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Couverture — Histoire de Paris
Bibliographie

Histoire de Paris

BOURNON Fernand
Grafik Plus, 1977.
Livre
181 Fiches citant cet ouvrage
1977 Édition

Fiches citant cet ouvrage

181 fiches
Événement
580
580 — Couvent St Julien (dont dépendait l'église St Julien le Pauvre)
p 13
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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (dépendance du couvent des Jacobins)/Municipalité de Paris
p 16-17
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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (à cheval sur l'enceinte de Charles V)/Municipalité de Paris
p 16-17
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Événement
1190
Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte Montmartre (vestiges)
p 25
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Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Poterne de Flandre/Poterne Coquillière/Porte du Coquillier
p 25
Poterne de Flandre de l'enceinte de Philippe Auguste, appelée de Béhaigne en 1337
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Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte Sorbonne/Porte Baudet
p 25
Première porte St Antoine, faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte St Denis/Porte des Peintres
p 25
Première porte St Denis, faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte St Honoré
p 25
Première porte St Honoré, faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
1263
avril 1263
p 26
Premier siège de la municipalité de Paris, contrôlée par la hanse des marchands de l'eau, à partir de 1263 ; elle se réunissait dans la chapelle St Leufroy voisine
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Événement
1257
septembre 1257 — Petite Sorbonne/Collège de Calvy ou de Calvi (dont on peut voir le tracé dans la cour de la Sorbonne)
p 28
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Événement
1163
1163
p 28
Le Pré aux Clercs passe de l'abbaye de St Germain à l'Université
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Événement
1302
10 avril 1302 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 35-36
Deux premières réunions des états généraux, l'une pour condamner le pape Boniface VIII en conflit avec le roi, l'autre pour décider si les femmes pourraient accéder à la royauté
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Événement
1368
1368 — Château du Louvre/Tour de la Fauconnerie/Tour de la Librairie
p 47
Charles V installe dans la tour de la Fauconnerie sa librairie qui deviendra le noyau initial de la Bibliothèque Nationale
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Événement
1365
1365
p 48-50
Nom de rue rappelant l'emplacement des vignes de l'Hôtel St Paul
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Événement
1365
1365
p 48-50
Nom de rue rappelant l'emplacement du verger de l'Hôtel St Paul
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Événement
1365
1365
p 48-50
Nom de rue rappelant peut-être la ménagerie de l'Hôtel St Paul, ou les nombreux lions sculptés au fronton des Hôtels
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Événement
1190
1190
p 48-50
Vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste dans ce qui fut les jardins de l'Hôtel St Pol de 1365 à 1422 ; marques personnelles des tailleurs de pierres
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Événement
Événement
1370
22 avril 1370 — Forteresse de la Bastille
p 52
Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite. Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrag …

Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite.

Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrage fortifié à la porte Saint-Antoine, sur l'ordre de Charles V le Sage. La guerre de Cent Ans ravage le royaume. Les Anglais tiennent Calais et menacent Paris. Douze ans plus tôt, la révolte d'Étienne Marcel a montré que la capitale pouvait se retourner contre son roi — Charles V, alors dauphin, a failli y laisser la vie. Le nouveau souverain veut une ville close et docile. Il fait renforcer l'enceinte, creuser des fossés, et confie à Aubriot le soin de verrouiller l'accès oriental de Paris, le plus vulnérable.

Au départ, la Bastille n'est qu'une simple bastide — deux tours massives encadrant une porte, un verrou de pierre sur la route de Vincennes. Mais le chantier ne s'arrête pas là. On ajoute deux tours en arrière, puis deux au nord, deux au sud. Le rectangle se ferme. Quand les travaux s'achèvent, vers 1382-1383, sous le règne de Charles VI, la Bastille est une forteresse de huit tours reliées par des courtines, entourée de fossés profonds. Elle n'a jamais été conçue comme prison — c'est un bastion militaire, une porte fortifiée dans l'enceinte de la ville. La prison viendra plus tard, par glissement d'usage.

Le prévôt bâtisseur Aubriot n'est pas seulement le maçon de la Bastille. C'est un administrateur hors pair, nommé par Charles V en 1367 pour reprendre en main une ville turbulente. Il fait paver des rues, construire les premiers égouts maçonnés de Paris, réorganise le guet royal, achève le Petit-Pont en pierre. C'est aussi un laïc convaincu, qui résiste aux empiétements de l'Université et de l'Église sur la juridiction royale — et un protecteur des juifs de Paris, qu'il défend contre les violences populaires, allant jusqu'à faire restituer à des familles juives leurs enfants enlevés pour être baptisés de force.

Le premier prisonnier Charles V meurt le 16 septembre 1380. Aubriot perd son protecteur. L'Université et l'évêché, qui le haïssent, passent à l'attaque. Le procès est instruit par l'officialité épiscopale : hérésie, sodomie, protection des juifs — un cocktail de charges qui relève autant de la vengeance que de la justice. Le 17 mai 1381, Aubriot est conduit sur un échafaud dressé devant le portail de Notre-Dame, contraint de s'agenouiller devant l'évêque et condamné à la prison perpétuelle « au pain de tristesse et à l'eau de douleur ». On l'enferme dans la forteresse qu'il a bâtie de ses mains.

Il n'y reste pas longtemps. Le 1er mars 1382, les Maillotins — artisans et petit peuple de Paris révoltés contre les taxes — enfoncent les portes de la Bastille et libèrent Aubriot, espérant en faire leur chef. L'ancien prévôt, qui a compris que Paris ne pardonne jamais deux fois, s'enfuit dans la nuit vers la Bourgogne. On perd sa trace. Il meurt probablement peu après, oublié de tous.

La Bastille, elle, vivra encore quatre siècles — jusqu'à ce qu'un autre 14 juillet vienne l'abattre.

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Événement
1540
1er janvier 1540 — Abbaye St Antoine des Champs
p 68-69
Charles Quint reçoit les clefs de la ville des mains du prévôt des marchands
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Événement
1546
3 août 1546
p 68
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
1533
13 juillet 1533 — Hôtel du Boccador/Hôtel de Ville
p 70
Le 15 juillet 1533, sur la place de Grève, une truelle d'argent scelle la première pierre du futur Hôtel de Ville — tenue non par le roi, quoi qu'en disent les tableaux, mais par un magistrat en robe. Ce jour-là, la plac …

Le 15 juillet 1533, sur la place de Grève, une truelle d'argent scelle la première pierre du futur Hôtel de Ville — tenue non par le roi, quoi qu'en disent les tableaux, mais par un magistrat en robe.

Ce jour-là, la place de Grève est en fête. Fifres, tambourins, trompettes et clairons ; l'artillerie tonne à plusieurs dizaines de reprises ; les cloches de Saint-Jean-en-Grève, du Saint-Esprit et de Saint-Jacques-la-Boucherie sonnent à toute volée. Le vin coule sur le pavé de sable, et la foule crie « Vive le roi et messieurs de la ville ». Au centre du tumulte, Pierre Viole, prévôt des marchands, et les quatre échevins — Gervais Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel et Jean Barthélemy — s'avancent, chacun une truelle d'argent à la main. Ils étendent le sable et la chaux sur une pierre qui recouvre une plaque de cuivre gravée : au milieu les armes de France, de part et d'autre celles de la Ville, et une inscription latine qui fixe la date.

Le roi, lui, n'y est pas. C'est là toute l'ironie de la scène. Trois siècles plus tard, le peintre Frédéric Yvon représentera François Ier posant la première pierre de l'Hôtel de Ville — toile que conserve aujourd'hui le Petit Palais, avec une variante au musée Carnavalet. La Ville a préféré l'image du souverain à celle de ses propres magistrats. Mais la pierre fut posée par le prévôt des marchands et ses échevins : l'acte fondateur d'un hôtel de ville est d'abord un acte municipal.

Pourquoi ce chantier ? Depuis 1357, l'administration parisienne siégeait dans la Maison aux Piliers, sur la Grève, acquise par le prévôt Étienne Marcel. Deux siècles plus tard, la bâtisse menaçait ruine. En 1529, les officiers municipaux obtiennent de François Ier l'autorisation d'élever à la place un véritable palais Renaissance. Les plans reviennent à l'Italien Dominique de Cortone, dit Boccador — surnom qu'on lui prête pour sa barbe blonde —, la maîtrise d'œuvre étant partagée avec le Parisien Pierre Chambiges. Un palais à l'italienne au bord de la Seine : l'ambition était neuve.

Elle fut lente à se réaliser. Viole, ses échevins, Boccador : tous moururent bien avant de voir l'édifice achevé. Il fallut près d'un siècle. L'aile sud s'éleva sous François Ier et ses successeurs ; l'aile nord ne fut terminée que vers 1628, sous Louis XIII. Un hôtel de ville qui met quatre-vingt-quinze ans à sortir de terre en dit long sur la patience des bâtisseurs — et sur les finances de la Ville.

Il n'en reste rien. Le 24 mai 1871, dans les derniers jours de la Commune, les communards incendient l'Hôtel de Ville tandis que les troupes versaillaises reprennent Paris quartier par quartier. Le palais de Boccador brûle avec ses archives et sa bibliothèque. On le reconstruira de 1873 à 1882, à l'identique mais agrandi, sous la direction de Théodore Ballu et Édouard Deperthes. L'édifice que l'on admire aujourd'hui est cette réplique tardive : la pierre de Viole et sa plaque de cuivre ont disparu dans les flammes.

Reste le nom du sol. On appelait cet endroit la Grève — une plage de sable et de gravier au bord du fleuve, où les sans-travail venaient guetter l'embauche, d'où nos expressions « être en grève », « faire grève ». Rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville en 1803, la Grève avait été tour à tour port, lieu de fête et lieu de supplices. Que ce théâtre du pouvoir municipal ait fini réduit en cendres par une insurrection ouvrière n'aura pas échappé à Marx : dans La Guerre civile en France, il fait de la Commune la tentative de la classe ouvrière de reprendre à son compte une machine d'État jusque-là dressée contre elle.

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Événement
1529
24 mars 1529 — Collège des Trois langues/Collège des Lecteurs royaux/Collège de France
p 71
Le 24 mars 1529, François Ier crée le Collège des trois langues — grec, latin, hébreu. L'enseignement y est gratuit et public. C'est l'acte de naissance de ce qui deviendra, trois siècles plus tard, le Collège de France. …

Le 24 mars 1529, François Ier crée le Collège des trois langues — grec, latin, hébreu. L'enseignement y est gratuit et public. C'est l'acte de naissance de ce qui deviendra, trois siècles plus tard, le Collège de France.

L'initiative revient à Guillaume Budé, le plus grand humaniste français de son temps, qui convainc le roi depuis des années. L'enjeu est considérable : la Sorbonne, dominée par les théologiens, enseigne un latin scolastique figé et ignore le grec et l'hébreu — langues pourtant indispensables pour lire les textes antiques et les Écritures dans leur version originale. Les humanistes, qui veulent retourner aux sources, ad fontes, se heurtent depuis des décennies à cette muraille.

En créant des lecteurs royaux — des professeurs payés directement par le roi, hors de la tutelle universitaire — François Ier court-circuite la Sorbonne et place la philologie, la philosophie antique et la lecture critique au cœur de l'enseignement parisien. La Sorbonne répond par la condamnation des Évangiles annotés d'Érasme, par la méfiance envers tout ce qui ressemble à du libre examen.

Ce Collège des lecteurs royaux n'a pas de bâtiment propre au départ — les cours se tiennent où ils peuvent. Il faudra attendre 1610 pour que Henri IV lui consacre un édifice place Marcellin Berthelot, et 1778 pour que l'institution prenne officiellement le nom de Collège de France. Elle y est toujours.

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Événement
1542
1542 — Pilori des Halles/Pilori du Roi (pilori sur lequel les condamnés étaient exposés maintenus dans un carcan rotatif)
p 71
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Événement
Événement
1588
12 mai 1588
p 79
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1588
12 mai 1588
p 79
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1588
12 mai 1588 — Carrefour St Séverin/Journée des Barricades
p 79
Des chaînes tendues en travers des rues, des tonneaux remplis de terre : ce jour-là, Paris invente la barricade. Au printemps 1588, la huitième guerre de Religion déchire le royaume. Le roi Henri III n’a pas d’enfant, et …

Des chaînes tendues en travers des rues, des tonneaux remplis de terre : ce jour-là, Paris invente la barricade.

Au printemps 1588, la huitième guerre de Religion déchire le royaume. Le roi Henri III n’a pas d’enfant, et son héritier est un protestant, Henri de Navarre. Paris, ardemment catholique, se range derrière le chef de la Sainte Ligue, Henri de Guise, et derrière le « Conseil des Seize », qui tient les quartiers. Le 9 mai, bravant l’interdiction du roi, Guise entre dans la ville et se présente au Louvre. Henri III, qui craint pour sa vie, fait venir des Gardes suisses et des Gardes françaises. C’est violer un privilège de la ville : aucune troupe étrangère ne doit y séjourner.

Le matin du 12 mai, les soldats entrent par la porte Saint-Honoré et vont occuper, tambour battant, le cimetière des Innocents, la place de Grève, le Marché-Neuf, le Petit-Pont et le pont Saint-Michel. Les Parisiens ferment boutique et courent aux armes. La rive gauche s’embrase la première : autour du carrefour Saint-Séverin et de la place Maubert, que tiennent les écoliers et les bateliers, on tend les chaînes en travers des rues et l’on bouche les passages avec des poutres et des tonneaux remplis de terre et de fumier. Ces barriques donnent son nom à la journée. Paris n’avait jamais rien vu de tel ; on compte bientôt quelque 1 200 barricades, et le mot entre dans la langue.

Les troupes royales se retrouvent prises au piège entre les ponts, incapables du moindre mouvement ; une soixantaine de soldats sont tués. Guise a attendu son heure. Quand l’émeute a triomphé, il sort de son hôtel à cheval, une simple baguette à la main, apaise la foule comme par magie et fait reconduire les Gardes au Louvre, en rangs rompus, tête nue et armes renversées.

Humilié, le roi quitte secrètement sa capitale dès le lendemain par la porte Neuve ; il n’y rentrera plus. Maître de Paris, Guise lui impose l’édit d’Union, par lequel le roi s’engage à ne conclure aucune paix avec les hérétiques, et se fait nommer lieutenant général du royaume. La revanche d’Henri III sera sanglante : le 23 décembre suivant, il fait assassiner le duc de Guise au château de Blois.

Le mot, lui, fera fortune. Paris dressera encore des barricades pendant la Fronde en 1648, puis en 1830, en 1848 et en 1871, et jusqu’au Quartier latin de mai 1968, à quelques rues du carrefour Saint-Séverin.

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Événement
1588
12 mai 1588
p 79
Repère de la Ligue où se déroulent de violents combats lors de la Journée des Barricades ; peut-être la première apparition de cette "spécialité" très parisienne
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Événement
Événement
1565
1565
p 85-86
Cour de l'ex Hôtel des Tournelles transformée en marché aux chevaux
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Événement
1800
1800
p 85-86
Place des Fédérés en 1792, de l'Indivisibilité en 1793, puis des Vosges en l'honneur du 1er département ayant acquitté ses impôts à la République
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Événement
1635
1635 — Porte Montmartre/Enceinte de Louis XIII
p 90
Construction de la 3ème porte Montmartre de l'enceinte dite des Fossés Jaunes
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Événement
1634
1634 — Porte St Honoré/Enceinte de Louis XIII
p 90
Construction de la 3ème porte St Honoré, élément de l'enceinte de Louis XIII
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Événement
1633
Événement
1634
1634 — Porte de Richelieu/Enceinte de Louis XIII
p 90
Construction de la porte Richelieu de l'enceinte dite des Fossés Jaunes
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Événement
1637
1637 — Porte St Louis/Enceinte de Louis XIII
p 90
Construction de la porte St Louis de l'enceinte dite de Louis XIII
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Événement
1636
1636 — Vieille porte du Roule/Fausse porte St Honoré/Enceinte de Louis XIII
p 90
Il s'agissait en réalité de la barrière du Roule ou vieille Porte du Roule, qui ne faisait pas partie de l'enceinte de Louis XIII.
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Événement
1631
1631
p 90
Les Grands Boulevards sont aménagés sur l'emplacement de l'enceinte de Louis XIII
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Événement
1593
1593
p 90 & 269
Porte de la Conférence de l'enceinte de Louis XIII, ainsi nommée en souvenir de la première négociation entre Henri IV et la Ligue ; plan sur le mur de la terrasse du Bord de l'Eau
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Événement
1566
12 juin 1566
p 90
Pose de la première pierre de l'enceinte de Louis XIII, près de la Porte Neuve
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Événement
1645
1645 — Poterne de la Poissonnerie (rebaptisée porte Ste Anne en 1685)/Enceinte de Louis XIII
p 90
Poterne ouverte dans l'enceinte de Louis XIII pour faciliter l'entrée de la marée
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Événement
1613
1613
p 93
Cénacle réuni par Mme de Rambouillet et sa fille Julie d'Angennes. Centre intellectuel parisien de la première moitié du 17ème siècle
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Événement
Événement
Événement
1648
26 août 1648 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 96-97
Un Te Deum pour une victoire, puis deux arrestations : il n’en faut pas plus pour que Paris se hérisse de barricades. Le 26 août 1648, Notre-Dame célèbre par un Te Deum la victoire remportée six jours plus tôt à Lens par …

Un Te Deum pour une victoire, puis deux arrestations : il n’en faut pas plus pour que Paris se hérisse de barricades.

Le 26 août 1648, Notre-Dame célèbre par un Te Deum la victoire remportée six jours plus tôt à Lens par le prince de Condé sur les Espagnols. La régente Anne d’Autriche et son ministre, le cardinal Mazarin, profitent de ce jour de fête pour frapper le parlement de Paris, qui leur tient tête depuis des mois. Deux conseillers sont arrêtés : René Potier de Blancmesnil et surtout Pierre Broussel, un magistrat de soixante-treize ans que sa lutte contre les nouvelles taxes a rendu très populaire. On l’appelle le « père du peuple ». Un troisième conseiller, Louis Charton, parvient à s’échapper.

La nouvelle se répand aussitôt. Des attroupements se forment, rue de l’Arbre-Sec d’abord ; on les disperse durement, le sang coule, et la colère gagne toute la ville. Les chaînes sont tendues en travers des rues, et de deux cents à plus de six cents barricades, ornées de drapeaux, se dressent aux cris de « Vive le Roi ! Point de Mazarin ! ». C’est au ministre qu’on en veut, pas au jeune Louis XIV.

Le parlement se rend en corps au Palais-Royal pour réclamer les prisonniers. Deux fois, la reine refuse avec aigreur. Sur le chemin du retour, les magistrats sont arrêtés à la barricade de la Croix du Trahoir, au carrefour de la rue de l’Arbre-Sec et de la rue Saint-Honoré. Un armurier du quartier, Raguenet, capitaine de la garde bourgeoise, saisit le premier président Mathieu Molé par le bras et lui appuie un pistolet sur le visage : « Tourne, traître, si tu ne veux être massacré toi et les tiens ; ramène-nous Broussel ! » Molé écarte l’arme sans se troubler et retourne au Palais-Royal à petits pas, sous les injures. Cette fois, la régente cède.

Paris ne désarme pas pour autant : il veut voir Broussel libre. Le vieux conseiller reparaît le lendemain matin, salué par des salves d’artillerie, et la foule le porte en triomphe jusqu’à sa maison. Le calme ne revient que le 29 août. La Fronde a commencé ; elle durera cinq ans.

Nommé prévôt des marchands par les Frondeurs en 1651, Broussel sera exclu de l’amnistie et mourra en exil. Alexandre Dumas a fait de son arrestation un épisode de « Vingt ans après », et le musée Carnavalet conserve son portrait en robe de conseiller, peint en 1653. Au carrefour de la Croix du Trahoir s’élève aujourd’hui la fontaine construite par Soufflot en 1776.

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Événement
1648
27 août 1648
p 96-97
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1648
27 août 1648
p 96-97
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1722
1722 — Hôtel des Pompes/État-major des pompiers/Demeure de François Dumouriez du Périer
p 106 & 269
Mort du créateur du corps des pompiers de Paris ; l'office était rempli jusqu'alors par des moines mendiants Capucins
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Événement
1673
17 février 1673 — Maison du tailleur Baudelet/Demeure de Molière (à partir de 1672)
p 108
Mort de Molière après une attaque survenue au Petit Cardinal, lors de la 4ème représentation du "Malade imaginaire" Le 17 février 1673, Molière vit une de ces soirées où la scène et la vie se confondent dangereusement. I …

Mort de Molière après une attaque survenue au Petit Cardinal, lors de la 4ème représentation du "Malade imaginaire"

Le 17 février 1673, Molière vit une de ces soirées où la scène et la vie se confondent dangereusement. Il joue pour la quatrième fois Le Malade imaginaire au théâtre du Palais‑Royal, dans le rôle d’Argan, alors qu’il est lui‑même miné par une affection pulmonaire, amaigri, épuisé. Au cours de la représentation, pris de violentes quintes de toux et de crachements de sang, il vacille mais insiste pour terminer la pièce, refusant qu’on interrompe le spectacle.

Ce n’est donc pas « sur scène » qu’il meurt, mais peu après, dans sa maison de la rue de Richelieu, au 40 actuel, anciennement maison du tailleur Baudelet, qu’il occupe depuis 1672. Transporté du Petit‑Cardinal (salle du Palais‑Royal) à sa demeure, il y succombe vers dix heures du soir, entouré de quelques proches, avant même que puisse être appelée une assistance médicale efficace.

La bâtisse, issue des lotissements du Palais‑Cardinal de Richelieu, est alors une maison de rapport relativement récente, dont Baudelet, maître tailleur, a été un propriétaire notable avant Molière. Située « vis‑à‑vis de la fontaine, du côté qui donne sur le jardin du Palais‑Royal », elle offre au dramaturge un logement commode, à quelques pas seulement de son théâtre.

La mort de Molière dans cette maison nourrit très tôt la légende : on imagine le comédien expirant en costume, confondant son agonie avec celle d’Argan. Les recherches érudites du XIXᵉ siècle, notamment celles d’Auguste Vitu sur la « maison mortuaire », permettent de préciser l’adresse, l’histoire du bâtiment et son intégration dans le tissu issu des opérations immobilières de Richelieu. Aujourd’hui encore, la façade et l’escalier de l’immeuble, classés monuments historiques, rappellent ce dernier domicile où s’achève la vie de Jean‑Baptiste Poquelin, devenu Molière.

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Événement
1622
15 janvier 1622 — Pavillon des singes/Maison natale de Molière
p 108
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Événement
1718
1718 — Hôtel de Beaufort/Banque de Law
p 110
Installation de la banque générale de John Law, expert en agiotage ; l'Hôtel deviendra par la suite un bordel ; un lieu décidément voué à des activités peu honorables
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Événement
1728
1728 — Plaque gravée indiquant l'ancien nom de la rue
p 110
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Événement
1727
1er mai 1727 — Cimetière de l'église St Médard
p 110
Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lie …

Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu"

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Événement
1727
1727 — Église St Sulpice/Gnomon de St Sulpice/Méridienne de Paris
p 111
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Événement
1675
14 août 1675 — Mire du Nord//Mire du Méridien de Paris/Poteau de la Méridienne/Parc du Moulin de la Galette
p 111
Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre. Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près …

Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre.

Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près du moulin Blute-Fin, et y planta un poteau de bois. Le poteau marquait un point précis : celui où passait le méridien de Paris, à 2 931 toises et 2 pieds de l'Observatoire, vers le nord. C'était la mire du Nord.

Le méridien de Paris traversait l'Observatoire de Paris, construit en 1667 sur la rive gauche. Pour orienter avec précision les instruments astronomiques et mesurer l'arc du méridien, il fallait des points de repère visibles depuis l'Observatoire vers le nord et vers le sud. Picard avait mesuré quelques années plus tôt, entre 1669 et 1670, la longueur d'un arc du méridien pour déterminer le rayon de la Terre. C'est cette mesure que Newton utilisa pour vérifier sa théorie de la gravitation.

Giovanni Domenico Cassini, directeur de l'Observatoire appelé à Paris par Louis XIV, puis son fils Jacques Cassini poursuivirent le travail. En 1736, Jacques Cassini remplaça le poteau de bois de Picard par un monument de pierre de trois mètres de haut, un parallélépipède surmonté d'une pyramide à quatre faces portant une fleur de lys au sommet.

La mire du Nord est toujours visible dans le petit parc du Moulin de la Galette, au 1 rue Girardon dans le 18e arrondissement. Le méridien de Paris servit de méridien de référence mondial jusqu'en 1884, quand la conférence de Washington lui préféra celui de Greenwich. La France attendit 1911 pour l'accepter officiellement.

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Événement
1736
1736 — Mire du Nord (inaccessible, propriété privée ; Proudhon avait raison, s'agissant entre autres du patrimoine...)
p 111
Pyramide matérialisant le méridien de Paris ; pendant la Révolution, la fleur de Lys qui le surmontait est remplacée par un fer de pique
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Événement
1548
30 août 1548 — Hôtel de Bourgogne/Salle des Confrères de la Passion (de 1402)
p 114-117
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Événement
1629
1629 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (salle créée en 1548)
p 114-117
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Événement
1629
1629 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (salle créée en 1548)
p 114-117
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Événement
1629
1629 — Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (salle créée en 1548)
p 114-117
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Événement
1659
18 novembre 1659
p 114-117
Première des "Précieuses ridicules" par la troupe de Molière. Il créera également là son "Sganarelle ou le Cocu imaginaire" le 28 mai 1660
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Événement
1799
1799 — Comédie Française/Salle des Variétés Amusantes (en 1790)
p 117
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Événement
1689
18 avril 1689 — Jeu de paume de l'Étoile (ou de l'Estoile, de 1547)
p 117
Chassés par leurs voisins trop studieux du futur Institut de France, les Comédiens du Roi prennent leurs quartiers dans un ancien jeu de paume — en face d'un petit café qui n'a pas encore son heure de gloire. Le 18 avril …

Chassés par leurs voisins trop studieux du futur Institut de France, les Comédiens du Roi prennent leurs quartiers dans un ancien jeu de paume — en face d'un petit café qui n'a pas encore son heure de gloire.

Le 18 avril 1689, la troupe de la Comédie-Française inaugure sa nouvelle salle au 14 de la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Au programme : Phèdre de Racine et Le Médecin malgré lui de Molière — les deux auteurs tutélaires de la maison, associés pour l'ouverture comme un double parrainage. La troupe elle-même est jeune : elle n'a que neuf ans. Louis XIV l'a créée en 1680 par fusion autoritaire des comédiens de l'Hôtel Guénégaud et de ceux de l'Hôtel de Bourgogne, avec pour mission de « rendre les représentations des comédies plus parfaites ».

Le déménagement n'a rien d'un choix artistique. Depuis 1680, la troupe joue à l'Hôtel de Guénégaud, rue Mazarine. Juste à côté, sur le quai de Conti, s'élève depuis peu le Collège des Quatre-Nations — fondation posthume de Mazarin ouverte en 1688, le bâtiment conçu par Le Vau face au Louvre, qui abrite aujourd'hui l'Institut de France. Les académiciens, les enseignants et les étudiants supportent mal le voisinage des comédiens : les entractes bruyants, les carrosses dans les rues étroites, la fréquentation peu recommandable qui encombre le quartier aux heures de spectacle. Les plaintes remontent. Dès juin 1687, Louis XIV tranche : la troupe doit déguerpir de l'Hôtel Guénégaud.

On cherche un lieu de repli. Le choix se porte, à quelques centaines de mètres de là, sur un ancien jeu de paume — celui de l'Estoile, construit en 1547 — rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. L'emplacement est bon : faubourg animé mais encore à l'écart des grands flux, suffisamment éloigné du Collège pour ne plus gêner personne. La troupe achète le bâtiment et confie la transformation à François d'Orbay le Jeune, neveu et collaborateur du d'Orbay qui a travaillé avec Le Vau à Versailles et — précisément — au Collège des Quatre-Nations. Les travaux durent près de deux ans. Pendant ce temps, la troupe joue où elle peut, dans des salles provisoires. La nouvelle salle ouvre enfin le 18 avril 1689. Et pas n'importe laquelle : c'est la première salle italienne de Paris, à plan semi-elliptique, avec des galeries sur deux niveaux — une révolution architecturale qui servira de modèle aux théâtres français pendant un siècle.

La salle fonctionnera pendant exactement quatre-vingt-un ans. Quatre-vingt-un ans pendant lesquels elle voit passer à peu près tout ce que le théâtre français compte d'auteurs et d'acteurs : Regnard, Lesage, Marivaux, Voltaire, Beaumarchais. En face, au 13, un Italien nommé Francesco Procopio dei Coltelli a ouvert dès 1686 un établissement qui sert un produit encore nouveau — du café. La proximité est immédiate : les comédiens traversent la rue, les spectateurs aussi. Le Procope devient le vestibule informel du théâtre. Au XVIIIe siècle, on y croisera Voltaire, Diderot, Rousseau, Benjamin Franklin. Plus tard, Marat, Danton, Desmoulins. Le café deviendra un foyer révolutionnaire — mais c'est une autre histoire, qui commence précisément par cette adresse voisine et par cette installation d'avril 1689.

En 1770, la troupe part une fois encore. Les lieux sont jugés trop étroits, la salle vieillie, et l'on construit pour elle un théâtre neuf au faubourg Saint-Germain — le futur Odéon, qui ne sera achevé qu'en 1782. En attendant, la Comédie-Française se réfugie provisoirement dans la salle des Machines des Tuileries. La rue, elle, prend alors son nouveau nom : rue de l'Ancienne-Comédie. Les Parisiens préfèrent toujours nommer les choses par ce qu'elles ont été.

On passe aujourd'hui devant le 14 sans soupçonner qu'un théâtre s'y est tenu. Seule la plaque commémorative, et le nom de la rue, en gardent la trace.

Plaque de l'Ancienne Comédie Française,

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 126-128
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1789
15 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 128
Démolition de la Bastille, prise en charge, ou plutôt "en profit", par Pierre-François Palloy, qui fait sculpter des maquettes en pierre de la prison ; l'une d'elles se trouve aujourd'hui au musée Carnavalet
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Événement
1789
5 octobre 1789 — Place de Grève / Maison commune
p 129
Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin. À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’as …

Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin.

À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’assaut, alors que la récolte a été bonne : La Fayette parlera d’une « disette moitié réelle, moitié factice ». À Versailles, l’Assemblée piétine et le roi refuse toujours de sanctionner la Déclaration des droits de l’homme. Louis XVI a fait venir le régiment de Flandre, et le 1er octobre, au banquet que lui offrent les gardes du corps dans l’opéra du château, en présence de la famille royale, on a arraché des cocardes tricolores pour les remplacer par la cocarde blanche. À Paris, on crie à la provocation.

Le 5 octobre, dès sept heures du matin, des femmes se rassemblent sur la place de Grève, devant l’Hôtel de Ville. Beaucoup sont des Dames de la Halle — marchandes de poisson, de grain, de fruits ou de fripes, comme Reine Audu —, habituées à s’organiser, et persuadées que l’approvisionnement de la ville est leur affaire. Elles réclament le maire, Bailly, et le commandant de la Garde nationale, La Fayette ; aucun n’est là. Elles forcent alors les portes de la Maison commune, où l’on pille quelque six cents armes, et sonnent le tocsin. Un boulanger, accusé de vendre trop cher, est traîné jusque-là.

Vers dix heures, sous la pluie, un premier cortège de plusieurs milliers de femmes part demander du pain au roi lui-même. Elles tirent à mains nues des canons pris sur la place de Grève, suivent les quais jusqu’à la place Louis-XV, puis prennent la route de Sèvres, où elles trouvent portes closes. Un homme leur sert de porte-parole : Stanislas Maillard, un vainqueur de la Bastille, qui se présentera ensuite comme le chef de toute la marche. Six heures de route dans la boue : elles arrivent épuisées à Versailles vers seize heures.

Certaines envahissent la salle de l’Assemblée et vont jusqu’à s’asseoir dans le fauteuil du président. Une délégation est reçue par le roi ; Louison Chabry, une ouvrière de dix-sept ans chargée de parler pour les autres, ne peut que murmurer « du pain » avant de s’évanouir. Louis XVI promet de faire venir du grain, signe un décret sur les subsistances et, tard dans la soirée, accepte enfin la Déclaration des droits.

À Paris, La Fayette n’arrive à l’Hôtel de Ville qu’à quatorze heures et refuse de faire marcher la Garde nationale sans ordre de la Commune ; ses hommes ne partent qu’à dix-sept heures et atteignent Versailles vers minuit. Le général, épuisé, va se coucher sans vérifier les postes. À l’aube du 6 octobre, des émeutiers envahissent le château ; deux gardes du corps sont tués, et leurs têtes promenées au bout de piques. La reine s’enfuit chez le roi. La Fayette, enfin réveillé, calme les esprits ; la foule exige de voir le roi, et Louis XVI paraît au balcon avec la reine, qui porte le dauphin dans ses bras. Dans la cour, on crie : « À Paris ! »

À treize heures, le roi quitte Versailles. Un immense cortège de plus de trente mille hommes l’escorte ; les gardes nationaux portent chacun un pain piqué au bout de la baïonnette, et l’on crie qu’on ramène « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». À vingt heures, Bailly remet au roi les clés de Paris à l’Hôtel de Ville ; à vingt-deux heures, la famille royale arrive aux Tuileries, où rien n’est prêt pour la recevoir. L’Assemblée la suit quelques jours plus tard.

C’est le retour définitif, et contraint, de la monarchie dans sa capitale. Quand Louis XVI en sortira, en juin 1791, ce sera pour fuir.

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Événement
1790
14 juillet 1790
p 129-130
Cent mille fédérés, un roi, un autel de la patrie et un évêque qui retient son fou rire : au Champ-de-Mars, la France fête son unité. Un an jour pour jour après la prise de la Bastille, le 14 juillet 1790, Paris célèbre …

Cent mille fédérés, un roi, un autel de la patrie et un évêque qui retient son fou rire : au Champ-de-Mars, la France fête son unité.

Un an jour pour jour après la prise de la Bastille, le 14 juillet 1790, Paris célèbre la réconciliation de la France avec elle-même. L’idée est venue des provinces : depuis l’été 1789, les gardes nationales se « fédèrent » de ville en ville, comme à Lyon le 30 mai, et jurent ensemble fidélité à la Constitution. L’Assemblée constituante et La Fayette, commandant de la Garde nationale de Paris, décident d’en faire la fête de toute la Nation, au Champ-de-Mars.

Le chantier s’ouvre le 1er juillet. Il faut transformer l’esplanade en un cirque immense, capable d’accueillir cent mille spectateurs, avec en son centre l’autel de la patrie. Les 1 200 terrassiers n’avancent pas assez vite : on appelle les Parisiens à la rescousse, et ils accourent en masse. Ouvriers du faubourg Saint-Antoine et nobles, moines et bourgeois, courtisanes et dames des beaux quartiers manient la pelle côte à côte en chantant « Ah ! ça ira ». Louis XVI vient de Saint-Cloud donner un coup de pioche ; La Fayette travaille en manches de chemise.

Le jour venu, il pleut, mais l’enthousiasme n’en est pas entamé. Cent mille fédérés, venus des quatre-vingt-trois départements et de Paris, défilent avec leurs tambours et leurs drapeaux. Le roi prend place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La Fayette arrive sur un cheval blanc et jure le premier, au nom des gardes nationaux, de rester « fidèles à la nation, à la loi et au roi ». Vient la messe, célébrée sur l’autel de la patrie par l’évêque d’Autun, Talleyrand, entouré de trois cents prêtres en surplis. En montant sur l’estrade, il aurait glissé à La Fayette : « Par pitié, ne me faites pas rire. »

Le président de l’Assemblée prête serment à son tour, puis Louis XVI, qui jure de maintenir la Constitution. La reine soulève le dauphin et le montre à la foule, qui lui répond par mille cris de « Vive le roi ! ». On chante un Te Deum, on s’embrasse, on se sépare au milieu des vivats.

L’unité ne survivra pas longtemps à la fête. Moins d’un an plus tard, le roi s’enfuit jusqu’à Varennes ; et c’est encore au Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791, que la Garde nationale de La Fayette tirera sur des milliers de pétitionnaires venus réclamer sa déchéance.

Quand la République se choisit une fête nationale, en 1880, elle retient le 14 juillet, en souvenir de la Bastille, mais aussi de la Fédération.

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Événement
1789
6 octobre 1789 — Palais des Tuileries (de 1564)
p 129
Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi. Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les …

Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi.

Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les Champs-Élysées sous la pluie, armées de piques, de couteaux de cuisine et de quelques canons traînés à bras. Reine Audu marche en tête, Stanislas Maillard négocie, Théroigne de Méricourt est de la partie. La Garde nationale de La Fayette a suivi, contrainte par ses propres soldats.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, la foule force les grilles du château de Versailles. Des gardes du corps sont tués. Marie-Antoinette fuit ses appartements par un passage dérobé. Au matin, la foule réclame le roi au balcon. Louis XVI paraît. Puis la reine, seule, sous les huées, qui s'incline longuement. La Fayette lui baise la main : le geste calme la place.

Puis vient la demande de fond : que le roi vienne à Paris. Louis XVI accepte. Le 6 octobre 1789, dans l'après-midi, le cortège reprend la route en sens inverse. Devant, les femmes portent des pains au bout de leurs piques et chantent qu'elles ramènent "le boulanger, la boulangère et le petit mitron." Derrière suivent les carrosses royaux, la Garde nationale, cent chariots de blé pris aux réserves de Versailles.

À l'Hôtel de Ville, Bailly, maire de Paris, accueille la famille royale. La réception est enthousiaste. On croit encore possible une monarchie constitutionnelle réconciliée avec son peuple. Le roi prononce quelques mots aimables.

Puis la famille royale gagne le palais des Tuileries, inhabité depuis Louis XIV, poussiéreux, mal chauffé. Elle y sera de fait assignée à résidence. Le roi ne quittera plus Paris que pour la fuite manquée de Varennes en juin 1791, qui achèvera de ruiner sa crédibilité.

Le pouvoir a changé de lieu. Versailles était le château où le roi convoquait la France ; les Tuileries sont le palais où Paris surveille le roi. En un jour et une nuit, des femmes qui réclamaient du pain ont déplacé le centre politique du royaume. L'Assemblée constituante suivra le mouvement et s'installera à Paris quelques jours plus tard.

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Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries (péristyle du pavillon central au pied du grand escalier)
p 130
Les Marseillais entrent les premiers aux Tuileries ; la prise du palais marque la fin de la monarchie
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Événement
1752
16 mars 1752 — Maison natale d'Antoine-Joseph Santerre (brasserie paternelle)
p 130
Naissance du meneur des insurrections des 20 juin et 10 août 1792
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force (à partir de 1780)/Massacres de Septembre
p 131-132
Prison pour dettes puis prison politique ; une de celles où se produisirent les massacres de septembre
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Événement
1792
1792 — Église St Louis des Invalides/Temple de l'Humanité
p 132
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Événement
1794
1er octobre 1794 — Muséum d'histoire naturelle (amphithéâtre)
p 134
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Événement
Événement
1804
2 décembre 1804 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 138
Le pape est venu de Rome pour le sacrer. Au moment décisif, Napoléon prend la couronne sur l’autel et la pose lui-même sur sa tête. Le dimanche 2 décembre 1804, Paris sacre un empereur. Proclamé le 18 mai, approuvé par p …

Le pape est venu de Rome pour le sacrer. Au moment décisif, Napoléon prend la couronne sur l’autel et la pose lui-même sur sa tête.

Le dimanche 2 décembre 1804, Paris sacre un empereur. Proclamé le 18 mai, approuvé par plébiscite à plus de 99,9 %, Napoléon Bonaparte veut une cérémonie qui hisse son clan au rang des grandes dynasties d’Europe. « Si notre père nous voyait ! », aurait-il glissé à son frère Joseph pendant les préparatifs. Il se veut l’héritier de Charlemagne plutôt que des Capétiens, trop liés aux Bourbons détrônés, et a pris pour emblème l’abeille, en souvenir des abeilles d’or trouvées dans le tombeau de Childéric, le père de Clovis. Les regalia des rois de France ayant été fondus sous la Révolution, on récupère l’un des rares rescapés, le sceptre de Charles V, et l’on commande à l’orfèvre Biennais couronnes et main de justice.

Il a fait venir le pape Pie VII, mais sans lui accorder d’entrée solennelle dans Paris : on a arrangé une rencontre « fortuite » en forêt de Fontainebleau. Le pape, de son côté, a posé ses conditions : pas de sacre sans mariage religieux. Dans la nuit du 1er décembre, le cardinal Fesch marie Napoléon et Joséphine aux Tuileries.

Notre-Dame, abîmée par la Révolution, a été réparée et transformée en décor : tribunes dans les bas-côtés, tentures aux armes impériales, un trône sous un dais pour le pape près du chœur, un autre pour l’empereur sur une estrade dressée au milieu de la nef, à la place de l’ancien jubé. Le matin, le cortège pontifical quitte les Tuileries à neuf heures ; Pie VII entre dans la cathédrale vers 10 h 30. Suit le cortège impérial, vingt-cinq voitures escortées de cavalerie sous les ordres de Murat. Dans l’immense nef, le froid est terrible : l’ambassadeur de la République batave plaint les dames, à qui le cérémonial interdit de se couvrir d’un châle.

La cérémonie dure près de cinq heures. Sous son énorme manteau d’hermine, une couronne de laurier sur la tête, l’empereur ressemble, écrit Mme de Rémusat, à « une médaille antique » ; « il était d’une pâleur extrême, véritablement ému ». Le pape bénit l’anneau, l’épée, le manteau, la main de justice, le sceptre ; mais quand vient la couronne, posée sur l’autel, Napoléon la prend lui-même et la pose sur sa tête, avant de couronner Joséphine, agenouillée devant lui. Pie VII, qui a eu toute la journée, selon la même mémorialiste, « l’air d’une victime résignée », donne l’accolade à l’empereur : « Vivat Imperator in aeternum ! » Napoléon jure, la main sur les Évangiles, de maintenir l’intégrité du territoire, l’égalité des droits et l’irrévocabilité des ventes de biens nationaux, puis le héraut d’armes le proclame « sacré et intronisé ». À la sortie, cent un coups de canon saluent le nouvel empereur, et décembre se passe en fêtes.

Jacques-Louis David a tiré de la journée deux toiles immenses, « Le Sacre de Napoléon » et « La Distribution des aigles ». Du décor, presque rien ne subsiste : le chœur baroque de Robert de Cotte, dont on voit les parements de marbre sur la toile de David, a été démonté lors de la restauration de Viollet-le-Duc. La couronne de laurier d’or, dont Napoléon avait fait ôter six feuilles parce qu’il la jugeait trop lourde, a été détruite sous la Restauration ; il n’en reste que deux feuilles connues, dont l’une au château de Fontainebleau. Des voitures du cortège, cinq sont conservées dans la galerie des Carrosses du château de Versailles.

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Événement
1814
30 mars 1814 — Moulin de la Galette (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Moulin Radet/Moulin à vent
p 139-140
Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmar …

Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmartroise"

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Événement
1814
30 mars 1814 — Cimetière de l'Est/Cimetière du Père Lachaise
p 139-140
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Événement
1814
30 mars 1814 — Carrières de la butte de Chaumont
p 139-140
Le 30 mars 1814, lors de la bataille de Paris, les troupes françaises du général Michel Ordener opposent une forte résistance aux forces coalisées à la place Armand Carrel, dans le quartier de Belleville. Cette position …

Le 30 mars 1814, lors de la bataille de Paris, les troupes françaises du général Michel Ordener opposent une forte résistance aux forces coalisées à la place Armand Carrel, dans le quartier de Belleville. Cette position fait partie des défenses tenues par le 6e corps du maréchal Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont, déployé autour de Romainville et du Pré-Saint-Gervais.

Malgré cette résistance acharnée, Marmont ordonne au général Étienne Bordesoulle de faire cesser le combat. Bordesoulle commande la cavalerie qui soutient les positions françaises dans le secteur de Charonne et Ménilmontant, proche de la place Armand Carrel. Le maréchal Édouard Mortier couvre le flanc nord avec son corps d'armée, tandis que les généraux Louis Pierre Aimé Chastel et Henri Catherine Balthazard Vincent participent aux manœuvres défensives.

Ce jour-là, les coalisés attaquent sur plusieurs fronts, forçant les Français à se replier. Marmont réorganise ses divisions dispersées après des contre-attaques russes, mais manque de réserves. Les combats s'intensifient autour de Romainville et Pantin, où les troupes françaises, harassées, tiennent le plateau avant de céder du terrain.

L'ordre de cessation marque le début des négociations de capitulation, signée dans la nuit du 31 mars. Paris tombe aux mains des alliés, concluant la campagne de France par la retraite des défenseurs.

Bataille de Paris - 1814: Entrée des Russes à Paris

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Événement
1814
30 mars 1814 — Folie Sandrin (de 1774)
p 139-140
QG du général de Langeron, au service des russes, pendant le siège de la capitale par les coalisés
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Événement
1814
30 mars 1814 — Cabaret du Père Lathuille/Barrière de Clichy
p 139-140
QG du général Moncey lors des combats contre les cosaques de Langeron
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Événement
1799
1799 — Demeure de Philippe Lebon
p 140-141
Lebon invente l'éclairage et le chauffage au gaz ; Chaptal dirige les essais
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Événement
1817
1817 — Passage des Panoramas
p 140-141
Premiers essais à Paris de l'éclairage et du chauffage au gaz
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Événement
1817
1817 — Hôtel de Seignelay/Demeure de Philippe Lebon
p 140-141
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Événement
1815
1815 — Premier Café de la Régence (souvent confondu avec le second, au 161 rue St Honoré)
p 144
Café fréquenté par les "demi-soldes", officiers de l'armée napoléonienne démobilisés ; heurts fréquents avec les officiers royalistes
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Événement
1792
1792 — Cimetière de la Madeleine
p 144-145
Chapelle expiatoire de 1816, sur l'emplacement du charnier des exécutions de la Concorde
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Événement
1815
7 décembre 1815 — Lieu de l'exécution du maréchal Ney
p 144
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Événement
1820
13 février 1820 — Salle Louvois/Opéra de Paris
p 145
Il vient de raccompagner sa femme à sa voiture et revient voir la fin du spectacle. Un homme surgit « comme une flèche ». C’est le dimanche gras, 13 février 1820. L’Opéra de Paris joue alors rue de Richelieu, dans la sal …

Il vient de raccompagner sa femme à sa voiture et revient voir la fin du spectacle. Un homme surgit « comme une flèche ».

C’est le dimanche gras, 13 février 1820. L’Opéra de Paris joue alors rue de Richelieu, dans la salle qui occupait l’emplacement de l’actuel square Louvois. Le duc de Berry y assiste au spectacle avec son épouse. Second fils du comte d’Artois — le futur Charles X —, neveu du roi Louis XVIII, qui n’a pas d’enfant, il est le seul prince de la famille royale qui puisse encore lui donner un héritier : l’avenir de la dynastie repose sur lui. À l’entracte, vers onze heures du soir, il raccompagne sa femme à sa voiture puis revient à pied vers l’entrée, sans chapeau ni manteau. Un homme surgit devant la voiture et le frappe à la poitrine. Le prince croit d’abord à un coup de poing : « Ah ! C’est un poignard, je suis mort ! »

L’arme est une alêne longue de vingt-cinq centimètres, que les Archives nationales conservent encore. Le duc a la force de l’arracher lui-même avant de perdre connaissance. Transporté dans une salle du théâtre, il agonise toute la nuit, demandant, dit-on, « grâce pour l’homme » qui l’a frappé. Sur son lit de mort, la famille royale reconnaît les enfants qu’il a eus en Angleterre, pendant l’émigration, avec Amy Brown. Il meurt à six heures et demie du matin.

Le meurtrier, Louis Pierre Louvel, est arrêté sur-le-champ. Ouvrier sellier né à Versailles, ancien soldat de la Garde impériale, il a suivi Napoléon à l’île d’Elbe. Il a agi seul, par conviction, au terme d’un projet médité depuis des années : il n’a aucune haine contre sa victime, il veut « détruire la souche » des Bourbons. Dès 1814, il était allé jusqu’à Calais dans le même dessein, quand Louis XVIII devait y débarquer. Devant ses juges, il ne renie rien : les Bourbons, dit-il, n’avaient pas le droit de revenir régner en France. Il est guillotiné place de Grève le 7 juin 1820.

Il échoue pourtant. Le 29 septembre suivant naît le fils posthume du duc, le duc de Bordeaux, que les royalistes surnomment aussitôt « l’enfant du miracle ». Mais l’attentat emporte le principal ministre de Louis XVIII, Élie Decazes, que les ultras jugeaient trop libéral et tenaient pour responsable du crime. Chateaubriand a ce mot cruel : « le pied lui a glissé dans le sang ». La voie est libre pour les ultras.

Louis XVIII fait raser la salle pour effacer le lieu du crime, et l’on entreprend d’y élever un monument expiatoire, qui doit abriter un tombeau sculpté par Dupaty, Cortot et Cartelier. La révolution de 1830 balaie le projet. Le monument funéraire, relégué à Saint-Denis, restera plus d’un siècle dans un débarras avant d’être remonté en 1976 derrière le chevet de la basilique. Sur l’emplacement de l’Opéra s’étend aujourd’hui le square Louvois, où Louis Visconti a dressé en 1844 une fontaine aux quatre grands fleuves de France : la Seine, la Garonne, la Loire et la Saône.

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Événement
1822
21 septembre 1822
p 145
Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui. Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raou …

Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui.

Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin. Vingt à vingt-six ans. Sergents dans le 45e régiment d'infanterie de ligne, cantonné à La Rochelle en janvier 1822. Dans le secret de leur caserne, ils ont fondé une "vente" de la Charbonnerie, société secrète d'inspiration jacobine qui milite contre la Restauration. Leur rêve : renverser le régime de Louis XVIII, rétablir les libertés de 1789.

Le complot est éventé. Le procès se tient du 21 août au 5 septembre 1822. Les quatre sergents refusent de trahir leurs complices, dont plusieurs siégeront un jour dans les rangs du libéralisme et du républicanisme français. Ils sont condamnés à mort. La cour royale rejette le pourvoi en cassation.

Le 21 septembre 1822, à l'aube, ils sont conduits en place de Grève, devant l'Hôtel de Ville. La foule est dense. La guillotine fonctionne. Bories, le premier, embrasse ses camarades avant de monter à l'échafaud. Les témoins rapportent qu'ils gardent une dignité calme, comme des hommes qui savent pourquoi ils meurent.

Dans cette foule se trouve un lycéen de dix-sept ans, Louis-Auguste Blanqui, fils d'un ancien fonctionnaire de la République. Il a suivi le procès dans les journaux ; il est venu voir mourir ces hommes. Selon son biographe, il repart de la place de Grève avec une résolution qui ne le quittera plus jamais : venger les martyrs de la liberté. Dès 1823, il adhère à la Charbonnerie. Il passera la majeure partie de sa vie en prison pour activité révolutionnaire, au total plus de trente-trois ans de détention.

L'émeute éclate au moment de l'exécution. Des étudiants, des ouvriers, des républicains tentent de s'interposer. La garde les disperse. L'Europe libérale pleure les Quatre Sergents. Un monument leur est dédié au cimetière du Montparnasse. Les générations suivantes de républicains sauront leurs noms. Ce sont les martyrs qui forment les révolutionnaires.

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Événement
1822
21 janvier 1822 — Cabaret du Roi Clovis
p 145
Lieu de réunions des Quatre sergents de La Rochelle, dans le cadre d'un complot républicain fomenté par la Charbonnerie
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Événement
1822
21 septembre 1822 — Cimetière Montparnasse/Monument des Quatre sergents de La Rochelle
p 145
Sous la Restauration, quatre sergents du 45e régiment de ligne, Jean-François Bories, Jean-Joseph Pomier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin, âgés de 20 à 26 ans, fondent dans leur unité une vente de la Charbonnerie, …

Sous la Restauration, quatre sergents du 45e régiment de ligne, Jean-François Bories, Jean-Joseph Pomier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin, âgés de 20 à 26 ans, fondent dans leur unité une vente de la Charbonnerie, société secrète qui complote contre le régime de Louis XVIII. Jugés par la cour d’assises de la Seine, ils refusent de livrer leurs chefs, au premier rang desquels La Fayette, et sont guillotinés en place de Grève le 21 septembre 1822 ; tous crient « Vive la liberté ! ». Inhumés au cimetière Sainte-Catherine, leurs restes sont transférés en 1830 au Montparnasse, dans la 8e division, sous une colonnette qui porte leurs noms, au bord de l’allée des Sergents de La Rochelle. Sous la Commune, des communards exécutent leur dénonciateur, l’ancien sergent Goupillon.

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Événement
1827
1827
p 145
Reconstitution d'un combat de l'expédition d'Espagne de 1823, qui a donné son nom à la construction édifiée en vis à vis, sur la colline de Chaillot, le "Trocadéro"
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Événement
1830
29 juillet 1830 — Caserne de Babylone/Caserne de gardes-françaises
p 146-148
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Hôtel des Fermes/Siège du journal "Le Courrier français" (fondé le 21 juin 1819)
p 146-148
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Événement
1830
26 juillet 1830 — Imprimerie du journal “Le National”
p 146-148
Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent. Les ordonnances …

Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent.

Les ordonnances de Saint-Cloud, signées le 25 juillet par Charles X sur les conseils du ministre ultra-royaliste Jules de Polignac, suspendaient la liberté de la presse, dissolvaient la Chambre des députés avant même qu'elle ne siège, et réduisaient le droit de vote. C'était un coup de force contre la Charte de 1814.

Le 26 juillet, les rédacteurs des journaux d'opposition se réunirent à l'imprimerie du National, au 36 de la rue Saint-Marc. Adolphe Thiers — journaliste et historien de trente-deux ans, co-fondateur du National — était parmi les principaux rédacteurs d'une protestation qui déclarait les ordonnances illégales et relevait les citoyens de leur devoir d'obéissance. Quarante-trois journalistes signèrent. Au même moment, à l'Institut de France, le savant François Arago prenait la parole contre les ordonnances devant l'Académie.

Le lendemain, 27 juillet, les presses du National furent saisies par la police — mais le texte avait déjà circulé dans Paris. Des barricades apparurent dans les rues. Le 28, les combats s'intensifièrent. Le 29, les troupes royales se retirèrent. Ce furent les Trois Glorieuses. Charles X abdiqua le 2 août.

Adolphe Thiers, rédacteur de la protestation du 26 juillet 1830, devint quarante et un ans plus tard le premier président de la IIIe République — après avoir écrasé la Commune.

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Événement
1831
14 février 1831 — Église St Germain l'Auxerrois
p 149
Saccage de l'église lors du service funéraire anniversaire du duc de Berry, à l'occasion duquel avait été organisée une quête au bénéfice des Suisses blessés en juillet 1830
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Événement
1835
28 juillet 1835 — Appartement loué par Giuseppe Fieschi
p 150
Attentat manqué de Fieschi contre Louis-Philippe à l'aide d'une machine infernale ; il fait 19 morts. Fieschi avait travaillé comme indicateur pour le préfet Baude
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue de la Chanverrerie (Chanvrerie)/Barricade en 1832/Cabaret du père Hucheloup
p 150
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Événement
1832
6 juin 1832 — Cloître St Méry/État-major des Insurgés de 1832
p 150
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Événement
1832
5 juin 1832
p 150
Les funérailles du général Lamarque sont le prétexte de l'insurrection de 1832
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Événement
1832
5 juin 1832 — Chapelle du couvent des Dames de l'Assomption
p 150
Point de départ du cortège funèbre lors des obsèques du général Lamarque
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Événement
1832
5 juin 1832
p 150
Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour d …

Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour des Bourbon

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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue St Merry (commandée par Eugène Charles Jeanne)/Barricade en 1832
p 150
Prise de la dernière barricade, que commande Bonjour, par la 6ème légion de la Garde nationale ; épisode décrit par Hugo dans "Les Misérables"
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Événement
1845
1845 — Enceinte de Thiers (bastions n° 49 et 50)/Porte de Sablonville/Les Fortifs
p 151
Porte de l'enceinte de Thiers ; les Fortifs pour les parisiens
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Événement
1841
1841 — Enceinte de Thiers (bastion n° 48)/Porte de la Révolte/Les Fortifs
p 151
Porte de l'enceinte de Thiers supprimée dès 1860 et remplacée par la Porte Champerret
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Événement
1848
24 février 1848
p 155
Attaque du poste du Château d'Eau par les insurgés ; dernier bastion de résistance de l'armée. Sa chute marque celle de la royauté. 38 insurgés et 11 soldats furent tués dans ces combats
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 157 & 265
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
p 160
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1799
18 mai 1799 — Demeure de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (construite en 1789)
p 265-266
Mort de Beaumarchais dans son Hôtel, construit sur un bastion de l'enceinte de Louis XIII, entouré d'un magnifique jardin
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Événement
1871
12 mai 1871 — Demeure de Daniel-François-Esprit Auber (à partir de 1839)
p 265
Mort du compositeur Daniel-François-Esprit Auber, directeur du Conservatoire après Luigi Cherubini
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Événement
1875
25 juin 1875 — Demeure d'Antoine-Louis Barye
p 265
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Événement
1793
10 juillet 1793 — Demeure de Marie-Rose Vernet/Cachette de Condorcet
p 266
Dans les guides pressés, on lit que Condorcet, traqué sous la Terreur, se réfugia « chez la veuve du peintre Joseph Vernet ». L'erreur est tenace. Sa logeuse s'appelait Marie-Rose Boucher, veuve de Louis-François Vernet …

Dans les guides pressés, on lit que Condorcet, traqué sous la Terreur, se réfugia « chez la veuve du peintre Joseph Vernet ». L'erreur est tenace. Sa logeuse s'appelait Marie-Rose Boucher, veuve de Louis-François Vernet — un sculpteur mort en 1784. Elle tenait une maison meublée rue des Fossoyeurs — rue étroite qui descend de Saint-Sulpice vers le Luxembourg, aujourd'hui rue Servandoni.

Le 8 juillet 1793, la Convention décrète l'arrestation des députés girondins. Condorcet est du lot : le mathématicien, l'académicien, qui avait refusé de voter la mort du roi, est désormais hors la loi. Les scellés sont posés sur son logement d'Auteuil. Averti à temps, il ne peut plus rentrer. Deux médecins de son cercle, Pinel et Boyer, frappent à la porte de la rue des Fossoyeurs.

La scène, rapportée par Arago, mérite qu'on s'y arrête. « Madame, nous voudrions sauver un proscrit. – Est-il honnête homme, est-il vertueux ? – Oui, Madame. – En ce cas, qu'il vienne ! » Marie-Rose Vernet ne demande pas le nom de l'homme qu'elle recueille : elle ne veut pas savoir. Elle abrite ainsi, au n° 21 de la rue — l'actuel n° 15 —, un homme dont la tête est mise à prix.

Il y restera neuf mois. Dans cette chambre, tandis que l'échafaud fonctionne à plein régime, Condorcet écrit le plus optimiste des livres : l'Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Quand il parle de partir, elle le retient d'une phrase : « La Convention, Monsieur, a le droit de mettre hors la loi : elle n'a pas le pouvoir de mettre hors de l'humanité ; vous resterez ! »

Il finit pourtant par céder, non à la peur, mais au scrupule. Le 25 mars 1794, il quitte la rue des Fossoyeurs. Une auberge de Clamart, une omelette commandée avec une maladresse d'aristocrate — combien d'œufs ? une douzaine — et le soupçon fait le reste. Arrêté, jeté dans un cachot de Bourg-l'Égalité, l'ancien Bourg-la-Reine, on l'y trouve mort le lendemain, 29 mars 1794. Poison dans une bague, épuisement : on ne sait au juste.

L'Esquisse fait de l'histoire la marche continue vers la raison — philosophie idéaliste que Marx et Engels retourneront dans l'Idéologie allemande, en substituant au progrès des idées le mouvement des conditions matérielles. Condorcet croyait la raison invincible ; on venait de lui prouver le contraire dans un cachot de banlieue.

Sur la façade du n° 15 de la rue Servandoni, une plaque rappelle aujourd'hui le refuge. Elle ne dit pas que la femme qui prononça ces mots n'était pas la veuve d'un peintre fameux, mais celle, presque oubliée, d'un modeste sculpteur.

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Événement
1775
1775 — École des Sourds de naissance/Institut national des Jeunes sourds
p 266-267
L'abbé de l'Épée fonde la première école pour sourds et muets, futur Institut national des Jeunes sourds. Il meurt dans cette maison le 23 décembre 1779
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Événement
1784
31 juillet 1784 — Hôtel de Bezons/Demeure de Denis Diderot (14 jours avant sa mort)
p 266
Catherine II, la tsarine de Russie lui avait loué un appartement plus accessible pour lui épargner l'escalier de la rue Taranne. Il y mourut quatorze jours après s'y être installé. L'auteur de l'Encyclopédie finissait sa …

Catherine II, la tsarine de Russie lui avait loué un appartement plus accessible pour lui épargner l'escalier de la rue Taranne. Il y mourut quatorze jours après s'y être installé. L'auteur de l'Encyclopédie finissait sa vie dans une location payée par un despote éclairé.

Denis Diderot était arrivé à Paris en 1728, fils d'un coutelier de Langres, pour y suivre des études de philosophie. En 1784, il en était à sa cinquante-sixième année de vie parisienne. Il avait coordonné vingt-huit volumes de l'Encyclopédie, passé trois mois à Vincennes sous les verrous, rompu avec Rousseau, correspondu avec Voltaire, Grimm et d'Alembert. Les portes de l'Académie française lui étaient restées fermées, bloquées par les dévots qui n'avaient pas pardonné l'Encyclopédie.

En 1765, Catherine II de Russie avait racheté sa bibliothèque pour quinze mille livres, lui laissant la charge d'en rester le conservateur jusqu'à sa mort, avec un traitement de bibliothécaire. Diderot était allé la remercier à Saint-Pétersbourg en 1773-1774. À son retour, il vivait rue Taranne, dans ce qui est aujourd'hui le 6e arrondissement, dans un appartement dont les escaliers devenaient difficiles à gravir pour le vieux philosophe.

Le baron Grimm, représentant de Catherine à Paris, fit louer à l'été 1784 un appartement de plain-pied plus commode, au 39 rue de Richelieu, non loin de la Bibliothèque royale. L'hôtel de Bezons, comme on l'appelait, était dans l'actuel 1er arrondissement. Diderot s'y installa autour du 17 juillet 1784.

Le 31 juillet, à table, il mourut. Il avait soixante-dix ans.

Il fut inhumé en l'église Saint-Roch, rue Saint-Honoré. Ses restes furent dispersés à la Révolution. L'Encyclopédie, elle, survécut.

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Événement
1848
4 juillet 1848 — Demeure de François-René de Chateaubriand (à partir d'août 1838)
p 266
Le 4 juillet 1848, François-René de Chateaubriand meurt dans son appartement du rez-de-chaussée, au fond de la cour. Il a soixante-dix-neuf ans. Sourd, presque aveugle, paralysé depuis plusieurs années. Il y a huit jours …

Le 4 juillet 1848, François-René de Chateaubriand meurt dans son appartement du rez-de-chaussée, au fond de la cour. Il a soixante-dix-neuf ans. Sourd, presque aveugle, paralysé depuis plusieurs années. Il y a huit jours à peine, les Journées de Juin ont ensanglanté Paris : les barricades ouvrières des faubourgs Saint-Antoine et du Temple écrasées par le général Cavaignac, plusieurs milliers de morts dans les rues. La Deuxième République, née en février dans l'allégresse, venait d'organiser son premier massacre. Les rues de Paris sentaient encore la poudre.

Chateaubriand a tout traversé. Émigré à Londres pendant la Terreur, il rentre sous le Consulat et publie en 1802 Le Génie du christianisme — qui réconcilie la France avec la foi après la décennie révolutionnaire. Atala, René : il pose les fondations du romantisme français. Ambassadeur à Berlin, à Londres, à Rome. Ministre des Affaires étrangères sous Louis XVIII. Pair de France. Et puis 1830 : il refuse de prêter serment à Louis-Philippe, démissionne, perd fonctions et revenus. Jusqu'au bout, il choisit la cohérence contre le confort.

Il lui reste ses Mémoires. Commencées vers 1809, retravaillées pendant trente ans — une autobiographie qui tient un siècle entier : l'Ancien Régime, la Révolution, l'Empire, les Restaurations. Ruiné, il en a vendu les droits en 1844 à Émile de Girardin, directeur de La Presse, contre une rente viagère. Tant que Chateaubriand vivra, rien ne sera publié. C'est le paradoxe qu'il a lui-même nommé : des Mémoires d'outre-tombe — rédigées pour être lues depuis la tombe. Au moment de sa mort, le manuscrit se trouve dans un coffre en bois, au pied du lit.

Juliette Récamier, dont l'appartement de l'Abbaye-aux-Bois est à quelques rues, le visitait jusqu'au bout — presque aveugle elle aussi. Elle mourra dix mois plus tard, le 11 mai 1849.

La sérialisation des Mémoires d'outre-tombe dans La Presse commence en octobre 1848. Quant à Chateaubriand, il est enterré au Grand Bé, un îlot rocheux face à Saint-Malo, selon ses propres instructions. Sur la tombe : une croix, aucune inscription. Il avait demandé à entendre la mer.

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Événement
1868
27 novembre 1868 — Demeure de Pierre-Antoine Berryer
p 266
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Événement
1684
1er octobre 1684 — Demeure de Pierre Corneille (en 1682)
p 266
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Événement
1857
16 juillet 1857 — Hôtel de la Haye/Demeure de Pierre-Jean de Béranger
p 266
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Événement
1869
8 mars 1869 — Demeure d'Hector Berlioz
p 266
Au quatrième étage du 4 rue de Calais, dans le quartier de la Nouvelle-Athènes, Hector Berlioz s'éteint au petit matin du 8 mars 1869. Il a soixante-cinq ans. À son chevet, son fidèle compagnon Pierre-Guillaume Schumann …

Au quatrième étage du 4 rue de Calais, dans le quartier de la Nouvelle-Athènes, Hector Berlioz s'éteint au petit matin du 8 mars 1869. Il a soixante-cinq ans. À son chevet, son fidèle compagnon Pierre-Guillaume Schumann et son ami le compositeur Ernest Reyer. Aucune plainte ne s'échappe de ses lèvres — il perd connaissance dans les dernières heures, le visage traversé, dit-on, d'une expression de douleur vaincue.

Il habite cette adresse depuis octobre 1856 — treize ans, son plus long domicile parisien. C'est là qu'il a achevé Les Troyens, son opéra monumental que la scène n'a jamais pu accueillir en entier de son vivant, et Béatrice et Bénédict, sa dernière œuvre lyrique. C'est là aussi qu'il a mis le point final à ses Mémoires, ce testament littéraire d'un homme convaincu d'être mal aimé de son propre pays.

Le crépuscule avait été long et douloureux. La mort de sa seconde femme Marie Recio en 1862, puis celle de son fils Louis en 1866, l'avaient laissé seul et brisé. Ses derniers voyages — une tournée triomphale en Russie où il influença le jeune groupe des Cinq, un ultime passage à Grenoble en août 1868 — n'étaient déjà plus que des adieux.

Le service funèbre a lieu le 11 mars à l'église de la Sainte-Trinité, toute proche. Les chœurs et l'orchestre de l'Opéra jouent Cherubini, Mozart, Gluck — et Berlioz lui-même. Il est enterré au cimetière de Montmartre, avenue Berlioz, auprès de ses deux femmes qui l'y ont précédé. Un petit square porte son nom au bout de la rue de Calais. Paris l'avait souvent déçu ; Paris l'a quand même gardé.

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Événement
1811
31 août 1811 — Demeure de Louis Antoine de Bougainville
p 266
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Événement
1856
4 novembre 1856 — Demeure de Paul Delaroche (à partir de 1835)
p 266
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Événement
1748
30 août 1748 — Maison natale de Jacques-Louis David
p 266
Naissance du peintre Jacques-Louis David chez ses parents marchands-merciers de fers en gros
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Événement
Date imprécise — Hôtel Le Brun/Demeure de Charles Le Brun
p 267
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Événement
Événement
Événement
1881
2 juin 1881 — Demeure d'Émile Littré
p 267
Mort d'Émile Littré ; auteur du monumental "Dictionnaire de la langue française"
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Événement
1817
18 octobre 1817 — Demeure d'Étienne Méhul
p 267
Mort d'Étienne Méhul, compositeur du Chant du Départ ; les paroles sont de Marie-Joseph Chénier
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Événement
Événement
1883
14 décembre 1883 — Demeure d'Henri Martin
p 267
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Événement
1845
14 février 1845 — Demeure de Joseph Lakanal (à partir de 1794)
p 267
Mort de Lakanal, député Montagnard qui créa en 1795 les écoles centrales ; les actuels lycées. Joseph Lakanal meurt à Paris le 14 février 1845, loin du fracas révolutionnaire qui avait fait de son nom un repère dans l’hi …

Mort de Lakanal, député Montagnard qui créa en 1795 les écoles centrales ; les actuels lycées.

Joseph Lakanal meurt à Paris le 14 février 1845, loin du fracas révolutionnaire qui avait fait de son nom un repère dans l’histoire de l’instruction publique. Ancien député montagnard à la Convention, il avait voté la mort de Louis XVI avant de se consacrer surtout aux questions d’éducation et de savoir.

Membre du Comité d’instruction publique, Lakanal joue un rôle central dans la refondation de l’enseignement pendant la Révolution. En 1794, il fait adopter la création de 24 000 écoles primaires, puis contribue à l’organisation des écoles centrales et des Écoles normales, conçues comme des instruments de diffusion des Lumières dans tout le pays. Il participe aussi à la mise en place de l’Institut national (futur Institut de France), dont il devient membre de la classe des sciences morales et politiques.

À sa mort, Lakanal laisse l’image d’un révolutionnaire qui aura déplacé le combat politique sur le terrain de l’école, persuadé que l’égalité des droits suppose une égalité devant le savoir. Sa biographie détaillée, publiée séparément, permet de suivre ce parcours singulier, depuis les bancs de la Montagne jusqu’aux grands chantiers de l’instruction publique.

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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
p 267
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
1827
3 mars 1827 — Demeure de Pierre Simon de Laplace
p 267
Mort de Pierre-Simon de Laplace, astrophysicien qui travailla sur l'origine de l'Univers
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Événement
1884
5 juillet 1884 — Demeure de Victor Massé
p 267
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Événement
1825
28 novembre 1825 — Hôtel Le Riche de la Pouplinière/Demeure du général Foy
p 267
Mort du général Foy, député de l'opposition libérale ; ses obsèques sont l'occasion d'une manifestation libérale
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Événement
1867
14 janvier 1867 — Hôtel Boulleau/Demeure de Jean-Auguste-Dominique Ingres
p 267
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Événement
1695
30 mai 1695 — Demeure de Pierre Mignard
p 267
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Événement
1857
2 mai 1857 — Demeure d'Alfred de Musset (à partir de 1852)
p 267
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Événement
1836
27 novembre 1836 — Demeure de Carle et Horace Vernet
p 268
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Événement
Événement
Événement
1813
17 décembre 1813 — Folie Genlis/Demeure d'Antoine Augustin Parmentier (en 1808)
p 268
Mort d'Antoine Parmentier, qui introduisit en France la consommation des pommes de terre
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Événement
1861
20 février 1861 — Demeure d'Eugène Scribe/Théâtre Pigalle
p 268
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Événement
1662
19 août 1662 — Maison à l'enseigne du Lion d'Or/Demeure de Blaise Pascal (chez sa sœur)
p 268
Quelqu'un déchire la doublure d'un vêtement et trouve un parchemin cousu là depuis huit ans. Blaise Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand. À seize ans, il avait rédigé un Essai sur les coniques qui stupéfia le …

Quelqu'un déchire la doublure d'un vêtement et trouve un parchemin cousu là depuis huit ans.

Blaise Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand. À seize ans, il avait rédigé un Essai sur les coniques qui stupéfia les mathématiciens. À dix-neuf ans, il construisit la Pascaline, première machine à calculer mécanique. À vingt-trois ans, il conduisit les expériences de Torricelli sur la pression atmosphérique et démontra l'existence du vide contre les aristotéliciens. À trente-neuf ans, il mourait dans la maison de sa sœur Gilberte Périer, au 67 rue du Cardinal Lemoine, dans le 5e arrondissement, après des semaines d'agonie.

L'autre Pascal, celui des Pensées et des Provinciales, avait commencé le soir du 23 novembre 1654. Ce soir-là, entre dix heures et minuit, il connut ce qu'il appellera simplement dans ses notes : « Feu. » Une expérience mystique dont il rédigea immédiatement le compte rendu sur un parchemin, qu'il transcrivit ensuite sur du papier, et qu'il cousit dans la doublure de son manteau pour le porter sur lui jusqu'à la mort. Ce parchemin, le « Mémorial », ne fut découvert qu'après son décès : ses serviteurs, dépliant ses habits, sentirent quelque chose de dur dans la doublure. Il commençait par le mot : « FEUX. »

À partir de cette nuit de 1654, Pascal abandonna progressivement les sciences et se consacra à la polémique religieuse et à la réflexion sur la condition humaine. Les Provinciales (1656-1657), dix-huit lettres satiriques contre la casuistique des jésuites, furent l'une des œuvres de prose française les plus lues du siècle. Les Pensées, fragments d'une apologétique du christianisme jamais achevée, furent publiées après sa mort : elles comptent parmi les grandes œuvres de la philosophie française.

Pascal est mort à trente-neuf ans. Les médecins avaient identifié une « vapeur » au cerveau, probablement un cancer ou une méningite tuberculeuse. Il était épuisé, douloureux, mais lucide. Il refusa les secours religieux pour lui-même tant qu'un pauvre n'en aurait pas bénéficié d'abord. La nuit du 18 au 19 août 1662, il dit : « Que Dieu ne m'abandonne jamais. » Il mourut quelques heures plus tard.

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Événement
1553
9 avril 1553 — Demeure de François Rabelais
p 268
Le 9 avril 1553, dans une petite rue du quartier Saint-Paul, s'éteint le plus grand rieur de la littérature française. Le 8 rue des Jardins Saint-Paul ne paie pas de mine. Une rue calme du 4e, entre les vestiges de l'enc …

Le 9 avril 1553, dans une petite rue du quartier Saint-Paul, s'éteint le plus grand rieur de la littérature française.

Le 8 rue des Jardins Saint-Paul ne paie pas de mine. Une rue calme du 4e, entre les vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste et le Village Saint-Paul. C'est pourtant ici que François Rabelais a passé ses derniers mois — et qu'il est mort, le 9 avril 1553.

Rabelais n'a pas toujours vécu à Paris, mais c'est à Paris qu'il finit sa vie. Après des années entre Montpellier, Lyon, Rome et le Piémont, après Pantagruel et Gargantua, après avoir jonglé entre la protection des puissants et les censures de la Sorbonne, il s'installe dans ce quartier encore marqué par le souvenir de l'Hôtel royal de Saint-Paul, résidence de Charles V deux siècles plus tôt. Un coin de jardins enclos et de demeures discrètes.

On sait peu de chose sur ses derniers jours. La légende lui attribue cette phrase au moment de mourir : « Je vais quérir un grand peut-être. » Probablement apocryphe. Mais elle lui va bien.

Il est inhumé au cimetière de l'église Saint-Paul, à quelques pas de chez lui, rue de l'Hôtel Saint-Paul. L'église et le cimetière ont disparu — il ne reste rien de sa sépulture. La rue, elle, est toujours là.

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Événement
1863
17 mars 1863 — Demeure d'Alfred de Vigny (à partir de 1838)
p 268
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Événement
1869
13 octobre 1869 — Demeure de Charles-Augustin Sainte-Beuve (à partir de 1850)
p 268
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Événement
1826
19 septembre 1826 — Demeure de François-Joseph Talma (à partir de 1824, décorée par Delacroix)
p 268
Mort du tragédien François-Joseph Talma, qui réforma le costume des comédiens en les adaptant à l'époque et au lieu évoqués ; il nomma ses enfants Henri-Castor et Charles-Pollux
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Événement
1631
30 mai 1631 — Plaque "Au Grand Coq"/Siège du journal "La Gazette de France"
p 268
Plaque délocalisée, le bureau d'adresses de la Gazette étant en fait rue de la Calandre. Il faisait également office de dispensaire
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Événement
Événement
Événement
1572
1572 — Hôtel de la Reine/Hôtel de Soissons/Colonne Médicis
p 269
Colonne supposée d'observation astrologique érigée pour Catherine de Médicis à l'usage de son astrologue et "parfumeur" Cosimo Ruggieri
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Événement
1213
1213 — Porte St Jacques (plan en façade)/Enceinte de Philippe Auguste
p 269
Construction de la Porte St Jacques de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
1644
1er janvier 1644 — Salle de Gallois du Mestayer (emplacement de l'entrée)/Salle des Métayers
p 269
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Événement
1644
Événement
1673
15 juin 1673 — Académie royale de Musique (plaque sur la façade du 202 rue St Honoré)
p 269-270
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Événement
Événement
1781
Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
p 270
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
p 270
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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