Le 22 février 1358, Paris bascule. Depuis des mois, la ville gronde : [[guerre de Cent Ans|doc:guerre-de-cent-ans.WebHome]], rançon du roi Jean le Bon prisonnier en Angleterre, impôts écrasants, disette. Au cœur de cette crise, le prévôt des marchands [[Étienne Marcel|doc:etienne-marcel.WebHome]] prend la tête d’une opposition bourgeoise au dauphin Charles, futur [[Charles V|doc:charles-v-le-sage.WebHome]], soupçonné de protéger les grands seigneurs et de faire payer au « menu peuple » le prix de la défaite.
Ce jour‑là, les représentants des métiers et des quartiers se rassemblent près du Palais de la Cité, autour du prieuré Saint‑Éloi / Saint‑Martial, qui sert de point de rencontre aux notables parisiens. De là part la colonne des bourgeois en armes, reconnaissables à leurs chaperons aux couleurs de la ville. Ils pénètrent dans le Palais, forcent l’accès au dauphin et font irruption dans la salle où se tient le conseil.
La scène est brutale : sous la pression de Marcel et des siens, deux proches du prince, les maréchaux de Champagne et de Normandie, sont massacrés sous ses yeux. Le dauphin, terrorisé, est contraint d’endosser le chaperon parisien, signe de sa soumission momentanée à la ville insurgée. Pour Marcel et ses partisans, il s’agit de briser l’entourage jugé coupable de la banqueroute du royaume et d’imposer une monarchie contrôlée par les États et par la capitale.
Cette journée marque l’apogée mais aussi le début de la chute d’Étienne Marcel. En s’attaquant directement au dauphin et à son conseil, il franchit un seuil que beaucoup de Parisiens hésiteront ensuite à assumer. Quelques mois plus tard, le retournement d’alliance et l’assassinat de Marcel aux portes de Paris mettront fin à cette première révolution urbaine manquée.
[L’église Saint‑Martial n'existant plus, l'emplacement est approximatif; on mentionne aussi 3 boulevard du Palais]