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Couverture — Paris sous la Commune
Bibliographie

Paris sous la Commune

Michel de Maule, 2003.
114 Fiches citant cet ouvrage
2003 Édition

Fiches citant cet ouvrage

114 fiches
Événement
1870
5 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Comité central des Vingt arrondissements
p 22
Création du Comité central provisoire, qui devint le Comité central républicain des Vingt arrondissements, représentant les Comités de vigilance ; émanations de l'A.I.T.
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Événement
Événement
Événement
Événement
Événement
1870
15 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 24
Avant que Paris capitule ou résiste, la Corderie donne à la révolution à venir son premier nom. Sedan est tombé le 2 septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier avec son armée, a laissé la France sans gouvernement. Le …

Avant que Paris capitule ou résiste, la Corderie donne à la révolution à venir son premier nom.

Sedan est tombé le 2 septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier avec son armée, a laissé la France sans gouvernement. Le 4 septembre, la foule envahit le Corps législatif et proclame la République au balcon de l'Hôtel de Ville. Un Gouvernement de la Défense nationale s'installe, composé de républicains bourgeois : Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry, Jules Simon. Pas un ouvrier. Pas un socialiste.

La section parisienne de l'Association internationale des travailleurs siège depuis 1869 au 14 de la rue de la Corderie, dans le Temple (3e arrondissement), dans des locaux partagés avec la Fédération des sections parisiennes. C'est là qu'Eugène Varlin, relieur, et ses camarades ont construit patiemment l'organisation ouvrière la plus solide de la capitale. Dès les premiers jours de septembre, les militants de l'Internationale et les comités républicains populaires se fédèrent en un Comité central républicain des Vingt arrondissements, qui tient ses séances à la Corderie.

Le 15 septembre, le Comité publie et fait placarder dans Paris sa première proclamation, que les contemporains appellent aussitôt la "première affiche rouge." Les signataires sont nombreux : Jules Vallès, Benoît Malon, Charles Longuet, Gustave Lefrançais, Gabriel Ranvier, Jean-Baptiste Millière, Louis Pindy, Jean-Baptiste Gaillard, Charbonneau. Tous seront, cinq mois plus tard, membres ou alliés de la Commune de Paris.

Le texte est sans équivoque. Il exige la guerre totale contre la Prusse, la levée en masse, la mobilisation des départements, la réquisition des subsistances. Surtout, il formule pour la première fois publiquement l'exigence politique centrale : "Faites place au peuple, à la Commune." Cette phrase est un programme. La Commune n'est pas encore, mais elle a son nom, sa revendication, son lieu d'émission : le 14 de la rue de la Corderie, dans ce 3e arrondissement ouvrier que les vagues haussmanniennes ont épargné.

Le gouvernement de la Défense nationale, qui négocie en secret et capitulera le 28 janvier 1871, ignore la proclamation. Les semaines suivantes montrent que la contradiction entre les intérêts de la bourgeoisie républicaine et ceux des travailleurs parisiens ne peut être différée indéfiniment. La Commune naîtra au printemps 1871 de cette tension que la première affiche rouge a su nommer avec une clarté que l'histoire a pleinement confirmée : ce papier collé sur les murs un 15 septembre est le premier document programmatique de ce que Marx appellera, l'année suivante, "la forme politique enfin trouvée."

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Événement
1870
7 octobre 1870
p 26
Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus. Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement …

Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement de la Défense nationale, formé le 4 septembre après la chute de l'Empire à Sedan, est enfermé dans la capitale avec deux millions d'habitants. Une délégation gouvernementale a été envoyée à Tours pour administrer le reste du pays, mais elle est présidée par Crémieux, âgé et peu porté à la guerre à outrance. Il faut y envoyer quelqu'un qui organise la résistance.

Léon Gambetta a trente-deux ans. Avocat républicain, député de Belleville et de Marseille, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, il incarne la ligne de la guerre poursuivie jusqu'au bout contre les partisans d'un armistice rapide. Il décide de partir. Le seul chemin est le ciel.

Le 7 octobre 1870, en fin de matinée, il monte place Saint-Pierre à Montmartre dans la nacelle de l'Armand-Barbès, ballon baptisé du nom du révolutionnaire républicain mort l'année précédente en exil. Le pilote est Alexandre Trichet. Eugène Spuller, son secrétaire, l'accompagne. Un second ballon, le George-Sand, part en même temps, emportant deux Américains dont l'objet du voyage n'a jamais été établi. La foule assemblée sur la butte acclame le départ.

Le ballon passe au-dessus des lignes prussiennes. Les fantassins allemands tirent. Gambetta est légèrement blessé à la main. L'appareil poursuit sa route et atterrit vers quinze heures dans le bois de Favières, sur la commune d'Épineuse, dans l'Oise. Par Montdidier et Rouen, Gambetta rejoint Tours le 9 octobre.

Ce qu'il y accomplit tient de l'improvisation forcenée. En quatre mois, il lève, arme et met en ligne plusieurs armées nouvelles, dont l'armée de la Loire, avec des conscrits sans instruction et des officiers sans expérience. Ces armées seront battues, mais elles prolongeront la guerre jusqu'en janvier 1871 et donneront à la République naissante une légitimité militaire. La délégation quittera Tours pour Bordeaux le 9 décembre, devant l'avance prussienne.

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Événement
1875
16 juin 1875 – 1912 — Basilique du Sacré-Cœur
p 27
Pose solennelle de la première pierre du Sacré-Cœur, emblème de "l'ordre moral" déclaré d'utilité publique ; "Gallia poenitens"
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Événement
1872
18 janvier 1872 – 1875 — Basilique du Sacré-Cœur
p 27
Prononciation officielle du vœu de construire une basilique pour "racheter les fautes de la Commune"
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
p 28
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 28
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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Événement
1871
1er janvier 1871 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Comité central des Vingt arrondissements
p 31
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
p 32
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1871
22 janvier 1871
p 33
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1871
6 février 1871 — Cirque d'Hiver/Fédération des Gardes nationales de la Seine
p 34
Assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale, concurrent du Comité des Vingt arrondissements. Il rassemble des délégués du 59ème régiment et des 57ème, 88ème, 96ème, 193ème et 253èmes bataillons. …

Assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale, concurrent du Comité des Vingt arrondissements. Il rassemble des délégués du 59ème régiment et des 57ème, 88ème, 96ème, 193ème et 253èmes bataillons.

Le 6 février 1871, en pleine tourmente de l’après-guerre franco-prussienne et alors que Paris est encore sous le choc du siège et de l’armistice, une assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale se tient au Cirque d’Hiver, rue Amelot. Cette réunion illustre la profonde recomposition politique et militaire à l’œuvre dans la capitale, quelques semaines avant l’insurrection du 18 mars et la proclamation de la Commune.

Le Comité central provisoire se pose alors en concurrent direct du Comité des Vingt arrondissements, structure plus modérée qui cherche à encadrer politiquement la Garde nationale. À l’inverse, le Comité central incarne une dynamique plus radicale, fondée sur l’élection des officiers, l’autonomie des bataillons et une méfiance croissante envers le gouvernement issu de l’Assemblée nationale de Bordeaux, dominée par les conservateurs et les monarchistes.

L’assemblée réunit des délégués du 59ᵉ régiment, ainsi que des 57ᵉ, 88ᵉ, 96ᵉ, 193ᵉ et 253ᵉ bataillons, témoignant de l’ancrage populaire et territorial de la Garde nationale dans les quartiers de l’Est parisien, notamment à Folie-Méricourt, haut lieu du républicanisme social. Ces bataillons, composés en grande partie d’ouvriers et d’artisans, revendiquent le droit de défendre Paris, mais aussi de peser sur son avenir politique.

Cette assemblée marque une étape décisive : la Garde nationale cesse d’être seulement une force armée citoyenne pour devenir un acteur politique collectif, organisé, conscient de sa légitimité et prêt à s’opposer frontalement au pouvoir central. Rue Amelot, au Cirque d’Hiver, se dessinent déjà les lignes de fracture qui mèneront, un mois plus tard, à la Commune de Paris.

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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 35 & 127
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 36
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
27 février 1871
p 36
Les canons entreposés au Ranelagh sont récupérés par la Garde nationale et ramenés vers Montmartre, Belleville et la place des Vosges
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Événement
Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 36
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
27 février 1871
p 36
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1871
3 mars 1871 — Salle de la Marseillaise/Comité central de la Garde nationale
p 37
Le 3 mars 1871, la salle de la Marseillaise voit la Garde nationale parisienne dire non au gouvernement Thiers. Celui‑ci vient de nommer le général monarchiste Louis d’Aurelle de Paladines à la tête de la Garde nationale …

Le 3 mars 1871, la salle de la Marseillaise voit la Garde nationale parisienne dire non au gouvernement Thiers. Celui‑ci vient de nommer le général monarchiste Louis d’Aurelle de Paladines à la tête de la Garde nationale de la Seine. Les délégués des bataillons fédérés refusent net : pour eux, ce vieux militaire, hostile aux « rouges » et proche des milieux royalistes, est l’homme d’une Assemblée qui veut désarmer Paris et ramener l’ordre d’avant.

Depuis le siège, la Garde nationale s’est transformée. Elle est de plus en plus populaire, issue des quartiers ouvriers, et élit ses officiers. Elle se voit comme la vraie garante de la République face à une Assemblée monarchiste installée loin de la capitale. Le rejet de d’Aurelle signifie : plus question d’accepter un chef imposé d’en haut. Le Comité central décide donc de se choisir lui‑même un général en chef et se tourne vers une figure qui parle à tous : Giuseppe Garibaldi.

Le choix est très politique. Garibaldi vient de commander l’armée des Vosges, avec ses volontaires italiens, et a remporté à Dijon l’une des rares victoires de la guerre contre les Prussiens. Héros de l’unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, il symbolise la République des peuples en armes, bien plus que les généraux d’Empire recyclés par Thiers. De plus, l’Assemblée vient de refuser de le laisser siéger comme député de Nice au motif qu’il est étranger : le nommer chef, c’est aussi envoyer un pied‑de‑nez à Versailles.

Garibaldi, malade et déjà sur le départ, ne se prononce pas. Il le fera le 15 mars après son acclamation en tant que chef de la Garde nationale.

Affiche de la Commune du 24 mars Garibaldi et comite central Brunel, Eudes, Duval

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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 38
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix. Quand Arnold procla …

Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix.

Quand Arnold proclame les noms des élus ce soir-là, les 38 membres du nouveau Comité central n'ont rien des chefs politiques habituels. Pas de tribuns connus, pas de notables. Ce sont des délégués issus des conseils de légion et des bataillons de chaque arrondissement — deux par arrondissement, plus un chef de bataillon par légion.

Leurs noms parlent peu à l'opinion : Assi, mécanicien à Creusot, Varlin, relieur, Maljournal, Clémence, Demeule, Géresme, Bouit. Sur les 38, une quinzaine appartiennent à l'Internationale ouvrière ou aux chambres syndicales. Quelques blanquistes. Des hommes qui ont fait leur apprentissage dans les réunions de bataillons pendant le siège, pas dans les cercles républicains bourgeois. C'est précisément ce qui les distingue de tous les comités révolutionnaires qui ont précédé.

Sur la question du commandement militaire, l'assemblée est unanime — à une voix près : elle refuse d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers, et proclame Garibaldi général en chef. Le héros de l'unité italienne déclinera le poste, mais le geste compte : le Comité central ne reconnaît d'autorité qu'à ses propres élus.

Trois jours plus tard, après l'insurrection du 18 mars, ces 38 inconnus se retrouveront à l'Hôtel de Ville, à gouverner Paris. Ils convoqueront les élections de la Commune, lèveront l'état de siège, rétabliront la liberté de la presse, suspendront les expulsions. Leur légitimité : le suffrage des bataillons populaires de Paris.

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Événement
1871
11 mars 1871 — Docks de la Librairie/Siège du journal "Le Combat"
p 38
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Événement
1871
11 mars 1871 — Siège du journal "La Bouche de fer" (2 numéros du 8 au 11 mars)
p 38
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Événement
1871
11 mars 1871 — Imprimerie Chevallier/Imprimerie du journal "Le Cri du Peuple"
p 38
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Événement
1871
Événement
1871
15 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 38
Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d' …

Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d'un Paris agité, il s'installe au ministère des Affaires étrangères, quai d'Orsay — bâtiment officiel, plus défendable, à l'écart des faubourgs populaires de l'est et du nord.

C'est de là qu'il orchestre le plan de reprise des canons de Montmartre et Belleville, accumulés par la Garde nationale depuis janvier. Il entend frapper vite, avant que la Fédération ne se consolide davantage — le 15 mars, précisément, 1 325 délégués élisent au Tivoli Wauxhall le Comité central définitif.

Trois jours plus tard, l'opération tourne au désastre. Thiers quittera le quai d'Orsay par un escalier dérobé donnant sur la rue de l'Université, en voiture, vers Versailles — d'où il ne reviendra qu'en vainqueur, après avoir fait écraser dans le sang la Commune, deux mois plus tard.

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Événement
1871
22 mars 1871
p 40
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1871
22 mars 1871
p 40
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent
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Événement
1871
13 avril 1871 — Grand amphithéâtre de l'École de Médecine
p 44
Constitution de la Fédération des Artistes par Gustave Courbet ; elle regroupe 500 membres
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Événement
1871
16 avril 1871 — Alcazar d'Hiver
p 44
On imagine mal, aujourd'hui, un bataillon composé d'acteurs de boulevard, de chansonniers, d'artistes lyriques et de souffleurs. C'est pourtant ce que la Commune va mettre sur pied, entre deux réunions d'avril, à l'ombre …

On imagine mal, aujourd'hui, un bataillon composé d'acteurs de boulevard, de chansonniers, d'artistes lyriques et de souffleurs. C'est pourtant ce que la Commune va mettre sur pied, entre deux réunions d'avril, à l'ombre des lustres de l'Alcazar.

Il ne faut pas confondre. Trois jours plus tôt, Gustave Courbet a rassemblé les peintres, sculpteurs et graveurs dans l'amphithéâtre de l'École de médecine : c'est la Fédération des artistes, celle de la peinture. Ce 16 avril, c'est l'autre monde qui se lève — celui du spectacle. Musiciens de fosse, chanteurs de café-concert, comédiens de l'Ambigu, auteurs dramatiques à gages. William Serman, dans La Commune de Paris, signale deux assemblées à quarante-huit heures d'écart, les 16 et 18 avril, qui forment ensemble la Fédération artistique. L'objet est double : constituer une corporation — mutuelle, entraide, défense des cachets — et lever un bataillon spécifique de la Garde nationale.

La seconde réunion, le 18, se tient à l'Alcazar, le café-concert du 10 rue du Faubourg-Poissonnière. Le directeur des lieux, Goubert, est partie prenante. Saint-Aubin, artiste de l'Ambigu, préside. Le secrétariat échoit à Paul Burani, auteur dramatique de vingt-six ans, futur parolier de Paulus et d'Yvette Guilbert. À ses côtés, on reconnaît Jules Pacra — chanteur, typographe, l'une des figures populaires du Quartier Latin — et l'artiste lyrique J. Arnaud. Pour la partie militaire, Monplot est désigné commandant.

Qu'on ne s'y trompe pas : ces hommes ne jouent pas à la révolution. Pendant les sept semaines qui suivent, ils donnent au Grand-Hôtel des concerts au profit des blessés, montent des spectacles patriotiques, tiennent les barricades quand vient la Semaine sanglante. L'Alcazar fermera ses portes en juin, rouvrira l'année suivante comme si rien ne s'était passé. Plusieurs fédérés artistiques, dont Burani, échapperont de justesse à la répression — pour signer, dans les décennies qui suivent, quelques-unes des chansons qui feront fredonner Paris.

Annonce de la réunion des artistes en vue de la formation de la Fédération artistique, JO du 16 avril 1871, BnF

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Événement
1871
5 mai 1871 — Chapelle expiatoire
p 46
Décret de la Commune, daté du 16 floréal an 79, ordonnant de raser la Chapelle expiatoire ; il ne sera jamais appliqué, seules les chaînes qui l'entouraient seront supprimées
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Événement
Événement
1871
27 avril 1871 — Chapelle Bréa/Salle de Juin (pendant la Commune)
p 46
Meilliet propose de raser la chapelle Bréa, symbole de la répression de juin 1848, Arnould et Clément sont contre ; le décret voté ne fut jamais exécuté
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Événement
Événement
1871
17 mai 1871
p 49
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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Événement
1871
20 mai 1871 — Théâtre Lyrique/Théâtre des Nations
p 50
Reddition de comptes des membres de la Commune devant l'Assemblée des électeurs du 4ème arrondissement, sur les 22 démissions survenues suite à la création du Comité de Salut public
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 51
Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent a …

Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent au combat

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Événement
1871
25 mai 1871 — Église Notre-Dame de Bercy/Église Notre-Dame de la Nativité
p 51
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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 51
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
25 mai 1871 — Manufacture des Gobelins
p 51
Incendie partiel de la Manufacture des Gobelins pour protéger le repli des Fédérés. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1870
1870 — Mairie du 5ème arrondissement/Bureaux d'enrôlement pendant le Siège de Paris
p 71-72
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Événement
1832
5 juin 1832
p 88
Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour d …

Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour des Bourbon

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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons du Champ des Polonais
p 125 & 131
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 127
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 136
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne du Prince Eugène/Caserne Vérines
p 137
Le général Brunel et Maxime Lisbonne prennent la caserne du Château d'Eau avec 2 bataillons de la 10ème légion de la Garde nationale
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Événement
1871
18 mars 1871 – 1910 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 139-141
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
1871
p 147
Demeure de Stanisals Blanchet, membre du premier Comité central de la Garde nationale ; démasqué par Rigault, il sera enfermé à Mazas et démissionnera du Conseil de la Commune
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Événement
1871
19 mars 1871
p 157-158
Combats entre gardes nationaux de tendances opposées ; ils firent trois morts et plusieurs blessés
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Événement
1871
22 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 159 & 166
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Événement
1871
20 mars 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 159
Un des quartiers généraux des "Amis de l'ordre" contre la Commune. Les maires et les adjoints s'y sont installés et prétendent représenter le pouvoir, face au Comité central de la Garde nationale
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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 161
Négociations entre la Commune et les élus parisiens après l'échec de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
22 mars 1871 — Grand Hôtel
p 161 & 165
QG de l'amiral Saisset contre le Comité central de la Garde nationale
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Événement
Événement
Événement
1871
22 mars 1871 — Mairie du 9ème arrondissement
p 166
Mairie occupée par les bataillons versaillais de la Garde nationale, les "Amis de l'ordre". Les Rothschild viennet exhorter les conservateurs à attaquer les Fédérés
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Événement
1870
7 septembre 1870 — Imprimerie du journal "La Patrie en danger" (blanquiste)
p 188
Un journal est parfois la dernière arme disponible. Sedan est tombée le 2 septembre. Napoléon III s'est rendu avec cent mille hommes. Le 4 septembre, la République est proclamée à l'Hôtel de Ville, et Auguste Blanqui, li …

Un journal est parfois la dernière arme disponible.

Sedan est tombée le 2 septembre. Napoléon III s'est rendu avec cent mille hommes. Le 4 septembre, la République est proclamée à l'Hôtel de Ville, et Auguste Blanqui, libéré après des années de détention, entre pour la première fois depuis longtemps dans Paris en homme libre. Il a soixante-cinq ans; il en a passé plus de trente en prison. Il sait que le temps presse.

Le gouvernement de la Défense nationale, formé dans la précipitation, est composé de républicains modérés que Blanqui juge incapables de défendre la patrie: Jules Favre, Jules Ferry, Gambetta, des avocats et des journalistes, des hommes de discours. Blanqui, lui, veut l'armement du peuple, la levée en masse, la guerre révolutionnaire, ce que la Convention avait fait en 1793 face à la coalition des rois. Le 6 septembre, il rencontre Jules Vallès pour la première fois; ils partagent le même diagnostic sur la trahison du gouvernement.

Le 7 septembre, il agit. Depuis l'imprimerie de la rue du Croissant, dans le 2e arrondissement, au coeur du quartier de la presse parisienne, il lance "La Patrie en danger", journal quotidien dont il est le rédacteur en chef et la voix principale. Les premiers numéros sont distribués provisoirement depuis le 34 rue des Écoles. Simultanément, il ouvre le Club de la Patrie en danger, rue d'Arras, tribune populaire où les habitants débattent de la résistance. Le journal et le club fonctionnent de concert: l'un analyse, l'autre mobilise.

Le premier numéro pose le problème sans détour. "La guerre a changé de caractère. Ce n'est plus la guerre du gouvernement, c'est la guerre du peuple." La formule est exacte et prophétique: c'est précisément la Commune qui tentera, cinq mois plus tard, de réaliser ce programme.

"La Patrie en danger" paraît jusqu'au 8 février 1871, quatre-vingt-douze numéros en tout, sans interruption durant tout le siège. Blanqui est arrêté le 17 mars 1871 par les gendarmes de Versailles, la veille même du soulèvement de la Commune, alors qu'il tente d'organiser la résistance en province. Les communards l'éliront à l'unanimité à leur assemblée sans qu'il puisse jamais siéger. La France le gardera en prison jusqu'en 1879. Il avait soixante-quinze ans à sa libération.

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Événement
1871
28 mars 1871
p 204-205
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1871
1871
p 240 & 243
Participation de femmes à la batterie la plus exposée de Paris
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Événement
1871
12 avril 1871
p 240
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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Événement
1871
6 avril 1871 — Prison de la Grande Roquette (1836-1900)
p 260
Le 6 avril 1871, des fédérés arrachent les cinq dalles de pierre qui servent de support à la guillotine devant la prison de la Grande Roquette, rue de la Croix Faubin. Ces pierres disjointes formaient le socle sur lequel …

Le 6 avril 1871, des fédérés arrachent les cinq dalles de pierre qui servent de support à la guillotine devant la prison de la Grande Roquette, rue de la Croix Faubin. Ces pierres disjointes formaient le socle sur lequel la machine était dressée lors des exécutions publiques, juste devant le portail de la prison. Le directeur, Jean-Baptiste François, les récupère et les entrepose rue de Charonne — ce qui vaudra plus tard à l'échafaud le surnom ironique d'abbaye de Cinq-Pierres.

La Grande Roquette avait ouvert en 1836. Depuis 1851, elle était le dépôt des condamnés à mort — le lieu où les hommes attendaient leur exécution, parfois des années. Les exécutions avaient lieu tôt le matin, dans la rue, devant l'entrée. Une foule se massait. La guillotine était dressée sur ces cinq dalles, à quelques mètres du trottoir. Le bourreau opérait. On remballait.

Ce même 6 avril, les deux guillotines stockées rue de la Folie-Regnault sont portées place Voltaire et brûlées publiquement — l'histoire se poursuit dans ce second billet.

La Grande Roquette sera démolie en 1900, remplacée par l'immeuble qui occupe encore aujourd'hui l'angle de la rue de la Roquette. Les exécutions capitales continueront à Paris jusqu'en 1939. La guillotine sera abolie en 1981.

Prison de la Roquette, Maison des Jeunes Détenus - Vue Extérieure, Hippolyte Collard

Prison de la Roquette et partie du cimetière du Père La Chaise, Arnout, Jules (Paris, 01–06–1814 - 1868), dessinateur-lithographe Imprimerie Lemercier

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Événement
1871
6 avril 1871
p 260
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1871
6 mars 1871 — Siège du journal "Le Père Duchêne"
p 261-262
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade sous la Commune
p 262-263
Plus importante barricade de Paris pendant la Commune contournée par les versaillais
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Événement
1848
1848 — Colonne Vendôme/Statue de Napoléon 1er (en caporal)
p 269
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Événement
1871
2 avril 1871 — Siège du Comité central de la Garde nationale
p 286
Premier transfert du siège du Comité central de la Garde nationale depuis l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
1871 — École militaire/État-major du général La Cécilia
p 294
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Événement
1871
23 mai 1871 — Ministère de la Justice/État-major du général Dombrowski
p 294
Prise du PC de la Garde nationale par les versaillais ; tous ses défenseurs seront massacrés
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Événement
Événement
1871
1871 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur/Quartier général d'Émile Eudes
p 295
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Événement
1871
29 avril 1871 — Cour carrée du Louvre (d'où part un cortège en direction de l'Hôtel de Ville)
p 304
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Événement
1871
6 mai 1871 — Palais des Tuileries (salle des Maréchaux)
p 306-307
Grand concert patriotique lors duquel Mme Bordas chante "La Canaille". Un tel succès qu'un autre concert sera organisé la semaine suivante, au cours duquel Mlle Agar déclamera "Le Lion blessé" et chantera la Marseillaise
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Événement
1871
10 mai 1871 — Palais des Tuileries/Salle des maréchaux
p 307
Arrestation durant 3 jours de Victor Schœlcher, libéré par Raoul Rigault
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Événement
1871
15 mai 1871
p 321-322
Passage en revue d'un bataillon de 2 000 femmes en armes par la Commune
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Événement
1871
17 mai 1871 — Restaurant Peter's (où fut inventé le homard à l'américaine)
p 327
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Événement
1871
16 mai 1871 — Colonne Vendôme (érigée en 1810)
p 331-333
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1871
21 mai 1871 — Palais des Tuileries
p 338-339
Aux Tuileries, Agar récite Victor Hugo et la Bordas chante « La Canaille ». À l’autre bout de Paris, les Versaillais franchissent les remparts. Depuis que la Commune est maîtresse des Tuileries, l’ancien palais impérial …

Aux Tuileries, Agar récite Victor Hugo et la Bordas chante « La Canaille ». À l’autre bout de Paris, les Versaillais franchissent les remparts.

Depuis que la Commune est maîtresse des Tuileries, l’ancien palais impérial s’est ouvert au peuple. On y donne des fêtes et des concerts, dans le salon des Maréchaux comme au jardin, au profit des blessés de la Garde nationale, des veuves et des orphelins des fédérés. La Fédération des artistes du spectacle, qui veut rendre du travail aux chanteurs et aux comédiens, participe activement à leur organisation. Le 6 mai, le 10 mai, le 18 mai, où l’on donne trois concerts à la suite, la foule se presse dans les salons de l’Empereur déchu.

Le dimanche 21 mai 1871, un dernier grand concert est donné, au jardin cette fois, au profit des veuves et des orphelins. Deux vedettes de la Commune sont à l’affiche. La tragédienne Agar, de la Comédie-Française, lit des passages des « Châtiments », le réquisitoire en vers de Victor Hugo contre Napoléon III ; le 6 mai déjà, elle était venue réciter « La Marseillaise » aux Tuileries. La chanteuse Rosa Bordas, « la Bordas », qui s’est fait connaître au Grand Concert parisien et au théâtre du Châtelet, entre en scène vêtue d’un péplos blanc, enveloppée dans un grand drapeau rouge, et chante « La Canaille », la chanson des pauvres qui revendiquent fièrement le nom qu’on leur jette au visage.

Au même moment, vers trois heures, un agent versaillais fait signe aux assiégeants depuis le rempart du Point-du-Jour : le bastion n’est plus gardé. Deux heures plus tard, les premiers soldats entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Au jardin, on écoute la musique en tâchant d’oublier la canonnade ; personne ne sait encore rien ; le soir, le délégué à la Guerre, Delescluze, fait même afficher que l’ennemi est repoussé. C’est le premier jour de la Semaine sanglante.

Deux jours plus tard, le 23 mai, les communards Bergeret, Bénot et Boudin font entrer dans la cour des fourgons de poudre, de pétrole et de goudron, et mettent le feu au palais. Les Tuileries brûlent jusqu’au 26 mai ; leurs ruines seront rasées en 1883.

Les artistes paient le prix de leur engagement. On fait de ces soirées un crime à Agar, qui se défend simplement : elle est, dit-elle, « partout où je puis être en aide aux malheureux ». Elle doit quitter la Comédie-Française en 1872 ; il lui faudra six ans d’ostracisme avant d’y être rappelée. La Bordas tombe dans l’oubli ; quand elle remonte sur scène, trois ans plus tard, la presse conservatrice l’éreinte.

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Événement
1871
21 mai 1871
p 339
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
1871
21 mai 1871 — Théâtre des Folies Dramatiques
p 340
Le soir du 21 mai, les théâtres fonctionnent encore dans Paris
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel Gay-Lussac/Demeure de Raoul Rigault
p 375
Arrestation de Raoul Rigault, Blanquiste, procureur de la Commune, à son domicile
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade Royer-Collard)
p 375
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Événement
1871
24 mai 1871
p 375-376
Veysset, agent versaillais, est exécuté pour avoir tenté de compromettre le général Dombrowski. Ce dernier envisagea, de connivence avec Rossel, d'en profiter pour tendre un piège aux versaillais
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Événement
1871
24 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette (de 1836 à 1900)
p 377
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Événement
Événement
1871
26 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite de la rue des Partants)
p 377
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Événement
1871
26 mai 1871 — Chapelle des otages/Lieu de l'exécution des otages de la Commune
p 378-379
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Événement
1871
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1871
26 mai 1871 — Mur des otages
p 378-379
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 389
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