Orme remarquable sous lequel se traitaient les affaires privées et les créances ; peut-être à l'origine de l'expression "Rendez-vous sous l'orme !" pour un rendez-vous auquel on ne compte pas se rendre
L'orme occupait une place centrale dans la vie publique française, particulièrement au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime. Ces arbres majestueux ornaient fréquemment les places de villages et servaient de lieux de rassemblement pour diverses activités communautaires : mariages, danses, fêtes et assemblées. Les justices seigneuriales se tenaient régulièrement sous ces ormes plantés aux portes des châteaux ou sur les places publiques.
Les juges locaux y rendaient la justice et traitaient les affaires privées, notamment les questions de créances. Cependant, ces magistrats avaient souvent une réputation de médiocrité et d'incompétence. Les plaideurs, peu confiants dans leurs capacités, manquaient fréquemment les rendez-vous fixés, laissant les juges attendre en vain sous l'arbre.
Cette pratique donna naissance à l'expression "attendre sous l'orme", popularisée par la pièce de Jean-François Regnard "Attendez-moi sous l'orme" en 1694. L'expression prit alors un sens ironique : donner un rendez-vous avec l'intention délibérée de ne pas s'y rendre, ou attendre longuement et en vain. Elle devint proverbiale dès le XVIIe siècle et symbolisa la promesse non tenue.