Le 84 du bd Foch, l'un des sièges de la Gestapo, et l'immeuble d'où s'est jété Brossolette
Pierre Brossolette torturé par la Gestapo se jette par la fenêtre pour ne pas parler.
Le 19 mars 1944, la Gestapo identifie enfin Pierre Brossolette, détenu depuis six semaines à Rennes sans qu'on sache qui il était. Il est transféré au 84 avenue Foch, quartier général de la Gestapo à Paris. Les interrogatoires commencent. Deux jours et demi de torture.
Brossolette tient. Il connaît trop de noms, trop de réseaux, trop de visages — il sait ce que sa parole signifierait. Le 22 mars, profitant d'un instant d'inattention du gardien, menotté dans le dos, il se lève, ouvre la fenêtre de la chambre de bonne où il est enfermé au cinquième étage, et saute. Il tombe sur un balcon en contrebas, puis sur le trottoir. Il est ramassé vivant, transporté à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il meurt le soir même sans avoir repris connaissance. Il avait quarante ans.
C'est Yeo-Thomas — arrêté le 21 mars, la veille, au métro Passy — qui avait organisé la mission dont l'objectif était de faire évader Brossolette avant que la Gestapo ne l'identifie. Il était arrivé trop tard.
Normalien, journaliste, homme de radio, résistant de la première heure, Brossolette avait été l'un des architectes de l'unification des mouvements de résistance de la zone nord. Son épitaphe la plus juste, il l'avait lui-même prononcée dans un discours à Londres le 18 juin 1943, en hommage aux résistants anonymes qu'il appelait les soutiers de la gloire.
Il est au Panthéon depuis 2015.