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2 décembre 1804
Événement

Napoléon se couronne lui-même à Notre-Dame, devant le pape Pie VII

Cathédrale Notre-Dame de Paris
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Le Sacre de Napoléon, par Jacques-Louis David : l’empereur couronne Joséphine sous les yeux du pape Pie VII. Jacques-Louis David — Archives Paris révolutionnaire

Le pape est venu de Rome pour le sacrer. Au moment décisif, Napoléon prend la couronne sur l’autel et la pose lui-même sur sa tête.

Le dimanche 2 décembre 1804, Paris sacre un empereur. Proclamé le 18 mai, approuvé par plébiscite à plus de 99,9 %, Napoléon Bonaparte veut une cérémonie qui hisse son clan au rang des grandes dynasties d’Europe. « Si notre père nous voyait ! », aurait-il glissé à son frère Joseph pendant les préparatifs. Il se veut l’héritier de Charlemagne plutôt que des Capétiens, trop liés aux Bourbons détrônés, et a pris pour emblème l’abeille, en souvenir des abeilles d’or trouvées dans le tombeau de Childéric, le père de Clovis. Les regalia des rois de France ayant été fondus sous la Révolution, on récupère l’un des rares rescapés, le sceptre de Charles V, et l’on commande à l’orfèvre Biennais couronnes et main de justice.

Il a fait venir le pape Pie VII, mais sans lui accorder d’entrée solennelle dans Paris : on a arrangé une rencontre « fortuite » en forêt de Fontainebleau. Le pape, de son côté, a posé ses conditions : pas de sacre sans mariage religieux. Dans la nuit du 1er décembre, le cardinal Fesch marie Napoléon et Joséphine aux Tuileries.

Notre-Dame, abîmée par la Révolution, a été réparée et transformée en décor : tribunes dans les bas-côtés, tentures aux armes impériales, un trône sous un dais pour le pape près du chœur, un autre pour l’empereur sur une estrade dressée au milieu de la nef, à la place de l’ancien jubé. Le matin, le cortège pontifical quitte les Tuileries à neuf heures ; Pie VII entre dans la cathédrale vers 10 h 30. Suit le cortège impérial, vingt-cinq voitures escortées de cavalerie sous les ordres de Murat. Dans l’immense nef, le froid est terrible : l’ambassadeur de la République batave plaint les dames, à qui le cérémonial interdit de se couvrir d’un châle.

La cérémonie dure près de cinq heures. Sous son énorme manteau d’hermine, une couronne de laurier sur la tête, l’empereur ressemble, écrit Mme de Rémusat, à « une médaille antique » ; « il était d’une pâleur extrême, véritablement ému ». Le pape bénit l’anneau, l’épée, le manteau, la main de justice, le sceptre ; mais quand vient la couronne, posée sur l’autel, Napoléon la prend lui-même et la pose sur sa tête, avant de couronner Joséphine, agenouillée devant lui. Pie VII, qui a eu toute la journée, selon la même mémorialiste, « l’air d’une victime résignée », donne l’accolade à l’empereur : « Vivat Imperator in aeternum ! » Napoléon jure, la main sur les Évangiles, de maintenir l’intégrité du territoire, l’égalité des droits et l’irrévocabilité des ventes de biens nationaux, puis le héraut d’armes le proclame « sacré et intronisé ». À la sortie, cent un coups de canon saluent le nouvel empereur, et décembre se passe en fêtes.

Jacques-Louis David a tiré de la journée deux toiles immenses, « Le Sacre de Napoléon » et « La Distribution des aigles ». Du décor, presque rien ne subsiste : le chœur baroque de Robert de Cotte, dont on voit les parements de marbre sur la toile de David, a été démonté lors de la restauration de Viollet-le-Duc. La couronne de laurier d’or, dont Napoléon avait fait ôter six feuilles parce qu’il la jugeait trop lourde, a été détruite sous la Restauration ; il n’en reste que deux feuilles connues, dont l’une au château de Fontainebleau. Des voitures du cortège, cinq sont conservées dans la galerie des Carrosses du château de Versailles.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.