Krasucki échappe à une filature de la BS2 des RG qui ne le connaissent pas encore et le surnomment « Bertrand »

Immeuble à double entrée donnant sur le boulevard St Martin

Léa et Henri Krasucki

Le 18 février 1943, Henri Krasucki, jeune responsable clandestin de la section juive de la MOI et futur dirigeant syndical, échappe de peu à l’une des premières grandes offensives policières contre son réseau. Ce jour‑là, des inspecteurs de la Brigade spéciale n°2 des Renseignements généraux, qui traquent les organisations communistes et la MOI parisienne, le filent sans encore connaître son identité réelle. Ils le baptisent « Bertrand », simple pseudonyme de service, en attendant de mettre un nom sur ce militant aux allures discrètes mais aux déplacements manifestement organisés.

L’immeuble où il se réfugie ce 18 février a une double entrée donnant sur le boulevard Saint‑Martin. Cette particularité architecturale lui permet de semer la filature : entré par une porte, il ressort par l’autre, profitant de la confusion de la rue et du cloisonnement des surveillances pour disparaître. L’épisode illustre à la fois la fragilité et la maîtrise de la clandestinité communiste parisienne en 1943, faite de codes, de rendez‑vous, mais aussi de géographie fine des quartiers et des immeubles.

Pour la BS2, « Bertrand » devient dès lors une cible à identifier ; pour Krasucki, ce répit n’est qu’une parenthèse. Quelques semaines plus tard, en mars 1943, la même brigade parviendra à remonter jusqu’à lui, l’arrêtera avec Paulette Sliwka et des dizaines de jeunes résistants juifs, prélude à la déportation et à l’épreuve des camps.

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