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Couverture — Le Banquet des affamés. Maxime Lisbonne
Bibliographie

Le Banquet des affamés. Maxime Lisbonne

DAENINCKX Didier
Gallimard, 2012.
59 Fiches citant cet ouvrage
2012 Édition

Fiches citant cet ouvrage

59 fiches
Événement
1866
1866 – 1867 — Petit théâtre/Théâtre des Folies Saint Antoine
p 33
Maxime Lisbonne dirige le théâtre des Folies Saint Antoine ; il est aussi acteur
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Événement
1870
1870 — Arrière-salle de la boutique d'un marchand de cuirs
p 45
Réunions des délégués du 10ème arrondissement de la Garde nationale, chargés d'élire le Comité central de la Garde nationale ; désignation de Maxime Lisbonne
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Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne du Prince Eugène/Caserne Vérines
p 48-49
Le général Brunel et Maxime Lisbonne prennent la caserne du Château d'Eau avec 2 bataillons de la 10ème légion de la Garde nationale
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Événement
1871
18 mars 1871 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
p 49
Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet. Vers vingt-trois heures, J …

Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet.

Vers vingt-trois heures, Jules Ferry abandonne l'Hôtel de Ville. Le bâtiment, déserté par le dernier représentant du gouvernement légal à Paris, est aussitôt investi par les fédérés. Au fronton, le drapeau rouge remplace le tricolore.

Dans la salle Saint-Jean, le Comité central de la Garde nationale prend ses quartiers. Brunel, Moreau, Varlin, Bergeret, Eudes, Duval, Rigault, Jourde — les hommes qui ont suivi la journée depuis Montmartre se retrouvent là, face à une responsabilité qu'aucun n'avait tout à fait anticipée. Paris est à eux. Versailles est en fuite.

Quelqu'un évoque une marche immédiate sur Versailles. L'idée est là, brûlante, logique même : Thiers n'a pas encore reconstitué ses forces, la route est ouverte. Mais le Comité hésite. Il n'a pas de mandat pour gouverner la France — seulement pour défendre la Garde nationale parisienne. Il annonce des élections municipales et s'en tient là.

Ce scrupule de légitimité, que ses adversaires interpréteront comme une faiblesse fatale, dit quelque chose d'essentiel sur ces hommes : révolutionnaires, oui, mais républicains d'abord.

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Événement
1871
18 mars 1871
p 49
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
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Événement
1867
1867 — Théâtre des Folies Saint Antoine
p 53
Conférence de Tony Moilin sur sa vision de Paris en l'an 2 000
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Événement
1871
1871 — Mairie du 6ème arrondissement (occupée par des bataillons de "l'ordre")
p 54
Les occupants de la mairie se rendent sous la menace de canons déchargés
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Événement
1871
28 mars 1871
p 57-58
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1871
23 mai 1871
p 59
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
1871 — Demeure de Maxime Lisbonne (avec sa femme Élisa et son fils Félix)
p 59-60
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Événement
Événement
1871
mars 1871 — Mairie du 10ème arrondissement/Siège de l'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
p 67-68
Constitution d'un bataillon de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
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Événement
Événement
Événement
1871
Événement
Événement
1871
22 mai 1871
p 76-77
Poste de commandement d'Henry Bauër, commandant de la 6ème légion Fédérée
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Événement
1871
22 mai 1871 — Hôtel des Grands Hommes
p 77-78
Lisbonne libère un des deux frères Lafon, soldat versaillais, l'autre étant Fédéré, sous promesse de ne plus combattre pour Versailles
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Événement
1871
22 mai 1871 — Cimetière Montparnasse
p 77
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 79
Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent a …

Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent au combat

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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 81
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
1871
25 mai 1871
p 82
Lisbonne est transporté, blessé à la jambe, pour les premiers soins
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Événement
1871
25 mai 1871
p 82
Maxime Lisbonne, blessé, est caché pendant la Semaine sanglante par la famille d'un garde national Fédéré
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Événement
1871
26 mai 1871
p 82-83
Maxime Lisbonne, blessé, est livré aux troupes versaillaises par les prussiens sans que l'on connaisse alors son identité ; elle sera dévoilée par maladresse par un soldat qui le connaissait
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Événement
1862
22 novembre 1862 – 1870 — Restaurant Magny/Réunions d'écrivains célibataires misogynes
p 121
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Événement
1876
15 avril 1876 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 121-122
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Événement
1881
Événement
Événement
1882
1882 — Théâtre des Bouffes du Nord
p 149-155
Maxime Lisbonne dirige les Bouffes du Nord ; il y programme "Nadine", de Louise Michel, et "Germinal"
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Événement
1883
9 mars 1883
p 159
Manifestation de chômeurs rue du Four et boulevard St Germain donne lieu au pillage de boulangeries, dont Louise Michel sera considérée comme responsable ; première apparition du drapeau noir
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Événement
1882
Événement
1884
6 août 1884 — Salle Lévis/Salle de la Réunion
p 167-168
Meeting de protestation contre la politique monarchiste du gouvernement "républicain" ; Jean Baptiste Clément est hué car jugé trop mou
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Événement
1884
27 novembre 1884 — Cave d'un marchand de vin/Bureaux du journal "l'Ami du Peuple" de Maxime Lisbonne
p 170
Maxime Lisbonne crée un journal "maratiste" ; il reprend le titre "l'Ami du Peuple"
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Événement
1880
1880 — Rue de Courselles
p 173
L’événement concerne un incident survenu au 106 rue de Courcelles à Paris, impliquant Alexandre Dumas fils, écrivain et dramaturge français du XIXe siècle, et Maxime Lisbonne, figure de la Commune de Paris. Selon des réc …

L’événement concerne un incident survenu au 106 rue de Courcelles à Paris, impliquant Alexandre Dumas fils, écrivain et dramaturge français du XIXe siècle, et Maxime Lisbonne, figure de la Commune de Paris. Selon des récits rapportés dans la presse et la littérature de l’époque, Dumas fils, alors au volant d’un coupé, aurait accidentellement renversé un enfant et tenté de prendre la fuite. Maxime Lisbonne, témoin de la scène, serait alors intervenu pour empêcher la fuite de Dumas fils et porter assistance à l’enfant.

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Événement
1884
27 novembre 1884 – 1885 — Siège du journal "L'Ami du Peuple" de Maxime Lisbonne
p 177
Maxime Lisbonne crée un journal "maratiste" ; il reprend le titre "l'Ami du Peuple" de Marat et du journal communard d'Auguste Vermorel
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Événement
1848
25 juin 1848 — Immeuble face à la rue du Pont aux Choux (balcon au 4ème étage)
p 179
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Événement
1885
1er juin 1885 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 180
Il avait demandé le corbillard des pauvres. Le 1er juin 1885, de l’Arc de triomphe au Panthéon, une foule immense accompagne Victor Hugo : c’est l’un des plus grands rassemblements de l’histoire de France. En 1885, Victo …

Il avait demandé le corbillard des pauvres. Le 1er juin 1885, de l’Arc de triomphe au Panthéon, une foule immense accompagne Victor Hugo : c’est l’un des plus grands rassemblements de l’histoire de France.

En 1885, Victor Hugo est bien plus qu’un écrivain. L’exilé de Guernesey, l’adversaire obstiné du Second Empire, est devenu sous la Troisième République une figure de la nation, la « figure absolue du grand-père » que consacrent les manuels scolaires ; sénateur depuis 1876, il a milité pour l’amnistie des communards. Le 15 mai, il est frappé d’une congestion pulmonaire. Il meurt le 22 mai, à quatre-vingt-trois ans, dans son hôtel particulier de l’actuelle avenue Victor-Hugo. Ses derniers mots, dit la légende : « C’est ici le combat du jour et de la nuit… Je vois de la lumière noire. » Son testament est bref : « Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les églises ; je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. »

Paris prend le deuil. Des drapeaux tricolores cravatés de crêpe paraissent aux fenêtres ; le lendemain, dix-sept journaux parisiens sortent encadrés de noir. Le 24 mai, les députés votent des funérailles nationales par 415 voix sur 418 présents. La famille avait prévu le caveau du Père-Lachaise. Mais Anatole de La Forge propose le Panthéon, que le Second Empire avait rendu au culte, et la polémique est vive. Le gouvernement s’y rallie. L’église Sainte-Geneviève redevient, et pour de bon, le temple républicain des grands hommes : on retire le mobilier religieux, on remet au fronton l’inscription « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». La croix du dôme, elle, reste en place.

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, le cercueil est exposé sous l’Arc de triomphe, voilé en biais d’un crêpe noir, sur un catafalque marqué des initiales V. H., dans un décor réglé par Charles Garnier. Des cuirassiers à cheval le veillent jusqu’au matin.

Le 1er juin, à dix heures et demie, vingt et un coups de canon tonnent aux Invalides. Les représentants de l’État parlent à l’Étoile ; ceux des sociétés artistiques et des pays étrangers parleront au Panthéon : dix-neuf discours en tout. À midi quarante, le corbillard des pauvres s’ébranle. Devant lui marchent douze jeunes poètes choisis par la famille, une délégation de Besançon, sa ville natale, une délégation de la presse et quatre sociétés artistiques. Plus d’un millier de délégations se sont inscrites pour défiler. Le cortège descend les Champs-Élysées, traverse la place de la Concorde, suit les boulevards Saint-Germain et Saint-Michel, puis monte la rue Soufflot. Il n’arrive qu’à six heures vingt.

Le jour n’est pas férié, mais les écoles et les théâtres subventionnés ont fermé. La foule est immense : deux à trois millions de personnes, selon les estimations. Dans Les Déracinés, Maurice Barrès décrira ce « fleuve français » qui coula « de midi à six heures » entre les berges d’un peuple entassé « depuis le trottoir » jusqu’aux toits.

Victor Hugo repose depuis dans la crypte du Panthéon, où l’ont rejoint Alexandre Dumas et Émile Zola.

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Événement
1885
24 mai 1885 — Cimetière du Père Lachaise
p 181-182
Manifestation pour le 14ème anniversaire de la Commune ; une femme qui portait un drapeau rouge est assassinée d'un coup de baïonnette
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Événement
1885
24 mai 1885 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Charles Amouroux
p 181-182
Ouvrier chapelier, membre de l'Internationale, Charles Amouroux est élu au Comité central de la Garde nationale puis à la Commune pour le IVe arrondissement. Condamné à la déportation, il prend part en Nouvelle-Calédonie …

Ouvrier chapelier, membre de l'Internationale, Charles Amouroux est élu au Comité central de la Garde nationale puis à la Commune pour le IVe arrondissement. Condamné à la déportation, il prend part en Nouvelle-Calédonie à la répression de l'insurrection kanak de 1878, ce qui lui vaut sa grâce. Rentré en 1880, journaliste, conseiller municipal puis député de la Loire, il meurt à Paris le 24 mai 1885 ; ses obsèques donnent lieu à une manifestation. Un médaillon de Dalou orne sa tombe.

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Événement
1883
septembre 1883 – 1884 — Cabaret La Taverne du Bagne (le premier, qui dût déménager après quelques mois)
p 187-193
Ouverture par le Citoyen Lisbonne de la Taverne du Bagne, avec un bail précaire de 6 mois
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Événement
1884
12 février 1884 — Cabaret La Taverne du Bagne (le second)
p 201-202
Le 12 février 1884, s'ouvre au no 12 de la rue de Belleville la "Taverne du Bagne et des Ratapoils". On est à deux pas de la Courtille, avec ses bals et ses cabarets ; sur tout ce quartier dédié par excellence au plaisir …

Le 12 février 1884, s'ouvre au no 12 de la rue de Belleville la "Taverne du Bagne et des Ratapoils". On est à deux pas de la Courtille, avec ses bals et ses cabarets ; sur tout ce quartier dédié par excellence au plaisir, plane encore le souvenir de Mylord l'Arsouille, ce demi-mondain qui, cinquante ans plus tôt, animait des ses extravagances les fêtes de Carnaval de la Monarchie de Juillet. Étrange établissement que cette Taverne du Bagne qui propose à ses clients, tous les soirs à 11 heures, "soupe canaque, gourgane de Toulon et Badinguet".

Le fondateur et directeur de l'établissement, Maxime Lisbonne, est un aventurier de haut vol et un authentique héros de la Commune de Paris. La Taverne du Bagne de la rue de Belleville est l'exacte réplique d'un autre établissement, portant le même nom, que Maxime Lisbonne avait ouvert, quelques mois auparavant, à l'angle de la rue des Martyrs et du boulevard de Clichy.

La Taverne du Bagne, écrivait le Figaro de l'époque, avait la prétention de représenter exactement une des casernes de Nouméa. On eût dit d'une prison. Au dessus de la porte, une lanterne rouge. Sur la toiture, à droite et à gauche, deux canons. A l'intérieur, qui était d'un minable à faire fuir, mais dans lequel on s'empilait, le service était confié à des forçats, ayant tous au pied une chaîne se terminant par un boulet. Seulement le boulet était creux.s 'accrochait à la ceinture, s'ouvrait et contenait... la serviette avec laquelle on essuyait les tables. La, le bock s'appelait un boulet. Sur les murailles, une trentaine de tableaux représentant des scènes de bagne et les principaux forçats : Rochefort, Alphonse Humbert, Fortin, etc. [...] On ne sortait de l'étrange établissement qui est resté " la gloire de Lisbonne" qu'à l'aide d'un carton vert ou jaune dont voici un spécimen :

TAVERNE DU BAGNE

CERTIFICAT DE LIBÉRATION

Le Condamné a consommé

et s'est bien conduit.

Le Directeur

M. Lisbonne

Source: Gavroche n 109, p. 18

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Événement
1884
1884 — Café La Vielleuse (proche de la 2ème Taverne du Bagne, au n° 12)
p 201
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Événement
1888
1888 — Restaurant "Les Frites Révolutionnaires"
p 203-205
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Événement
1886
1er avril 1886 – 1888 — Théâtre des Folies Rambuteau (de 1879)/Taverne de la Révolution française
p 203
Le 1er avril 1886, Maxime Lisbonne transforme les Folies Rambuteau, rue Rambuteau, en Théâtre de la Révolution française. C'est son troisième établissement parisien en quelques années — et le plus explicitement politique …

Le 1er avril 1886, Maxime Lisbonne transforme les Folies Rambuteau, rue Rambuteau, en Théâtre de la Révolution française. C'est son troisième établissement parisien en quelques années — et le plus explicitement politique.

Lisbonne, on l'a croisé plusieurs fois dans notre série. Communard de la première heure, commandant de barricade pendant la Semaine sanglante, condamné aux travaux forcés en Nouvelle-Calédonie. Amnistié en 1880, il revient à Paris et comprend très vite qu'il ne peut pas vivre de politique. Il va vivre de spectacle — ce qui revient, pour lui, au même.

Il ouvre d'abord une taverne, Le Bagne, à Montmartre en 1885 — les serveurs sont habillés en forçats, la carte propose des plats avec des noms de bagne, les clients jouent le jeu. C'est provocateur, populaire, et ça marche. Puis il ouvre La Taverne du Bagne, puis ce Théâtre de la Révolution française où il monte des pièces à sujets révolutionnaires pour un public ouvrier. L'enseigne dit tout : sur les boulevards du Paris bourgeois, Lisbonne installe la mémoire des vaincus.

L'entreprise tient deux ans — jusqu'en 1888. Le théâtre est trop politique pour durer longtemps dans une IIIe République qui amnistie les communards mais préfère les voir discrets. Lisbonne enchaîne les projets, les faillites, les rebonds. Il meurt en 1905, toujours debout, toujours rouge.

Didier Daeninckx lui a consacré un roman — Le Banquet des affamés — qui est aussi, en creux, une biographie du Paris populaire de la Belle Époque.

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Événement
Date imprécise — Palais de l'Élysée (lors d'une cérémonie de remise de légions d'honneur)
p 206-207
Lisbonne se fait griller bêtement lors d'un canular parmi les massacreurs de 1871
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Événement
1888
8 août 1888 — Théâtre Lyrique/Théâtre des Nations
p 207-208
Maxime Lisbonne monte le "Sommeil de Danton" de Clovis Hugues au théâtre Lyrique
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Événement
1893
Événement
1894
1er mars 1894 – 1895 — Concert Lisbonne (ancien Divan Japonais)
p 226-229
Au printemps 1894, le vieux Divan Japonais de la rue des Martyrs a changé de mains et de nom : sous la direction de l’ancien communard Maxime Lisbonne, il devient le Concert Lisbonne. L’homme, déjà connu pour ses cabaret …

Au printemps 1894, le vieux Divan Japonais de la rue des Martyrs a changé de mains et de nom : sous la direction de l’ancien communard Maxime Lisbonne, il devient le Concert Lisbonne. L’homme, déjà connu pour ses cabarets tapageurs et ses provocations anticléricales, cherche un « coup » pour relancer la salle. Il le trouve avec une pantomime annoncée comme légère, mais promise à un bel avenir scandaleux : Le Coucher d’Yvette.

Sur scène, la comédienne Blanche Cavelli incarne une demi‑mondaine qui se prépare pour la nuit : entrée en peignoir, gestes de toilette, puis, peu à peu, vêtements défaits, tissus qui glissent… À la fin, l’actrice apparaît « nue » – en réalité en maillot rose très ajusté et légèrement transparent, mais suffisamment suggestif pour que le public ait l’impression de voir un corps féminin dénudé, dans un café‑concert populaire, sans prétexte « artistique » élevé. La presse parisienne se déchaîne : on parle d’« indécence », de « déshabillage complet », certains critiquent le mélange de gauloiserie et de réalisme, d’autres viennent justement pour ça.

Cet épisode est souvent présenté comme l’un des tout premiers strip‑teases de Paris, voire comme « le premier strip‑tease de l’histoire » dans le langage de la chronique montmartroise. Le terme est anachronique, mais il traduit bien le caractère inédit de la scène : pour la première fois, un café‑concert organise un véritable numéro de déshabillage comme attraction centrale, avec une mise en scène érotique assumée et non plus seulement des décolletés ou des travestissements.

Malgré le bruit fait autour du Coucher d’Yvette, le Concert Lisbonne ne prospère pas longtemps. Dès 1895, l’établissement est repris et retrouve pour quelques années le nom de Divan Japonais. Mais le numéro de Blanche Cavelli reste dans la mémoire de Montmartre comme un moment de bascule : celui où le café‑concert flirte ouvertement avec le nu, préfigurant toute une tradition de spectacles de déshabillage qui ira plus tard des Folies Bergère aux cabarets de Pigalle.

Aujourd’hui, dans un clin d’œil à son passé, les mêmes locaux de la rue des Martyrs accueillent les spectacles de travestis du cabaret Madame Arthur.

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