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📖 La Poste par pigeons voyageurs, souvenir du siège de Paris : notice sur le voyage du ballon le Niepce DAGRON René
Bibliographie

La Poste par pigeons voyageurs, souvenir du siège de Paris : notice sur le voyage du ballon le Niepce

Typographie Lahure (Tours-Bordeaux), 1871.
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1871 Édition
Note éditoriale
Brochure de Dagron sur sa mission, avec un spécimen de pellicule de dépêches.

À propos de cet ouvrage

Source : gutenberg · archive.org

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1 fiche
Événement
1870
12 novembre 1870 — Gare d'Orléans, départ du ballon le Niépce
Le 12 novembre 1870, dans Paris assiégé, un ballon emporte le photographe René Dagron et six cents kilos d’appareils : il doit organiser en province la poste des dépêches microscopiques que les pigeons rapporteront. Depu …

Le 12 novembre 1870, dans Paris assiégé, un ballon emporte le photographe René Dagron et six cents kilos d’appareils : il doit organiser en province la poste des dépêches microscopiques que les pigeons rapporteront.

Depuis le 26 octobre, Paris n’a reçu aucun message par pigeon. Celles que l’on photographie sur papier, à Tours, sont lentes à faire et peu lisibles. René Dagron, l’inventeur des micro-photographies que l’on montrait dans les bijoux, propose au directeur des Postes, Germain Rampont, de réduire les dépêches sur une pellicule de collodion. Un décret du 10 novembre crée le service, qui doit s’installer à Clermont-Ferrand.

Photographie : portrait en médaillon d’un homme âgé aux cheveux blancs, en redingote, le regard de côté

Les ballons du siège, cousus dans les gares, sont le seul lien de Paris avec la France : soixante-cinq en partiront, avec cent soixante-quatre passagers et trois cent quatre-vingt-un pigeons. Le 12, à neuf heures du matin, le Niépce quitte la gare d’Orléans avec Dagron, son gendre, le peintre Poisot, l’ingénieur Fernique, le préparateur Gnocchi et le marin Pagano ; le Daguerre part en même temps avec trois passagers, le courrier et les pigeons. Au-dessus des lignes allemandes, la fusillade les accueille. Le Daguerre, touché, tombe près de Ferrières ; ses passagers sont faits prisonniers, et les Prussiens renverront ses pigeons vers Paris avec de fausses nouvelles. Le Niépce monte à quinze cents mètres, mais les sacs de lest crèvent : on jette le sable par poignées, avec une assiette. Il se pose près de Vitry-le-François, traîné sur deux kilomètres. Des paysans donnent aux voyageurs leurs blouses et leurs casquettes ; les Prussiens prennent une voiture et le ballon, mais pas les hommes. Cachés par un maire, deux curés, un instituteur, ils atteignent Tours le 21 novembre. Il faudra encore des semaines d’essais : les premières pellicules réussies datent du 11 décembre.

Le procédé fait merveille. Une pellicule reproduit douze à seize pages d’imprimerie, environ trois mille dépêches ; un pigeon peut en porter dix-huit, plus de cinquante mille messages, pour moins d’un gramme. À Paris, on les agrandit à la lumière électrique pour les lire. Dagron photographiera ainsi environ cent quinze mille dépêches, officielles et privées, et plus de cent mille parviendront à Paris, avec des mandats de poste : les familles touchent leur argent comme en temps ordinaire.

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