 octobre 1940 — Demeure de Guy Môquet (chez ses parents)
p 50
Ce ne sont pas les Allemands qui l'arrêtent, mais trois inspecteurs français d'une brigade créée pour traquer les communistes ; il sera fusillé un an plus tard, sans jamais avoir été jugé. Guy Môquet a seize ans. Il est …

Ce ne sont pas les Allemands qui l'arrêtent, mais trois inspecteurs français d'une brigade créée pour traquer les communistes ; il sera fusillé un an plus tard, sans jamais avoir été jugé.

Guy Môquet a seize ans. Il est élève au lycée Carnot, il habite avec sa mère au 34 rue Baron, dans le 17e arrondissement. Son père Prosper Môquet, ouvrier cheminot, député communiste du 17e arrondissement, a été déchu de son mandat après la dissolution du Parti communiste en septembre 1939, arrêté en octobre, condamné à cinq ans de prison et déporté en Algérie. Le fils milite dans les Jeunesses communistes clandestines pour tenter d'obtenir sa libération autant que par conviction.

L'activité de ces jeunes militants est modeste et dangereuse : distribution de tracts à la volée dans le métro, collage de papillons, inscriptions à la craie sur les murs. Nous sommes en octobre 1940, quatre mois après l'armistice, dans un Paris où la Résistance n'existe pratiquement pas encore.

Le 13 octobre 1940, Guy Môquet est arrêté à la station de métro Gare-de-l'Est avec René Pignard, sur dénonciation, par trois inspecteurs de la police française appartenant à la Brigade spéciale de répression anticommuniste. Cette brigade est un service français, créé par des Français, dirigé par des Français, dont la mission est de traquer les communistes. Elle sera l'instrument le plus efficace de la répression de la Résistance à Paris.

Il refuse de parler. La perquisition à son domicile ne donne rien. Il est battu à la préfecture de police. Le tribunal correctionnel l'acquitte en janvier 1941, faute de preuves. L'administration le maintient néanmoins en détention, par voie administrative, et le transfère au camp de Châteaubriant.

Le 20 octobre 1941, le colonel Hotz est abattu à Nantes par Gilbert Brustlein et ses camarades. En représailles, quarante-huit otages sont désignés pour être fusillés. Le préfet Pucheu et les autorités françaises participent à l'établissement des listes. Guy Môquet, dix-sept ans, est fusillé le 22 octobre 1941 à la carrière de la Sablière, à Châteaubriant. Il avait écrit à sa mère la veille : "Certes j'aurais voulu vivre."

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Événement
1941
14 mai 1941 — Garage réquisitionné par les nazis
p 58-59
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Local de la CGT (réquisitionné par les nazis)
p 58-59
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Caserne Mortier
p 58-59
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Gymnase Japy (lieu d'internement lors des premières rafles)
p 58-59
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Caserne des Minimes
p 58-59
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1940
1940 — La Sorbonne (chaire d'histoire du judaïsme d'Henri Labroue)
p 60
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Événement
Événement
1941
1941 — Centre d'entraide aux étudiants prisonniers/Union de la corporation des Lettres
p 64
Organisation pétainiste d'aide et de formation pour les étudiants prisonniers de guerre
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Événement
1940
8 novembre 1940 — Manifestation contre l'arrestation de Paul Langevin
p 65
Première manifestation étudiante contre l'Occupation nazie, suite à l'arrestation de Paul Langevin
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Événement
1940
8 novembre 1940 — Manifestation contre l'arrestation de Paul Langevin
p 65
Première manifestation étudiante contre l'Occupation nazie, suite à l'arrestation de Paul Langevin
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Événement
1941
2 août 1941 — Bouche du métro Duroc (puis terrasse du café François Coppée)
p 88
Premier contact entre Albert Ouzoulias et Pierre Georges, le futur colonel Fabien
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Événement
1941
13 août 1941
p 96-100
Plusieurs militants sont arrêtés lors d'une manifestation du PCF et des Jeunesses communistes ; Henri Gautherot et Samuel Tyszelman seront fusillés
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Événement
1941
13 août 1941 — Manifestation contre l'Occupation nazie
p 98-99
Manifestation communiste contre l'Occupation nazie ; deux manifestants seront fusillés le 19 août 1941
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Événement
1941
13 août 1941 — Demeure de la famille Tyszelman/Groupe de Résistants des Jeunesses communistes
p 99 & 101
Arrestation de Samuel Tyszelman lors de la manifestation de Strasbourg-St Denis ; il sera fusillé à Verrières
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Événement
1941
13 août 1941 — Manifestation contre l'Occupation nazie
p 99
Poursuivi et arrêté par la police allemande après une manifestation, Samuel Tyszelman sera fusillé
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Événement
1924
Événement
1941
1941 — Première planque parisienne d'Albert et Cécile Ouzoulias (ils en auront 23 en tout)
p 120
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Événement
1941
1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 121-123
Dans un deux-pièces de l’avenue Debidour, dans le 19ᵉ arrondissement, France Bloch-Sérazin transforme en 1941–1942 un appartement ouvrier en véritable laboratoire clandestin du Parti communiste. Chimiste de formation, co …

Dans un deux-pièces de l’avenue Debidour, dans le 19ᵉ arrondissement, France Bloch-Sérazin transforme en 1941–1942 un appartement ouvrier en véritable laboratoire clandestin du Parti communiste. Chimiste de formation, congédiée de son laboratoire en raison des lois antisémites de Vichy, elle met ses compétences au service de l’Organisation spéciale puis des FTP : fabrication de grenades, bombes artisanales, cordon Bickford, bouteilles incendiaires.​

Le « labo de chimie du PCF » qu’elle dirige se niche dans la cuisine et la cave : flacons, acides, explosifs récupérés dans des carrières ou des dépôts, armes démontées qu’elle remet en état pour les groupes armés parisiens. Le résistant Théo Kroliczek raconte un appartement « méconnaissable », rempli de mitraillettes, dynamite, cheddite, où la « petite chimiste, toute frêle » prépare des armes destinées à frapper l’occupant.​​

De ce laboratoire sortent notamment des engins utilisés dans le XIVᵉ arrondissement contre des permanences fascistes, un barrage allemand avenue d’Orléans ou des hôtels réquisitionnés. Traquée par les Brigades spéciales, identifiée après l’arrestation d’Yves Kermen et filée pendant des semaines, France Bloch-Sérazin est finalement arrêtée le 16 mai 1942. Elle sera déportée « Nuit et Brouillard » et guillotinée à Hambourg le 12 février 1943.​

Une plaque, apposée en 2008 par la Ville de Paris, rappelle aujourd’hui, avenue Debidour, l’existence de ce laboratoire où une jeune femme de 30 ans a fabriqué les premières armes de la Résistance communiste parisienne.

NB. La plaque est apposée au n. 1 de l'avenue Debidour. La plupart des sources note que l'appartement se situait au n. 5 de la même avenue.

Plaque France Bloch-Sérazin au n. 1 avenue Debidour, Photo: Oxxo Wikimedia

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Événement
1941
1941 — Appartement d'Henriette et Gricha
p 121-123
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Événement
1941
1941 — Magasin de cycles de Paul et Marie-Thérèse Lefebvre/Dépôt d'armes du PCF
p 122-123
Magasin et réparation d'armes et de fabrication d'explosifs de la Résistance
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Événement
Événement
1941
21 août 1941 — Station de métro Barbès-Rochechouart (quai de la ligne 4, direction Clignancourt)
p 130-131
Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi. Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort …

Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi.

Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort un revolver de sa poche et tire à bout portant sur un officier de la Kriegsmarine. L'aspirant Alfons Moser meurt sur le quai du métro parisien. C'est le premier acte armé mortel de la Résistance française contre les forces d'occupation.

L'homme qui tire s'appelle Pierre Georges. Il a vingt-deux ans. Connu sous le pseudonyme de "Frédo" dans les réseaux clandestins des Jeunesses communistes, il est encadré ce matin par Gilbert Brustlein, chargé de couvrir sa retraite, et par Albert Gueusquin et Fernand Zalkinow postés aux extrémités du quai pour surveiller et alerter. L'action est préparée dans le détail. Elle est volontaire et politique.

Le contexte est précis. Deux jours plus tôt, le 19 août, deux jeunes militants communistes — Samuel Tyszelman et Henri Gautherot — ont été arrêtés par les Allemands au cours d'une manifestation et fusillés en représailles. Le Parti communiste, engagé dans la Résistance armée depuis l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, a décidé de répondre. Tyszelman et Gautherot seront les premiers d'une longue liste. Moser ne sera pas le dernier officier allemand à tomber à Paris.

Les conséquences sont immédiates et terribles. Les Allemands décrètent des représailles massives : des otages sont fusillés, des sections spéciales des tribunaux français condamnent rétroactivement des communistes arrêtés avant l'attentat. La spirale répression-résistance est enclenchée. Le nom de "Fabien" — pseudonyme que Pierre Georges adoptera ensuite — entre dans l'histoire comme celui du premier résistant à avoir tiré sur l'occupant dans les rues de Paris.

Pierre Georges mourra en décembre 1944 près de Mulhouse, tué par l'explosion d'une mine alors qu'il commandait les FTP-FFI de la région de Strasbourg sous le nom de colonel Fabien. Il avait vingt-cinq ans. Sa mémoire sera perpétuée par le nom d'une place du 19e arrondissement, la place du Colonel-Fabien, où le siège du Parti communiste français a été construit en 1971 par Oscar Niemeyer. Le 7 rue Le Goff, dans le 5e arrondissement, il retrouvera ses camarades quelques heures après l'attentat pour remettre son revolver à Jacques d'Andurain.

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Événement
1941
3 septembre 1941 — Hôtel Terminus de la gare de l'Est (couloir d'entrée)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 135-136
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Événement
1941
6 septembre 1941 — Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 136
À dix-huit ans, on peut choisir d'avoir peur; on peut aussi choisir autre chose. Le 21 août 1941, Pierre Georges, dit Colonel Fabien, a abattu un officier de la Kriegsmarine à la station de métro Barbès-Rochechouart. C'é …

À dix-huit ans, on peut choisir d'avoir peur; on peut aussi choisir autre chose.

Le 21 août 1941, Pierre Georges, dit Colonel Fabien, a abattu un officier de la Kriegsmarine à la station de métro Barbès-Rochechouart. C'était le premier attentat de résistance armée reconnu contre l'occupant dans Paris. Les Bataillons de la Jeunesse, organisation armée des Jeunesses communistes créée après le déclenchement de l'opération Barbarossa et la rupture du pacte germano-soviétique, entrent en action dans les rues de la capitale.

Le 6 septembre 1941, au 44 rue des Perchamps, dans le quartier d'Auteuil du 16e arrondissement, trois militants des Bataillons tendent une embuscade à un officier allemand et l'abattent au revolver. Ce sont André Kirschen, Pierre Tourette et Bernard Laurent, auxquels se joint Blatius Hauffmann. Kirschen est né en 1923; il a dix-huit ans. Tourette est encore plus jeune. Dans la logique des Bataillons, chaque action est politique autant que militaire: il s'agit de démontrer que l'occupant n'est pas invincible, de rompre le silence de la défaite.

Les Bataillons comptent alors moins de quarante hommes actifs en région parisienne. Ils opèrent en petits groupes autonomes, frappent rapidement, disparaissent dans les rues en s'appuyant sur des contacts dans les quartiers populaires et les banlieues industrielles. Leur clandestinité totale est leur seule protection. Les Brigades spéciales de la préfecture de police, unité spécialisée dans la traque des résistants communistes, les pourchassent avec méthode et efficacité.

En mars 1942, sept jeunes militants des Bataillons comparaissent devant un tribunal militaire allemand réuni au palais Bourbon, du 4 au 6 mars. Le 9 mars, ils sont conduits au fort du Mont-Valérien et fusillés. Parmi eux figurent André Kirschen, dix-neuf ans, et Pierre Tourette.

La rue des Perchamps se souvient mal de ce matin de septembre 1941. La mémoire des Bataillons de la Jeunesse reste celle des oubliés: trop jeunes pour les commémorations officielles, trop communistes pour certains historiens de la Résistance. Ce sont pourtant eux qui, parmi les premiers, ont prouvé dans les rues de Paris qu'on pouvait se battre.

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Événement
1941
19 septembre 1941 — Garage Soga réquisitionné par la Wehrmacht (HKP 503)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 137
Boulevard Pershing, ils sont huit, ils ont vingt ans, et ils lancent des bouteilles enflammées sur les camions allemands : parmi eux, l'homme qui sera bientôt le colonel Fabien. Les Bataillons de la Jeunesse naissent à l …

Boulevard Pershing, ils sont huit, ils ont vingt ans, et ils lancent des bouteilles enflammées sur les camions allemands : parmi eux, l'homme qui sera bientôt le colonel Fabien.

Les Bataillons de la Jeunesse naissent à l'été 1941. Depuis le 22 juin, l'invasion allemande de l'URSS a levé la ligne de non-intervention que le Parti communiste français observait depuis le pacte germano-soviétique. L'ordre est désormais à la résistance armée. Ce sont les jeunes communistes qui forment les premiers groupes de combat : vingt ans en moyenne, formés aux Jeunesses communistes, quelques vétérans des Brigades internationales d'Espagne.

Pierre Georges, dit "Frédo", a vingt-deux ans en septembre 1941. Il a combattu en Espagne. Le 21 août, il a abattu l'aspirant Moser sur le quai du métro Barbès : c'est le premier attentat armé contre un militaire allemand dans Paris occupé. Cet acte ouvre la saison des représailles : l'occupant commence à fusiller des otages. Pierre Georges le sait. Il continue.

Le 19 septembre 1941, il est au boulevard Pershing, dans le 17e arrondissement. Avec lui : Conrado Miret-Muste, militant catalan exilé ; Gilbert Brustlein, jeune communiste alsacien ; Fernand Zalkinow, Marcel Bourdarias, Louis Marchandise, Asher Semahiya, Maurice Le Berre. Leur objectif : le garage Soga au numéro 21 du boulevard, réquisitionné par la Wehrmacht comme parc automobile sous la référence HKP 503. L'attentat est réalisé au cocktail Molotov. Les véhicules militaires allemands brûlent.

La méthode est simple, le risque immense. L'occupant applique la règle des otages : pour chaque soldat allemand tué ou blessé, des dizaines de Français sont fusillés. Pour les Bataillons de la Jeunesse, l'inaction est une capitulation. La résistance armée, quels qu'en soient les coûts immédiats pour les populations, est la seule réponse digne à l'occupation.

Le mois suivant, Gilbert Brustlein et Pierre Georges participent à l'assassinat du colonel Hotz, commandant allemand de Nantes, le 20 octobre 1941. En représailles, 48 otages sont fusillés à Châteaubriant et Nantes. Pierre Georges poursuit son activité clandestine, prend le nom de guerre de colonel Fabien, commande les FTP de la région parisienne. Il meurt en décembre 1944 en Alsace lors de l'explosion accidentelle d'une mine. La place Colonel-Fabien, dans le 10e arrondissement, porte son nom.

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Événement
1941
21 novembre 1941 — Librairie Rive Gauche (librairie allemande pendant l'Occupation)/Attentat de l'OS
p 138
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Événement
1941
1941
p 140
Planque d'Yves Kermen, responsable militaire de la région Ouest de Paris
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Événement
1941
août 1941 — Gare des Batignolles/Demeure d'Angèle Tixier/Planque de Louis Coquillet
p 212
Louis Coquillet se cache chez sa sœur après avoir échappé à une arrestation à Rennes
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Événement
Événement
1941
2 décembre 1941 — Permanence du Rassemblement National Populaire/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 238
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Événement
1941
22 novembre 1941 — Hôtel Océan (réquisitionné par la Wehrmacht)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 238
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Événement
1941
7 décembre 1941 — Mess de sous-officiers de la Wehrmacht/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 239
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Événement
1941
2 décembre 1941 — Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 239 & 270
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Événement
1941
2 décembre 1941 — Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 239
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Événement
1941
6 décembre 1941 — Boulevard Pereire
p 239
Louis Coquillet tire sur un officier allemand en représailles des exécutions de Résistants
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Événement
1941
14 décembre 1941 — Hôtel Impérator (transformé en cantine de la Wehrmacht)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 239
Opération contre une cantine de la Wehrmacht par deux groupes de Résistants des Bataillons de la Jeunesse et de l'Organisation spéciale appartenant au PCF
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Événement
1942
1 février 1942
p 241
Le 1er février 1942, un convoi de véhicules allemands subit une attaque à l'explosif à Paris. Cinq camions sont détruits lors de cette opération. Karl Schoenhaar et Jean Debrais participent à l'attaque. Ils placent les e …

Le 1er février 1942, un convoi de véhicules allemands subit une attaque à l'explosif à Paris. Cinq camions sont détruits lors de cette opération.

Karl Schoenhaar et Jean Debrais participent à l'attaque. Ils placent les explosifs sur le convoi qui circule Place de la Concorde. L'action vise à perturber les déplacements allemands en pleine occupation.

Cette opération s'inscrit dans la Résistance française contre l'occupant nazi. Paris, sous contrôle allemand depuis juin 1940, voit alors multiplier les sabotages. Le convoi transportait du matériel militaire. L'explosion cause des dommages matériels importants sans pertes humaines signalées.

L'événement reste discret dans les archives publiques en raison du contexte clandestin. Il illustre les premières actions armées des résistants parisiens en 1942.

Sources

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Événement
1942
3 janvier 1942 — Permanence du Rassemblement National Populaire/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 241
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Événement
1942
11 février 1942 — Gare de l'Est/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 241-242
Le 11 février 1942, la gare de l’Est devient l’un des premiers théâtres de la guerre clandestine menée par les Bataillons de la Jeunesse. Dans le vaste hall, un engin explosif est placé contre un train de permissionnaire …

Le 11 février 1942, la gare de l’Est devient l’un des premiers théâtres de la guerre clandestine menée par les Bataillons de la Jeunesse. Dans le vaste hall, un engin explosif est placé contre un train de permissionnaires allemands, au milieu d’une foule compacte de soldats en transit et de civils. L’explosion, suivie d’une deuxième tentative dans la nuit du 11 au 12 février, déclenche une panique considérable : cris, fumée, bousculades, soldats se ruant vers les quais et les sorties, tandis que les autorités allemandes et la police française tentent de reprendre le contrôle des lieux.

L’opération est revendiquée par les Bataillons de la Jeunesse, ces groupes de jeunes communistes intégrés à l’Organisation spéciale, qui multiplient alors les attaques à la grenade et les sabotages contre l’armée d’occupation. L’attentat de la gare de l’Est inaugure une série d’actions visant les trains de permissionnaires, symbole de la machine de guerre allemande et de la routine de l’occupation.

La répression ne tarde pas. Dans les semaines qui suivent, plusieurs jeunes des Bataillons de la Jeunesse, dont Raymond Tardif et André Aubouet, sont arrêtés puis fusillés les 16 et 17 mai 1942 ; une plaque au 156 rue de Belleville rappelle aujourd’hui leurs noms et mentionne explicitement les attentats des 11 et 12 février 1942 à la gare de l’Est.

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Événement
1942
20 janvier 1942 — Station de métro Montparnasse Bienvenüe/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 241
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Événement
Événement
1942
10 janvier 1942 — Bureaux du Rassemblement National Populaire/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 241
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Événement
1942
5 février 1942 — Maison close pour soldats allemands/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 241
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Événement
1942
8 mars 1942 — Salle Wagram/Exposition "Le Bolchevisme contre l'Europe"/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 242-243
Depuis le 1er mars 1942, la salle Wagram accueille une exposition de propagande nazie et collaborationniste, Le Bolchevisme contre l'Europe, organisée par le Comité d'action antibolchévique de Paul Chack sous le patronag …

Depuis le 1er mars 1942, la salle Wagram accueille une exposition de propagande nazie et collaborationniste, Le Bolchevisme contre l'Europe, organisée par le Comité d'action antibolchévique de Paul Chack sous le patronage de Vichy. Fresque de Pétain serrant la main de Hitler à l'entrée, stands du PPF et du RNP, documents sur la Guépéou et la « misère soviétique* — le dispositif réunit chaque jour des milliers de visiteurs.

Le 8 mars, trois militants des Bataillons de la Jeunesse tentent d'y faire exploser une bombe. Ils s'appellent Georges Tondelier, vingt ans, Karl Schoenhaar, dix-sept ans, et André Kirschen, quinze ans et demi. L'engin n'explose pas. Ils sont arrêtés sur place ou dans les heures qui suivent, puis torturés.

Du 7 au 14 avril 1942, vingt-sept résistants des Bataillons de la Jeunesse comparaissent devant un tribunal militaire allemand à la Maison de la Chimie. Tondelier et Schoenhaar sont condamnés à mort. Tondelier est fusillé au Mont-Valérien le 11 juin 1942, Schoenhaar le 17 avril — il a dix-sept ans. Kirschen, lui, échappe à l'exécution par un détail de procédure : le code militaire allemand ne prévoit pas la peine de mort en dessous de seize ans. Condamné à dix ans de prison, il est déporté en Allemagne et survit à la guerre. Il témoignera toute sa vie de ce que fut ce premier cycle de résistance armée à Paris.

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Événement
1941
novembre 1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 248
Planque improvisée en urgence de Gilbert Brustlein, rescapé du groupe de la Roquette. Origine de la chute du réseau dit du Chapeau Rouge
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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 249-252
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 249-252
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1941
19 novembre 1941 — Laboratoire de fabrication d'explosifs (dit Le Labo)/Planque de Gilbert Burlstein
p 252
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Événement
1942
28 février 1942 — Café boulevard Diderot
p 257
Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café. Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur …

Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café.

Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur Dallidet, responsable central de l’organisation et de la sécurité, y retrouve son agente de liaison Marguerite Lamy, qui travaille alors pour Jean Jérôme. Ils s’assoient, parlent de façon apparemment anodine, échangent des nouvelles de la famille ; Dallidet lui glisse discrètement une enveloppe de documents, ainsi qu’un paquet contenant une importante somme en devises et un peu d’or, destiné à l’appareil clandestin.

Ce que les deux militants ignorent, c’est qu’ils sont déjà dans le viseur des Brigades spéciales. La filature d’un responsable régional (Pican, en liaison avec la direction parisienne) a permis à la BS1 de remonter jusqu’aux cercles proches du centre du Parti. Quand Dallidet et Lamy quittent le café, à l’angle du boulevard Diderot et de la rue de Reuilly, les inspecteurs bondissent : un car de police arrive, des « ouvriers du comptoir » se révèlent être des policiers en planque, et les deux résistants sont arrêtés sur le trottoir.

L’enjeu est énorme. Dallidet, qui vient d’être livré à la police française puis aux Allemands, a sur lui ou vient de transmettre des listes de noms et d’adresses de l’appareil clandestin, ce qui entraînera une série d’arrestations, dont celle de l’importante agente de liaison « Betty » (Madeleine Passot). Il subit ensuite des interrogatoires et des tortures extrêmement violents à la Santé et dans les locaux de la Gestapo, sans parler selon les témoignages de ses codétenus, avant d’être fusillé au mont Valérien le 30 mai 1942.

Pour Marguerite Lamy, enceinte au moment de l’arrestation, commence un long parcours de détention, d’interrogatoires et de déportation, dont elle reviendra, contrairement à Dallidet.

[Emplacement précis inconnu: le 118 ou le 79 du bd Diderot]

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Événement
1942
3 janvier 1942 — Planque de Louis Coquillet (membre de l'Organisation spéciale des Jeunesses communistes)
p 257
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Événement
1941
décembre 1941 — Planque de Louis Coquillet
p 257
Louis Coquillet quitte sa planque, sa fiancée et sa sœur ayant été arrêtées
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Événement
1942
23 février 1942
p 258
Planque de repli d'Albert Ouzoulias après avoir fui la rue Piat
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Événement
1942
février 1942 — Hôtel Bradford/Annexe du SD nazi
p 260-261
Conrado Miret i Musté est torturé à mort sans avoir rien livré, y compris son identité ; il avait été arrêté par la police française. Une plaque commémore son décès à la Santé
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Événement
1942
7 avril 1942 — lieu-inconnu
p 260-264
Procès des 27 combattants des Bataillons de la Jeunesse et de l'Organisation spéciale du PCF, dit "procès de la Maison de la Chimie"
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Événement
Date imprécise — Demeure de Bernard et André Kirschen (chez leurs parents)
p 268-269
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Événement
1941
janvier 1941 — Planque d'Armand Vanveers (qui a rejoint Paris après son évasion de Suisse)
p 268
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Événement
1942
10 mai 1942 — Hôtel William's/Prévôté militaire allemande (Feldgendarmerie)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 270-271
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Événement
Événement
1942
9 mai 1942 — Télégraphe Brustelle (réquisitionné par les nazis)
p 275
Coup de main du Groupe spécial des FTP contre la station de télégraphe de l'armée allemande. Les Résistants y déposent une mallette remplie d'explosifs
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Événement
1942
19 mai 1942 — Café du boulevard du Palais (fréquenté par les inspecteurs des Bs)
p 276-277
Attentat à la valise piégée des Groupes spéciaux FTP visant les inspecteurs des Brigades spéciales des RG. Un inspecteur est tué mais aussi un garçon de café
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Événement
1942
1 août 1942 — Magasin Félix Potin/Comités patriotiques féminins (future UFF)
p 277-278
Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand fu …

Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand furent tués. Tous les membres du groupe de protection furent arrêtés et fusillés.

Au printemps 1942, un groupe de femmes communistes organisé par les Comités patriotiques féminins et les Francs-Tireurs et Partisans avait lancé une action sur le marché de la rue de Buci, dans le 6e arrondissement : distribution forcée de denrées à la population, refus de payer les commerçants. L'action visait à dénoncer les pénuries alimentaires de l'Occupation et à montrer que la résistance pouvait agir en plein Paris.

La répression avait été immédiate. Des arrestations suivirent ; des résistants furent déportés ou exécutés.

Le 1er août 1942, le groupe coordonné par Maurice Le Berre frappa en représailles. La cible : le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre, dans le 14e arrondissement. Félix Potin était alors la grande chaîne d'alimentation parisienne, omniprésente dans les quartiers populaires. L'opération se transforma en combat : deux policiers et un officier allemand furent tués.

L'action s'inscrivait dans un réseau plus large. Parmi les militantes actives dans cette période figuraient Lise Ricol, Maria Rabaté et Claudine Chomat, militantes des Comités patriotiques féminins qui allaient constituer l'Union des Femmes Françaises. Ces femmes, issues pour la plupart du Parti communiste, organisaient la résistance quotidienne à l'Occupation : tracts, manifestations, ravitaillement des clandestins, actions directes.

Le groupe de protection de Maurice Le Berre fut entièrement démantelé. Tous ses membres furent arrêtés et fusillés.

L'action de la rue Daguerre appartient à une séquence serrée : rue de Buci au printemps, rue Daguerre en août. La résistance communiste parisienne de l'été 1942 était organisée, déterminée, et payait un prix très lourd.

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Événement
1942
24 août 1942 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 278-283
Procès du groupe de la Butte du Chapeau Rouge ; 33 membres de l'Organisation spéciale (OS), 18 condamnés à mort et seulement 7 survivants
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Événement
1942
24 août 1942 — Square de la Butte du Chapeau rouge/Groupe de jardiniers de la Butte du Chapeau Rouge
p 278-283
Réseau de Résistance de la Butte du Chapeau Rouge, jugé au procès de l'hôtel Continental
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Événement
1942
24 août 1942 — Loge de concierge du 5 avenue Debidour
p 278-283
Réseau de Résistance de la Butte du Chapeau Rouge, jugé au procès de l'hôtel Continental
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Événement
1942
24 août 1942 — Aquarium-bar (restaurant ouvrier de la Butte du Chapeau Rouge)
p 278-283
Réseau de Résistance jugé au procès de l'hôtel Continental. Ils se réunissent là en infraction à toutes les règles de sécurité
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Événement
1941
15 décembre 1941 — Demeure d'Odette et Georges Fauveau
p 279
Arrestation de Pierre Rebière et de deux agents de liaison de l'Organisation spéciale du PCF, dans une souricière
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Événement
1941
15 décembre 1941 — Planque de Pierre Rebière
p 279
Arrestation de Pierre Rebière ; il sera fusillé au Mont Valérien le 5 octobre 1942
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Événement
1933
septembre 1933 — Palais de la Mutualité
p 286
Congrès international de la Jeunesse contre la guerre et le Fascisme, appelé par Henri Barbusse et Romain Rolland ; délégation allemande clandestine de cinq jeunes socialistes et communistes de Mayence
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Événement
1933
Événement
Événement
1942
1942 — Demeure de Karl Schoenhaar (chez sa mère)
p 291
En 1942, sous l'Occupation nazie, le 6 rue Étienne Marey dans le 13e arrondissement de Paris abrite la demeure de Karl Schoenhaar, qui y habite avec sa mère, Odette Pisler. Schoenhaar fait partie d'un groupe qui organise …

En 1942, sous l'Occupation nazie, le 6 rue Étienne Marey dans le 13e arrondissement de Paris abrite la demeure de Karl Schoenhaar, qui y habite avec sa mère, Odette Pisler. Schoenhaar fait partie d'un groupe qui organise les premiers attentats antinazis en France. Il adhère au Bataillon de la jeunesse communiste, participe activement à ces actions de résistance contre les forces allemandes installées dans la capitale et joue un rôle clé dans la coordination de ces opérations clandestines depuis son domicile. La maison sert de point de rendez-vous et de base pour préparer les attaques: le concierge de l'immeuble, Monsieur Leblois, aussi un résistant, conserve dans sa cave un arsenal fait de grenades, armes et autres explosifs. Les actions du Bataillon de la jeunesse communiste marquent le début de la Résistance armée à Paris, dans un contexte de répression accrue par les nazis et la police française. L'adresse reste associée à ces débuts de la lutte antinazie en 1942.

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Événement
1943
14 décembre 1943 — Lieu de rendez-vous de Jean-Roger Debrais
p 291-292
Jean Debrais est blessé mortellement d'une balle dans le dos en tentant d'échapper à son arrestation par les brigades spéciales des RG. Il mourra le lendemain à l'hôpital Marmottant
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Événement
1940
novembre 1940 — Lycée Rollin/Lycée Jacques Decour (actuel)
p 291
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Événement
1940
1940 — Demeure de Karl Schoenhaar/Dépôt d'armes du PCF
p 291
Récupération et réparation d'armes ; Karl sera fusillé au Mont Valérien, Hélène sera déportée
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Événement
1944
23 août 1944 — Tunnel de Sorbier de la Petite Ceinture (station Ménilmontant)
p 295 & 442
Prise d'un train de munitions allemand par les FFI, après l'assassinat par les nazis d'un premier parlementaire
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Événement
1943
28 septembre 1943 — Demeure du général nazi Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
p 323
Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois. Julius Ritter est Standart …

Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois.

Julius Ritter est Standartenführer SS. Né en 1892 en Thuringe, il est depuis 1943 le représentant en France de Fritz Sauckel, plénipotentiaire général à la main-d'œuvre du Reich. Sa fonction est précise : organiser le Service du travail obligatoire, le STO, qui envoie de force les jeunes travailleurs français dans les usines allemandes. Des centaines de milliers d'hommes sont ainsi déportés au travail. Le STO est, avec les rafles antisémites, l'une des mesures les plus haïes de l'Occupation ; il alimente le maquis, où fuient ceux qui refusent de partir.

Ritter habite au 18 rue Pétrarque, dans le 16e arrondissement, quartier tranquille de la porte Dauphine. Ses horaires sont réguliers.

Le 28 septembre 1943, vers huit heures et demie du matin, une équipe des FTP-MOI l'attend devant son domicile. Ils sont quatre : Marcel Rajman, ouvrier tricoteur juif polonais de vingt et un ans ; Spartaco Fontanot, Italien de vingt et un ans, fils de réfugiés antifascistes ; Celestino Alfonso, Espagnol de vingt-sept ans, ancien des Brigades internationales ; Leo Kneler, Allemand antinazi. Quand Ritter sort, ils l'abattent.

L'effet à Berlin est immédiat. Himmler ordonne à Carl Oberg, chef de la police allemande en France, de liquider les "terroristes." Les exécutions d'otages, suspendues depuis l'automne 1942, reprennent : cinquante otages du camp de Romainville sont fusillés au Mont-Valérien le 2 octobre 1943.

La traque des FTP-MOI s'intensifie. Les Brigades spéciales de la police française de Vichy, qui filent les militants depuis des mois, opèrent une vague d'arrestations en novembre 1943. Missak Manouchian, Marcel Rajman, Spartaco Fontanot, Celestino Alfonso et dix-neuf autres sont arrêtés. Vingt-deux sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Olga Bancic, seule femme du groupe, est décapitée à Stuttgart en mai. L'occupant en fait l'Affiche rouge, qui devait les déshonorer et les rendit immortels.

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Événement
1942
décembre 1942 — Hôtel Bradford/Annexe du SD nazi
p 340
Pierre Georges, le futur colonel Fabien, est livré aux nazis par les Brigades spéciales françaises ; il parviendra à s'évader du fort de Romainville
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Événement
1944
16 août 1944 — Demeure de Mme Matta/Comité militaire national des FTPF
p 362
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Événement
Événement
1944
1 juillet 1944 — Manifestation du PCF pendant l'Occupation (encadrée par les FTP)
p 397-398
Manifestation antinazie ; démonstration de force du PCF avant la Libération
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Événement
1944
1 juillet 1944 — Manifestation du PCF pendant l'Occupation (encadrée par les FTP)
p 397-398
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Événement
Événement
1944
14 juillet 1944
p 399
Manifestation organisée pour le 14 juillet par les militants du PCF et du Front uni de la Jeunesse, à la veille de la Libération ; 5 000 manifestants
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Événement
Événement
1944
28 août 1944 — Ministère de la Guerre
p 410
Charles de Gaulle reçoit avec mépris les 20 principaux chefs de la Résistance parisienne, traités par lui d'"officiers d'occasion" ; il dissout les FFI
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Événement
Événement
1944
6 août 1944 — Imprimerie Frémiot
p 414-416
Le 6 août 1944, cinq mille affiches sortirent de l'imprimerie Frémiot, avenue Parmentier. Quatorze jours plus tard, Paris était libre. L'imprimerie de Louis Frémiot était installée au 16 avenue Parmentier, dans le 11e ar …

Le 6 août 1944, cinq mille affiches sortirent de l'imprimerie Frémiot, avenue Parmentier. Quatorze jours plus tard, Paris était libre.

L'imprimerie de Louis Frémiot était installée au 16 avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement. Le 6 août 1944, dans les conditions du Paris occupé, elle imprima cinq mille exemplaires de l'ordre de mobilisation générale des Francs-Tireurs et Partisans Français de la région Paris.

Le texte avait été rédigé par l'état-major régional des FTPF, coordonné notamment par Pierre Georges, dit le colonel Fabien, et par Rino Scolari. L'ordre appelait les résistants et les patriotes à se lever. Les affiches furent transportées et stockées en lieu sûr.

Dans la nuit du 10 au 11 août 1944, elles furent collées sur les murs de Paris. La date du 10 août n'était pas choisie au hasard : c'était le cent cinquante-deuxième anniversaire de la prise des Tuileries par les sections révolutionnaires en 1792. La Résistance aimait ses calendriers.

Paris était encore occupé. Les Allemands contrôlaient la ville, les exécutions continuaient, les déportations également. La grève de la police ne commencerait que le 15 août, le soulèvement général le 19. Mais les affiches étaient déjà sur les murs.

Louis Frémiot risquait sa vie et son imprimerie. Le colonel Fabien ne vit pas la Libération de Paris qu'il avait préparée : il mourut en Alsace en décembre 1944, quatre mois après avoir commandé la mobilisation.

Les affiches du 10 août furent le dernier appel aux armes avant que les barricades ne s'élèvent.

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Événement
1944
Événement
1944
Événement
1944
16 août 1944
p 420-422
Ce matin-là, ils étaient venus chercher des armes. Ils ont trouvé la Gestapo. Le 16 août 1944, Paris attend sa libération depuis des semaines. Les Alliés sont en Normandie, le général von Choltitz tient la ville, et c'es …

Ce matin-là, ils étaient venus chercher des armes. Ils ont trouvé la Gestapo.

Le 16 août 1944, Paris attend sa libération depuis des semaines. Les Alliés sont en Normandie, le général von Choltitz tient la ville, et c'est peut-être précisément cette fin annoncée qui rend l'occupant et ses complices plus dangereux que jamais. Ce jour-là se déroule l'un des massacres les plus froids des dernières semaines d'occupation.

Tout commence quelques mois plus tôt. Un ingénieur gaulliste, Wigen Nercessian, rencontre un certain Charles Porel, qui se présente comme autrichien, ancien des Brigades internationales d'Espagne, désormais agent de l'Intelligence Service britannique. En réalité, Porel est Karl Rehbein, membre du Sicherheitsdienst, le service de renseignement des SS. Un autre agent, qui se fait appeler « Jack » et dont le vrai nom est Guy Glèbe d'Eu, est chef de groupe de la Gestapo. Nercessian, de bonne foi, met ces contacts en relation avec plusieurs réseaux de résistance.

Le 16 août au matin, une cinquantaine de résistants issus de groupes distincts : les FFI-FTP de Chelles en Seine-et-Marne, les Jeunes Chrétiens Combattants, l'Organisation civile et militaire, le groupe Turma-Vengeance, convergent vers le point de ralliement convenu, convaincus qu'une livraison d'armes les attend. Ils sont dirigés vers le 55 avenue des Ternes, puis vers un garage du 11 bis rue d'Armaillé, dans le 17e arrondissement. Là les attendent une trentaine de SS et de collaborateurs armés. Les véhicules sont encerclés, les hommes saisis. Trente-quatre sont arrêtés ; au même moment, sept autres combattants sont massacrés rue Leroux, dans le 16e, dans un piège similaire.

Dans la soirée du 16 août 1944, trente-cinq résistants sont fusillés à la mitrailleuse et aux grenades dans la clairière de la cascade du bois de Boulogne, au chemin des Réservoirs, 16e arrondissement. Un chêne porte encore les traces des balles dans son écorce.

Porel-Rehbein ne s'en tenait pas là : entre avril et août 1944, ses opérations de provocation avaient conduit à l'arrestation de plus de trois cents résistants, à la torture de la plupart d'entre eux et à la déportation de cent soixante-trois hommes et femmes, dont cinquante seulement reviendront.

Paris sera libérée le 25 août 1944, neuf jours plus tard. Ces trente-cinq hommes ne verront pas l'entrée des chars.

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Événement
Événement
1944
16 août 1944 — Rue Leroux (devant un immeuble réquisitionné par la Gestapo)
p 420-422
Massacre par la Gestapo de sept combattants FFI attirés dans un piège par Boulfroy, le même jour qu'à la cascade du bois de Boulogne
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Événement
1944
17 août 1944 — Garage Biguet (transformé en chapelle ardente)
p 420-422
Rassemblement des corps des martyrs du bois de Boulogne et de la rue Leroux ; 7 ont été massacrés rue Leroux et 35 à la cascade du bois de Boulogne après qu'on leur ait fait croire à une livraison d'armes
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Événement
1944
18 août 1944 — Poste de commandement du colonel Fabien
p 422
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Événement
1944
Événement
1944
19 août 1944 — Mairie du 1er arrondissement
p 426
Mairie du 1er libérée le matin, reprise par les nazis à midi, libérée à nouveau le soir
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Événement
1944
19 août 1944 — Collège de France/Laboratoire de Frédéric Joliot-Curie
p 427
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Événement
1944
22 août 1944 — Librairie du PCF (occupée par les milices de Darnand)
p 438
Reconquête de la librairie du PCF, occupée par les milices de Darnand ; 8 combattants FTP sont tués
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Événement
1944
22 août 1944 — Siège du Parti communiste français (occupé par les milices de Darnand)
p 438 & 447
Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre. Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Pel …

Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre.

Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Peletier et à la rue du Faubourg-Montmartre abrite depuis 1937 le siège national du Parti communiste français. Sous l’Occupation, le parti vit dans la clandestinité ; en 1944, l’immeuble est réquisitionné par la Milice française.

La Milice est à la fois un parti, une police politique et une petite armée au service du régime de Vichy finissant. Son chef, Joseph Darnand, officier de la Waffen-SS, a prêté serment de fidélité à Hitler en 1943 ; le 1er janvier 1944, il devient responsable du maintien de l’ordre, et le 27 janvier la Milice, jusque-là cantonnée dans la zone sud, s’étend au Nord. En février, Jean Bassompierre vient la réorganiser. Son propagandiste le plus connu, Philippe Henriot, la voix de Radio-Paris, est devenu secrétaire d’État à l’Information ; la Résistance l’abat le 28 juin 1944 dans son ministère de la rue de Solférino. Pour ce mouvement qui se veut antirépublicain, antisémite et anticommuniste, s’installer dans la maison des communistes est tout un symbole.

Au printemps et à l’été 1944, la guerre civile entre miliciens et résistants atteint son paroxysme. La Milice traque les maquis, torture, exécute. Elle assassine des hommes politiques hostiles à la collaboration : l’ancien ministre du Front populaire Jean Zay en juin, l’ancien ministre de l’Intérieur Georges Mandel en juillet, en forêt de Fontainebleau, et le président de la Ligue des droits de l’homme, Victor Basch, avec sa femme.

À la mi-août, à l’approche des Alliés, Darnand ordonne le repli général : le 16, Bassompierre quitte la France avec la cohorte parisienne. Certains miliciens restent pourtant et épaulent les Allemands quand l’insurrection parisienne éclate. Le 19 août, les policiers résistants s’emparent de la préfecture de police ; le 20, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville ; une trêve, négociée par le consul de Suède, est aussitôt rejetée par le colonel Rol-Tanguy. Les combats atteignent leur paroxysme le 22 août. Ce jour-là, des combattants FTP, les Francs-tireurs et partisans communistes, donnent l’assaut au 13 rue de Châteaudun et reprennent l’immeuble. Huit d’entre eux sont tués.

Le Parti communiste retrouve son siège, qu’il ne quittera qu’en 1971 pour le bâtiment d’Oscar Niemeyer, place du Colonel-Fabien. Entre-temps, en novembre 1956, la rue de Châteaudun aura connu un autre assaut : après l’écrasement de l’insurrection de Budapest par les chars soviétiques, des manifestants mettent l’immeuble à sac.

Les chefs de la Milice ont fini devant le peloton. Quelque deux mille cinq cents miliciens et leurs familles ont suivi les Allemands dans leur retraite, et beaucoup ont rejoint la division SS Charlemagne. Darnand, capturé en Italie, est fusillé le 10 octobre 1945, Bassompierre le 20 avril 1948. L’immeuble de la rue de Châteaudun donne toujours sur la petite place Kossuth, qui porte le nom du héros de la révolution hongroise de 1848.

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Événement
1944
21 août 1944 — Siège du journal "L'Humanité"
p 438
Cinq ans qu'on l'imprimait dans les caves, cinq ans qu'on la distribuait sous les manteaux : ce 21 août 1944, L'Humanité sort enfin à la lumière. Le 21 août 1944, au 18 de la rue d'Enghien dans le 10e arrondissement, L'H …

Cinq ans qu'on l'imprimait dans les caves, cinq ans qu'on la distribuait sous les manteaux : ce 21 août 1944, L'Humanité sort enfin à la lumière.

Le 21 août 1944, au 18 de la rue d'Enghien dans le 10e arrondissement, L'Humanité paraît à nouveau au grand jour. Pour les passants qui la voient affichée et distribuée en pleine rue, c'est un signe que quelque chose a véritablement changé à Paris. Depuis juin 1940, le journal fondé par Jean Jaurès en 1904 était interdit, ses locaux saisis par les Allemands, ses responsables pourchassés. Pendant quatre ans, il avait continué à paraître clandestinement, imprimé dans des caves et des arrière-boutiques, distribué de main en main par des militants qui risquaient leur vie à chaque numéro.

Le retour public du journal est plus qu'un fait de presse : c'est un acte politique. L'Humanité clandestine avait été l'un des principaux vecteurs de l'organisation de la Résistance communiste à Paris, relayant les consignes des FTP, commentant les actions d'éclat, maintenant une identité collective dans une époque où les réunions étaient impossibles. Sa réapparition au grand jour, dans les premiers jours de l'insurrection, précède de quatre jours l'entrée officielle de la 2e DB et le discours de de Gaulle à l'Hôtel de Ville.

Marcel Cachin, figure tutélaire du PCF, figure au comité de direction de ce numéro historique. Marius Magnien, Francis Cohen, Albert Rigal et Charles Garcia ont participé à sa préparation. La rédaction clandestine avait fonctionné pendant toute l'Occupation avec une discipline et une organisation remarquables, constituant l'une des grandes réussites logistiques de la Résistance française.

Dans les mêmes jours, rue du Louvre, le journal "Libération" fondé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie s'installe lui aussi dans ses nouveaux locaux. La presse clandestine, qui avait été l'épine dorsale de la Résistance culturelle et politique, reprend possession de Paris avant même que les combats soient terminés. C'est une manière de dire que le peuple de Paris a libéré sa ville non seulement avec des armes, mais avec des mots.

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Événement
1944
21 août 1944 — Mairie du 17ème arrondissement
p 439 & 441
Les nazis attaquent la mairie du 17ème qui avait été libérée ; combats les plus violents de la Libération
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Événement
Événement
1944
22 août 1944
p 441
Combats importants lors de la libération ; apparition du premier char récupéré par la Résistance
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Événement
1944
août 1944 — Place de la Concorde (devant le ministère de la Marine)
p 444
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Événement
Événement
1944
25 août 1944 — Central téléphonique Archives (occupé par les nazis)
p 444
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Événement
1944
25 août 1944 — Caserne Vérines/Caserne Heinrich Himmler (pendant l'Occupation nazie)
p 448-449
Le gouverneur allemand a capitulé dans l’après-midi. Place de la République, pourtant, on se bat encore : la caserne du Prince-Eugène ne se rend qu’à 19 h 25. Le 25 août 1944, Paris vit sa dernière journée d’occupation. …

Le gouverneur allemand a capitulé dans l’après-midi. Place de la République, pourtant, on se bat encore : la caserne du Prince-Eugène ne se rend qu’à 19 h 25.

Le 25 août 1944, Paris vit sa dernière journée d’occupation. La 2e division blindée du général Leclerc est entrée dans la ville. À la préfecture de police, le gouverneur militaire du « Grand Paris », Dietrich von Choltitz, signe le cessez-le-feu avec Leclerc ; la capitulation est ensuite signée à la gare Montparnasse, avec le contreseing du colonel Rol, le chef des FFI de la région parisienne. Mais tous les soldats allemands n’obéissent pas. Des unités SS refusent la reddition et menacent même de fusiller les officiers de la Wehrmacht qui la leur ordonnent.

Place de la République, la caserne du Prince-Eugène est l’un de ces derniers réduits. Bâtie sous le Second Empire derrière ce qui était alors la place du Château-d’Eau, à l’emplacement de l’ancien Vauxhall d’été et du diorama où Daguerre avait perfectionné l’invention de Niépce, elle pouvait loger 3 200 hommes ; on l’avait conçue pour rassembler des troupes dispersées dans Paris, mais aussi pour encercler au besoin le faubourg Saint-Antoine. En mai 1871 déjà, les fédérés s’étaient retranchés derrière un réseau de barricades partant de ses murs ; Delescluze s’était fait tuer tout près, sur celle du Château-d’Eau. Sous l’Occupation, les Allemands y ont logé leurs propres troupes, et l’ont baptisée caserne Heinrich-Himmler. En août 1944, elle abrite des SS décidés à se battre.

Depuis le début de l’après-midi, résistants et soldats de la 2e DB en font le siège. Parmi les assaillants, les FFI-FTP de la compagnie Saint-Just. À 19 h 25, la garnison se rend : c’est le dernier bastion allemand de Paris à capituler. Le même soir, à l’Hôtel de Ville, le général de Gaulle prononce devant la foule le discours resté célèbre : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »

En 1947, la caserne a pris le nom de Jean Vérines. Blessé deux fois pendant la Grande Guerre — il y a perdu l’usage de l’œil droit —, cet officier de gendarmerie commandait avant-guerre le 3e bataillon de la Garde républicaine de Paris. Il entre dans la Résistance dès août 1940, dans ce qui allait devenir, sous l’impulsion de Maurice Duclos, émissaire du général de Gaulle, le premier réseau de la France occupée : le réseau Saint-Jacques. Arrêté en octobre 1941 — dans cette caserne même —, il passe deux mois au secret à Fresnes, puis il est déporté en Allemagne. Condamné à mort en août 1943 par le Tribunal du peuple de Berlin, il est fusillé à Cologne le 20 octobre 1943.

La Garde républicaine occupe la caserne depuis 1947. Son entrée principale donne toujours sur la place de la République, face au monument à la République.

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Événement
Événement
1944
26 août 1944 — Hôtel Ritz
p 453-454
« Libérateur du Ritz » : la légende est belle, et Hemingway n’a rien fait pour la démentir. Le 26 août 1944, Paris est libre depuis la veille. Des combattants des Francs-tireurs et partisans (FTP) viennent occuper l’hôte …

« Libérateur du Ritz » : la légende est belle, et Hemingway n’a rien fait pour la démentir.

Le 26 août 1944, Paris est libre depuis la veille. Des combattants des Francs-tireurs et partisans (FTP) viennent occuper l’hôtel Ritz, place Vendôme. Ils y trouvent un Américain bien connu : Ernest Hemingway. D’après le récit qu’en donne Albert Ouzoulias dans « Les Bataillons de la jeunesse », l’écrivain leur remet des carabines américaines.

Hemingway connaît Paris mieux que la plupart des soldats alliés. Au début des années 1920, jeune correspondant du « Toronto Star », il habitait avec sa femme Hadley au 74 de la rue du Cardinal-Lemoine, fréquentait la librairie Shakespeare and Company, Gertrude Stein, Ezra Pound et James Joyce — ce Paris qu’il racontera à la fin de sa vie dans « Paris est une fête ». Le Ritz faisait déjà partie de ses habitudes : le Café Parisien, le bar réservé aux hommes que l’hôtel avait ouvert en 1921, y accueillait Cole Porter, Scott Fitzgerald et lui.

Revenu en Europe en juin 1944 comme correspondant de guerre, il suit l’avance alliée à sa manière, en tenue mi-militaire, mi-civile. À Rambouillet, il prend la tête d’un petit groupe de résistants — ce que les conventions de Genève interdisent à un correspondant ; formellement accusé, il s’en tirera en affirmant s’être contenté de donner des conseils. Reçu par le général Leclerc, il lui réclame un blindé de reconnaissance, deux ou trois jeeps et une demi-douzaine d’hommes pour « libérer le bar du Ritz » ; le général l’éconduit en le traitant de clown. Hemingway est bien à Paris le 25 août, jour de la capitulation allemande. Mais qu’il soit entré le premier dans la ville, ou qu’il ait libéré le Ritz à lui seul, relève de la légende plus que de l’histoire.

Le palace sort de quatre années étranges. Parce que son fondateur, César Ritz, et sa femme étaient suisses, l’hôtel aurait été traité comme un « territoire neutre » : la Luftwaffe n’en réquisitionne qu’une partie et installe son quartier général côté rue Cambon, tandis que son chef, Hermann Göring, s’attribue la suite impériale. L’hôtel continue de recevoir des clients : des marchands d’art qui pillent des œuvres pour la collection de Göring, l’actrice Arletty avec son amant, un officier allemand, Coco Chanel avec le sien. Mais il cache aussi, dans des pièces secrètes ou des chambres de bonne, des aviateurs alliés, des fugitifs, des Juifs, des résistants. Blanche Auzello, Américaine juive et épouse du directeur, aide la Résistance ; la Gestapo l’arrête et la torture en juin 1944.

Photographie : Hemingway et Janet Flanner attablés en uniforme à une terrasse

Hemingway, lui, profite de ses premiers jours de liberté parisienne pour renouer avec ses amis d’avant-guerre : il assiste à une réunion organisée par Sylvia Beach et se réconcilie avec Gertrude Stein. Puis il repart vers le front, jusqu’aux combats de la forêt de Hürtgen.

Il restera un habitué du Ritz. Depuis 1994, l’ancien petit bar de l’hôtel porte son nom ; on raconte que le Bloody Mary y fut inventé pour lui, afin que sa femme, Mary Welsh, ne sente pas l’alcool dans son haleine.

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Événement
1944
25 août 1944
p 453
Les dirigeants communistes se retrouvent chez Ventre au soir de la Libération
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