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Couverture — La Face cachée de la Commune
Bibliographie

La Face cachée de la Commune

LEWANDOWSKI Hélène
Éditions du Cerf, 2018.
53 Fiches citant cet ouvrage
2018 Édition

Fiches citant cet ouvrage

53 fiches
Événement
1849
8 mai 1849 — Cité Napoléon (un des familistères créés en 1848 par la Commission du Travail)
p 42-43 & 201
Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du …

Pose de la 1ère pierre de la cité ouvrière, proche de l'usine à gaz où travaillent la plupart des futurs locataires. Opératiion démagogique de propagande au bénéfice du futur dictateur, auteur en 1844 de "L'extinction du paupérisme"

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Événement
1854
1854 — Caserne du Prince Eugène/Caserne Vérines
p 43-46
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Événement
1854
1854 — Rue Transnonain (subsistent quelques numéros impairs)
p 43-46
Percement des rues Beaubourg et Turbigo dans le but stratégique explicite de supprimer un "quartier des émeutes et des barricades"
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Hôtel de Ville
p 46-47
Un Empire s'effondre entre deux journées : le 2 septembre, l'Empereur capitule à Sedan ; le 4, la foule entre à l'Assemblée et invente une République. À midi le 4 septembre 1870, des colonnes de Parisiens partent des qua …

Un Empire s'effondre entre deux journées : le 2 septembre, l'Empereur capitule à Sedan ; le 4, la foule entre à l'Assemblée et invente une République.

À midi le 4 septembre 1870, des colonnes de Parisiens partent des quartiers populaires vers le Palais Bourbon. La nouvelle de Sedan, qui avait circulé depuis la veille, a déclenché ce que les régimes finissants suscitent immanquablement : une rue qui se lève. L'Assemblée est envahie par la foule et la Garde nationale, dans une agitation où Blanquistes, républicains modérés et simples citoyens se mêlent. La déchéance de Napoléon III est proclamée par acclamation. Puis la foule se porte à l'Hôtel de Ville.

C'est du balcon de l'Hôtel de Ville que Léon Gambetta, avocat bordelais de trente-deux ans qui avait combattu l'Empire à la tribune de l'Assemblée pendant toute la dernière législature, proclame la République. Il improvise un gouvernement de Défense nationale, constitué précipitamment sans élection ni consultation populaire, composé d'avocats et de notables républicains modérés. Jules Favre prend les Affaires étrangères, Gambetta l'Intérieur, le général Trochu la présidence.

La scène est à la fois grandiose et précaire. Paris se trouvera encerclée par les Prussiens dès le 19 septembre. Le gouvernement provisoire est conscient de son illégitimité de principe et de la faiblesse de ses moyens militaires. Gambetta s'envolera en ballon depuis Montmartre pour rejoindre la province et organiser la résistance : les armées de la Loire, de l'Est et du Nord tenteront de percer le blocus, en vain.

L'impératrice Eugénie, régente depuis le départ de l'Empereur, fuit les Tuileries par la colonnade du Louvre, accompagnée de deux dames de compagnie et de son dentiste américain, le docteur Evans, qui l'aide à passer en Angleterre. La rue du Dix-Décembre, qui rappelait l'élection de Napoléon III à la présidence, est rebaptisée le soir même rue du Quatre-Septembre.

Le 4 septembre 1870 inaugure la IIIe République, qui durera soixante-dix ans. Née sous la pression d'une défaite militaire, dirigée d'abord par des hommes modérés que les Prussiens effrayaient autant que les socialistes, elle devra faire face, six mois plus tard, à la Commune de Paris. La République française n'est jamais née dans la sérénité.

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Événement
1871
5 janvier 1871
p 48
Une fillette est la première victime du bombardement de Paris par les prussiens. Ils feront une centaine de morts et 400 blessés et provoqueront des dégâts sur un millier de maisons
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Événement
1871
1 mars 1871
p 50
La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris. Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en …

La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris.

Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en autel de deuil national. La veille de l’entrée des troupes prussiennes, des Parisiens ont recouvert d’un voile noir les grandes allégories de pierre qui ceinturent la place : les « villes de France » semblent drapées de crêpe funèbre, figées dans une posture de veillée mortuaire. Au milieu d’elles, Strasbourg, déjà devenue depuis la chute de la ville un symbole de la France mutilée, est littéralement ensevelie sous les couronnes, drapeaux et bouquets, notamment de violettes, apportés en hommage à l’Alsace perdue.

Lorsque les cavaliers et fantassins prussiens tournent autour des fontaines de la Concorde, la scène est presque irréelle : soldats qui caracolent et casques à pointe ceints de lauriers d’un côté, statues voilées de noir et socle de Strasbourg couvert de fleurs de l’autre. Les accès de la place sont en partie barrés par des caissons et prolonges d’artillerie, et, au-delà, la Garde nationale veille, drapeau tricolore lui-même voilé de crêpe.

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Événement
1871
1 mars 1871
p 50
Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capi …

Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capitale : ils doivent entrer par l’avenue de Neuilly, franchir la barrière de l’Étoile et descendre vers la Concorde. Vers 10 heures, les premières colonnes se présentent au bout de l’avenue de la Grande‑Armée : casques à pointe, manteaux gris, fifres et tambours en tête.

Autour d’eux, la ville s’est organisée pour exprimer son deuil et sa colère sans déclencher d’affrontement. Les statues de la place de la Concorde, notamment celle de Strasbourg, sont voilées de crêpe noir ; des couronnes et des fleurs sont déposées au pied des monuments. Des prolonges d’artillerie et des caissons ferment l’accès aux rues qui mènent vers les quartiers non occupés : les Parisiens ont vidé la zone, tandis que plus de cent mille gardes nationaux montent la garde en limite du périmètre assigné aux troupes prussiennes. Sur l’avenue de la Grande‑Armée et les Champs‑Élysées, les régiments allemands défilent presque dans le vide : peu de Parisiens aux fenêtres, presque aucun drapeau, une atmosphère de paysage figé.

Bismarck et Moltke, chefs civil et militaire de l’Empire allemand, ne s’aventurent guère dans la capitale : Bismarck s’avance un moment sur l’avenue de la Grande‑Armée, est reconnu et sifflé, puis fait demi‑tour ; Guillaume Iᵉʳ, qu’on annonçait à l’Élysée, n’entrera finalement pas dans Paris, l’Assemblée ayant ratifié très vite les préliminaires de paix pour hâter le départ des troupes. Le 3 mars au matin, la parade victorieuse prend fin : les derniers détachements quittent la ville par la même avenue, sous les regards d’une foule populaire qui, cette fois, suit les colonnes au plus près, gamins en tête.

Pour les contemporains, cette entrée du 1ᵉʳ mars reste un traumatisme symbolique : Paris, qui a tenu le siège pendant des mois, voit passer sous l’Arc de Triomphe et sur les Champs‑Élysées l’armée ennemie, sans pouvoir tirer un coup de feu. Dans les quartiers populaires, beaucoup considèrent que la vraie bataille est désormais à venir, non plus contre les Prussiens, mais contre le gouvernement de Thiers retranché à Versailles ; quelques jours plus tard, cette tension se déplacera vers les canons de la Garde nationale, et mènera à l’insurrection du 18 mars.![[Parade Prussienne dans Paris, mars 1871|Parade Prussienne à Paris 1871.jpeg]]

Parade Prussienne dans Paris, mars 1871

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Événement
1871
1 mars 1871 — Barricade improvisée marquant la limite d'occupation par les prussiens
p 50
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Événement
1871
7 mars 1871 — Mont de Piété
p 51
La vente des objets déposés au Mont de Piété, interrompue pendant le siège, reprend par ordre du gouvernement. Le 10 mars ce sera l'annulation du moratoire sur les loyers et les échéances. Cela sonne comme une provocatio …

La vente des objets déposés au Mont de Piété, interrompue pendant le siège, reprend par ordre du gouvernement. Le 10 mars ce sera l'annulation du moratoire sur les loyers et les échéances. Cela sonne comme une provocation

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Événement
1871
13 mai 1871 — Église Notre-Dame de Lorette
p 53
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Événement
1871
1871 — Séminaire St Sulpice
p 53-54
Le séminaire de St Sulpice est transformé en caserne puis en ambulance pendant la Commune
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Événement
1871
31 mars 1871 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 53
Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes". Le 31 mar …

Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes".

Le 31 mars 1871, trois jours après la proclamation de la Commune, un groupe de fédérés monte au sommet du Panthéon. Ils apportent une scie.

La croix qui surmonte le dôme n'est pas la croix originelle — c'est une croix provisoire en bois doré que Napoléon III avait fait poser en 1851 quand il avait transformé le Panthéon en église Sainte-Geneviève, chassant les grands hommes pour y réinstaller les prêtres. Napias, Jourde, Rastoul et leurs compagnons scient les bras horizontaux. Il reste le montant vertical — une hampe parfaite pour un drapeau rouge immense, visible depuis tout le quartier.

Le geste est précis et symbolique à la fois. En sciant les bras de la croix, la Commune rend le Panthéon à sa vocation républicaine — le temple des grands hommes, laïque, civique, consacré à la mémoire nationale et non à la liturgie. C'est aussi une réponse directe à Napoléon III et à vingt ans de Second Empire clérical.

Le Panthéon oscille depuis sa construction entre ces deux identités. Construit pour être une église, consacré sous Louis XVI, il devient temple républicain sous la Révolution — Mirabeau, puis Voltaire, puis Rousseau y entrent. Napoléon Ier le rend au culte, Louis XVIII aussi, la Révolution de 1830 le laïcise à nouveau, Napoléon III le re-consacre. La Commune le reprend. Après la Semaine sanglante, l'église reviendra. Définitivement laïcisé en 1885 pour les funérailles de Victor Hugo, il ne changera plus.

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Événement
1871
1871 — Église St Pierre de Montmartre/Atelier de confection militaire
p 53
Sous la Commue, l'église est transformée en atelier de confection militaire où travaillent 50 femmes, puis en magasin de munitions ; elle abrite aussi une école professionnelle de jeunes filles
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Événement
1871
1 mai 1871 — Hôtel de Ville/Siège de la Commune
p 54
Création d'un Comité de Salut public par 45 voix pour, contre 23, principalement les Internationaux ; la minorité proteste et 22 membres démissionnent
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Événement
1871
avril 1871
p 54
Edmond de Goncourt, fuyant les bombardements versaillais débutés le 2 avril sur Paris et qui menacent sa maison rue d'Auteuil, se réfugie chez un cousin
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Événement
1871
5 mai 1871 — Chapelle expiatoire
p 55-56
Décret de la Commune, daté du 16 floréal an 79, ordonnant de raser la Chapelle expiatoire ; il ne sera jamais appliqué, seules les chaînes qui l'entouraient seront supprimées
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Événement
1810
15 août 1810
p 56-58
Inauguration de la colonne aux vainqueurs d'Austerlitz, sur laquelle Napoléon se fait représenter en empereur romain, une victoire ailée dans la main droite. Mégalomanie, quand tu nous tiens...
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Événement
1871
27 avril 1871 — Chapelle Bréa/Salle de Juin (pendant la Commune)
p 58-59
Meilliet propose de raser la chapelle Bréa, symbole de la répression de juin 1848, Arnould et Clément sont contre ; le décret voté ne fut jamais exécuté
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 59-60
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1871
Événement
1871
21 mai 1871
p 62
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
1871
24 mai 1871
p 63
Combats autour de la Fontaine Médicis pendant la Semaine sanglante. Tous les Fédérés seront massacrés
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Événement
1871
22 mai 1871 — Cour prévôtale du Trocadéro/Cour martiale/Lieu de massacre de Communards
p 63
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; les exécution, faute d'un peloton, sont perpétrées par un seul sergent de ville qui attache les victimes à un arbre pour les abattre
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
p 63
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 64
Barricade sous la Commune bombardée au canon depuis la Trinité. Les versaillais la mitraillent en même temps depuis le toit de l'Opéra encore en chantier
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôpital du Val de Grâce
p 64
Les versaillais bombardent le Val de Grâce qu'occupent leurs propres troupes, prenant son dôme pour celui du Panthéon. Une seule des salles de l'hôpital reçoit 27 obus
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caisse des Dépôts et Consignations
p 65-66
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Événement
1871
23 mai 1871 — Palais d'Orsay/Conseil d'État (au rez-de-chaussée)/Cour des Comptes (au 1er étage)
p 65-66
Le palais d'Orsay est incendié pendant la Semaine sanglante par les 67ème et 135èmes bataillons, pour couvrir leur retraite
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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais de Justice
p 67
Incendie d'une partie du palais de Justice pendant la Semaine sanglante. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
25 mai 1871
p 67
Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versa …

Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versailles

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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais Royal
p 67
Le Palais Royal est incendié, après de violents combats, sur ordre du Comité de Salut public. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
Événement
1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 72
Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle …

Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle, boulevard Beaumarchais, place Vendôme, rue de Rivoli, et une dizaine d'autres. La ville se prépare à l'assaut versaillais qu'elle sait inévitable depuis que Thiers a refusé toute négociation.

Ce même jour, Napoléon Gaillard est nommé colonel et reçoit les pleins pouvoirs pour organiser les barricades des 1er et 20e arrondissements. L'homme est cordonnier de métier — compagnon du Devoir sous le nom de "Nîmois le Loyal", inventeur breveté d'une forme anatomique de chaussure, militant de Belleville depuis les années 1848. Rien ne le prédestinait à devenir ingénieur militaire. Mais il conçoit les barricades autrement que ses prédécesseurs : non plus un simple amas de pavés perpendiculaire à la rue, facilement contournable, mais un système défensif en profondeur — fossé large, chemin couvert, double masse de terre compactée dans des sacs et des tonneaux, embrasures pour les canons, fortifications secondaires en retrait. Une barricade comme un fort en miniature.

Sa plus grande réalisation s'élève à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue Saint-Florentin, sur près de deux étages, avec bastion, redan et courtine. On l'appelle aussitôt, avec une ironie qui dit l'admiration mêlée de moquerie, le "Château-Gaillard". C'est la seule des dix-huit barricades fortifiées que les troupes versaillaises ne parviendront pas à contourner lors de la Semaine sanglante. Toutes les autres seront débordées.

Les critiques ne manquent pas. Le directeur du Génie, Roselli-Mollet, lui reproche d'avoir fortifié des arrondissements peu menacés au détriment des points stratégiques réels — Trocadéro, Arc de Triomphe, butte Montmartre. Rossel, qui l'a nommé, balaie ces objections. Gaillard démissionne le 15 mai, contesté et épuisé, huit jours après Rossel lui-même.

Il fuira en Suisse lors de la Semaine sanglante, sera condamné par contumace à la déportation, finira concierge à Paris après l'amnistie de 1880. Une loge de concierge — voilà tout ce que la Commune avait rapporté au constructeur en chef des barricades.

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Événement
1794
7 août 1794 — Théâtre des Arts/Théâtre National/Salle Richelieu/Salle de l'Opéra de Paris (la huitième)/Théâtre de l'Opéra du Peuple (en 1802)
p 73
L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820. Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la …

L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820.

Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la salle du 69-71 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, sous le nom de Théâtre des Arts. Le moment n'était pas anodin : on était en pleine réaction thermidorienne, les prisons s'ouvraient, les fêtes de la Terreur prenaient fin, et la vie culturelle reprenait ses droits dans un Paris encore sous le choc.

Sous la Terreur, les théâtres avaient été placés sous étroite surveillance. Pierre-Gaspard Chaumette, procureur de la Commune, et Jacques-René Hébert avaient encadré la politique culturelle révolutionnaire avec une sévérité qui mêlait patriotisme républicain et méfiance des arts jugés aristocratiques. Marguerite Brunet, dite la Montansier, grande entrepreneuse de spectacles qui avait fait fortune sous l'Ancien Régime, avait même été emprisonnée en 1793 : Hébert l'accusait d'avoir ouvert un théâtre voisin de la Convention pour espionner les députés. Chaumette et Hébert furent guillotinés au printemps 1794. La Montansier sortit de prison après thermidor.

Le Théâtre des Arts changea plusieurs fois de nom : Théâtre de l'Opéra, Théâtre National, Académie Nationale de Musique. Il resta au 69-71 rue de Richelieu pendant vingt-six ans, au cœur de la vie parisienne, traversant le Directoire, le Consulat, l'Empire et le début de la Restauration.

Le 13 février 1820, à la sortie d'une représentation, le duc de Berry, second fils du futur Charles X et dernier espoir de la lignée directe des Bourbon, fut poignardé par Louvel, un sellier bonapartiste. Il mourut dans la nuit. Les Ultras exploitèrent l'assassinat pour faire passer des lois réactionnaires. Et l'on rasa la salle, comme si le bâtiment portait le malheur.

L'Opéra de Paris, né dans la révolution, périt dans la réaction. L'édifice suivant fut l'Opéra Le Peletier, rue Le Peletier, qui brûla en 1873. Celui de Garnier n'ouvrit qu'en 1875.

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Événement
1808
1808 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple/Enclos du Temple (démoli en 1854)
p 73
Le donjon du Temple est rasé pour épargner à Marie-Louise d'Autriche, épouse de Napoléon, la vue de la prison de sa tante et éviter les "pèlerinages". L'enclos sera démoli en 1854
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Événement
1870
Événement
1871
avril 1871 — Palais des Tuileries/Pavillon des Sessions
p 76
Un atelier de réparation et de fabrication de fusils est installée dans le pavillon des Sessions du palais des Tuileries. Les ouvriers soumettent le 3 mai à l'approbation de la Commune un projet de règlement autogestionn …

Un atelier de réparation et de fabrication de fusils est installée dans le pavillon des Sessions du palais des Tuileries. Les ouvriers soumettent le 3 mai à l'approbation de la Commune un projet de règlement autogestionnaire

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Événement
1871
23 mai 1871
p 137
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 159-166
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
24 mai 1871 — Ministère des Finances (incendié par les obus versaillais)
p 176
Le ministère des Finances est incendié à deux reprises par les obus versaillais tirés depuis le Trocadéro ; mais le Grand livre de la dette est sauvé ; ouf !...
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Événement
1871
24 mai 1871 — Square St Jacques la Boucherie
p 183
Charnier de 1 200 Fédérés fusillés sans jugement à la caserne Lobau, dont certains enterrés vivants. Les corps seront recouverts de chaux vive
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Événement
1871
1871 — Palais du Luxembourg
p 193
La municipalité de Paris s'installe au palais du Luxembourg après l'incendie de l'Hôtel de Ville pendant la Semaine sanglante. Elle cèdera la place au Sénat lors du retour des Chambres de Versailles à Paris
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