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Événement

Dans la plaine de Grenelle, dit la tradition, le vieux Camulogène meurt en défendant Lutèce contre Labienus

Plaine de Grenelle
📍 Plaine de Grenelle approximatif
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Plutôt que de livrer leur ville aux Romains, les Parisii y mettent le feu. Quelques jours plus tard, leur vieux chef tombe les armes à la main, au sud de la Seine.

En 52 avant notre ère, la Gaule se soulève. En janvier, à Cenabum (Orléans), les Carnutes ont massacré les négociants romains, et la révolte gagne les peuples que fédère Vercingétorix. Jules César, revenu d’Italie en plein hiver, prend Avaricum (Bourges), puis partage ses forces : il marche lui-même sur Gergovie et envoie son lieutenant Titus Labienus, avec quatre légions et une partie de la cavalerie, contre les Parisii. Lutèce, dans son île de la Seine, n’est encore qu’une petite ville ; mais César y avait fait transférer, l’automne précédent, l’assemblée des peuples de la Gaule, et, selon lui, les Parisii fournissent à l’armée de Vercingétorix huit mille hommes.

À l’approche des légions, les renforts affluent des pays voisins. On confie la défense à un Aulerque, Camulogène, choisi malgré son grand âge pour sa science de la guerre. Il s’installe derrière les marais de la Bièvre, au sud du fleuve, et attend. Labienus tente de combler le marais avec de la terre et des fascines pour y ouvrir une chaussée ; il échoue, lève le camp en pleine nuit, remonte jusqu’à Metlosedum (Melun), qu’il prend sans peine, rétablit le pont et redescend la Seine par la rive droite avec une cinquantaine de bateaux.

Camulogène applique alors la consigne de Vercingétorix : ne pas défendre les villes, où les Romains excellent à faire le siège, mais les brûler et faire le désert autour de l’ennemi. Lutèce est incendiée, ses deux ponts de bois sont rompus. Le chef gaulois se poste derrière d’autres marais, au nord de la Seine, face au camp romain, pour couper la retraite des légions ou les jeter au fleuve.

La défection des Éduens change tout pour Labienus : César est en difficulté, il faut le rejoindre, et donc repasser la Seine sous les yeux d’un ennemi nombreux, que viennent renforcer les redoutables Bellovaques. À la nuit tombée, il laisse au camp cinq cohortes, les moins aguerries ; cinq autres remontent le fleuve à grand bruit avec une partie des bateaux ; lui-même descend en silence, avec trois légions, jusqu’à l’endroit où l’attend sa cavalerie, à quatre mille pas en aval. Un orage couvre la manœuvre. Au petit matin, les Gaulois croient à une fuite. Camulogène divise son armée en trois corps : l’un garde le camp, un autre suit vers l’amont les bateaux romains, le troisième marche sur Labienus. Il comprend trop tard qu’il a été joué : les légions ont franchi le fleuve.

Au premier choc, la septième légion enfonce l’aile qui lui fait face. La douzième, elle, bute sur une résistance acharnée : c’est là que combat le vieux chef. La septième, revenue de sa poursuite, prend alors les Gaulois à revers. Le carnage est terrible ; Camulogène y périt, les armes à la main. Les troupes restées au camp accourent, s’emparent d’une colline, ne peuvent renverser le cours de la bataille. La cavalerie romaine achève ceux qui n’ont pas gagné les bois. Labienus rejoint Agedincum (Sens), où l’armée a laissé ses bagages, puis César.

Où la bataille s’est-elle livrée ? Le lieu reste incertain. La tradition la place ici, dans la plaine de Grenelle, entre Vaugirard et Issy ; d’autres historiens la situent en amont, entre Ivry et Vitry, voire près de l’embouchure de l’Orge. Les fouilles de Nanterre, qui ont mis au jour une grande agglomération gauloise, ont même relancé le débat sur l’emplacement de la Lutèce des Parisii. Du vieux chef, il reste une impasse du 15e arrondissement, la rue Camulogène, non loin de la rue Vercingétorix.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.