La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris.
Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en autel de deuil national. La veille de l’entrée des troupes prussiennes, des Parisiens ont recouvert d’un voile noir les grandes allégories de pierre qui ceinturent la place : les « villes de France » semblent drapées de crêpe funèbre, figées dans une posture de veillée mortuaire. Au milieu d’elles, Strasbourg, déjà devenue depuis la chute de la ville un symbole de la France mutilée, est littéralement ensevelie sous les couronnes, drapeaux et bouquets, notamment de violettes, apportés en hommage à l’Alsace perdue.
Lorsque les cavaliers et fantassins prussiens tournent autour des fontaines de la Concorde, la scène est presque irréelle : soldats qui caracolent et casques à pointe ceints de lauriers d’un côté, statues voilées de noir et socle de Strasbourg couvert de fleurs de l’autre. Les accès de la place sont en partie barrés par des caissons et prolonges d’artillerie, et, au-delà, la Garde nationale veille, drapeau tricolore lui-même voilé de crêpe.