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Couverture — Le Club Helvétique de Paris (1790-1791) et la diffusion des idées révolutionnaires en Suisse
Bibliographie

Le Club Helvétique de Paris (1790-1791) et la diffusion des idées révolutionnaires en Suisse

MÉAUTIS Ariane
La Baconnière (Neuchâtel), 1969.
9 Fiches citant cet ouvrage
1969 Édition
Note éditoriale
Collection « Le Passé présent ». Référence identifiée manuellement — code source « LCHP », absent de l'export XWiki.

Fiches citant cet ouvrage

9 fiches
Événement
1790
18 février 1790
p 34
Signature par un groupe de fribourgeois d'une pétition adressée à l'Assemblée Constituante demandant la libération de deux suisses condamnés dans leur pays mais purgeant leur peine à Brest en vertu d'un accord. Le 18 fév …

Signature par un groupe de fribourgeois d'une pétition adressée à l'Assemblée Constituante demandant la libération de deux suisses condamnés dans leur pays mais purgeant leur peine à Brest en vertu d'un accord.

Le 18 février 1790, l’hôtel des Cent‑Suisses, tenu par Mme Chaperon près des Tuileries, devient le point de ralliement d’une petite colonie fribourgeoise en exil. Un « comité de patriotes » y invite les Fribourgeois de Paris à signer une pétition adressée à l’Assemblée constituante, réclamant la libération de deux compatriotes : François Huguenot et Jean‑Jacques Sudan, condamnés aux galères par leur canton après la révolte de Chenaux (1781) et détenus depuis huit ans à Brest en vertu d’un accord judiciaire entre la France et Fribourg.​

Autour de cette pétition se cristallise un véritable micro‑lobby helvétique : des Cent‑Suisses en service aux Tuileries, des exilés politiques comme l’avocat Jean‑Nicolas Castella, mais aussi des figures françaises sensibles à la cause des « patriotes » suisses. Des contacts sont pris avec des députés, parmi lesquels l’abbé Grégoire, déjà engagé pour les droits des minorités et des persécutés, qui relaie la requête dans l’espace politique révolutionnaire.

La campagne engagée ce 18 février ne se limite pas à un geste humanitaire individuel. Elle conteste, au nom des principes de 1789, la sévérité de la justice patricienne fribourgeoise et affirme que les galériens suisses, punis pour avoir réclamé des réformes, doivent être considérés comme des victimes de l’arbitraire. Les démarches aboutiront, après de longs mois de pressions, à la libération et au « triomphe » des deux hommes en 1792, au prix, pour eux, d’être déclarés traîtres et bannis à perpétuité par leur canton.

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Événement
1790
6 juin 1790 – 1791 — Club Helvétique (qui se nomme encore "Club des patriotes helvétiques")
p 44
Club constitué de réfugiés politiques fribourgeois réunis au départ pour obtenir de l'Assemblée Constituante la libération de deux compatriotes condamnés aux galère et effectuant leur peine à Brest. Momoro imprime leur a …

Club constitué de réfugiés politiques fribourgeois réunis au départ pour obtenir de l'Assemblée Constituante la libération de deux compatriotes condamnés aux galère et effectuant leur peine à Brest. Momoro imprime leur appel

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Événement
1790
1790 — Abbaye de St Germain des Prés/Club helvétique
p 46
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Événement
1790
1er novembre 1790 — Club Helvétique
p 47-48
Fribourg avait mis leur tête à prix ; Paris leur avait offert la tribune de l’Assemblée et une soirée à la Comédie-Française. Il ne leur manquait que de quoi payer le loyer. Le 1er novembre 1790, le Club helvétique tient …

Fribourg avait mis leur tête à prix ; Paris leur avait offert la tribune de l’Assemblée et une soirée à la Comédie-Française. Il ne leur manquait que de quoi payer le loyer.

Le 1er novembre 1790, le Club helvétique tient ses séances dans son quatrième local, au 19 rue du Dragon. Ce déménagement n’est pas une promotion : faute d’argent, signe que les membres se font plus rares, le club des patriotes suisses de Paris cherche moins cher. Il n’a pourtant que cinq mois.

Statue de bronze d'un homme en habit du XVIIIe siècle, debout, les bras croisés, sur un socle de pierre

Son histoire commence en Gruyère. En 1781, Pierre-Nicolas Chenaux soulève les paysans contre le patriciat de Fribourg, une poignée de familles qui gouverne le canton et ses sujets. La révolte échoue ; Chenaux est assassiné le 4 mai près de Posieux, et sa tête ensanglantée exposée au-dessus de la porte de Romont, à Fribourg. La répression frappe ses partisans, dont plusieurs se réfugient en France. Deux d’entre eux, Jean-Jacques Sudan et François Huguenot, condamnés aux galères par Fribourg, purgent leur peine au bagne de Brest, où le roi de France s’est chargé de les garder.

En 1790, la Révolution leur donne une revanche. Le 21 mai, l’abbé Grégoire porte leur cause à la Constituante, qui les libère et décide qu’aucun condamné des tribunaux étrangers ne sera plus reçu dans les galères françaises. En juin, les réfugiés fribourgeois fondent leur club. Le 3 juillet, Sudan et Huguenot sont présentés à l’Assemblée, précédés de la musique d’un régiment suisse ; leurs chaînes sont suspendues dans l’église des Prémontrés, où l’on chante une messe d’actions de grâces, et la Comédie-Française donne le soir même en leur honneur L’Honnête criminel.

Les statuts du club disent son but : propager la liberté dans les cantons suisses « où l’aristocratie a dénaturé les premières institutions du pays ». Un bureau de correspondance, ouvert rue des Boucheries-Saint-Honoré, publie à partir du 1er août une Correspondance générale helvétique, et ses brochures circulent dans toute la Suisse par les colporteurs et les aubergistes. Berne et Fribourg s’alarment, demandent au roi de dissoudre ce « foyer d’anarchie » et d’extrader ses membres ; le colonel d’Affry, qui commande les Suisses du roi et avait prêté sa musique en juillet, appuie leur protestation en septembre. Le 11 octobre, Fribourg met à prix la tête des chefs : cent doublons pour Nicolas-André Castella, mort ou vif. Le club répond en mettant à prix celle des gouvernants de Fribourg et de Berne ; Castella se place sous la protection de la section des Quatre-Nations, qui l’a fait citoyen français. Le gouvernement français ne répond jamais aux plaintes du « louable corps helvétique ».

Rue du Dragon, le club reçoit le renfort de François Robert, l’ami de Danton, qui mène au Mercure national une campagne républicaine et y publie ses brochures. Il ne suffit pas. Selon l’historienne Ariane Méautis, le club disparaît le 3 août 1791 ; Albert Mathiez le fait se fondre, au printemps 1792, à la veille de la guerre, dans un club des patriotes étrangers où se retrouvent Suisses, Genevois et Savoyards, et qui devient vers le 10 août le club des Allobroges.

À Bulle, au cœur de la Gruyère, une statue de Chenaux se dresse aujourd’hui devant le château.

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Événement
1792
1er mai 1792 — Librairie de François Buisson/Lieu de réunion du Club des Allobroges
p 202-203
Le Club des Allobroges publie un journal intitulé "Correspondance des nations, journal politique et littéraire, par la société des Amis du Genre-Humain". Leurs textes sont publiés par Jean-Louis Carra
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Événement
1792
janvier 1792 — Couvent des Jacobins/Lieu de réunion du Club des Allobroges
p 202
Le Club des Allobroges regroupe autour des "savoisiens", des genevois, des valaisans, des vaudois et des fribourgeois anciens du Club helvétique. Leur objectif est de créer une République des Allobroges
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Événement
1792
1er août 1792 — Salle du Club des Indigents/Lieu de réunion du Club des Allobroges
p 203
Le Club des Allobroges obtient la création d'une "légion franche" formée de compatriotes, comptant 1680 hommes de troupe, 300 cavaliers et 160 artilleurs
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