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📃 Satyre Ménippée de la vertu du Catholicon d'Espagne LEROY Pierre, GILLOT Jacques, PITHOU Pierre, PASSERAT Jean, RAPIN Nicolas, CHRESTIEN Florent
Bibliographie

Satyre Ménippée de la vertu du Catholicon d'Espagne

LEROY Pierre, GILLOT Jacques, PITHOU Pierre, PASSERAT Jean, RAPIN Nicolas, CHRESTIEN Florent
Garnier frères, 1882.
1 Fiches citant ce pamphlet
1882 Année
Note éditoriale
Pamphlet des « politiques » contre la Ligue, paru en 1594 ; édition consultée de 1882, avec introduction et notes de l'éditeur.

À propos de ce pamphlet

Source : wikisource · archive.org

Fiches citant ce pamphlet

1 fiche
Événement
1589
1er novembre 1589 — Porte St Jacques
introduction ; note de la « Harangue de M. d'Aubray »
Rue Saint-Antoine, on louait déjà des fenêtres pour voir passer le Béarnais enchaîné. Il est bien venu, mais par les faubourgs, et ce sont eux qui ont payé la place. À l’automne 1589, Paris appartient à la Ligue, la Sain …

Rue Saint-Antoine, on louait déjà des fenêtres pour voir passer le Béarnais enchaîné. Il est bien venu, mais par les faubourgs, et ce sont eux qui ont payé la place.

À l’automne 1589, Paris appartient à la Ligue, la Sainte Union des catholiques intransigeants. Depuis les barricades de mai 1588, la ville a chassé son roi, Henri III ; le 1er août 1589, à Saint-Cloud, un frère jacobin, Jacques Clément, le poignarde. L’héritier légitime est son beau-frère, Henri de Navarre, chef du parti protestant. Pour les prédicateurs de la Ligue, un hérétique ne peut pas régner : on proclame roi le vieux cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. Un roi commode, puisqu’il est prisonnier de l’autre camp.

Le nouveau roi, lui, voit fondre son armée, de quarante mille à dix-huit mille hommes, et recule jusqu’à la mer. Le duc de Mayenne, chef de la Ligue, annonce qu’il le tient acculé près de Dieppe et qu’il le ramènera prisonnier. À Paris, on pavoise déjà la rue Saint-Antoine, par où le vaincu doit entrer chargé de chaînes, et les dames y louent fenêtres et étals pour ne rien manquer. Le 21 septembre, c’est Mayenne qui est battu à Arques.

Plan de Paris vers 1600 : la ville dans ses murs, et hors de l'enceinte de la rive gauche les faubourgs Saint-Germain, Saint-Jacques, Saint-Victor et Saint-Marcel

Henri presse alors sa marche. Dans la nuit de la Toussaint, ses troupes tombent sur les faubourgs de la rive gauche, Saint-Germain, Saint-Jacques et leurs voisins, qui s’étendent hors de la vieille enceinte de Philippe Auguste. Bourgeois de la milice et moines armés refluent vers la ville ; à la porte de Nesle, ils se culbutent et s’étouffent pour rentrer. François de La Noue, le vieux capitaine huguenot qui a perdu un bras à la guerre, lance son cheval dans la Seine pour forcer le passage ; son bras de fer tient mal la bride, et il manque de se noyer. Le fils de l’amiral de Coligny, assassiné à la Saint-Barthélemy, se rend maître du faubourg Saint-Germain, et l’on chante de nouveau les psaumes au Pré-aux-Clercs, comme les protestants l’avaient osé trente ans plus tôt.

Car c’est aussi une revanche. Les assaillants, huguenots pour la plupart, ont pour cri de guerre « Saint-Barthélemy ! Saint-Barthélemy ! ». Selon Michelet, neuf cents bourgeois périssent dans cette courte attaque. Puis vient le pillage, méthodique : les faubourgs sont, écrit-il, « démeublés, déménagés, dépouillés de tout objet petit ou grand ». Le roi ne remmène son armée qu’une fois « refaite, enrichie du pillage », et part recevoir à Tours l’ambassadeur de Venise. Derrière les murs, la Ligue fait pendre deux bourgeois qui avaient dit du bien de lui.

L’épisode dit assez qui paie les guerres de religion. Ni Mayenne ni les docteurs de la Sorbonne ne perdent quoi que ce soit dans l’affaire ; ce sont les habitants des faubourgs, que les murailles ne protègent pas et que l’armée du roi traite en butin. La légende du « bon roi Henri » et de sa poule au pot viendra plus tard : les faubourgs de 1589 en ont connu une autre version.

Paris ne tombe pas. Henri IV revient l’assiéger au printemps 1590 ; la ville affamée tient, encadrée par ses processions de moines en armes, jusqu’à ce qu’une armée espagnole la dégage à la fin du mois d’août. Il faudra que le roi abjure le protestantisme à Saint-Denis, le 25 juillet 1593, pour que la capitale lui ouvre ses portes, le 22 mars 1594. Entre-temps, quelques bourgeois lettrés, les « politiques », auront écrit contre la Ligue la Satyre Ménippée, dans une maison du quai des Orfèvres où naîtra, en 1636, un autre satiriste : Boileau.

Plaque de marbre : « Enceinte de Paris élevée sous le règne de Philippe Auguste vers l'an 1200, emplacement de la porte St Jacques », avec le plan de la porte

De la porte Saint-Jacques, par où l’on sortait vers le faubourg, il ne reste qu’une plaque, au carrefour de la rue Saint-Jacques et de la rue Soufflot, qui en dessine le plan.

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