Le 12 février 1925, Aristide Bruant meurt à 73 ans dans son appartement du 17 rue Christiani, en plein 18e arrondissement. Montmartre perd alors l’une de ses voix les plus reconnaissables, celle qui avait fait entrer au cabaret le parler rugueux des faubourgs et les histoires des gens sans importance.
Ce n’est pas sur une grande avenue ni dans un palace qu’il s’éteint, mais dans un immeuble modeste, à deux pas des rues qu’il a arpentées en long et en large. La plaque qui signale aujourd’hui sa présence passée est discrète, presque timide, comme en décalage avec la fameuse silhouette au manteau noir et à l’écharpe rouge fixée par Toulouse-Lautrec.
Devant le 17 rue Christiani, on n’entend plus les refrains scandés au cabaret du Chat Noir ou du Mirliton, mais on peut encore imaginer Bruant guettant les types, les gestes, les mots qui nourrissaient ses chansons. Le lieu ne se donne pas des airs de sanctuaire : il reste une adresse de quartier, où affleure simplement le souvenir d’un homme qui a su transformer la rue en matière poétique.![[Plaque indiquant l'habitation de Aristide Bruant, Photo MU, Wikimedia|17 Christiani rue, plaque de Aristide Briand, MU Wikimedia.jpeg]]
Plaque indiquant l'habitation de Aristide Bruant, Photo Mu, Wikimedia