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Au cœur de l'île de la Cité, sur un site de culte vieux de deux millénaires, Notre-Dame de Paris s'impose depuis le Moyen Âge comme le cœur battant de l'histoire française. Sa construction est lancée en 1163 à l'initiative de l'évêque Maurice de Sully, avec la bénédiction du pape Alexandre III — non sans résistances : Bernard de Clairvaux s'oppose à ce chantier pharaonique. Deux siècles de travaux plus tard, vers 1345, l'édifice gothique est achevé. Autour d'elle gravitent le cloître des chanoines et le célèbre parvis, scène de toutes les pénitences publiques — c'est là que Jacques de Molay, grand maître du Temple, rétracte ses aveux arrachés sous la torture en 1314, avant d'être brûlé vif.

Le parvis est aussi un théâtre de violence religieuse : en 1535, six calvinistes y sont brûlés vifs pour l'Affaire des placards ; en 1544, les livres de Calvin imprimés par Étienne Dolet y flambent en autodafé. L'intérieur de la cathédrale n'est pas en reste : en 1572, Henri IV y épouse Marguerite de Valois, mais s'éclipse discrètement au moment de la messe — il est protestant. En 1648, c'est depuis Notre-Dame qu'éclate la Fronde : l'arrestation de Pierre Broussel alors que la reine Anne d'Autriche y assiste à un Te Deum met le feu aux poudres parisiens.

La Révolution transforme radicalement le sanctuaire. En 1793, Chaumette y organise la Fête de la Liberté et de la Raison : une jeune femme trône à la place de la Vierge dans la « ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison ». La nef devient ensuite entrepôt de vivres, avant d'accueillir le culte théophilanthropique. Le retour au catholicisme s'incarne dans le sacre de Napoléon Bonaparte en 1804, en présence du pape Pie VII — moment de gloire impériale immortalisé par David. En 1944, Charles de Gaulle y descend la nef sous les balles, au lendemain de la Libération.

Noms successifs du lieu

  • 1163 Début de la construction de la cathédrale gothique sous l'évêque Maurice de Sully
  • 1793 Rebaptisée « Notre-Dame de la Raison » lors de la Fête de la Liberté et de la déchristianisation
  • 1795 Consacrée à l'Être Suprême par décret du 2 prairial an III
  • 1798 — 1801 Affectée au culte théophilanthropique puis aux fêtes décadaires
  • 1802 Rendue au culte catholique lors de la proclamation solennelle du Concordat
  • depuis 1802 Cathédrale Notre-Dame de Paris, siège de l'archidiocèse de Paris

Événements à cette adresse

47 événements · 1040 — 1973
Cathédrale Notre-Dame de Paris
La Gauche Prolétarienne hisse sur la flèche de Notre-Dame un drapeau rouge portant l'inscription LIP en soutien à la grève de Besançon ; il sera retiré dans la matinée par un hélicoptère de la police
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Michel Mourre, membre du groupe lettriste, annonce en chaire au cours de la messe de Pâques, que "Dieu est mort" ; scandale
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Pendant un Te Deum célébré dans la cathédrale pour la Libération de Paris, des coups de feu retentissent dont on ne connaîtra jamais les auteurs
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Personnage(s) : Charles de Gaulle
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Le 11 mai 1944, Pierre Dac avait répondu sur Radio-Londres que la tombe de Henriot porterait un jour la mention "Mort pour Hitler, fusillé par les Français." Quarante-huit jours plus tard, c'était fait. Le 28 juin 1944…

Le 11 mai 1944, Pierre Dac avait répondu sur Radio-Londres que la tombe de Henriot porterait un jour la mention "Mort pour Hitler, fusillé par les Français." Quarante-huit jours plus tard, c'était fait.

Le 28 juin 1944, à cinq heures trente du matin, un commando de résistants déguisés en miliciens s'introduit au ministère de l'Information, 10 rue de Solférino. Ils abattent Philippe Henriot dans son appartement de fonction. La mission a été ordonnée par le COMAC — le comité militaire de la Résistance intérieure — qui jugeait ses éditoriaux radiophoniques trop efficaces pour les laisser continuer.

Depuis janvier 1944, Henriot est la voix de Vichy. Deux fois par jour sur Radio-Paris et Radio-Vichy, il diffuse une propagande anticommuniste, antisémite, antibritannique, avec un talent d'orateur que Goebbels lui-même admirait. C'est lui qui a présenté les résistants comme des terroristes à la solde de Moscou, les Alliés comme des barbares venus détruire la France. Pierre Dac, depuis Londres, l'avait pris à son propre jeu — parodiant son style, retournant ses arguments, jusqu'à cette attaque du 10 mai où Henriot avait évoqué les origines juives de Dac. La réponse avait fusé le lendemain : « Bagatelle sur un tombeau. »

Le 2 juillet, Vichy organise des funérailles nationales. Le cercueil est exposé à Notre-Dame. Laval est présent, les représentants de l'occupant allemand, les chefs de la Milice en uniforme. Le cardinal Suhard, archevêque de Paris, officie. C'est la deuxième fois en trois mois qu'il se compromet publiquement avec le régime : en avril, il avait accueilli Pétain en visite officielle à Paris avec les honneurs du clergé.

La Milice n'a pas attendu les funérailles pour se venger. Le 29 juin — au lendemain de l'assassinat — elle a fusillé sept Juifs au cimetière de Rillieux-la-Pape. Le 7 juillet, elle assassine Georges Mandel, ancien ministre, dans la forêt de Fontainebleau.

Cinquante-cinq jours après avoir officié aux obsèques de Henriot, le cardinal Suhard est prié de ne pas paraître au Te Deum de la Libération, dans la même cathédrale Notre-Dame. De Gaulle l'a exigé. Le 26 août 1944, Suhard reste dans son palais archiépiscopal pendant que Paris chante le Magnificat sans lui.

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Personnage(s) : Philippe Henriot ·Emmanuel Suhard
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Un Te Deum de victoire est célébré en l'honneur la prise d'Alger après le débarquement impérialiste de Sidi Ferruch ; nul ne sait ce qu'en a pensé Dieu
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Personnage(s) : Charles X
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Le pape est venu de Rome pour le sacrer. Au moment décisif, Napoléon prend la couronne sur l’autel et la pose lui-même sur sa tête. Le dimanche 2 décembre 1804, Paris sacre un empereur. Proclamé le 18 mai, approuvé par…

Le pape est venu de Rome pour le sacrer. Au moment décisif, Napoléon prend la couronne sur l’autel et la pose lui-même sur sa tête.

Le dimanche 2 décembre 1804, Paris sacre un empereur. Proclamé le 18 mai, approuvé par plébiscite à plus de 99,9 %, Napoléon Bonaparte veut une cérémonie qui hisse son clan au rang des grandes dynasties d’Europe. « Si notre père nous voyait ! », aurait-il glissé à son frère Joseph pendant les préparatifs. Il se veut l’héritier de Charlemagne plutôt que des Capétiens, trop liés aux Bourbons détrônés, et a pris pour emblème l’abeille, en souvenir des abeilles d’or trouvées dans le tombeau de Childéric, le père de Clovis. Les regalia des rois de France ayant été fondus sous la Révolution, on récupère l’un des rares rescapés, le sceptre de Charles V, et l’on commande à l’orfèvre Biennais couronnes et main de justice.

Il a fait venir le pape Pie VII, mais sans lui accorder d’entrée solennelle dans Paris : on a arrangé une rencontre « fortuite » en forêt de Fontainebleau. Le pape, de son côté, a posé ses conditions : pas de sacre sans mariage religieux. Dans la nuit du 1er décembre, le cardinal Fesch marie Napoléon et Joséphine aux Tuileries.

Notre-Dame, abîmée par la Révolution, a été réparée et transformée en décor : tribunes dans les bas-côtés, tentures aux armes impériales, un trône sous un dais pour le pape près du chœur, un autre pour l’empereur sur une estrade dressée au milieu de la nef, à la place de l’ancien jubé. Le matin, le cortège pontifical quitte les Tuileries à neuf heures ; Pie VII entre dans la cathédrale vers 10 h 30. Suit le cortège impérial, vingt-cinq voitures escortées de cavalerie sous les ordres de Murat. Dans l’immense nef, le froid est terrible : l’ambassadeur de la République batave plaint les dames, à qui le cérémonial interdit de se couvrir d’un châle.

La cérémonie dure près de cinq heures. Sous son énorme manteau d’hermine, une couronne de laurier sur la tête, l’empereur ressemble, écrit Mme de Rémusat, à « une médaille antique » ; « il était d’une pâleur extrême, véritablement ému ». Le pape bénit l’anneau, l’épée, le manteau, la main de justice, le sceptre ; mais quand vient la couronne, posée sur l’autel, Napoléon la prend lui-même et la pose sur sa tête, avant de couronner Joséphine, agenouillée devant lui. Pie VII, qui a eu toute la journée, selon la même mémorialiste, « l’air d’une victime résignée », donne l’accolade à l’empereur : « Vivat Imperator in aeternum ! » Napoléon jure, la main sur les Évangiles, de maintenir l’intégrité du territoire, l’égalité des droits et l’irrévocabilité des ventes de biens nationaux, puis le héraut d’armes le proclame « sacré et intronisé ». À la sortie, cent un coups de canon saluent le nouvel empereur, et décembre se passe en fêtes.

Jacques-Louis David a tiré de la journée deux toiles immenses, « Le Sacre de Napoléon » et « La Distribution des aigles ». Du décor, presque rien ne subsiste : le chœur baroque de Robert de Cotte, dont on voit les parements de marbre sur la toile de David, a été démonté lors de la restauration de Viollet-le-Duc. La couronne de laurier d’or, dont Napoléon avait fait ôter six feuilles parce qu’il la jugeait trop lourde, a été détruite sous la Restauration ; il n’en reste que deux feuilles connues, dont l’une au château de Fontainebleau. Des voitures du cortège, cinq sont conservées dans la galerie des Carrosses du château de Versailles.

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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Le 1er avril 1798, Notre-Dame de Paris est affectée au culte théophilanthropique. Pendant trois ans, la plus grande cathédrale de France accueille non plus des messes mais des cérémonies en l'honneur d'un dieu vague…

Le 1er avril 1798, Notre-Dame de Paris est affectée au culte théophilanthropique. Pendant trois ans, la plus grande cathédrale de France accueille non plus des messes mais des cérémonies en l'honneur d'un dieu vague, universel, compatible avec la raison et la morale républicaine.

La théophilanthropie est une invention du Directoire — une religion sans prêtres, sans dogme précis, sans miracles. Elle croit en Dieu et en la vertu, célèbre la nature, honore les grands hommes, et se réunit le décadi — le dixième jour du calendrier révolutionnaire, substitut républicain du dimanche. Ses fondateurs, dont le libraire Chemin-Dupont, avaient voulu créer un culte civique accessible à tous, capable de remplir le vide laissé par la déchristianisation violente de la Terreur sans pour autant restaurer le catholicisme.

Le Directoire y voit une utilité politique : occuper les églises réquisitionnées, donner aux citoyens un cadre moral sans réhabiliter le clergé. Une douzaine d'églises parisiennes sont affectées à ce culte — Saint-Sulpice, Saint-Eustache, et Notre-Dame elle-même.

L'expérience est sincère mais fragile. Les fidèles restent peu nombreux, les cérémonies sont froides, la liturgie improvisée manque de profondeur. Napoléon Bonaparte, en signant le Concordat avec le pape en 1801, met fin à l'expérience : Notre-Dame retrouve ses prêtres, et la théophilanthropie disparaît aussi vite qu'elle était apparue.

Elle avait duré trois ans. L'Église avait duré vingt siècles. Les rapports de force étaient inégaux.

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Personnage(s) : Théophilanthropes
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Le 9 thermidor, la Section de la Cité refuse de sonner le tocsin de l'insurrection de la Commune au Grand bourdon : les robespierristes doivent se contenter de la cloche de l'Hôtel de Ville
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — Temple de la Raison
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Le drapeau noir est hissé sur les tours de Notre-Dame, signal de l'appel à l'insurrection. Elle est menée contre les Girondins par des personnages louches comme Desfieux et Proli et ne sera pas suivie par les sans-culottes
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris
L'organiste Claude Balbastre compose des variations sur la "Marche des Marseillais" et sur le "Ça ira", qu'il joue sur l'orgue de Notre-Dame lors des fêtes patriotiques
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Personnage(s) : Claude Balbastre
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
L'archevêque de Paris fait chanter un Te Deum à Notre-Dame, en présence des délégués de l'Assemblée nationale, pour le retour de la pais après la prise de la Bastille. Il fait un don de 20 000 livres pour les ouvriers du Fbg St Antoine
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cloître Notre-Dame — Jardin de l'Archevêché — Demeure de Nicolas Boileau Despréaux (à partir de 1683)
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Personnage(s) : Nicolas Boileau Despréaux
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cloître Notre-Dame — Demeure de Nicolas Boileau Despréaux (à partir de 1683)
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Personnage(s) : Nicolas Boileau Despréaux
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Un Te Deum pour une victoire, puis deux arrestations : il n’en faut pas plus pour que Paris se hérisse de barricades. Le 26 août 1648, Notre-Dame célèbre par un Te Deum la victoire remportée six jours plus tôt à Lens par…

Un Te Deum pour une victoire, puis deux arrestations : il n’en faut pas plus pour que Paris se hérisse de barricades.

Le 26 août 1648, Notre-Dame célèbre par un Te Deum la victoire remportée six jours plus tôt à Lens par le prince de Condé sur les Espagnols. La régente Anne d’Autriche et son ministre, le cardinal Mazarin, profitent de ce jour de fête pour frapper le parlement de Paris, qui leur tient tête depuis des mois. Deux conseillers sont arrêtés : René Potier de Blancmesnil et surtout Pierre Broussel, un magistrat de soixante-treize ans que sa lutte contre les nouvelles taxes a rendu très populaire. On l’appelle le « père du peuple ». Un troisième conseiller, Louis Charton, parvient à s’échapper.

La nouvelle se répand aussitôt. Des attroupements se forment, rue de l’Arbre-Sec d’abord ; on les disperse durement, le sang coule, et la colère gagne toute la ville. Les chaînes sont tendues en travers des rues, et de deux cents à plus de six cents barricades, ornées de drapeaux, se dressent aux cris de « Vive le Roi ! Point de Mazarin ! ». C’est au ministre qu’on en veut, pas au jeune Louis XIV.

Le parlement se rend en corps au Palais-Royal pour réclamer les prisonniers. Deux fois, la reine refuse avec aigreur. Sur le chemin du retour, les magistrats sont arrêtés à la barricade de la Croix du Trahoir, au carrefour de la rue de l’Arbre-Sec et de la rue Saint-Honoré. Un armurier du quartier, Raguenet, capitaine de la garde bourgeoise, saisit le premier président Mathieu Molé par le bras et lui appuie un pistolet sur le visage : « Tourne, traître, si tu ne veux être massacré toi et les tiens ; ramène-nous Broussel ! » Molé écarte l’arme sans se troubler et retourne au Palais-Royal à petits pas, sous les injures. Cette fois, la régente cède.

Paris ne désarme pas pour autant : il veut voir Broussel libre. Le vieux conseiller reparaît le lendemain matin, salué par des salves d’artillerie, et la foule le porte en triomphe jusqu’à sa maison. Le calme ne revient que le 29 août. La Fronde a commencé ; elle durera cinq ans.

Nommé prévôt des marchands par les Frondeurs en 1651, Broussel sera exclu de l’amnistie et mourra en exil. Alexandre Dumas a fait de son arrestation un épisode de « Vingt ans après », et le musée Carnavalet conserve son portrait en robe de conseiller, peint en 1653. Au carrefour de la Croix du Trahoir s’élève aujourd’hui la fontaine construite par Soufflot en 1776.

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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Parvis de Notre-Dame
Théophile de Viau est brûlé en effigie, condamné sur dénonciation des jésuites pour "crime de lèse-majesté humaine et divine", suite à la la publication, en 1622, de poèmes licencieux dans un recueil intitulé "le Parnasse satyrique"
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Personnage(s) : Théophile de Viau
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Il prononce ses vœux sur le parvis car, protestant, il refuse d'entrer dans la cathédrale catholique. Le 18 août 1572, une cérémonie exceptionnelle réunit sur le parvis de Notre-Dame de Paris les deux moitiés d'une…

Il prononce ses vœux sur le parvis car, protestant, il refuse d'entrer dans la cathédrale catholique.

Le 18 août 1572, une cérémonie exceptionnelle réunit sur le parvis de Notre-Dame de Paris les deux moitiés d'une France que quarante ans de guerres de Religion ont fendue en deux. Henri de Navarre, dix-huit ans, chef du parti protestant, épouse Marguerite de Valois, fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, sœur du roi Charles IX. Le mariage est une idée de Catherine : réconcilier par l'alliance dynastique ce que le fanatisme religieux a opposé par les armes.

Le scénario de la cérémonie trahit l'ambiguïté du projet. Henri, comme huguenot, ne peut participer à la messe catholique. La bénédiction nuptiale est donc donnée à l'extérieur, sur le parvis, devant le peuple. Puis le cortège entre dans la cathédrale pour la cérémonie religieuse. Henri, lui, ne franchit pas le seuil : il est représenté à l'intérieur par le Duc d'Anjou, son futur beau-frère et futur Henri III. On dit que lors de l'échange des consentements, Henri s'est tenu immobile, ni acquiesçant ni refusant, laissant la tête d'autrui prononcer en son nom ce qu'il ne voulait pas dire.

La capitale est pleine de nobles protestants venus pour les festivités. Ils ont fait le voyage de province, ont logé dans les hôtels de la rive droite, ont assisté aux bals et aux joutes données en l'honneur du mariage. Catherine de Médicis a voulu que cette réunion de la noblesse protestante à Paris fût un gage de paix. Six jours plus tard, dans la nuit du 23 au 24 août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy commença. Ces mêmes nobles qui avaient dansé aux noces furent massacrés dans leurs chambres et dans les rues.

Henri survécut en abjurant provisoirement le protestantisme. Le mariage dura jusqu'en 1599, sans héritiers reconnus : il fut annulé pour permettre à Henri, devenu Henri IV roi de France, d'épouser Marie de Médicis. Marguerite de Valois, dite la Reine Margot, passa le reste de sa vie en exil et en procès, et laissa des Mémoires qui comptent parmi les premiers grands textes autobiographiques écrits par une femme en France.

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Personnage(s) : Henri IV ·Marguerite de Valois ·Henri III
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Parvis de Notre-Dame
Les restes d'un martyr huguenot sont exhumés, insultés et brûlés par la foule . Le 27 février 1559, le parvis de Notre‑Dame est le théâtre d’une scène de haine religieuse qui va marquer la mémoire protestante. Quelques…

Les restes d'un martyr huguenot sont exhumés, insultés et brûlés par la foule .

Le 27 février 1559, le parvis de Notre‑Dame est le théâtre d’une scène de haine religieuse qui va marquer la mémoire protestante. Quelques jours plus tôt, Jean Morel, jeune Parisien acquis aux idées de la Réforme, a été condamné pour hérésie par le Parlement de Paris, après avoir participé aux assemblées clandestines où l’on écoute la prédication réformée et où l’on chante les psaumes en français. Il meurt en détention, mais les autorités ne s’arrêtent pas là : il ne suffit pas de supprimer le vivant, il faut aussi contrôler le sort de son corps.

Le 27 février, son cadavre est exhumé, amené sur le parvis de Notre‑Dame et exposé devant la foule. On l’insulte, on le tourne en dérision, on cherche à ridiculiser aux yeux de tous ce « saint » que les réformés commencent déjà à considérer comme un témoin de la vraie foi. Puis le corps est livré aux flammes : un bûcher posthume, destiné à effacer tout prestige de martyre et à adresser un avertissement aux huguenots parisiens. Exhumer, insulter, brûler : chaque geste est pensé comme une contre‑liturgie, une manière de reprendre la main sur une mémoire qui risque d’échapper aux autorités.

Pourtant, l’effet sera inverse dans les milieux réformés. L’histoire de Jean Morel circule bientôt dans les listes de martyrs, les chroniques huguenotes, les récits de persécution. Son nom vient s’ajouter à ceux des premiers exécutés pour cause de foi, au moment où se structurent les Églises réformées de Paris et de France. Sur le parvis de Notre‑Dame, ce 27 février 1559, ce n’est pas seulement un corps que l’on profane : c’est, malgré eux, un martyr que les juges et la foule contribuent à installer dans la mémoire protestante.

[L’épisode est décrit par les historiens de l’Église réformée de Paris à partir des sources judiciaires et du Martyrologe de Crespin, qui rapportent l’exhumation et la crémation publique du corps de Jean Morel sur le parvis de Notre‑Dame le 27 février 1559.]

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Personnage(s) : Jean Morel
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Parvis de Notre-Dame
Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et…

Sur le parvis de Notre-Dame, on organise un avertissement public. Les livres de Calvin sortis des presses d’Étienne Dolet sont rassemblés, puis brûlés devant la cathédrale, sous le contrôle des autorités religieuses et royales. L’objectif est clair : montrer que les textes réformés n’ont pas leur place dans le royaume et que ceux qui les impriment ou les diffusent s’exposent à des sanctions.

Étienne Dolet n’est pas un simple exécutant. Humaniste, imprimeur, il a choisi de publier des ouvrages qui participent à la diffusion des idées de la Réforme. En s’attaquant à ses livres, le pouvoir vise aussi sa personne et, au-delà, la liberté de l’imprimerie. L’atelier typographique, capable de multiplier rapidement les textes et de les faire circuler, devient un enjeu politique et religieux majeur.

Le choix du parvis de Notre-Dame renforce le message. On ne détruit pas ces ouvrages dans un lieu discret, mais au centre symbolique de la capitale religieuse, devant tous. Ce type d’autodafé sert à rappeler que l’orthodoxie catholique reste la norme officielle et que toute contestation, qu’elle soit théologique ou portée par le livre imprimé, sera traitée comme une menace directe à l’ordre du royaume.

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Personnage(s) : Jean Calvin ·Étienne Dolet
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Parvis de Notre-Dame
Six calvinistes sont brûlés vifs en répression de l'Affaire des placards ; des libelles dont un fut accroché sur la porte de la chambre de François 1er à Amboise, le 18 octobre 1534
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Parvis de Notre-Dame
Le Grand maître du Temple et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux, arrachés sous la torture
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Parvis de Notre-Dame (lieu traditionnel de repentance publique des condamnés à mort)
Lieu où les condamnés devaient avouer leur crime et demander pardon avant leur exécution ; comme les Templiers qui refusaient de renier leur ordre
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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Deux premières réunions des états généraux, l'une pour condamner le pape Boniface VIII en conflit avec le roi, l'autre pour décider si les femmes pourraient accéder à la royauté
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Personnage(s) : Philippe IV le Bel ·Boniface VIII
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Rien n’obligeait l’évêque à tout reconstruire : la vieille cathédrale venait d’être restaurée. Maurice de Sully voit plus grand, et plus loin : le chantier qu’il ouvre durera près de deux siècles. En 1160, Paris se donne…

Rien n’obligeait l’évêque à tout reconstruire : la vieille cathédrale venait d’être restaurée. Maurice de Sully voit plus grand, et plus loin : le chantier qu’il ouvre durera près de deux siècles.

En 1160, Paris se donne pour évêque un homme d’origine modeste. Maurice de Sully doit son nom à Sully-sur-Loire, où il est né entre 1105 et 1120. Son hagiographie en fait un fils de serfs qui aurait mendié à Paris dans sa jeunesse ; il était plus probablement le fils d’un bûcheron et d’une fabricante de balais de genêt. Brillant élève, il a été envoyé vers 1140 étudier auprès des maîtres de l’école cathédrale de Paris, comme le futur roi Louis VII. Le voilà à la tête d’un diocèse en pleine croissance : partout en Europe de l’Ouest, les villes se peuplent, et les vieilles cathédrales deviennent trop petites.

Dès l’année de son élection, il décide de bâtir une nouvelle cathédrale, dédiée à Notre-Dame. Rien ne l’y obligeait : l’édifice roman venait d’être rénové. Mais Maurice a un dessein plus vaste : réorganiser toute la Cité, y instituer douze paroisses de plein exercice, relier la vieille île à la ville neuve qui grandit sur la rive droite. Pour dégager l’accès à la cathédrale, il prévoit de percer une rue Neuve, qui débouchera sur un parvis. Son église sera immense : 122 mètres de long pour la nef et le chœur, 33 mètres sous les voûtes, bien plus que la cathédrale de Sens, la plus récente du moment. On y expérimentera parmi les premiers arcs-boutants. Le style est celui de l’« œuvre française », qu’on appellera plus tard gothique et qu’ont déjà adopté Saint-Denis, Noyon et Laon.

Plaque de marbre gravée de lettres rouges et noires, surmontée d’une croix
La date de la tradition, gravée dans la cathédrale : « En l’année 1163, sous le pontificat du pape Alexandre III et le règne du roi Louis VII, Maurice, né à Sully-sur-Loire, évêque de Paris (1160-1196), entreprit la construction de cette cathédrale » — C1P8, CC BY-SA 2.5 (Wikimedia Commons)

La tradition fixe le début des travaux à 1163. Une légende, rapportée au XIVe siècle par le chroniqueur Jean de Saint-Victor, veut même qu’entre le 24 mars et le 25 avril de cette année-là, le pape Alexandre III, alors réfugié à Sens, ait posé la première pierre en présence de Louis VII. Le pape est bien à Paris ce printemps-là : le 21 avril 1163, il consacre l’autel de Saint-Germain-des-Prés, dont les moines, jaloux de leurs privilèges, refusent l’entrée à l’évêque. Mais le chantier a sans doute commencé plus tôt, dès 1160 ou 1161, par le chevet. Le roi y contribue pour deux cents livres.

Parchemin écrit en latin, auquel pend un sceau de cire brun-rouge
En 1185, Maurice de Sully confirme une vente de prés près de Paris : l’acte porte encore son sceau (Archives nationales, AE/II/191) — Archives nationales — domaine public (Wikimedia Commons)

Le chœur est achevé vers 1177 ; le maître-autel est consacré le 19 mai 1182 par un légat du pape et par Maurice lui-même. En même temps, l’évêque fait élever un nouvel Hôtel-Dieu et un palais épiscopal, bâtit deux ponts, sur la Seine et sur la Marne, et encourage Philippe Auguste, qu’il a baptisé, à faire paver les rues. Il se retire en 1196 à l’abbaye Saint-Victor et y meurt le 11 septembre. Ses successeurs poursuivront l’œuvre en modifiant son plan : la cathédrale ne sera achevée que vers 1345.

On prête à Bernard de Clairvaux, le grand abbé cistercien, apôtre de l’austérité monastique face au faste de Cluny, une opposition à ce chantier. Elle est impossible : il est mort le 20 août 1153, dix ans avant la date traditionnelle de la première pierre.

Plus de huit siècles plus tard, le 15 avril 2019, un incendie détruit la flèche et toute la toiture. Reconstruite à l’identique, Notre-Dame a rouvert ses portes le 7 décembre 2024.

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Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.
Cathédrale Notre-Dame de Paris — 4e arr.

Aujourd'hui

Ravagée par un incendie le 15 avril 2019 qui détruit la flèche et une large partie de la toiture, Notre-Dame fait l'objet d'un vaste chantier de restauration. Rouverte au public le 7 décembre 2024, elle retrouve ses fidèles et ses visiteurs du monde entier, avec une flèche reconstruite à l'identique de celle de Viollet-le-Duc.