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Couverture — Le Paris communard
Bibliographie

Le Paris communard

CHOURY Maurice
Librairie académique Perrin, 1970.
86 Fiches citant cet ouvrage
1970 Édition

Fiches citant cet ouvrage

86 fiches
Événement
Date imprécise — Demeure et atelier d'André Gill
p 38
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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Vallès/Cachette d'Émile Oudet
p 39
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jules Vallès (au-dessus d'André Gill)
p 39
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "La Presse" (à la fin du Second Empire)
p 40
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "Le Courrier de Paris"
p 40
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "Le Diogène"
p 40
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "L'Illustration"
p 40
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Événement
Date imprécise — Siège du journal "Le Figaro"
p 40
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Événement
Date imprécise — Café St Roch/Café Robespierre
p 41
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Événement
Événement
1870
juillet 1870 — Magasin "À la Ville de Lyon, fournisseur de Sa Majesté l'Impératrice"
p 53
Mise à la mode de l'écharpe tricolore lors de la déclaration de guerre à la Prusse
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Événement
1870
4 septembre 1870
p 62
La rue du Dix Décembre, qui rappelait l'accession de Badinguet au pouvoir, est rebaptisée rue du Quatre Septembre après la chute du dictateur ; une vocation dans la famille Bonaparte
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Événement
1870
23 septembre 1870
p 67
Dans Paris cerné depuis quatre jours, une seule route reste ouverte vers la France libre : le ciel ; et c'est depuis la butte Montmartre que le premier ballon postal s'envole le 23 septembre 1870. Paris est encerclée dep …

Dans Paris cerné depuis quatre jours, une seule route reste ouverte vers la France libre : le ciel ; et c'est depuis la butte Montmartre que le premier ballon postal s'envole le 23 septembre 1870.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Les Prussiens ont bouclé tous les accès terrestres. Le gouvernement de la Défense nationale est enfermé avec deux millions de Parisiens. Les courriers ne passent plus. Les nouvelles du reste de la France n'arrivent plus.

L'idée vient de Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar : photographe, caricaturiste et aéronaute, pionnier de la photographie aérienne depuis les ballons depuis 1858. Il convainc le directeur des Postes, Germain Rampont, d'organiser un service de ballons postaux pour rompre le blocus. Des ateliers de construction et de gonflement seront aménagés dans les deux grandes gares : la gare du Nord et la gare d'Orléans (l'actuelle gare d'Austerlitz).

Le premier ballon, le Neptune, est un vieux ballon captif d'observation amarré depuis plusieurs jours place Saint-Pierre à Montmartre. Le pilote est Jules Duruof, aéronaute professionnel. Dans la nacelle : deux sacs de dépêches, cent vingt-cinq kilogrammes de courrier adressé à toute la France. Le 23 septembre 1870, le Neptune décolle et passe au-dessus des lignes prussiennes. Duruof atterrit après trois heures de vol, sans incident, en zone non occupée. L'expérience est concluante.

Entre septembre 1870 et janvier 1871, soixante-six ballons s'envoleront depuis Paris. Cinquante-huit atterriront hors du siège, dont certains en Norvège, en Espagne ou aux Pays-Bas, emportés par des vents contraires. Deux seront capturés par les Prussiens. Deux se perdront en mer. Plus de deux millions de lettres traverseront le blocus par les airs. Le service sera complété par les pigeons voyageurs : portés à l'aller par les ballons jusqu'en zone libre, ils reviendront à Paris avec des microfilms de dépêches miniaturisées sur film de soie, technique mise au point par le photographe René Dagron.

La poste aérienne du siège de Paris est une prouesse technique improvisée dans l'urgence, sur fond de désastre militaire. Elle annonce, à sa façon très XIXe siècle, l'aviation postale du siècle suivant.

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Événement
1870
Événement
1870
12 novembre 1870 — Salle du Jeu de Paume/Musée du Jeu de Paume
p 71
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Événement
1870
25 octobre 1870 — Comédie Française
p 73
Le Français est autorisé à donner des représentations au profit des victimes de guerre
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Événement
1870
1870 — Théâtre de la Porte St Martin
p 74
Lectures publiques des "Châtiments" dont la recette sert à financer des canons
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Événement
1870
1870 — Cirque d'Hiver/Concerts Pasdeloup
p 76
Pasdeloup organise un concert pour acheter un canon qu'on baptisera "Beethoven"
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Événement
1870
1870
p 77
Jardin transformé en parc à bestiaux pour le ravitaillement pendant le siège ; on comptait 25 000 bœufs et 100 000 moutons en tout à Paris le 25 octobre
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Événement
1870
1870 — Théâtre de l'Odéon/Ambulance pendant le Siège de Paris
p 77
Le théâtre de l'Odéon est transformé en ambulance pendant le siège à la demande de Sarah Bernhardt ; elle participe comme infirmière
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Événement
1870
5 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Comité central des Vingt arrondissements
p 86
Création du Comité central provisoire, qui devint le Comité central républicain des Vingt arrondissements, représentant les Comités de vigilance ; émanations de l'A.I.T.
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
p 86-87
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 86-87
La mairie du 13ème est investie par les soldats du 101ème bataillon de la Garde nationale à l'annonce des tractations de Thiers avec Bismarck ; le drapeau rouge est hissé sur le bâtiment
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Événement
1870
31 octobre 1870
p 86-87
Occupation de la mairie du 19ème arrondissement par les insurgés de l'Hôtel de Ville
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Événement
1870
1870 – 1871 — Élysée Montmartre/Club de la Révolution
p 90
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Salle du Bal Favié/Folies de Belleville/Club Favié
p 90
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Événement
1870
1870 – 1871 — Folies Bergère (10 réunions)/Club des Folies Bergère (club modéré)
p 90
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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 98-99
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
27 février 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 99
Libération de Piazza et de Brunel par les manifestants ; ils étaient enfermés depuis le 26 janvier
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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 103
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1871
11 mars 1871 — Docks de la Librairie/Siège du journal "Le Combat"
p 103
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Événement
1871
11 mars 1871 — Siège du journal "La Bouche de fer" (2 numéros du 8 au 11 mars)
p 103
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Événement
1871
11 mars 1871 — Imprimerie Chevallier/Imprimerie du journal "Le Cri du Peuple"
p 103
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Événement
1871
Événement
1871
15 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 103
Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d' …

Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d'un Paris agité, il s'installe au ministère des Affaires étrangères, quai d'Orsay — bâtiment officiel, plus défendable, à l'écart des faubourgs populaires de l'est et du nord.

C'est de là qu'il orchestre le plan de reprise des canons de Montmartre et Belleville, accumulés par la Garde nationale depuis janvier. Il entend frapper vite, avant que la Fédération ne se consolide davantage — le 15 mars, précisément, 1 325 délégués élisent au Tivoli Wauxhall le Comité central définitif.

Trois jours plus tard, l'opération tourne au désastre. Thiers quittera le quai d'Orsay par un escalier dérobé donnant sur la rue de l'Université, en voiture, vers Versailles — d'où il ne reviendra qu'en vainqueur, après avoir fait écraser dans le sang la Commune, deux mois plus tard.

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Événement
1871
17 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 104-105
Ce soir-là, au ministère des Affaires étrangères, Thiers a tranché. Autour de lui : Vinoy, gouverneur militaire de Paris, Aurelle de Paladines, nommé commandant de la Garde nationale, Valentin, nouveau préfet de police, …

Ce soir-là, au ministère des Affaires étrangères, Thiers a tranché. Autour de lui : Vinoy, gouverneur militaire de Paris, Aurelle de Paladines, nommé commandant de la Garde nationale, Valentin, nouveau préfet de police, et Jules Ferry, maire de Paris. Le conseil est élargi aux chefs militaires — c'est en réalité un conseil de guerre.

La décision est simple dans son principe : avant l'ouverture de la session de l'Assemblée à Versailles le 20 mars, l'armée reprendra les canons de la Garde nationale fédérée — 227 pièces entreposées à Montmartre et Belleville, achetées par souscription populaire pendant le siège prussien. L'opération doit être menée avant l'aube, par surprise. Dans un second temps, les principaux meneurs révolutionnaires seront arrêtés.

Thiers est pressé d'agir. Il a déjà échoué deux fois : le 8 mars au Luxembourg, le 16 mars place des Vosges. Cette fois, le plan semble imparable. La neige et la pluie des derniers jours auront dispersé les gardes. Un ordre — signé frauduleusement au nom de Clemenceau, maire du 18e — a renvoyé les factionnaires dans leurs foyers. Vinoy et Aurelle de Paladines jugent l'opération prématurée et font remarquer qu'il faudrait près de 2 000 chevaux pour déplacer toutes les pièces. Thiers balaie leurs réserves.

Dans la nuit, une proclamation est placardée dans Paris : les « hommes malintentionnés » qui ont élevé des retranchements et « braqué des canons » vont être livrés à la justice. La décision est prise. Il reste à l'exécuter.

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Événement
1871
1871 — Local maçonnique/Comité de vigilance du 5ème arrondissement
p 111
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Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune (la première érigée le 18 mars)
p 112
Une des premières barricades du quartier de la Bastille au matin du 18 mars. 78 barricades seront construites dans le 11ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871
p 113-114
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Gare d'Orléans/Gare d'Austerlitz
p 115
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Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune
p 115
Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir …

Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir ce que cette date allait devenir.

Le cortège part du 1er arrondissement en direction du cimetière Père-Lachaise. Il traverse un Paris en insurrection. Les rues sont barrées de barricades fraîchement érigées par les Fédérés, qui contrôlent désormais la majeure partie de la ville depuis la fuite de Thiers à Versailles. Rue de la Roquette, une barricade barre le passage. Les gardes nationaux qui la tiennent font ce que personne n'attendait : ils la démolissent pour laisser passer le cortège. Puis ils présentent les armes devant le cercueil.

Devant le corbillard marche Victor Hugo, épuisé, accablé. À ses côtés, Gustave Courbet et Jean-Baptiste Millière — deux hommes qui seront bientôt au cœur de la Commune. La scène dit quelque chose de la journée : au milieu du tumulte révolutionnaire, les Fédérés s'arrêtent pour honorer un mort. La révolution a ses rites, et l'un d'eux est le respect du deuil.

Victor Hugo notera dans son journal que les insurgés lui ont rendu cet hommage. Il n'approuvera pas la Commune — mais il refusera aussi la répression versaillaise. Ce 18 mars, entre deux barricades, il enterre son fils.

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Événement
1871
18 mars 1871 – 1910 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 119-120
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 119
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
31 mars 1871 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 153-154
Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes". Le 31 mar …

Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes".

Le 31 mars 1871, trois jours après la proclamation de la Commune, un groupe de fédérés monte au sommet du Panthéon. Ils apportent une scie.

La croix qui surmonte le dôme n'est pas la croix originelle — c'est une croix provisoire en bois doré que Napoléon III avait fait poser en 1851 quand il avait transformé le Panthéon en église Sainte-Geneviève, chassant les grands hommes pour y réinstaller les prêtres. Napias, Jourde, Rastoul et leurs compagnons scient les bras horizontaux. Il reste le montant vertical — une hampe parfaite pour un drapeau rouge immense, visible depuis tout le quartier.

Le geste est précis et symbolique à la fois. En sciant les bras de la croix, la Commune rend le Panthéon à sa vocation républicaine — le temple des grands hommes, laïque, civique, consacré à la mémoire nationale et non à la liturgie. C'est aussi une réponse directe à Napoléon III et à vingt ans de Second Empire clérical.

Le Panthéon oscille depuis sa construction entre ces deux identités. Construit pour être une église, consacré sous Louis XVI, il devient temple républicain sous la Révolution — Mirabeau, puis Voltaire, puis Rousseau y entrent. Napoléon Ier le rend au culte, Louis XVIII aussi, la Révolution de 1830 le laïcise à nouveau, Napoléon III le re-consacre. La Commune le reprend. Après la Semaine sanglante, l'église reviendra. Définitivement laïcisé en 1885 pour les funérailles de Victor Hugo, il ne changera plus.

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Événement
1791
2 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Temple de la Mémoire
p 154
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 155
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1871
6 avril 1871
p 155
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1871
16 mai 1871 — Colonne Vendôme (érigée en 1810)
p 156-159
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1871
6 mai 1871 — Palais des Tuileries (salle des Maréchaux)
p 160-161
Grand concert patriotique lors duquel Mme Bordas chante "La Canaille". Un tel succès qu'un autre concert sera organisé la semaine suivante, au cours duquel Mlle Agar déclamera "Le Lion blessé" et chantera la Marseillaise
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Événement
1871
11 mai 1871 — Église St Bernard de La Chapelle/Club Bernard/Club de la Révolution
p 167
Club blanquiste réunissant 3 000 membres pendant la Commune ; il tint ses assises le 21 floréal an 79
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Événement
1871
1871 — Siège du journal "Le Grelot" (journal satirique)
p 170
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Événement
1871
22 février 1871 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 172
Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employ …

Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employés que la guerre, le siège et la misère ont jetés dans la rue. Vallès, déjà connu pour ses prises de position contre l’Empire, entend donner à ces colères un organe politique régulier.

Autour de lui se rassemble une équipe où se croisent militants et écrivains : Casimir Bouis, Jean‑Baptiste Clément, Pierre Denis, la romancière André Léo, Henri Bauër, bientôt aussi Gustave Courbet qui apporte sa notoriété d’artiste engagé. Tous partagent l’idée que la République ne peut se limiter à un changement de régime : elle doit devenir sociale, égalitaire, et respecter Paris, que Thiers et l’Assemblée de Bordeaux traitent comme une ville vaincue à mater.

Le journal atteint rapidement des tirages considérables, jusqu’à 100 000 exemplaires, avec 82 numéros publiés durant la séquence qui mène à la Commune puis l’accompagne. C’est à la fois un organe d’information, un lieu de polémique et une caisse de résonance des clubs, des comités d’arrondissement, de la Garde nationale.

En donnant ce titre, Le Cri du Peuple, Vallès sait qu’il s’inscrit dans une histoire longue : celle d’un Paris où, lorsque les institutions ferment la porte, la presse radicale ouvre une fenêtre. Quelques semaines plus tard, ce « cri » trouvera son prolongement sur les barricades de la Commune.

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Événement
1883
27 octobre 1883 – 1889 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 172
Le journal avait été interdit en mai 1871 et son fondateur condamné à mort par contumace ; il reparaît en 1883, avec à ses côtés la première grande reporter française. Jules Vallès a fondé Le Cri du Peuple en février 187 …

Le journal avait été interdit en mai 1871 et son fondateur condamné à mort par contumace ; il reparaît en 1883, avec à ses côtés la première grande reporter française.

Jules Vallès a fondé Le Cri du Peuple en février 1871. Le journal fut l'un des organes de la Commune, tirant à plus de cent mille exemplaires, interdit par Versailles à la Semaine sanglante. Vallès, élu de la Commune, échappa aux fusillades, s'exila à Londres, fut condamné à mort par contumace. Il rentra en France avec l'amnistie de 1880.

Il a alors cinquante ans et il est devenu un grand écrivain. La trilogie de Jacques Vingtras, "L'Enfant" en 1879, "Le Bachelier" en 1881, "L'Insurgé" publié après sa mort, raconte une vie de révolte depuis l'enfance battue jusqu'aux barricades.

Le 27 octobre 1883, Le Cri du Peuple reparaît, au 61 rue de Rennes dans le 6e arrondissement. Vallès en est le directeur. Le journal est financé par le docteur Adrien Guébhard, riche héritier gagné au socialisme. Jules Guesde y écrit, avant de rompre.

Le fait le plus remarquable est l'arrivée de Séverine. Caroline Rémy, dite Séverine, a vingt-huit ans. Bourgeoise malheureuse en ménage, elle a rencontré Vallès à Bruxelles et est devenue sa secrétaire, sa disciple, sa collaboratrice. Elle apprend le métier auprès de lui.

Quand Vallès meurt en février 1885, elle prend la direction du journal. Elle est la première femme à diriger un grand quotidien français, et la première grande reporter : elle descend dans les mines de Saint-Étienne après la catastrophe de 1890, déguisée en mineur, pour écrire ce qu'elle a vu au fond. Elle sera dreyfusarde de la première heure, féministe, antimilitariste, et adhérera au Parti communiste en 1921 avant de le quitter.

Le journal ne survivra pas longtemps aux querelles entre guesdistes, anarchistes et broussistes. Il disparaît en 1889.

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Événement
1871
6 mars 1871 — Siège du journal "Le Père Duchêne"
p 173
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Événement
1871
27 mars 1871 — Hôtel des Postes
p 175
Il s'oppose à sa destruction le 23 mai.
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Événement
1871
1871 — Palais de l'Industrie
p 175
Préparation d'une exposition de peinture et de sculpture, qui finalement n'aura pas lieu, par la Fédération des artistes
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Événement
Événement
1871
16 avril 1871 — Prison militaire du Cherche-Midi/Cour martiale de la Commune
p 211-220
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Événement
1871
21 mai 1871
p 226
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 241-243
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Événement
1871
mai 1871 — Cité de Vincennes/Quartier général des Enfants perdus de la Commune
p 254
Quartier général des "Enfant perdus de la Commune", bataillon d'adolescentes créé par Émile Eudes
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 266
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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