🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
📖 Village Montmartre - Clignancourt GROETSCHEL Yves & LE HALLÉ Guy
Bibliographie

Village Montmartre - Clignancourt

GROETSCHEL Yves & LE HALLÉ Guy
Village Communication, 1992.
Livre
121 Fiches citant cet ouvrage
1992 Édition

Fiches citant cet ouvrage

121 fiches
Événement
1741
Événement
Événement
1649
septembre 1649 — Moulin de la Grande Tour/Moulin de la Grosse Tour/Moulin à vent
p 17 & 54
Voir la fiche →
Événement
1724
1724 — Moulin des Prés/Moulin de la Béquille/Moulin à vent
p 17 & 53
Voir la fiche →
Événement
1724
1724 — Moulin de la Fontaine St Denis/Moulin à vent
p 17 & 54
Voir la fiche →
Événement
1770
1770 — Moulin de la Turlure/Moulin à vent
p 17 & 53
Moulin de la Turlure construit par la famille Debray ; 13ème moulin de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1529
1529 — Moulin du Palais/Moulin Vieux du Palais/Moulin à vent
p 17 & 54
Moulin du Palais puis moulin Vieux du Palais ; premier moulin à Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1635
1635 — Moulin de la Lancette (à l'emplacement de la future Tour de Solférino)/Moulin à vent
p 17 & 53
Voir la fiche →
Événement
1622
1622 — Moulin du Palais (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Blute-fin/Moulin de la Galette/Moulin à vent
p 17 & 54
Remplace le Moulin Vieux du Palais ; futur cabaret du moulin de la Galette
Voir la fiche →
Événement
1837
3 mai 1837 — Mairie de Montmartre
p 34
Mariage de Paul Verlaine avec Mathilde Mauté le 11 août 1870
Voir la fiche →
Événement
1904
23 octobre 1904 — Église St Jean l'Évangéliste/Église St Jean de Montmartre
p 34
Voir la fiche →
Événement
1880
1880 — Cabaret Le Lapin Agile (à Gill)/Cabaret des Assassins (à l'origine, en 1860)/Cabaret "À ma Campagne" (en 1886)
p 35
Voir la fiche →
Événement
1887
30 mars 1887 — Théâtre en bois (local de patronage où débuta André Antoine)/Théâtre Libre
p 35
Premier local du "Théâtre Libre" d'André Antoine, metteur en scène autodidacte qui révolutionna l'art dramatique
Voir la fiche →
Événement
1856
1856 — Magasin Dufayel/Palais de la Nouveauté/Palais du travailleur
p 36-37
Premier magasin à stratégie commerciale moderne, adoptant un système novateur d'abonnement et de vente à crédit
Voir la fiche →
Événement
Date imprécise
p 36
Pressoir banal des abbesses de Montmartre situé dans l'enclos de l'abbaye ; les vignerons de Montmartre étaient obligés de l'utiliser moyennant une redevance
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Redoute bâtie par des marins
p 37
Soldats massés tôt le matin pour venir enlever les canons de Montmartre ; 88ème régiment de ligne, gendarmes, marins cantonnés à Paris pendant le Siège
Voir la fiche →
Événement
1828
1828 — Château des Brouillards (de 1772)/Maquis de Montmartre
p 38
Voir la fiche →
Événement
1889
1889 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 38
Voir la fiche →
Événement
1890
1890 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 38
Voir la fiche →
Événement
1933
1933 — Demeure de Jehan-Rictus (de 1914 à sa mort)
p 39
Mort du poète Jehan-Rictus, qui finit sa vie dans la misère
Voir la fiche →
Événement
Événement
Événement
1887
1887 — Demeure d'Henri Bourges/Séjour d'Henri de Toulouse-Lautrec
p 40
Voir la fiche →
Événement
Événement
1887
1887 — Atelier d'Henri de Toulouse-Lautrec
p 40
Voir la fiche →
Événement
1848
1848 — Théâtre Montmartre/Théâtre du Peuple
p 41
Voir la fiche →
Événement
1925
12 février 1925 — Demeure d'Aristide Bruant
p 41
Le 12 février 1925, Aristide Bruant meurt à 73 ans dans son appartement du 17 rue Christiani, en plein 18e arrondissement. Montmartre perd alors l’une de ses voix les plus reconnaissables, celle qui avait fait entrer au …

Le 12 février 1925, Aristide Bruant meurt à 73 ans dans son appartement du 17 rue Christiani, en plein 18e arrondissement. Montmartre perd alors l’une de ses voix les plus reconnaissables, celle qui avait fait entrer au cabaret le parler rugueux des faubourgs et les histoires des gens sans importance.

Ce n’est pas sur une grande avenue ni dans un palace qu’il s’éteint, mais dans un immeuble modeste, à deux pas des rues qu’il a arpentées en long et en large. La plaque qui signale aujourd’hui sa présence passée est discrète, presque timide, comme en décalage avec la fameuse silhouette au manteau noir et à l’écharpe rouge fixée par Toulouse-Lautrec.

Devant le 17 rue Christiani, on n’entend plus les refrains scandés au cabaret du Chat Noir ou du Mirliton, mais on peut encore imaginer Bruant guettant les types, les gestes, les mots qui nourrissaient ses chansons. Le lieu ne se donne pas des airs de sanctuaire : il reste une adresse de quartier, où affleure simplement le souvenir d’un homme qui a su transformer la rue en matière poétique.![[Plaque indiquant l'habitation de Aristide Bruant, Photo MU, Wikimedia|17 Christiani rue, plaque de Aristide Briand, MU Wikimedia.jpeg]]

Plaque indiquant l'habitation de Aristide Bruant, Photo Mu, Wikimedia

Voir la fiche →
Événement
1847
1847 — Théâtre Montmartre (de 1822)/Théâtre de l'Atelier Charles Dullin
p 41
Voir la fiche →
Événement
1887
1887 — Restaurant "Le Tambourin"
p 42
Café où Vincent van Gogh exposa ses toiles sans succès à ses débuts
Voir la fiche →
Événement
1888
Événement
1889
1889 — Moulin Rouge
p 42
Création du Moulin Rouge, où vont s'épanouir le "quadrille naturaliste", le "chahut" et le "french cancan", lancé en 1830 ; la couleur magenta du moulin est due à Adolphe Willette ; un énorme éléphant en stuc abritait la …

Création du Moulin Rouge, où vont s'épanouir le "quadrille naturaliste", le "chahut" et le "french cancan", lancé en 1830 ; la couleur magenta du moulin est due à Adolphe Willette ; un énorme éléphant en stuc abritait la scène

Voir la fiche →
Événement
1869
1869 — Demeure d'Honoré Daumier
p 42
Demeure du dessinateur et caricaturiste politique républicain Honoré Daumier ; auteur de "La Prusse présentant la nouvelle assemblée nationale à la France"
Voir la fiche →
Événement
1917
27 septembre 1917 — Demeure d'Edgar Degas (à partir de 1912)
p 42
Mort du peintre Impressionniste Edgar Degas à 83 ans le 27 septembre 1917
Voir la fiche →
Événement
1883
septembre 1883 — Cabaret La Taverne du Bagne (le premier, qui dût déménager après quelques mois)
p 42
Ouverture par le Citoyen Lisbonne de la Taverne du Bagne, avec un bail précaire de 6 mois
Voir la fiche →
Événement
1814
30 mars 1814 — Cabaret du Père Lathuille/Barrière de Clichy
p 42
QG du général Moncey lors des combats contre les cosaques de Langeron
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 43
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

Voir la fiche →
Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
p 43
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
Voir la fiche →
Événement
1814
30 mars 1814 — Le Château Rouge (construit en 1780, bal depuis 1844)
p 43
Poste de commandement et siège du Conseil de défense ; Joseph Bonaparte y signe la capitulation
Voir la fiche →
Événement
Événement
1878
1878 — Atelier de Léon Serpollet
p 44
Léon Serpollet construit son premier véhicule : un tricycle à vapeur
Voir la fiche →
Événement
1875
1875 — Maison Rosimond/Musée du Vieux Montmartre
p 44
Plus vieille maison de Montmartre, demeure et atelier de nombreux artistes ; aujourd'hui Musée de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1814
30 mars 1814 — Le Château Rouge (construit en 1780, bal depuis 1844)
p 45
Poste de commandement et siège du Conseil de défense ; Joseph Bonaparte y signe la capitulation
Voir la fiche →
Événement
Date imprécise — Cour aux Juifs/Cour remarquable
p 46
Cour pittoresque avec deux escaliers à double volée ; décor de nombreux films
Voir la fiche →
Événement
1830
1830 — Demeure d'Alphonse Karr (ancien Tivoli désaffecté)
p 47
Voir la fiche →
Événement
1809
1809 — Guinguette du Poirier sans Pareil/Le Vieux Chemin
p 47
Guinguette du Poirier sans pareil, qui s'enorgueillissait de l'honneur d'une halte de Napoléon 1er ; comme quoi la pub stupide ne date pas d'aujourd'hui
Voir la fiche →
Événement
1906
1906 — Le Bateau-lavoir/Nom donné par Max Jacob
p 47
Naissance du Cubisme, avec la réalisation des "Demoiselles d'Avinyó" ; les demoiselles du bordel de la rue d'Avignon... à Barcelone
Voir la fiche →
Événement
1929
1929 — Atelier Lacourière (bâtiment récupéré de l'Exposition universelle de 1900)
p 48
Voir la fiche →
Événement
1814
30 mars 1814 — Moulin de la Galette (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Moulin Radet/Moulin à vent
p 49 & 54
Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmar …

Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmartroise"

Voir la fiche →
Événement
1834
1834 — Moulin Radet (30 moulins à Montmartre en 1859)/Moulin à vent
p 49
Le moulin Chapon, puis Radet, déplacé, devient le "Moulin de la Galette"
Voir la fiche →
Événement
1907
1907 — Demeure de Max Jacob
p 49 & 63
Max Jacob a la vision de la tête du christ qu'il entoure sur le mur de sa chambre ; il se convertit au catholicisme ; l'histoire ne dit pas ce qu'il avait bu ou fumé
Voir la fiche →
Événement
1636
1636 — Premier emplacement du Moulin Radet sur la Butte Montmartre/Moulin à vent
p 49 & 58
Moulin de la butte St Roch reconstruit sur la Butte Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1900
1900 — Demeure et atelier de Pablo Picasso et Carlos Casagemas (à leur arrivée à Paris)
p 49
Premier séjour de Picasso à Paris ; il cohabite avec Carlos Casagemas et Isidre Nonell
Voir la fiche →
Événement
1622
1622 — Moulin du Palais (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Blute-fin/Moulin de la Galette/Moulin à vent
p 49 & 54
Remplace le Moulin Vieux du Palais ; futur cabaret du moulin de la Galette
Voir la fiche →
Événement
Date imprécise — Épicerie de la Mère Birnbaum (aujourd'hui restaurant l'Assommoir)
p 49
Voir la fiche →
Événement
Événement
Événement
1946
16 septembre 1946 — Demeure de Francisque Poulbot
p 52
Mort du peintre des enfants de la butte, qui leur a laissé son nom
Voir la fiche →
Événement
1675
14 août 1675 — Mire du Nord//Mire du Méridien de Paris/Poteau de la Méridienne/Parc du Moulin de la Galette
p 52
Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre. Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près …

Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre.

Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près du moulin Blute-Fin, et y planta un poteau de bois. Le poteau marquait un point précis : celui où passait le méridien de Paris, à 2 931 toises et 2 pieds de l'Observatoire, vers le nord. C'était la mire du Nord.

Le méridien de Paris traversait l'Observatoire de Paris, construit en 1667 sur la rive gauche. Pour orienter avec précision les instruments astronomiques et mesurer l'arc du méridien, il fallait des points de repère visibles depuis l'Observatoire vers le nord et vers le sud. Picard avait mesuré quelques années plus tôt, entre 1669 et 1670, la longueur d'un arc du méridien pour déterminer le rayon de la Terre. C'est cette mesure que Newton utilisa pour vérifier sa théorie de la gravitation.

Giovanni Domenico Cassini, directeur de l'Observatoire appelé à Paris par Louis XIV, puis son fils Jacques Cassini poursuivirent le travail. En 1736, Jacques Cassini remplaça le poteau de bois de Picard par un monument de pierre de trois mètres de haut, un parallélépipède surmonté d'une pyramide à quatre faces portant une fleur de lys au sommet.

La mire du Nord est toujours visible dans le petit parc du Moulin de la Galette, au 1 rue Girardon dans le 18e arrondissement. Le méridien de Paris servit de méridien de référence mondial jusqu'en 1884, quand la conférence de Washington lui préféra celui de Greenwich. La France attendit 1911 pour l'accepter officiellement.

Voir la fiche →
Événement
1736
1736 — Mire du Nord (inaccessible, propriété privée ; Proudhon avait raison, s'agissant entre autres du patrimoine...)
p 52
Pyramide matérialisant le méridien de Paris ; pendant la Révolution, la fleur de Lys qui le surmontait est remplacée par un fer de pique
Voir la fiche →
Événement
Événement
1941
16 novembre 1941 — Planque de Czerniawski (chef du réseau "Interallié", et d'opérateurs radio)
p 53
Voir la fiche →
Événement
Événement
Date imprécise — Maquis de Montmartre/Passage du Rocher de la Sorcière (ancienne fontaine)/Passage remarquable
p 53
Voir la fiche →
Événement
1886
juin 1886 — Demeure de Vincent van Gogh/Demeure de Théo van Gogh
p 54
Voir la fiche →
Événement
1724
1724 — Moulin de la Fontaine St Denis/Moulin Vieux/Moulin à vent
p 54
Moulin à plâtre, un des plus anciens de Montmartre ; mais un premier moulin Vieux aurait existé en 1529
Voir la fiche →
Événement
1967
14 octobre 1967 — Demeure de Marcel Aymé
p 56
Mort de MArcel Aymé, l'auteur du Passe-Muraille et de la Jument Verte
Voir la fiche →
Événement
1823
1823 — Cabaret de Mimi Pinson
p 57
Rendez-vous de nombreux artistes ; la maison, disparue en 1925, est représentée par un bas-relief sur la façade de l'immeuble qui l'a remplacée
Voir la fiche →
Événement
Événement
1871
10 septembre 1871 — Demeure de Paul Verlaine (hébergé par ses beaux-parents Mauté)
p 58
Il y a des rendez-vous manqués qui comptent davantage que ceux qu'on n'a pas ratés. Verlaine et Charles Cros sont sur le quai de la gare de l'Est, en ce matin du 10 septembre 1871. Ils attendent Arthur Rimbaud, seize ans …

Il y a des rendez-vous manqués qui comptent davantage que ceux qu'on n'a pas ratés.

Verlaine et Charles Cros sont sur le quai de la gare de l'Est, en ce matin du 10 septembre 1871. Ils attendent Arthur Rimbaud, seize ans, que Verlaine a invité à Paris après avoir reçu quelques poèmes dont "Le Bateau ivre". Le train de Charleville arrive, les voyageurs descendent. Rimbaud n'est pas parmi eux: il a pris un autre convoi, ou ils l'ont simplement manqué dans la foule. Verlaine et Cros rentrent bredouilles.

Rimbaud, lui, est allé directement au 14 rue Nicolet, dans le quartier de Clignancourt. C'est là que Verlaine vit provisoirement chez ses beaux-parents, la famille Mauté de Fleurville, avec sa jeune femme Mathilde, enceinte de leur premier enfant. Rimbaud sonne à la porte. On lui ouvre. Il a seize ans, un aspect fruste, des vêtements de province; et dans sa poche, "Le Bateau ivre", qu'il récitera ce soir-là dans le salon de la famille Mauté.

La Commune vient d'être massacrée. Verlaine, qui avait travaillé brièvement pour le gouvernement communard, se fait discret. Rimbaud, lui, a vécu le siège depuis Charleville, à distance et dans une fureur d'adolescent. "Paris se repeuple", écrit-il dans un poème de juillet 1871 qui décrit le retour des bourgeois dans une ville encore fumante. Pour ces deux hommes qui arrivent de bords différents du gouffre de 1871, la poésie est le seul territoire où la défaite n'a pas encore de nom.

Ce soir du 10 septembre, Verlaine comprend qu'il a affaire à quelqu'un d'exceptionnel. Il sera bientôt évident que cet adolescent va briser tout ce qu'il touche: la vie de Verlaine, son mariage, sa réputation, sa paix. Et lui donner, en échange, les vers des "Illuminations".

Mathilde Mauté accueille Rimbaud avec méfiance. Elle aura raison. En deux ans, les deux poètes forgeront une révolution poétique, fuiront à Bruxelles, se blesseront, se perdront. Le coup de revolver de Bruxelles (juillet 1873) mettra fin à tout. Rimbaud, à dix-neuf ans, cessera d'écrire de la poésie pour toujours.

Voir la fiche →
Événement
1647
1647 — Moulin de la Petite Tour/Tour à Rollin/Moulin à vent
p 58
Construction du Moulin de la Petite Tour, près de celui de la Vieille Tour ; un des plus vieux moulins de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1647
1647 — Moulin de la Petite Tour/Tour à Rollin/Moulin à vent
p 58
Construction du Moulin de la Petite Tour, près de celui de la Vieille Tour ; un des plus vieux moulins de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1647
1647 — Moulin de la Petite Tour/Tour à Rollin/Moulin à vent
p 58
Construction du Moulin de la Petite Tour, près de celui de la Vieille Tour ; un des plus vieux moulins de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1814
30 mars 1814 — Restaurant "À la Mère Catherine" (de 1793)
p 58
Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé. Le 30 mars 1814, pendant …

Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé.

Le 30 mars 1814, pendant que Joseph Bonaparte signe la capitulation de Paris au Château Rouge et que les élèves de Polytechnique se battent au Père-Lachaise, des cosaques du général Langeron occupent la butte Montmartre. Certains s'attablent au restaurant À la Mère Catherine, 6 rue Norvins, tenu depuis 1793 par Catherine Lamothe.

C'est là, selon la tradition montmartroise, que serait né le mot bistrot. Pressés de repartir, les soldats russes auraient crié bystro !vite ! en russe — à la patronne pour qu'elle serve plus rapidement. Le mot aurait glissé dans l'argot parisien, puis dans la langue.

L'histoire est belle. Elle est aussi presque certainement fausse.

Les linguistes ont relevé que le mot bistrot n'apparaît dans aucun texte français avant 1884 — soit soixante-dix ans après l'occupation cosaque. Difficile d'imaginer qu'un mot d'argot populaire ait attendu sept décennies pour être attesté à l'écrit. La piste concurrente, que Philippe notait dans sa fiche, est plus solide : bistrot dériverait de bistrouille, un café allongé d'alcool bon marché, boisson populaire des campagnes du Nord. Ou peut-être de bistingo, un petit cabaret de bas étage.

À la Mère Catherine existe toujours, place du Tertre — un des plus vieux restaurants de Paris, fondé l'année même où Louis XVI montait à l'échafaud. Il accueille surtout des touristes aujourd'hui, et la plaque qui rappelle l'étymologie cosaque est fièrement visible sur la façade. L'histoire inexacte a parfois plus de vie que l'histoire vraie.

Voir la fiche →
Événement
1805
1805 — Folie Sandrin (de 1774)
p 58
Maison de santé psychiatrique où Gérard de Nerval fut interné en mars 1841
Voir la fiche →
Événement
1885
1885 — Demeure de Georges Moinaux dit Courteline
p 59
Voir la fiche →
Événement
1911
21 décembre 1911 — Succursale de la Société Générale
p 59
Premier hold-up en automobile, une luxueuse limousine Delaunay-Belleville, de la bande à Bonnot. Le garçon de recette Caby, caissier de la Société générale, est blessé. Le butin est maigre : 5 000 francs
Voir la fiche →
Événement
Événement
Date imprécise — Atelier de Jean-Baptiste Pigalle
p 61
Voir la fiche →
Événement
1896
1896 — Villa des Platanes
p 61-62
Résidence privée remarquable ; bas-reliefs évoquant la révolution de 1830 ou 1848 ; escalier à double volute
Voir la fiche →
Événement
1896
1896 — Villa des Platanes
p 61-62
Résidence privée remarquable ; bas-reliefs évoquant la révolution de 1830 ou 1848 ; escalier à double volute
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 64
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
Voir la fiche →
Événement
1798
1798 — Carrières de Montmartre (gypse calcarifère)
p 64
Voir la fiche →
Événement
1876
1876 — Débit de boisson du père Colombe (dans l'Assommoir)
p 64
Lieu où Zola situe le café du père Colombe dans l'Assommoir
Voir la fiche →
Événement
1900
1900 — Trianon Concert/Théâtre du Trianon (salle construite en 1894)
p 64
Voir la fiche →
Événement
1870
7 octobre 1870
p 66 & 72
Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus. Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement …

Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement de la Défense nationale, formé le 4 septembre après la chute de l'Empire à Sedan, est enfermé dans la capitale avec deux millions d'habitants. Une délégation gouvernementale a été envoyée à Tours pour administrer le reste du pays, mais elle est présidée par Crémieux, âgé et peu porté à la guerre à outrance. Il faut y envoyer quelqu'un qui organise la résistance.

Léon Gambetta a trente-deux ans. Avocat républicain, député de Belleville et de Marseille, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, il incarne la ligne de la guerre poursuivie jusqu'au bout contre les partisans d'un armistice rapide. Il décide de partir. Le seul chemin est le ciel.

Le 7 octobre 1870, en fin de matinée, il monte place Saint-Pierre à Montmartre dans la nacelle de l'Armand-Barbès, ballon baptisé du nom du révolutionnaire républicain mort l'année précédente en exil. Le pilote est Alexandre Trichet. Eugène Spuller, son secrétaire, l'accompagne. Un second ballon, le George-Sand, part en même temps, emportant deux Américains dont l'objet du voyage n'a jamais été établi. La foule assemblée sur la butte acclame le départ.

Le ballon passe au-dessus des lignes prussiennes. Les fantassins allemands tirent. Gambetta est légèrement blessé à la main. L'appareil poursuit sa route et atterrit vers quinze heures dans le bois de Favières, sur la commune d'Épineuse, dans l'Oise. Par Montdidier et Rouen, Gambetta rejoint Tours le 9 octobre.

Ce qu'il y accomplit tient de l'improvisation forcenée. En quatre mois, il lève, arme et met en ligne plusieurs armées nouvelles, dont l'armée de la Loire, avec des conscrits sans instruction et des officiers sans expérience. Ces armées seront battues, mais elles prolongeront la guerre jusqu'en janvier 1871 et donneront à la République naissante une légitimité militaire. La délégation quittera Tours pour Bordeaux le 9 décembre, devant l'avance prussienne.

Voir la fiche →
Événement
Événement
1903
1903 — Cabaret "le Rendez-vous des Voleurs"/Cabaret des Assassins/Cabaret du Lapin Agile
p 68
Voir la fiche →
Événement
1906
1906 — Cité des Fusains/Atelier d'André Derain/Cité d'artistes
p 71
Voir la fiche →
Événement
1913
1913 — Cité des Fusains/Atelier de Pierre Bonnard/Cité d'artistes
p 71
Voir la fiche →
Événement
1870
Événement
Événement
1928
1928 — Cinéma Studio 28 (remplace le cabaret de la Pétaudière)
p 71
Voir la fiche →
Événement
1534
15 août 1534 — Crypte présumée du martyre de St Denis/Martyrium de Montmartre/Abbaye d'en bas
p 72
Dans l'humidité de la crypte, la flamme d'un cierge suffit à éclairer les sept visages penchés. Le 15 août 1534, jour de la fête de l'Assomption, sept hommes descendent dans la petite chapelle souterraine du martyrium de …

Dans l'humidité de la crypte, la flamme d'un cierge suffit à éclairer les sept visages penchés.

Le 15 août 1534, jour de la fête de l'Assomption, sept hommes descendent dans la petite chapelle souterraine du martyrium de saint Denis, au pied de la butte Montmartre (5-7 rue Yvonne Le Tac, 18e arrondissement), là où la tradition catholique situe le martyre du premier évêque de Paris. La messe est célébrée par Pierre Favre, un Savoyard de vingt-huit ans ordonné prêtre trois mois plus tôt : le seul prêtre du groupe. Autour de lui, Ignace de Loyola, François Xavier, Diego Lainez, Alfonso Salmerón, Nicolás Bobadilla et Simon Rodrigues prononcent des vœux de pauvreté, de chasteté, et s'engagent à entreprendre dans les deux ans un pèlerinage à Jérusalem. C'est ce qu'on appellera le « vœu de Montmartre » : acte fondateur de ce qui deviendra la Compagnie de Jésus.

Ignace de Loyola a quarante-trois ans. Né en 1491 dans la noblesse basque, il avait été grièvement blessé au siège de Pampelune en 1521 : un boulet de canon lui avait brisé la jambe droite. Pendant sa convalescence, il lit des vies de saints, connaît une conversion intérieure et rédige les premières ébauches de ses Exercices spirituels. Il arrive à Paris en 1528 pour étudier au collège Sainte-Barbe. C'est là qu'il rassemble autour de lui ses compagnons, hommes instruits, venus d'Espagne, de Navarre ou de Savoie, séduits par une personnalité d'une rare intensité.

Ce 15 août dans la crypte, rien n'est encore formalisé. Il n'y a ni règle écrite, ni constitution, ni hiérarchie reconnue : seulement des vœux, une fraternité de volontés et un projet de pèlerinage qui ne se réalisera jamais, faute de passage vers la Terre sainte. Contraints de rester en Europe, les compagnons se rendent à Rome en 1538. Paul III perçoit immédiatement l'utilité de ce groupe de prêtres rigoureux, disponibles et mobiles. Le 27 septembre 1540, la bulle Regimini militantis Ecclesiae approuve officiellement la Compagnie de Jésus.

Ce qui germe dans cette crypte parisienne, c'est l'instrument principal de la Contre-Réforme. En 1534, le protestantisme avance irrésistiblement depuis la rupture de Luther en 1517 ; Calvin est en train d'organiser ses Institutions à Bâle. L'Église de Rome cherche une réponse à sa mesure : disciplinée, intellectuelle, mondiale. Les jésuites la fourniront. Missions en Asie, en Amérique, en Afrique ; collèges de haut niveau dans toute l'Europe catholique ; influence auprès des cours royales ; rôle actif dans l'Inquisition : la Compagnie de Jésus sera, pendant deux siècles, à la fois bras armé et cerveau de la papauté. Si puissante qu'elle sera dissoute en 1773 par Clément XIV, sous la pression des cours monarchiques, avant d'être rétablie en 1814.

La crypte du martyrium est aujourd'hui administrée par les Dames de l'Adoration Réparatrice et ouverte aux visiteurs le vendredi.

Voir la fiche →
Événement