La grande charrette : soixante-dix membres des sections guillotinés place de la Révolution le 11 thermidor

Guillotine place de la Révolution

La nuit du 9 au 10 Thermidor An II par Jean Joseph François Tassaert.
Musée Carnavalet

Le 28 juillet, Robespierre, Saint-Just et Couthon avaient été guillotinés. Le 29 juillet, on guillotina les soixante-dix membres des sections qui les avaient suivis. Ils étaient plus nombreux et moins célèbres. L'histoire les a moins retenus.

Le 9 thermidor, quand la Commune robespierriste avait appelé les sections à l'insurrection, une partie d'entre elles avait répondu. Des membres des comités révolutionnaires, des officiers de section, des administrateurs municipaux s'étaient rassemblés place de Grève — et s'étaient pour la plupart dispersés avant minuit, sentant que la partie était perdue. Cela ne les sauva pas.

Le 10 thermidor (28 juillet), vingt-deux personnes avaient été guillotinées avec Robespierre. Le 11 thermidor (29 juillet), soixante-dix autres les suivirent sur la place de la Révolution. Le nombre varie selon les sources entre soixante-cinq et soixante-quinze. C'était la plus grande exécution collective de la Terreur — davantage, en une seule journée, que n'importe quelle autre charrette de l'an II.

Ces soixante-dix personnes venaient de seize sections de Paris : les Gravilliers, Bonne-Nouvelle, les Sans-culottes, la Maison Commune, l'Arsenal, les Droits de l'Homme, la Halle au Blé, Bon-Conseil, Poissonnière et d'autres encore. Leurs adresses couvraient toute la carte de la capitale, du quai d'Anjou au faubourg du Temple.

La Terreur s'achevait par le plus grand bain de sang de son histoire propre. Les thermidoriens tuèrent en deux journées plus de gens qu'ils ne prétendirent ensuite en avoir sauvé.