Mort du philosophe socialiste Pierre Leroux, qui serait l'introducteur du mot "socialisme" en France

Demeure de Pierre Leroux

Pierre Leroux, philosophe et homme politique saint-simonien, né à Bercy (1797-1871), photo prises lors de son exile à Jersey, Carnavalet

Mort du philosophe socialiste Pierre Leroux, qui serait l'introducteur du mot "socialisme" en France.

ierre Leroux meurt le 12 avril 1871 au 168 boulevard du Montparnasse, à soixante-quatorze ans. Dehors, Paris vit sa Commune. L'homme qui aurait introduit le mot « socialisme » dans la langue française s'éteint au milieu de la révolution dont il avait rêvé les fondements sans jamais en approuver la violence.

Il était rentré d'exil deux ans plus tôt, après dix-huit ans à Jersey puis à Lausanne — proscrit du coup d'État de 1851, compagnon de Victor Hugo dans l'île anglo-normande. Il était revenu vieilli, pauvre, oublié par presque tout le monde. Le Paris qu'il retrouvait en 1869 n'était plus celui de 1848, quand il siégeait à la Constituante et défendait le droit au travail à la tribune.

C'est pourtant dans ce Paris-là, vers 1833, que Leroux avait forgé le mot qui allait traverser les siècles — « socialisme », opposé à l'individualisme, désignant une pensée de la solidarité humaine. Le terme existait peut-être en anglais. C'est Leroux qui lui donna en français son contenu philosophique. George Sand, sa plus fidèle lectrice, en fit le socle de plusieurs de ses romans. Marx le lut. Jaurès s'en souvint.

Le 12 avril 1871, rien de tout cela ne compte plus. Leroux est trop malade pour descendre dans la rue, trop fatigué pour participer à quoi que ce soit. Il meurt dans son lit, boulevard du Montparnasse, pendant que la Commune tente d'inventer ce qu'il avait pensé. Marx, qui suivait les événements depuis Londres et qui avait rangé Leroux parmi les socialistes utopiques — admirant l'intuition, critiquant l'idéalisme —, ne mentionne pas sa mort. On l'enterre à quelques centaines de mètres, au cimetière du Montparnasse.

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