Le Comité central de la Garde nationale rejette de Paladines comme chef et exige Garibaldi

Salle de la Marseillaise/Comité central de la Garde nationale

Garibaldi à la bataille de Dijon 21-23 janvier 1871 - Anonyme, lithographie, colorié, Carnavalet

Le 3 mars 1871, la salle de la Marseillaise voit la Garde nationale parisienne dire non au gouvernement Thiers. Celui‑ci vient de nommer le général monarchiste Louis d’Aurelle de Paladines à la tête de la Garde nationale de la Seine. Les délégués des bataillons fédérés refusent net : pour eux, ce vieux militaire, hostile aux « rouges » et proche des milieux royalistes, est l’homme d’une Assemblée qui veut désarmer Paris et ramener l’ordre d’avant.

Depuis le siège, la Garde nationale s’est transformée. Elle est de plus en plus populaire, issue des quartiers ouvriers, et élit ses officiers. Elle se voit comme la vraie garante de la République face à une Assemblée monarchiste installée loin de la capitale. Le rejet de d’Aurelle signifie : plus question d’accepter un chef imposé d’en haut. Le Comité central décide donc de se choisir lui‑même un général en chef et se tourne vers une figure qui parle à tous : Giuseppe Garibaldi.

Le choix est très politique. Garibaldi vient de commander l’armée des Vosges, avec ses volontaires italiens, et a remporté à Dijon l’une des rares victoires de la guerre contre les Prussiens. Héros de l’unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, il symbolise la République des peuples en armes, bien plus que les généraux d’Empire recyclés par Thiers. De plus, l’Assemblée vient de refuser de le laisser siéger comme député de Nice au motif qu’il est étranger : le nommer chef, c’est aussi envoyer un pied‑de‑nez à Versailles.

Garibaldi, malade et déjà sur le départ, ne se prononce pas. Il le fera le 15 mars après son acclamation en tant que chef de la Garde nationale. 

Affiche de la Commune du 24 mars Garibaldi et comite central Brunel, Eudes, Duval

Affiche de la Commune du 24 mars Garibaldi et comite central Brunel, Eudes, Duval