En tête du journal de la Gauche Prolétarienne, La cause du peuple
Occupation du Sacré-Cœur par des militants de la GP en protestation de la répression violente de la manifestation du Secours Rouge le 9 février
Le 13 février 1971, la colline de Montmartre devient, le temps de quelques heures, un terrain d’affrontement politique plutôt qu’un lieu de pèlerinage. Ce jour-là, 200 à 300 étudiants maoïstes, militants de la Gauche prolétarienne (GP), accompagnés de Jean-Paul Sartre et Liliane Siegel, occupent la basilique du Sacré-Cœur pour pour protester contre la violente répression de la manifestation du 9 février de Secours rouge en soutien au prisonniers politiques.
Le choix du lieu n’a rien d’anodin. Le Sacré-Cœur, érigé en réparation après la Commune de 1871, est depuis longtemps perçu par le mouvement révolutionnaire et contestataire comme un symbole de l’ordre moral, de la répression sociale et de la revanche des vainqueurs sur Paris insurgé. Un siècle plus tard, des militants d’extrême gauche investissent la basilique, retournant le symbole : ils entendent faire de ce sanctuaire un haut-parleur pour les causes qu’on étouffe dans la rue.
L'affaire tourne court et ils sont évacués par la police: 69 sont arrêtés et quinze blessés sont décomptés. L'archevêque de Paris François Marty ne porte pas plainte mais leur action tombe sous le coup de la loi « anticasseurs » votée un an plus tôt. Dix sont condamnés à six mois de prison et trois à quatre mois.