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13 avril 1871
Événement

Jourde, Varlin et Amouroux vont réclamer les diamants de la couronne à la Banque de France qu'elle avait reçus en dépôt

Banque de France
Jourde, Varlin et Amouroux vont réclamer les diamants de la couronne à la Banque de France qu'elle avait reçus en dépôt
La Banque de France du temps de la Commune

Jourde, Varlin et Amouroux vont réclamer les diamants de la couronne à la Banque de France qu'elle avait reçus en dépôt. En fait, ils avaient été transférés dans les départements avec le numéraire de la banque dès le début du conflit.

Au 1, rue de La Vrillière (Ier arr.), trois délégués de la Commune viennent chercher un trésor. Ils repartent les mains vides.

Ce 13 avril, Francis Jourde, Eugène Varlin et Charles Amouroux se présentent à la Banque de France. Leur mission : récupérer les diamants de la Couronne, entreposés dans les coffres de l'institution depuis la chute de l'Empire. La Commune a besoin de ces fonds pour financer sa défense. Mais quand ils arrivent, les diamants ont déjà pris le chemin de Versailles.

C'est le sous-gouverneur Gustave Rouland, puis son adjoint le marquis de Ploeuc, qui mènent la danse. Depuis le 18 mars, ils jouent un jeu d'une habileté redoutable : accorder juste assez pour éviter une saisie, jamais assez pour armer réellement la Commune. Au total, la Banque versera environ 16 millions de francs aux insurgés — une somme qui paraît considérable, mais dérisoire rapportée aux 320 millions acheminés sans sourciller vers le gouvernement de Thiers.

La Commune commet ici l'une de ses erreurs les plus fatales. Charles Beslay, vieux proudhonien nommé délégué auprès de la Banque, se laisse amadouer par de Ploeuc. Il refuse de forcer les coffres, convaincu qu'il faut respecter le « crédit de la France ». Pendant ce temps, Versailles dispose de ressources quasi illimitées pour recruter, armer et préparer l'assaut final.

Jourde et Varlin, eux, ont compris. Mais la décision n'est pas entre leurs mains. L'ironie est cruelle : les communards qui rêvent de renverser l'ordre bourgeois n'osent pas toucher à son temple.