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📖 Manouchian MANOUCHIAN Mélinée
Bibliographie

Manouchian

Éditeurs Français Réunis (E.F.R.), 1974.
11 Fiches citant cet ouvrage
1974 Édition

Fiches citant cet ouvrage

11 fiches
Événement
1935
juillet 1935 — Comité central du HOC/Comité de secours pour l'Arménie
p 16
Missak Manouchian et Mélinée Assadourian élus au Comité central du HOC ou HOK
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Événement
1927
1927
p 35
Missak Manouchian et son frère aîné Karabet s'installent à Paris venant de Marseille
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Événement
1939
7 octobre 1939 — Demeure de Missak et Mélinée Manouchian
p 43 & 66
Quatre ans avant que les Allemands ne le fusillent comme terroriste, c'est la police française qui vient le chercher chez lui, au nom de la lutte contre le communisme. Missak Manouchian a vingt-treize ans en 1939. Né en …

Quatre ans avant que les Allemands ne le fusillent comme terroriste, c'est la police française qui vient le chercher chez lui, au nom de la lutte contre le communisme.

Missak Manouchian a vingt-treize ans en 1939. Né en 1906 dans une famille arménienne d'Anatolie, orphelin du génocide de 1915, recueilli dans un orphelinat au Liban, arrivé en France en 1925, il a travaillé comme tourneur chez Citroën avant d'être licencié pendant la crise. Il écrit des poèmes en arménien, traduit Baudelaire et Verlaine, dirige des revues littéraires arméniennes. Il a adhéré au Parti communiste en 1934 et milite dans les organisations de la Main-d'œuvre immigrée. Il vit avec Mélinée au 79 rue des Plantes, dans le 14e arrondissement.

Le 23 août 1939, l'URSS et l'Allemagne nazie signent à Moscou le pacte de non-agression, assorti d'un protocole secret de partage de l'Europe orientale. Le Parti communiste français, subordonné à la ligne de Moscou, doit justifier l'injustifiable. Le gouvernement Daladier saisit l'occasion : le 26 septembre 1939, un décret dissout le PCF et toutes ses organisations. Les journaux communistes sont interdits, les élus déchus, les militants poursuivis.

Le 7 octobre 1939, la police française arrête Missak Manouchian à son domicile, en tant que cadre du Parti communiste. Il est interné. Cette arrestation est le fait d'un État français encore en République, en guerre contre l'Allemagne, et qui traite comme ennemi intérieur un militant arménien apatride.

Manouchian sera libéré, puis à nouveau arrêté le 22 juin 1941, jour de l'invasion de l'URSS, et libéré encore. Il entre dans la lutte armée en 1943, prend la tête des FTP-MOI de la région parisienne, dirige des dizaines d'opérations, dont l'exécution de Julius Ritter. Arrêté le 16 novembre 1943, il est fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944 après avoir écrit à Mélinée la lettre que l'on connaît : "Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal." Il est entré au Panthéon en février 2024, avec Mélinée.

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Événement
1939
octobre 1939
p 66
Mélinée Manouchian détruit des papiers compromettants au siège du HOC interdit
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Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 109-110
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Événement
1943
28 septembre 1943 — Demeure du général nazi Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
p 111-112
Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois. Julius Ritter est Standart …

Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois.

Julius Ritter est Standartenführer SS. Né en 1892 en Thuringe, il est depuis 1943 le représentant en France de Fritz Sauckel, plénipotentiaire général à la main-d'œuvre du Reich. Sa fonction est précise : organiser le Service du travail obligatoire, le STO, qui envoie de force les jeunes travailleurs français dans les usines allemandes. Des centaines de milliers d'hommes sont ainsi déportés au travail. Le STO est, avec les rafles antisémites, l'une des mesures les plus haïes de l'Occupation ; il alimente le maquis, où fuient ceux qui refusent de partir.

Ritter habite au 18 rue Pétrarque, dans le 16e arrondissement, quartier tranquille de la porte Dauphine. Ses horaires sont réguliers.

Le 28 septembre 1943, vers huit heures et demie du matin, une équipe des FTP-MOI l'attend devant son domicile. Ils sont quatre : Marcel Rajman, ouvrier tricoteur juif polonais de vingt et un ans ; Spartaco Fontanot, Italien de vingt et un ans, fils de réfugiés antifascistes ; Celestino Alfonso, Espagnol de vingt-sept ans, ancien des Brigades internationales ; Leo Kneler, Allemand antinazi. Quand Ritter sort, ils l'abattent.

L'effet à Berlin est immédiat. Himmler ordonne à Carl Oberg, chef de la police allemande en France, de liquider les "terroristes." Les exécutions d'otages, suspendues depuis l'automne 1942, reprennent : cinquante otages du camp de Romainville sont fusillés au Mont-Valérien le 2 octobre 1943.

La traque des FTP-MOI s'intensifie. Les Brigades spéciales de la police française de Vichy, qui filent les militants depuis des mois, opèrent une vague d'arrestations en novembre 1943. Missak Manouchian, Marcel Rajman, Spartaco Fontanot, Celestino Alfonso et dix-neuf autres sont arrêtés. Vingt-deux sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Olga Bancic, seule femme du groupe, est décapitée à Stuttgart en mai. L'occupant en fait l'Affiche rouge, qui devait les déshonorer et les rendit immortels.

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Événement
1942
1942 — Café Dupont (aujourd'hui café "Arts et Métiers")
p 133
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Événement
Événement
1944
17 février 1944 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 174
Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la [[rue de Castiglione|doc:rue-de-castiglione.WebHome]] réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire a …

Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la [[rue de Castiglione|doc:rue-de-castiglione.WebHome]] réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire allemande. Dans ses salons lambrissés se tient la cour martiale chargée de juger vingt-quatre résistants des FTP-M.O.I., souvent désignés de façon réductrice comme le « groupe Manouchian », du nom de l’un de leurs responsables, [[Missak Manouchian|doc:missak-manouchian.WebHome]].

Ces combattants étrangers ou apatrides – Arméniens, Juifs d’Europe centrale, Italiens, Espagnols, Polonais… – ont mené depuis 1942 une intense guérilla urbaine : attentats, sabotages, exécutions ciblées contre l’occupant nazi et ses collaborateurs. Arrêtés à l’issue de longs mois de filatures, torturés par la police allemande, ils sont livrés à un procès conçu dès l’origine comme une opération de propagande : montrer que la Résistance serait une « armée du crime » étrangère au « vrai » peuple français.

Dans la grande salle du Continental, transformée en salle d’audience, les accusés comparaissent devant des juges en uniforme, sous l’œil d’une trentaine de journalistes de la presse collaborationniste, invités à relayer chaque détail. Le verdict, décidé d’avance, tombe après une délibération dérisoire : vingt-trois condamnations à mort, une peine de travaux forcés. Quelques jours plus tard, les fusillés du Mont‑Valérien et l’exécution d’[[Olga Bancic|doc:olga-bancic.WebHome]] seront mis en scène par l’« Affiche rouge » et une brochure illustrée, destinées à discréditer leur mémoire.

Parler de « procès du groupe Manouchian » masque cependant la réalité d’un ensemble plus large : celui des détachements FTP‑M.O.I., où se mêlent parcours, langues et engagements multiples. En visant ces combattants étrangers, la cour martiale du Continental cherche à frapper au cœur une Résistance qui, précisément, n’a jamais été aussi française que lorsqu’elle s’est nourrie de l’internationalisme des persécutés.

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