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Couverture — Albert Theisz
Bibliographie

Albert Theisz

FRISCHMANN Georges
Édition de la Fédération CGT des PTT, 1993.
Livre
134 Fiches citant cet ouvrage
1993 Édition

Fiches citant cet ouvrage

134 fiches
Événement
Événement
Date imprécise — Buste de Charles Garnier à l'Opéra (palmes et aigles de bronze l'encadrant)
p 13
Avant la Commune, Charles Garnier confie la fabrication de décors de bronze pour l'Opéra à Zéphirin Camélinat, qui travaille alors pour l'entreprise Matifat puis pour le fondeur Bonnotte
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Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Albert Theisz
p 13 & 52
Demeure d'Albert Theisz, membre de la Commune, nommé par elle directeur des Postes, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1848
2 mars 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission du Luxembourg
p 15
Le 2 mars 1848, au Palais du Luxembourg, la toute nouvelle Commission du gouvernement pour les travailleurs, présidée par Louis Blanc, obtient du gouvernement provisoire un décret qui frappe au cœur une pratique honnie d …

Le 2 mars 1848, au Palais du Luxembourg, la toute nouvelle Commission du gouvernement pour les travailleurs, présidée par Louis Blanc, obtient du gouvernement provisoire un décret qui frappe au cœur une pratique honnie du monde ouvrier : le « marchandage ». On entend par là le système des « marchandeurs », sous‑entrepreneurs qui embauchent des ouvriers pour leur revendre ensuite leur travail à un patron, en prélevant au passage une part de la rémunération, ce qui revient à une exploitation d’ouvriers par d’autres ouvriers.

Dans la foulée de sa première séance du 1ᵉʳ mars, la Commission met sur la table deux revendications jugées urgentes : la réduction de la journée de travail et l’abolition du marchandage. Le gouvernement provisoire répond dès le lendemain par le décret du 2 mars : la journée est fixée à dix heures à Paris (onze en province) et « l’exploitation par des sous‑entrepreneurs, ou marchandage, est abolie », les associations ouvrières à but non spéculatif étant explicitement exclues de cette interdiction.

Un arrêté complémentaire vient ensuite préciser les sanctions : toute exploitation de l’ouvrier par voie de marchandage est passible d’amende, voire d’emprisonnement, et les autorités sont invitées à poursuivre ces pratiques comme un véritable délit. Pour Louis Blanc et les militants ouvriers qui siègent au Luxembourg, ce texte a une portée symbolique forte : il marque la reconnaissance par l’État républicain que certaines formes de sous‑traitance ne sont pas de simples arrangements privés, mais bien des mécanismes de spoliation du salaire, appelés à être bannis au nom du droit au travail et de la dignité ouvrière.

Pour Marx, les concessions sociales de mars 1848 (journée de dix heures, interdiction du marchandage, projets d’associations ouvrières) relèvent davantage de la manœuvre politique que d’une transformation du rapport capital‑travail : elles ne touchent pas au pouvoir de la bourgeoisie sur les moyens de production. Le « marchandage », au sens marxiste, n’est qu’une forme parmi d’autres de l’exploitation dans le salariat ; essayer de moraliser ou d’encadrer cette forme sans remettre en cause la logique de la marchandise et de la plus‑value reste, à ses yeux, du socialisme utopique plus que du communisme révolutionnaire.![[Affiche sur la durée de la journée de travail et l'interdiction du marchandage 2 mars 1848, BnF|Révolution février 1848 - Affiche sur la durée de la journée de travail et l'interdiction du marchandage 2 mars 1848, BnF.jpeg]]

Affiche sur la durée de la journée de travail et l'interdiction du marchandage 2 mars 1848, BnF

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Événement
1862
9 février 1862 — Cirque de l'Impératrice/Cirque d'Été
p 23
Remises des prix de l'association philotechnique ; Eugène Varlin obtient les prix de français et de comptabilité
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Événement
1860
1860 — La Sorbonne/Section de la Sorbonne de l'Association Philotechnique
p 23
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Événement
Événement
1864
17 février 1864
p 27
Publication du "Manifeste des soixante" ; texte énonçant les revendications politiques et sociales de la Classe ouvrière
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Événement
1864
28 septembre 1864 — Demeure d'Henri Tolain
p 29
Trois ouvriers parisiens partent pour Londres avec des frais de voyage financés par des cotisations de vingt-cinq centimes ; ils reviennent avec l'Association internationale des travailleurs. Henri Tolain est ciseleur su …

Trois ouvriers parisiens partent pour Londres avec des frais de voyage financés par des cotisations de vingt-cinq centimes ; ils reviennent avec l'Association internationale des travailleurs.

Henri Tolain est ciseleur sur bronze. Il habite au 105 ou 107 de la rue du Faubourg du Temple, dans le 10e arrondissement. En 1862, il a fait partie de la délégation ouvrière autorisée par Napoléon III à visiter l'Exposition universelle de Londres. Les ouvriers français y ont rencontré les syndicalistes anglais des Trade Unions. Ces rencontres ont produit une conviction commune : les travailleurs des différents pays ont les mêmes intérêts et sont mis en concurrence les uns contre les autres par les patrons. Il faut s'organiser au-delà des frontières.

En 1864, une nouvelle délégation est préparée. Trois ouvriers sont désignés : Tolain, Charles Limousin et Joseph Perrachon. Leurs frais de voyage sont couverts par une cotisation hebdomadaire de vingt-cinq centimes versée par les militants parisiens. La délégation part de Paris fin septembre.

Le 28 septembre 1864, à Saint Martin's Hall à Londres, se tient un meeting international qui rassemble ouvriers anglais, français, allemands, italiens, polonais. Le motif immédiat est la solidarité avec l'insurrection polonaise de 1863, écrasée par la Russie. Mais l'assemblée va au-delà. Elle décide de créer une organisation permanente : l'Association internationale des travailleurs, que l'histoire retiendra sous le nom de Première Internationale.

Karl Marx est présent dans la salle, presque par hasard, invité comme représentant des ouvriers allemands. Il ne prend pas la parole ce soir-là. Mais il est élu au comité provisoire et se voit confier la rédaction des textes fondateurs. Il écrit l'Adresse inaugurale et les Statuts provisoires, dont la première phrase deviendra célèbre : "L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes."

Tolain dirige la première section parisienne de l'Internationale, créée fin 1864. La section sera poursuivie, dissoute, reformée. Tolain siégera à l'Assemblée nationale en 1871 et refusera de rejoindre la Commune ; l'Internationale l'excluera pour cette raison. Mais ce qui fut décidé le 28 septembre 1864 à Londres continuera sans lui.

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Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 30-31
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1865
1865
p 34
Première esquisse de la future Chambre fédérale des Sociétés ouvrières, qui sera créée en 1869
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Événement
1867
25 février 1867
p 35
Réunion de soutien au mouvement des ouvriers du bronze pour la défense de leur Société de Crédit Mutuel, avec le soutien des sociétés ouvrières ; 120 entreprises sont lock-outées
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Événement
1867
1867 — École des filles du passage Raoul/Siège de la Commission dite du passage Raoul
p 38
Constitution d'une "Commission ouvrière" à l'occasion de l'Exposition universelle 1867, appelée le "Parlement ouvrier", qui lance un appel à la formation de chambres syndicales
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Événement
1868
6 juillet 1868 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie (second procès de l'A.I.T.)
p 40
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Événement
1869
14 novembre 1869 — Chambre fédérale des Sociétés ouvrières (dans une ancienne goguette, société chantante)
p 44-47
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Événement
1870
19 avril 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 47 & 53
Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien. C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanen …

Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien.

C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanent de la Fédération parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, au lendemain de sa fondation en avril 1870 à la salle de la Marseillaise. L'adresse est modeste — un immeuble du quartier des Enfants-Rouges, à deux pas de la place de la République. Mais pendant les dix-huit mois qui suivent, elle devient le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien.

Les statuts adoptés par les quelque 1 200 délégués prévoient un Conseil fédéral composé de représentants de chaque section, proportionnellement au nombre d'adhérents. C'est là que siège ce conseil. C'est là que se coordonnent les grèves, que se rédigent les manifestes, que se prennent les décisions. Eugène Varlin en est l'âme — mais il n'est pas seul. Les noms qui figurent parmi les délégués fondateurs donnent le vertige quand on sait ce qui suit : Jules Vallès, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, Édouard Vaillant, Eugène Pottier, Camille Langevin, Antoine Bourdon. Un état-major ouvrier qui, un an plus tard, se retrouvera presque au complet dans les organes de la Commune.

L'été 1870 accélère tout. Quand la guerre contre la Prusse se profile, c'est rue de la Corderie que la section parisienne de l'AIT rédige son manifeste contre la guerre — un texte internationaliste qui appelle les ouvriers français et allemands à refuser de s'entre-tuer pour leurs gouvernements respectifs. Après Sedan et la chute de l'Empire en septembre, c'est encore rue de la Corderie que se coordonne l'opposition ouvrière au Gouvernement de la Défense nationale. Et quand Paris se soulève le 18 mars 1871, la Fédération parisienne de l'AIT est l'une des structures qui fournissent à la Commune ses cadres, ses réseaux, et une partie de son programme social — abolition du travail de nuit des boulangers, remise des loyers, ateliers coopératifs.

La rue de la Corderie a été partiellement absorbée par les remaniements urbanistiques du quartier. Mais l'adresse reste inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le lieu où, pour la première fois, les sections parisiennes de l'Internationale ont fonctionné comme une organisation permanente — et non plus comme un réseau clandestin harcelé par la police impériale.

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Événement
1869
19 décembre 1869 — Siège du journal "La Marseillaise"
p 49
Création de La Marseillaise, journal républicain Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. J …

Création de La Marseillaise, journal républicain

Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. Jean-Baptiste Millière assure le rôle de directeur-gérant. Le journal coûte 15 centimes et compte quatre pages. Il succède à La Lanterne, publication précédente d'Henri Rochefort arrêtée après 77 numéros.

La rédaction inclut Charles Habeneck comme secrétaire de rédaction. Parmi les collaborateurs figurent Prosper-Olivier Lissagaray, Paul Lafargue, Victor Noir, Gustave Flourens, Paschal Grousset, Eugène Varlin et Jenny Marx. Le numéro 1 contient une chronique de Paris par Henri Rochefort, des nouvelles politiques par Charles Habeneck, une lettre de Raspail et des articles de Germain Casse et Arthur Arnould.

La Marseillaise critique Napoléon III et le pouvoir impérial. Elle défend une république inspirée des États-Unis et s'oppose à la colonisation en Algérie. Le journal soutient les catégories sociales défavorisées et relaie les luttes ouvrières, comme les grèves au Creusot.

Le 10 janvier 1870, Victor Noir, collaborateur, est tué par le prince Pierre Bonaparte. Le journal publie un article d'Henri Rochefort encadré de noir. Le 11 janvier 1870, Henri Rochefort et les rédacteurs sont arrêtés. La Marseillaise paraît jusqu'au 24 juillet 1870, avec des interruptions en février et de mai à juillet.

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Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
p 60
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
1870
15 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 63
Avant que Paris capitule ou résiste, la Corderie donne à la révolution à venir son premier nom. Sedan est tombé le 2 septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier avec son armée, a laissé la France sans gouvernement. Le …

Avant que Paris capitule ou résiste, la Corderie donne à la révolution à venir son premier nom.

Sedan est tombé le 2 septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier avec son armée, a laissé la France sans gouvernement. Le 4 septembre, la foule envahit le Corps législatif et proclame la République au balcon de l'Hôtel de Ville. Un Gouvernement de la Défense nationale s'installe, composé de républicains bourgeois : Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry, Jules Simon. Pas un ouvrier. Pas un socialiste.

La section parisienne de l'Association internationale des travailleurs siège depuis 1869 au 14 de la rue de la Corderie, dans le Temple (3e arrondissement), dans des locaux partagés avec la Fédération des sections parisiennes. C'est là qu'Eugène Varlin, relieur, et ses camarades ont construit patiemment l'organisation ouvrière la plus solide de la capitale. Dès les premiers jours de septembre, les militants de l'Internationale et les comités républicains populaires se fédèrent en un Comité central républicain des Vingt arrondissements, qui tient ses séances à la Corderie.

Le 15 septembre, le Comité publie et fait placarder dans Paris sa première proclamation, que les contemporains appellent aussitôt la "première affiche rouge." Les signataires sont nombreux : Jules Vallès, Benoît Malon, Charles Longuet, Gustave Lefrançais, Gabriel Ranvier, Jean-Baptiste Millière, Louis Pindy, Jean-Baptiste Gaillard, Charbonneau. Tous seront, cinq mois plus tard, membres ou alliés de la Commune de Paris.

Le texte est sans équivoque. Il exige la guerre totale contre la Prusse, la levée en masse, la mobilisation des départements, la réquisition des subsistances. Surtout, il formule pour la première fois publiquement l'exigence politique centrale : "Faites place au peuple, à la Commune." Cette phrase est un programme. La Commune n'est pas encore, mais elle a son nom, sa revendication, son lieu d'émission : le 14 de la rue de la Corderie, dans ce 3e arrondissement ouvrier que les vagues haussmanniennes ont épargné.

Le gouvernement de la Défense nationale, qui négocie en secret et capitulera le 28 janvier 1871, ignore la proclamation. Les semaines suivantes montrent que la contradiction entre les intérêts de la bourgeoisie républicaine et ceux des travailleurs parisiens ne peut être différée indéfiniment. La Commune naîtra au printemps 1871 de cette tension que la première affiche rouge a su nommer avec une clarté que l'histoire a pleinement confirmée : ce papier collé sur les murs un 15 septembre est le premier document programmatique de ce que Marx appellera, l'année suivante, "la forme politique enfin trouvée."

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Événement
1870
8 octobre 1870 — Hôtel de ville
p 64
Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers. Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale mu …

Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers.

Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale multiplie les déclarations martiales et évite soigneusement l'action. Le général Trochu, gouverneur militaire, a un "plan" dont personne ne connaît le contenu et qui consiste, on le comprendra plus tard, à laisser la ville s'épuiser jusqu'à ce que la capitulation devienne acceptable. Les quartiers populaires réclament l'inverse : la sortie en masse, l'offensive générale contre les lignes prussiennes, la guerre à outrance.

Le 8 octobre 1870, cinq mille gardes nationaux se rassemblent place de l'Hôtel de Ville. Ils viennent en armes, en formation, avec leurs officiers élus. Ils demandent l'offensive et la levée du soupçon qui pèse sur les négociations de Jules Favre avec Bismarck. Auguste Blanqui, sorti de prison à la chute de l'Empire, est présent, comme Jean-Baptiste Millière, futur communard qui sera fusillé sur les marches du Panthéon en mai 1871.

La réponse du gouvernement est habile. Il ne fait pas tirer. Il appelle sur la place les bataillons de la Garde nationale des quartiers riches : le faubourg Saint-Germain, le quartier de la Bourse. Ces bataillons, composés de bourgeois, de commerçants et de rentiers, sont hostiles à toute agitation populaire. Ils submergent numériquement les manifestants. La place se remplit d'une foule contradictoire, et la manifestation perd sa signification politique. Jules Favre paraît alors et prononce une harangue. Il rassure, il promet, il ne s'engage à rien. La manifestation se disperse.

La Garde nationale de Paris compte alors des centaines de milliers d'hommes, armés par décret depuis septembre. Elle est traversée par la fracture sociale de la ville : les bataillons des arrondissements ouvriers contre ceux des arrondissements bourgeois. Cette fracture sera exactement celle du 18 mars 1871. Le 31 octobre 1870, trois semaines après cette journée, une tentative insurrectionnelle occupera brièvement l'Hôtel de Ville et prendra le gouvernement en otage. Elle échouera de peu.

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Événement
1870
Événement
1871
17 janvier 1871 — Gare de l'Est/Gare de Strasbourg (construite en 1847)
p 68-69
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Événement
Événement
1870
1870
p 68-69
Lieu de gonflage et de départ des ballons postaux pendant le Siège de 1870-71
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Événement
1871
6 janvier 1871 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
p 72-73
Publication de la "seconde affiche rouge", portée par 140 signataires, réclamant la Commune et la poursuite de la guerre
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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 84
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 84
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1871
27 février 1871
p 84
Les canons entreposés au Ranelagh sont récupérés par la Garde nationale et ramenés vers Montmartre, Belleville et la place des Vosges
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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 84
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
27 février 1871
p 84
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 85
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix. Quand Arnold procla …

Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix.

Quand Arnold proclame les noms des élus ce soir-là, les 38 membres du nouveau Comité central n'ont rien des chefs politiques habituels. Pas de tribuns connus, pas de notables. Ce sont des délégués issus des conseils de légion et des bataillons de chaque arrondissement — deux par arrondissement, plus un chef de bataillon par légion.

Leurs noms parlent peu à l'opinion : Assi, mécanicien à Creusot, Varlin, relieur, Maljournal, Clémence, Demeule, Géresme, Bouit. Sur les 38, une quinzaine appartiennent à l'Internationale ouvrière ou aux chambres syndicales. Quelques blanquistes. Des hommes qui ont fait leur apprentissage dans les réunions de bataillons pendant le siège, pas dans les cercles républicains bourgeois. C'est précisément ce qui les distingue de tous les comités révolutionnaires qui ont précédé.

Sur la question du commandement militaire, l'assemblée est unanime — à une voix près : elle refuse d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers, et proclame Garibaldi général en chef. Le héros de l'unité italienne déclinera le poste, mais le geste compte : le Comité central ne reconnaît d'autorité qu'à ses propres élus.

Trois jours plus tard, après l'insurrection du 18 mars, ces 38 inconnus se retrouveront à l'Hôtel de Ville, à gouverner Paris. Ils convoqueront les élections de la Commune, lèveront l'état de siège, rétabliront la liberté de la presse, suspendront les expulsions. Leur légitimité : le suffrage des bataillons populaires de Paris.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 90
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
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Événement
1871
18 mars 1871 — Siège de l'état-major général de la Garde nationale
p 90
Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Événement
1871
15 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 90
Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d' …

Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d'un Paris agité, il s'installe au ministère des Affaires étrangères, quai d'Orsay — bâtiment officiel, plus défendable, à l'écart des faubourgs populaires de l'est et du nord.

C'est de là qu'il orchestre le plan de reprise des canons de Montmartre et Belleville, accumulés par la Garde nationale depuis janvier. Il entend frapper vite, avant que la Fédération ne se consolide davantage — le 15 mars, précisément, 1 325 délégués élisent au Tivoli Wauxhall le Comité central définitif.

Trois jours plus tard, l'opération tourne au désastre. Thiers quittera le quai d'Orsay par un escalier dérobé donnant sur la rue de l'Université, en voiture, vers Versailles — d'où il ne reviendra qu'en vainqueur, après avoir fait écraser dans le sang la Commune, deux mois plus tard.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Banque de France
p 97-98
Démarche auprès de la Banque de France, effectuée par 11 membres du Comité central de la Garde nationale, pour lui demander 1 million ; elle ne lâchera que 15 millions pour la Commune, contre 257 pour Versailles Le lende …

Démarche auprès de la Banque de France, effectuée par 11 membres du Comité central de la Garde nationale, pour lui demander 1 million ; elle ne lâchera que 15 millions pour la Commune, contre 257 pour Versailles

Le lendemain du soulèvement, le Comité central a besoin d'argent. Onze de ses membres — Varlin, Jourde, Assi, Billioray et sept autres — se présentent rue La Vrillière, au siège de la Banque de France. La demande est modeste : un million de francs pour faire tourner Paris.

Le gouverneur Gustave Rouland les reçoit. L'entretien est courtois, presque surréel : d'un côté des ouvriers et artisans en armes, maîtres depuis la veille de la capitale ; de l'autre un grand commis de l'État habitué à traiter avec des ministres. Rouland temporise, consulte, oppose des procédures. La Banque n'est pas une caisse publique, dit-il en substance. Elle ne peut débloquer des fonds sans garanties légales.

La délégation repart sans le million. C'est Varlin et Jourde qui, dans les semaines suivantes, géreront les finances de la Commune avec une rigueur scrupuleuse — trop scrupuleuse, diront certains. La Commune ne touchera jamais aux trois milliards de billets de banque stockés dans les caves de la rue La Vrillière, à portée de main. Elle obtiendra en tout 15 millions, accordés au compte-gouttes par une institution qui joue double jeu.

Le gouvernement de Versailles, lui, recevra de la même Banque 257 millions — pour financer, entre autres, l'armée qui écrasera la Commune en mai.

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Événement
1871
27 mars 1871 — Hôtel des Postes
p 109 & 120
Il s'oppose à sa destruction le 23 mai.
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Événement
1871
6 mai 1871
p 152
Mort du frère d'Albert Theisz, tué sur une barricade à Neuilly le 18 avril
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Événement
Date imprécise — Cabinet noir de l'Hôtel des Postes (escalier secondaire rue Coq Héron)
p 155
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Événement
1962
28 mars 1962 — Centre d'écoutes téléphoniques de la police
p 157
Depuis 1960, le 51 boulevard de La Tour-Maubourg accueille le centre principal d’écoute et d’interception technique du renseignement d’État français : le Groupement interministériel de contrôle (GIC). Créé par le Premier …

Depuis 1960, le 51 boulevard de La Tour-Maubourg accueille le centre principal d’écoute et d’interception technique du renseignement d’État français : le Groupement interministériel de contrôle (GIC). Créé par le Premier ministre Michel Debré, le GIC centralise les techniques de renseignement les plus intrusives (écoutes téléphoniques, interceptions de données) pour le compte des différents services français, sous l’autorité du Premier ministre et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Sa mission : contrôler, coordonner et mettre en œuvre les interceptions de sécurité (hors enquêtes judiciaires), dans le strict respect des lois sur la protection individuelle et le contrôle parlementaire. Le centre de La Tour-Maubourg est le siège historique du GIC et reste une structure clé du renseignement technique national.

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Événement
Date imprécise — Écuries de l'Hôtel des Invalides/Centre d'écoutes téléphoniques de la police
p 157
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Événement
1871
6 mai 1871 — Église St Nicolas des Champs/Club Nicolas des Champs (qui édite le "Bulletin communal", organe des clubs)
p 161
Club révolutionnaire qui œuvre pour une tentative de fédération pendant la Commune
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Événement
1871
5 avril 1871 — Ministère des Travaux publics/Siège de la Commission d'Initiative
p 161
Le 5 avril 1871, Léo Fränkel et Benoît Malon créent au ministère des Travaux publics, rue Saint-Dominique, une Commission d'initiative chargée de régler les problèmes de logement. C'est un détail dans l'agenda révolution …

Le 5 avril 1871, Léo Fränkel et Benoît Malon créent au ministère des Travaux publics, rue Saint-Dominique, une Commission d'initiative chargée de régler les problèmes de logement. C'est un détail dans l'agenda révolutionnaire de la Commune — mais il dit quelque chose d'essentiel sur ce que la Commune essayait de construire pendant qu'on se battait à ses portes.

La question du logement était criante. Paris comptait des dizaines de milliers de familles ouvrières entassées dans des taudis du faubourg Saint-Antoine, de Belleville, de la Goutte d'Or. Les loyers avaient explosé sous Haussmann, qui avait rasé les quartiers populaires du centre pour y construire des immeubles bourgeois. La Commune avait déjà suspendu les expulsions et les saisies pour dettes dès les premiers jours — une mesure concrète qui concernait directement des milliers de familles.

C'est cette veine sociale, souvent oubliée, qui fait la singularité de la Commune. En soixante-douze jours, entre les combats, les conseils de guerre et la menace permanente de Versailles, la Commune légifère : suppression du travail de nuit dans les boulangeries, interdiction des amendes patronales, réquisition des ateliers abandonnés par leurs propriétaires pour les confier aux coopératives ouvrières, gratuité de l'enseignement, remise des objets mis en gage au Mont-de-Piété. Fränkel, délégué au Travail, pousse chacune de ces réformes avec une obstination que Marx lui-même encourageait par courrier.

La commission du logement n'aura pas le temps d'aboutir. Dans six semaines, Versailles sera dans Paris.

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Événement
Événement
1871
11 avril 1871 — Mairie du 10ème arrondissement/Siège de l'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
p 163
Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent …

Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent, un par arrondissement, reliés à un comité central. C'est la première organisation féminine de masse de l'histoire française.

À sa tête, deux femmes que tout semble opposer. Nathalie Le Mel est bretonne, ouvrière relieuse, militante de l'Internationale depuis des années, proche d'Eugène Varlin — une femme du peuple enracinée dans le mouvement ouvrier parisien. Élisabeth Dmitrieff a vingt ans, elle est russe, aristocrate, a contracté un mariage blanc pour pouvoir voyager librement, a rencontré Marx à Londres en 1870 et est arrivée à Paris en mars 1871 envoyée par l'Internationale. Leurs parcours divergent, leur engagement converge : toutes deux voient dans la Commune une occasion unique d'arracher aux femmes une place dans la révolution, pas seulement comme soignantes mais comme combattantes et comme forces politiques.

Ensemble elles signent l'adresse aux citoyennes, publiée dans le Journal Officiel du 14 avril et dans Le Cri du peuple du 16 avril. L'Union ne se limite pas aux ambulances que son nom évoque. Ses statuts, publiés dans La Sociale du 20 avril, prévoient des comités d'arrondissement chargés de recenser les citoyennes prêtes à servir aux ambulances, aux fourneaux — et aux barricades. Elle formule des revendications sociales concrètes : égalité de salaire entre hommes et femmes, réorganisation du travail en coopératives ouvrières, prise en charge des enfants.

Autour d'elles gravitent Blanche Lefebvre, Anna Jaclard, André Léo, Sophie Graix, Adélaïde Valentin — une constellation de femmes aux origines diverses, ouvrières et intellectuelles, françaises et étrangères, unies par la conviction que la question sociale et la question des femmes sont indissociables.

La Semaine sanglante met fin à leurs activités. Le Mel sera déportée en Nouvelle-Calédonie. Dmitrieff parviendra à fuir et disparaîtra en Russie. Leur organisation, éphémère, reste un moment fondateur de l'histoire du féminisme socialiste.

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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 171
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 171
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 171
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Événement
1871
8 mai 1871 — École professionnelle mixte/Ateliers pour les femmes/École-asile pour orphelins
p 183
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Événement
1871
1871 — Ancienne préfecture de police
p 188-189
Les réunions ont lieu le matin à 11 heures au début de la Commune ; mais elles cessent par la suite
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Événement
Événement
1871
20 mai 1871 — Théâtre Lyrique/Théâtre des Nations
p 201
Reddition de comptes des membres de la Commune devant l'Assemblée des électeurs du 4ème arrondissement, sur les 22 démissions survenues suite à la création du Comité de Salut public
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Événement
1871
20 mai 1871 — Section parisienne de la première Internationale, l'A.I.T.
p 201
Réunion de l'A.I.T. consacrée à une reddition de comptes sur le vote à propos du Comité de Salut public ; Durand, qui a voté pour, fait son autocritique
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 204
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1871
Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 212
Dernière réunion du Conseil de la Commune à l'Hôtel de Ville, à 7 heures du matin. Pindy prend la décision d'incendier le bâtiment ; une erreur politique qui précipite la retraite des Fédérés
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 212
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
24 mai 1871
p 213
Arrestation et exécution du capitaine de Beaufort par le 66ème bataillon de la Garde nationale ; Delescluze intervient en vain
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Événement
1871
24 mai 1871 — Poste du 66ème bataillon de la Garde nationale
p 213
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Événement
1871
24 mai 1871 — Mairie du 5ème arrondissement/Lieu de massacre de Communards
p 213
Massacre de combattants de la Commune lors de la défense de la mairie du 5ème arrondissement ; entre 200 et 300 exécutions sommaires dont celles de plusieurs enfants employés comme estafettes par la Commune
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Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
p 215
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau, barrant les boulevards Voltaire et du Temple)
p 216-217
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Événement
1871
25 mai 1871
p 216
PC d'Eugène Varlin pour la défense de la Bastille pendant la Semaine sanglante, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
Événement
1871
25 mai 1871
p 217-218
Passage par lequel s'enfuirent les frères Theisz et Victor Jaclard avec Vermorel et Lisbonne
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Événement
1871
25 mai 1871 — Cachette d'Auguste Vermorel et d'Olivier Pain
p 219
Olivier Pain, puis Auguste Vermorel, blessés au Château d'Eau, sont amenés ici par leurs camarades. Vermorel mourra à Versailles faute de soins. Pain, déporté en Kanaky s'évadera
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 220
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
1871
26 mai 1871
p 220-221
Des membres de la Commune participent aux combats de la Semaine sanglante. Dans cette rue seront fusillés des enfants de 8 à 10 ans pour avoir participé à la construction d'une barricade ou refusé de dire où demeurait so …

Des membres de la Commune participent aux combats de la Semaine sanglante. Dans cette rue seront fusillés des enfants de 8 à 10 ans pour avoir participé à la construction d'une barricade ou refusé de dire où demeurait son père

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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 221
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 221
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 222
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1871
27 mai 1871
p 226
Camélinat se cache pendant 3 mois avant de s'enfuir en Angleterre le 4 septembre, avec un passeport fourni par un camarade bronzier
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Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Square St Jacques la Boucherie
p 229
Charnier de 1 200 Fédérés fusillés sans jugement à la caserne Lobau, dont certains enterrés vivants. Les corps seront recouverts de chaux vive
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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 229
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
26 mai 1871 — Prison de Mazas/Lieu de massacre de Communards
p 229
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Événement
1871
23 mai 1871 — Kiosque à musique du square des Batignolles/Lieu de massacre de Communards
p 229
Massacre de combattants de la Commune ; enterrés dans une fosse sous le kiosque à musique
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caserne Dupleix/Lieu de massacre de Communards
p 229
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Ils étaient interrogés par une cour prévôtale improvisée
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Événement
1871
24 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
p 229
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Jardin des Plantes/Lieu de massacre de Communards
p 229
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante, y compris de jeunes aides pharmaciens qui travaillaient dans une ambulance installée dans les bâtiments des serres
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Événement
1871
1871 — Jardin du Palais Royal
p 250
Charnier découvert dans le jardin du Palais Royal après la Commune
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Événement
1871
28 mai 1871 — Cimetière de Charonne (fosse commune découverte en 1897 contre le mur du presbytère)
p 250
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Événement
1871
9 mars 1871
p 258
Le journal "L'Homme" devient "L'Homme libre" pendant la Commune ; il est dirigé par Louis Marétheux
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Événement
1873
2 août 1873 — Demeure d'une certaine Berthe
p 262
Un voisin avait signé de son nom. Les quatre autres n'avaient pas osé. La répression de la Commune passa aussi par là. Le 2 août 1873, un informateur signala à la préfecture de police la présence à Paris d'Albert Theisz, …

Un voisin avait signé de son nom. Les quatre autres n'avaient pas osé. La répression de la Commune passa aussi par là.

Le 2 août 1873, un informateur signala à la préfecture de police la présence à Paris d'Albert Theisz, Communard en exil à Londres. La dénonciation était peut-être fausse. Elle s'ajoutait à des centaines de milliers d'autres.

Albert Theisz avait été l'un des responsables des Postes et Télégraphes pendant la Commune. Après la Semaine sanglante de mai 1871, il avait fui, comme des milliers d'autres Communards, vers l'exil. La Commune avait été écrasée ; les procès continuaient, et la préfecture de police cataloguait méthodiquement les informations reçues sur les fugitifs.

Dans ses archives, la préfecture compta 379 828 dénonciations visant des Communards. Benoît Malon, lui-même communard et historien du mouvement ouvrier, avança le chiffre de 389 823. Quatre dénonciations sur cinq étaient anonymes.

Ces chiffres disent quelque chose sur la France de la Troisième République naissante : une société où le voisin pouvait, sans risque, signaler l'ancien insurgé, où la délation trouvait ses habitudes, où la peur des représailles contre les dénonciateurs était bien moindre que la tentation de la vengeance ou du calcul. La Commune avait été brève (du 18 mars au 28 mai 1871) ; sa répression fut longue, minutieuse, et porta très loin dans les familles et les quartiers.

Theisz revint en France après l'amnistie de 1880. Il était graveur de métier. Il mourut à Paris en 1882.

Sur les 379 828 noms de dénonciateurs que la préfecture conserva dans ses dossiers, quatre sur cinq n'avaient pas laissé le leur.

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Événement
1876
2 octobre 1876 — Salle des Écoles de la rue d'Arras
p 270
Cinq ans après la Semaine sanglante, trois cent soixante délégués ouvriers se réunissent légalement à Paris : ils ne parlent ni de révolution ni de Commune, et c'est déjà un événement. En mai 1871, la Commune a été écras …

Cinq ans après la Semaine sanglante, trois cent soixante délégués ouvriers se réunissent légalement à Paris : ils ne parlent ni de révolution ni de Commune, et c'est déjà un événement.

En mai 1871, la Commune a été écrasée. Vingt mille fusillés, quatre mille déportés en Nouvelle-Calédonie, des milliers d'exilés. L'Association internationale des travailleurs est interdite en France depuis la loi Dufaure de mars 1872, qui punit de prison la seule appartenance à l'Internationale. Le mouvement ouvrier français est décapité, ses cadres morts, déportés ou réfugiés à Londres et à Genève.

C'est dans ce désert que se réunit, du 2 au 10 octobre 1876, à la salle des Écoles du 3 rue d'Arras dans le 5e arrondissement, le premier Congrès ouvrier légal de France. Trois cent soixante délégués venus de toute la France y participent. La tonalité est prudente : coopératiste et mutuelliste, dans la ligne de Proudhon plutôt que de Marx. On y discute des chambres syndicales, des sociétés de secours mutuel, des coopératives de production, de l'éducation ouvrière. On évite soigneusement les mots de grève générale, de collectivisme, de révolution.

Le principal organisateur est Jean-Joseph Barberet, journaliste ouvrier, partisan d'un syndicalisme strictement professionnel et non politique, adversaire de l'idée de lutte de classes. Cette prudence est stratégique autant qu'idéologique : à cette date, un congrès qui aurait prononcé le mot de Commune aurait été dissous et ses participants poursuivis. Le silence sur 1871 est la condition de l'existence légale.

L'important n'est donc pas ce qui s'y dit, mais que cela se dise. Pour la première fois depuis la Semaine sanglante, des travailleurs français délibèrent publiquement de leur condition. La chape de plomb se fissure. L'amnistie partielle viendra en 1879, l'amnistie pleine en 1880, avec le retour des communards déportés.

Les congrès suivants iront plus loin. Celui de Marseille en 1879 adoptera le collectivisme et fondera la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France. Le mouvement ouvrier français aura mis huit ans à se relever de la répression. Il repartira de la salle du 3 rue d'Arras.

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Événement
1880
20 juin 1880 — Mairie du 20ème arrondissement (à partir de 1875)
p 286
Premier membre de la Commune élu au conseil municipal ; avant-même l'amnistie qui n'est prononcée que le 21
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Événement
1880
23 mai 1880 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 286
Première manifestation au Mur des Fédérés depuis la Commune de Paris, interdite bien sûr ; elle rassembla entre 25 et 50 000 personnes
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Événement
1880
3 juillet 1880 — Palais du Luxembourg/Le Sénat
p 286
Neuf ans. C'est le temps qu'il aura fallu à la République pour décider qu'elle pouvait pardonner à ceux qu'elle avait massacrés. Le 3 juillet 1880, le Sénat adopte la loi d'amnistie plénière des Communards. La loi sera p …

Neuf ans. C'est le temps qu'il aura fallu à la République pour décider qu'elle pouvait pardonner à ceux qu'elle avait massacrés.

Le 3 juillet 1880, le Sénat adopte la loi d'amnistie plénière des Communards. La loi sera promulguée le 11 juillet — une semaine avant la première fête nationale du 14 juillet. Le calendrier n'est pas innocent.

Victor Hugo a soixante-dix-huit ans. Sénateur de la Seine depuis 1876, il se bat pour l'amnistie depuis le premier jour. En mai 1871, alors que les troupes de Versailles achèvent leur répression dans Paris — entre dix et trente mille morts selon les estimations, des dizaines de milliers de déportés —, il avait déjà tenté d'offrir asile aux Communards fugitifs depuis Bruxelles, et avait été expulsé de Belgique pour cela. En 1876, au Sénat, il avait prononcé un premier discours retentissant : « Ces hommes ont droit à l'amnistie. »

La Chambre des Députés avait résisté. Le Sénat aussi, longtemps dominé par les conservateurs. Il faudra attendre que Gambetta pousse le texte pour que les deux chambres cèdent.

Ce que la loi répare — si tant est que réparation soit le mot — concerne environ cinq mille déportés en Nouvelle-Calédonie et des milliers d'exilés éparpillés entre Londres, Bruxelles, Genève. Parmi eux, Louise Michel, qui a passé sept ans à Nouméa. Zéphirin Camélinat, qui avait dirigé la Monnaie sous la Commune. Henri Rochefort, journaliste. Ils peuvent rentrer.

Marx, dans La Guerre civile en France, avait écrit en 1871 que la Commune était « la forme politique enfin trouvée » par laquelle le travail pouvait s'émanciper du capital. La République qui amnistie en 1880 ne partage pas cette lecture — elle enterre une page, elle ne la rouvre pas.

Louise Michel débarque à Paris en novembre 1880. Elle reprend ses conférences le soir même.

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Événement
1880
juillet 1880 — Demeure d'Albert Theisz (hébergé chez sa sœur)
p 287
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Événement
1880
15 juillet 1880 — Siège du journal "L'Intransigeant"
p 287
À peine l'amnistie votée, un évadé du bagne calédonien lance le plus intransigeant des journaux de gauche — qui finira à l'extrême droite. Le 11 juillet 1880, la Chambre vote l'amnistie pleine et entière des communards ; …

À peine l'amnistie votée, un évadé du bagne calédonien lance le plus intransigeant des journaux de gauche — qui finira à l'extrême droite.

Le 11 juillet 1880, la Chambre vote l'amnistie pleine et entière des communards ; les déportés de Nouvelle-Calédonie rentrent enfin. Henri Rochefort, lui, n'a pas attendu le bateau du retour : marquis passé au pamphlet, condamné pour son soutien à la Commune, il avait été le seul déporté à s'évader du bagne, en 1874. Amnistié, il s'installe au 16 de la rue du Croissant, au cœur du Paris des journaux, et fait paraître, le 15 juillet 1880, L'Intransigeant. Le titre est un programme : aucun compromis avec la République des opportunistes.

Autour de lui, les survivants de la Commune. Albert Theisz, le graveur qui avait dirigé les Postes sous la Commune ; Nathalie Le Mel, la relieuse qui avait fondé l'Union des femmes ; Benoît Malon, le théoricien du socialisme. L'Intransigeant est d'abord la voix de la gauche irréconciliable : radicale, anticoloniale, fidèle aux vaincus de 1871.

Puis la boussole s'affola. En 1888, Rochefort jeta son journal dans l'aventure du général Boulanger ; l'échec venu, il reprit le chemin de l'exil (1889). De retour, il fit de L'Intransigeant, dans les années 1890, une machine de guerre nationaliste et antidreyfusarde, où l'« anticapitalisme » boulangiste tournait à la haine des Juifs — ce que le mouvement ouvrier appelait déjà « le socialisme des imbéciles ». Le titre n'avait pas changé ; seule sa cible avait traversé l'échiquier. L'intransigeance qui avait défendu la Commune hurlait désormais contre la République, mais par la droite.

La rue du Croissant, elle, est restée la rue de l'encre et du plomb, celle des imprimeries et des marchands de journaux. Quelques portes plus loin, au café du Croissant, un 31 juillet 1914, un nationaliste abattrait Jaurès — comme si la rue qui avait jadis composé les caractères de la Commune avait tenu à voir se refermer, sous ses fenêtres, tout l'arc de ce nationalisme-là.

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Événement
1881
2 janvier 1881 — Brasserie-théâtre Oberkampf
p 304
Présentation des candidats de l'Alliance Socialiste Républicaine aux élections pour le 11ème arrondissement
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Événement
1880
10 décembre 1880 — Salle Rivoli (de 1842)/Salle de la Reine Blanche
p 304
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Événement
Événement
1881
11 décembre 1881 — Salle Graffard
p 307-310
Conférence de Prosper-Olivier Lissagaray sur "l'histoire du prolétariat dans nos révolutions" ; organisée au profit du financement d'un monument à Albert Theisz
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Événement
1864
1864 — Siège de la chambre syndicale des ouvriers du Bronze
p 309
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Événement
Date imprécise — Cimetière du Père Lachaise (près de l'avenue Gambetta)
p 310
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