Poste de la Garde nationale à Montmartre
Le poste de garde de la rue des Rosiers subit une violente fusillade de la part des troupes du général Lecomte. Les Fédérés sont cernés et obligés de se rendre ; ils seront libérés dans la journée
Pendant que Lecomte attend ses attelages au sommet de la butte, ses troupes sécurisent le périmètre. Le poste de garde de la rue des Rosiers — le quartier général des bataillons de Montmartre, situé en contrebas du parc à canons — est une cible évidente. C'est de là que partiraient toute résistance organisée et tout contre-ordre.
Les soldats de Lecomte ouvrent le feu sur le poste. La fusillade est violente. Les Fédérés de garde sont cernés, contraints de se rendre. Ils seront détenus quelques heures avant d'être relâchés dans la journée — le gouvernement n'a pas prévu de les garder prisonniers, l'opération devant être achevée avant que Paris ne s'éveille.
Mais c'est précisément cette fusillade qui donne l'alerte dans le quartier. Le premier mort de la journée tombe ici : Germain Turpin, garde national en faction près du parc, est grièvement blessé par les tirs. Louise Michel, qui est de permanence au comité de vigilance tout proche, se précipite pour lui prodiguer les premiers soins avant qu'il soit conduit à l'hôpital — malgré l'opposition de Lecomte.
Le bruit des coups de feu se répand dans les ruelles endormies. Des fenêtres s'ouvrent. Des silhouettes descendent vers la rue. Le tocsin qui sonnait depuis les premières minutes de l'opération trouve maintenant un écho concret. La rue des Rosiers, qui sera quelques heures plus tard le lieu de l'exécution des généraux, vient d'entrer dans l'histoire du 18 mars.