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29 mai 1418 jusqu’en 1672
Événement

Perrinet Leclerc vole les clefs de son père et ouvre Paris aux Bourguignons

Porte de Buci
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« Perrinet Leclerc (29 mai 1418) » : la porte de Buci ouverte aux Bourguignons, gravure d’Auguste Trichon pour le Dictionnaire populaire illustré de Décembre et Alonnier (1867). Auguste Trichon — domaine public (Wikimedia Commons)

Une nuit de mai, un marchand de fer glisse la main sous l’oreiller de son père. Au matin, Paris a changé de maître.

Au printemps 1418, Paris est aux mains des Armagnacs. Depuis l’assassinat du duc d’Orléans, onze ans plus tôt, la guerre civile déchire le royaume, sur fond d’invasion anglaise. Le connétable Bernard d’Armagnac tient la capitale et le roi fou, Charles VI. Ses soldats, venus du Midi, passent pour des étrangers aux yeux des Parisiens, largement acquis au duc de Bourgogne, Jean sans Peur ; pour les payer, le connétable fait saisir les biens des églises. Une paix vient pourtant d’être négociée : l’accord est publié le 27 mai au son des cloches. Il ne vivra pas deux jours.

Parmi ceux qui ont à se plaindre des Armagnacs, un jeune bourgeois, Perrinet Leclerc, marchand de fer au Petit-Pont : malmené par les gens d’un conseiller armagnac, il n’a pu obtenir justice du prévôt. Il veut se venger. Avec d’autres mécontents, il va secrètement trouver à Pontoise le capitaine bourguignon Jean de Villiers de L’Isle-Adam. Son atout : son père est quartenier, et c’est lui qui garde les clefs de la porte Saint-Germain, que l’on appelle aussi porte de Buci. Elle perce l’enceinte de Philippe Auguste là où se croisent aujourd’hui la rue Saint-André-des-Arts et la rue André-Mazet.

Dans la nuit du 28 au 29 mai, Perrinet, qui est de garde, dérobe les clefs cachées sous le chevet paternel. Juste avant l’aube, le pont-levis s’abaisse : plusieurs centaines de soldats bourguignons, menés par Villiers de L’Isle-Adam et Guy Le Veau de Bar, entrent sans bruit et gagnent le Châtelet. Là, quatre cents bourgeois armés, gagnés au complot, les accueillent aux cris de « Vive Bourgogne ! ». La ville bascule presque sans combat. Les capitaines se font recevoir par Charles VI à l’hôtel Saint-Pol. Bernard d’Armagnac se cache chez un maçon ; dénoncé, il est livré à Villiers.

Un capitaine armagnac a pourtant réagi à temps. Tanneguy du Chastel tire le dauphin — le futur Charles VII — de son lit, dans un hôtel de la rue de Pute-y-Musse, l’enveloppe dans un drap et l’emmène à la Bastille, d’où il gagne Melun : l’héritier du trône échappe aux Bourguignons. Dans la nuit du 31 mai, Tanneguy revient à la tête de quelques centaines d’hommes et remonte la rue Saint-Antoine, barricade après barricade, avant d’être repoussé à la porte Baudoyer par la garde, les Bourguignons et les habitants.

La victoire se paie, comme toujours à cette époque, en pillages et en massacres. Après l’échec de la contre-attaque, on rafle et on tue des centaines d’« Armagnacs » présumés. La tuerie culmine le 12 juin : sur une fausse alerte, la foule force les prisons et massacre ceux qui y sont enfermés — Bernard d’Armagnac avec eux.

Quant à Perrinet, on le retrouve mort quelques jours plus tard, frappé, dit-on, par son propre père. Le détail pourrait bien avoir été inventé par les chroniqueurs pour laver ses puissants ennemis d’un assassinat. Au XIXe siècle, le traître devient un personnage de théâtre : Auguste Anicet-Bourgeois lui consacre un drame, « Périnet Leclerc ou Paris en 1418 ».

De la porte de Buci, démolie en 1672 sur un arrêt du Conseil du roi, il ne reste rien.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.