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7 octobre 1939
Événement

Manouchian est arrêté en tant que cadre du PCF suite à la signature du pacte germano-soviétique

Demeure de Missak et Mélinée Manouchian
Manouchian est arrêté en tant que cadre du PCF suite à la signature du pacte germano-soviétique
Affiche Rouge.

Quatre ans avant que les Allemands ne le fusillent comme terroriste, c'est la police française qui vient le chercher chez lui, au nom de la lutte contre le communisme.

Missak Manouchian a vingt-treize ans en 1939. Né en 1906 dans une famille arménienne d'Anatolie, orphelin du génocide de 1915, recueilli dans un orphelinat au Liban, arrivé en France en 1925, il a travaillé comme tourneur chez Citroën avant d'être licencié pendant la crise. Il écrit des poèmes en arménien, traduit Baudelaire et Verlaine, dirige des revues littéraires arméniennes. Il a adhéré au Parti communiste en 1934 et milite dans les organisations de la Main-d'œuvre immigrée. Il vit avec Mélinée au 79 rue des Plantes, dans le 14e arrondissement.

Le 23 août 1939, l'URSS et l'Allemagne nazie signent à Moscou le pacte de non-agression, assorti d'un protocole secret de partage de l'Europe orientale. Le Parti communiste français, subordonné à la ligne de Moscou, doit justifier l'injustifiable. Le gouvernement Daladier saisit l'occasion : le 26 septembre 1939, un décret dissout le PCF et toutes ses organisations. Les journaux communistes sont interdits, les élus déchus, les militants poursuivis.

Le 7 octobre 1939, la police française arrête Missak Manouchian à son domicile, en tant que cadre du Parti communiste. Il est interné. Cette arrestation est le fait d'un État français encore en République, en guerre contre l'Allemagne, et qui traite comme ennemi intérieur un militant arménien apatride.

Manouchian sera libéré, puis à nouveau arrêté le 22 juin 1941, jour de l'invasion de l'URSS, et libéré encore. Il entre dans la lutte armée en 1943, prend la tête des FTP-MOI de la région parisienne, dirige des dizaines d'opérations, dont l'exécution de Julius Ritter. Arrêté le 16 novembre 1943, il est fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944 après avoir écrit à Mélinée la lettre que l'on connaît : "Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal." Il est entré au Panthéon en février 2024, avec Mélinée.