🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
📖 Nouvelle histoire de Paris. Paris au 15ème siècle FAVIER Jean
Bibliographie

Nouvelle histoire de Paris. Paris au 15ème siècle

FAVIER Jean
Hachette, 1974.
53 Fiches citant cet ouvrage
1974 Édition

Fiches citant cet ouvrage

53 fiches
Événement
1395
1395
p 14
Pont reconstruit avec la rançon de juifs condamnés à tort pour avoir fait disparaître l'un des leurs converti au christianisme. Construit en bois, il avait été emporté par une crue en 1393
Voir la fiche
Événement
Date imprécise
p 14-15
Principal pont de Paris au Moyen Âge, sur lequel étaient établis de nombreux changeurs
Voir la fiche
Événement
Événement
Événement
Date imprécise — La Croix Hémon/Lieu patibulaire/Lieu de supplices
p 22-23
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Fontaine Maubué ou Maubuée (alimentée par les eaux de Belleville)
p 23
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Fontaine Maubué ou Maubuée (alimentée par les eaux de Belleville)
p 23
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Fontaine de la Seraine (c'est-à-dire de la "sirène")/Fontaine de la Reine/Fontaine Greneta/Fontaine de la Trinité
p 23
Voir la fiche
Événement
1407
23 novembre 1407 — Allée aux Arbalétriers/Hôtel Barbette/Hôtel de la Reine
p 27 & 105
Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à p …

Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à proximité du 38 rue des Francs-Bourgeois, alors qu’il rentre de l’Hôtel Barbette où il avait rendu visite à la reine Isabeau de Bavière. L’attaque, menée par une quinzaine d’hommes sous la direction de Raoul d’Anquetonville et orchestrée par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, est soigneusement préparée. Thomas Courteheuse, valet du roi, joue un rôle dans la conspiration en prévenant le duc d’un faux appel du roi. Louis d’Orléans est tué à coups de hache après avoir été jeté à bas de sa monture. Cet assassinat marque le début d’une guerre civile entre les factions des Bourguignons, menés par Jean sans Peur, et des Armagnacs, partisans de la famille d’Orléans. Ce conflit, alimenté par la folie du roi Charles VI et la rivalité pour le contrôle du royaume, durera environ trente ans et déstabilisera profondément la France en pleine guerre de Cent Ans.

Sources

Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Pressoir sur le parvis de St Denis de la Chartre
p 28
Pressoir dont la présence indique que Paris comptait alors un important vignoble
Voir la fiche
Événement
1843
1843
p 30
Port au Foin en 1671, puis au bois ; rattachée au quai en 1843
Voir la fiche
Événement
Date imprécise
p 33
Port du bourg St Germain sur la Seine ; "l'école" est une déformation du latin scala, pour le "port", qui a donné, "échelle", "escale" ; rien à voir donc avec l'enseignement
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Galerie Mercière du Palais de Justice
p 41
Voir la fiche
Événement
Événement
1387
1387 — Rue des Écrivains (longeant l'église St jacques la Boucherie)
p 50
Voir la fiche
Événement
1413
27 avril 1413 — Hôtel du Petit Musc/Hôtel Neuf
p 105
Il a seize ans, il gouverne au nom d’un roi fou, et la foule vient sous ses fenêtres réclamer les têtes de ses conseillers. Derrière l’émeute se tient son propre beau-père, le duc de Bourgogne. Depuis 1392, le roi Charle …

Il a seize ans, il gouverne au nom d’un roi fou, et la foule vient sous ses fenêtres réclamer les têtes de ses conseillers. Derrière l’émeute se tient son propre beau-père, le duc de Bourgogne.

Depuis 1392, le roi Charles VI sombre par intermittence dans la folie, et le royaume se déchire entre deux partis : les Armagnacs, autour de la maison d’Orléans, et les Bourguignons de Jean sans Peur, qui a fait assassiner son cousin Louis d’Orléans en 1407, rue Vieille-du-Temple. Depuis, le duc de Bourgogne domine Paris, où il est populaire. Il s’appuie sur une faction menée par Simon le Coutelier, dit Caboche — d’où le nom de Cabochiens —, recrutée dans le petit peuple et dans la puissante corporation des bouchers, riches mais tenus à l’écart des notables. La guerre contre les Anglais vide le Trésor ; les bouchers refusent de payer davantage tant que les princes, qui ne contribuent pas, garderont leurs privilèges fiscaux. Les Cabochiens portent pour signe de ralliement un chaperon blanc.

L’héritier du trône, Louis de Guyenne, fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, a seize ans. Il préside le Conseil depuis 1409 au nom de son père malade, mais ce sont sa mère et son beau-père, Jean sans Peur, dont il a épousé la fille, qui mènent le jeu.

Le 27 avril 1413, l’émeute éclate. Les Cabochiens s’emparent de la Bastille, puis viennent sous les fenêtres du dauphin réclamer les têtes des « traîtres », à commencer par celle du prévôt de Paris, Pierre des Essarts. Louis répond qu’il n’y a pas de traîtres chez lui. Il doit pourtant céder : sous la pression des émeutiers, son chancelier, Jean Jouvenel des Ursins, lit une liste de cinquante personnes à châtier, et plusieurs de ses proches sont emmenés chez Jean sans Peur. Furieux, le dauphin se plaint de l’affront à son beau-père, le véritable instigateur de l’émeute ; mais le duc est maître de la capitale, et Louis, réduit à l’impuissance, doit s’entourer de conseillers bourguignons et laisser faire les massacres.

Les Cabochiens tiennent Paris plusieurs mois. Ils mettent à mort Pierre des Essarts, pénètrent jusque dans le palais du roi, tuent dans les prisons et dans les rues. Le 27 mai, une ordonnance de réforme préparée par des universitaires et des conseillers du duc, l’« ordonnance cabochienne », est promulguée : elle rappelle notamment que l’impôt doit être consenti par les états généraux. Le roi doit la signer et coiffer le chaperon blanc.

Mais les excès lassent les Parisiens. À la fin d’août, des maîtres de l’Université et la haute bourgeoisie, menée par Jouvenel des Ursins, favorisent le retour des Armagnacs, que soutient le dauphin. L’ordonnance est cassée le 5 septembre. Les Cabochiens qui n’ont pu fuir sont exécutés ; Caboche s’échappe avec Jean sans Peur ; la boucherie du parvis Notre-Dame est rasée. Louis n’y gagne rien : presque prisonnier des Armagnacs au Louvre, il appelle en vain son beau-père à l’aide. Il meurt le 18 décembre 1415, à dix-huit ans.

La scène d’avril 1413 se situe en bordure de l’hôtel Saint-Pol, la résidence que Charles V s’était constituée hors des murs, entre la Seine, la rue Saint-Paul, la rue Saint-Antoine et la rue du Petit-Musc. Charles VI y tenait sa cour. Loti à partir de 1544, l’hôtel a disparu ; il en reste le nom du quartier Saint-Paul et le tracé des rues ouvertes sur ses jardins.

Voir la fiche
Événement
1413
1413 — Hôtel du Petit Musc/Hôtel Neuf
p 105
Le dauphin Louis est inquièté par les insurgés Cabochiens qui enlèvent plusieurs de ses proches emmenés chez Jean sans Peur
Voir la fiche
Événement
1382
1er mars 1382 — Hôtel d'Anjou/Hôtel d'Alençon/Hôtel d'Évreux
p 131-137
Voir la fiche
Événement
1382
1er mars 1382 — Hôtel du Boccador/Hôtel de Ville
p 131-137
Le 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les den …

Le 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les denrées de base – vin, pain, viande – après les avoir un temps abolies, et la colère gronde dans les rues. Aux Halles, la dispute entre une marchande et un percepteur dégénère : des collecteurs d’impôts sont pris à partie, certains tués, et la foule se met à scander « Liberté ! Liberté ! Aux armes ! ».

Très vite, l’émeute prend une tournure insurrectionnelle. Les manifestants se ruent vers l’Hôtel de Ville, alors installé dans l’hôtel du Boccador : ils enfoncent les portes, s’emparent des maillets de plomb ou de fer que le prévôt Hugues Aubriot avait fait entreposer pour armer la milice bourgeoise en cas d’attaque ennemie. C’est de ces armes improvisées que vient leur surnom de « Maillotins ». Armés de ces maillets, ils se répandent dans la ville, frappent des percepteurs, brûlent des registres fiscaux, ouvrent les prisons, et s’en prennent aussi, dans un climat de haine religieuse, aux communautés juives, accusées d’usure.

Le jeune roi Charles VI n’est pas encore en mesure de réagir directement : ses oncles – notamment le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, Louis de Naples étant lui aussi impliqué dans les affaires financières du royaume – tentent d’abord la négociation, puis se retirent avec la cour à Vincennes, laissant Paris en effervescence. Hugues Aubriot, quant à lui, est libéré par les insurgés des prisons ecclésiastiques où il était détenu, ironie de l’histoire pour celui qui avait organisé les défenses de la ville quelques années plus tôt.

La répression viendra plus tard. Après avoir vaincu la révolte des Gantois à Roosebeke, le roi rentre à Paris en 1383 et, sous l’influence de ses oncles, fait pendre ou décapiter de nombreux Maillotins, sans toujours distinguer coupables et simples notables compromis. La ville perd pour des décennies sa municipalité autonome : prévôt des marchands et échevins sont supprimés, au profit d’un contrôle direct par le prévôt du roi.

La révolte des Maillotins reste dans l’histoire parisienne comme l’un des premiers grands soulèvements antifiscaux urbains : un mouvement parti du marché, armé d’outils détournés en armes, qui vise autant la misère provoquée par les impôts que les désordres et le luxe ostentatoire de la cour.

Voir la fiche
Événement
1382
1er mars 1382 — Halles de Paris
p 132
Début de la révolte des Maillotins, suite à une altercation entre une marchande de cresson et un fermier de l'impôt ; la répression de cette émeute entraînera une perte de pouvoir pour la Prévôté de l'eau
Voir la fiche
Événement
1382
1er mars 1382 — Prison du For l'Évêque/Prison de Fort-l'Évêque
p 135
Les Maillotins délivrent Hugues Aubriot pour en faire leur chef ; mais il s'enfuit
Voir la fiche
Événement
Événement
1413
30 janvier 1413 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
p 153-156
Voir la fiche
Événement
1413
28 avril 1413 — Bastide St Antoine/Forteresse de la Bastille
p 156-158
Les Cabochiens assiègent la Bastille pour capturer l'ancien prévôt Pierre des Essarts qui s'y est réfugié. Il se rendra le lendemain sous promesse de grâce. Il sera malgré tout exécuté
Voir la fiche
Événement
1418
29 mai 1418 — Porte de Buci
p 166-168
Une nuit de mai, un marchand de fer glisse la main sous l’oreiller de son père. Au matin, Paris a changé de maître. Au printemps 1418, Paris est aux mains des Armagnacs. Depuis l’assassinat du duc d’Orléans, onze ans plu …

Une nuit de mai, un marchand de fer glisse la main sous l’oreiller de son père. Au matin, Paris a changé de maître.

Au printemps 1418, Paris est aux mains des Armagnacs. Depuis l’assassinat du duc d’Orléans, onze ans plus tôt, la guerre civile déchire le royaume, sur fond d’invasion anglaise. Le connétable Bernard d’Armagnac tient la capitale et le roi fou, Charles VI. Ses soldats, venus du Midi, passent pour des étrangers aux yeux des Parisiens, largement acquis au duc de Bourgogne, Jean sans Peur ; pour les payer, le connétable fait saisir les biens des églises. Une paix vient pourtant d’être négociée : l’accord est publié le 27 mai au son des cloches. Il ne vivra pas deux jours.

Parmi ceux qui ont à se plaindre des Armagnacs, un jeune bourgeois, Perrinet Leclerc, marchand de fer au Petit-Pont : malmené par les gens d’un conseiller armagnac, il n’a pu obtenir justice du prévôt. Il veut se venger. Avec d’autres mécontents, il va secrètement trouver à Pontoise le capitaine bourguignon Jean de Villiers de L’Isle-Adam. Son atout : son père est quartenier, et c’est lui qui garde les clefs de la porte Saint-Germain, que l’on appelle aussi porte de Buci. Elle perce l’enceinte de Philippe Auguste là où se croisent aujourd’hui la rue Saint-André-des-Arts et la rue André-Mazet.

Dans la nuit du 28 au 29 mai, Perrinet, qui est de garde, dérobe les clefs cachées sous le chevet paternel. Juste avant l’aube, le pont-levis s’abaisse : plusieurs centaines de soldats bourguignons, menés par Villiers de L’Isle-Adam et Guy Le Veau de Bar, entrent sans bruit et gagnent le Châtelet. Là, quatre cents bourgeois armés, gagnés au complot, les accueillent aux cris de « Vive Bourgogne ! ». La ville bascule presque sans combat. Les capitaines se font recevoir par Charles VI à l’hôtel Saint-Pol. Bernard d’Armagnac se cache chez un maçon ; dénoncé, il est livré à Villiers.

Un capitaine armagnac a pourtant réagi à temps. Tanneguy du Chastel tire le dauphin — le futur Charles VII — de son lit, dans un hôtel de la rue de Pute-y-Musse, l’enveloppe dans un drap et l’emmène à la Bastille, d’où il gagne Melun : l’héritier du trône échappe aux Bourguignons. Dans la nuit du 31 mai, Tanneguy revient à la tête de quelques centaines d’hommes et remonte la rue Saint-Antoine, barricade après barricade, avant d’être repoussé à la porte Baudoyer par la garde, les Bourguignons et les habitants.

La victoire se paie, comme toujours à cette époque, en pillages et en massacres. Après l’échec de la contre-attaque, on rafle et on tue des centaines d’« Armagnacs » présumés. La tuerie culmine le 12 juin : sur une fausse alerte, la foule force les prisons et massacre ceux qui y sont enfermés — Bernard d’Armagnac avec eux.

Quant à Perrinet, on le retrouve mort quelques jours plus tard, frappé, dit-on, par son propre père. Le détail pourrait bien avoir été inventé par les chroniqueurs pour laver ses puissants ennemis d’un assassinat. Au XIXe siècle, le traître devient un personnage de théâtre : Auguste Anicet-Bourgeois lui consacre un drame, « Périnet Leclerc ou Paris en 1418 ».

De la porte de Buci, démolie en 1672 sur un arrêt du Conseil du roi, il ne reste rien.

Voir la fiche
Événement
Événement
1418
12 juin 1418 — Palais des rois capétiens/Conciergerie
p 169-170
Voir la fiche
Événement
1418
12 juin 1418
p 169-171
Massacre des Armagnacs capturés le 30 mai, à l'entrée des Bourguignons dans Paris
Voir la fiche
Événement
Événement
1418
Événement
1429
8 septembre 1429 — Porte St Honoré/Enceinte de Charles V
p 191
Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les …

Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les Anglais; le duc de Bedford, régent du roi Henri VI, en a fait le coeur du dispositif anglais en France. Depuis la victoire d'Orléans en mai et le sacre de Charles VII à Reims en juillet, Jeanne pousse vers la capitale; le roi la suit de loin, prudent, réticent.

Le 7 septembre, elle a campé à Monceau, village situé à l'emplacement de l'actuelle place de Lévis dans le 17e arrondissement. Le 8 au matin, accompagnée du duc d'Alençon, de Gilles de Rais et du maréchal de Boussac, elle porte ses troupes devant la porte Saint-Honoré, à l'emplacement approximatif de l'actuelle rue de l'Échelle. Des couleuvrines ont été installées sur la butte Saint-Roch pour appuyer l'assaut. Les fossés remplis d'eau qui protègent la porte sont larges et profonds; pour en mesurer la praticabilité, Jeanne s'avance elle-même jusqu'au bord et sonde la profondeur avec sa lance.

C'est là qu'un carreau d'arbalète la frappe à la cuisse. Elle refuse d'abord d'être emportée, continue d'exhorter ses troupes, ordonne de poursuivre l'assaut. Son porte-étendard est tué à ses côtés. Ce n'est qu'à la tombée du soir que ses capitaines la contraignent à se retirer; elle est soignée à la maison à l'enseigne des Genêts, près de l'actuelle place André Malraux, puis Gilles de Rais la ramène dans la nuit au village de La Chapelle, au nord de Paris, où elle avait établi son quartier général.

Le lendemain, Charles VII ordonne la retraite. Il refuse de recommencer l'assaut et rappelle ses troupes vers la Loire, faisant détruire le pont de bateaux pour ne pas laisser à Jeanne la possibilité d'agir seule. L'occasion de reprendre Paris est perdue. Jeanne, clouée au lit par sa blessure, ne peut qu'obéir au roi qu'elle a sacré deux mois plus tôt.

Paris restera sous domination anglaise et bourguignonne jusqu'en 1436, sept longues années après la blessure de la porte Saint-Honoré. Ce délai, Charles VII le devait à sa propre timidité. Il en fallait un peu moins pour comprendre ce que la prudence d'un roi peut coûter à ceux qui se battent pour lui.

Voir la fiche
Événement
1436
14 avril 1436 — Bastide St Antoine/Forteresse de la Bastille
p 196-197
Au 5, rue Saint-Antoine (IVe arr.), la forteresse de la Bastille Saint-Antoine abrite les derniers soldats anglais de Paris. Ils n'en ont plus pour longtemps. Depuis seize ans, Paris vit sous occupation anglaise. Le trai …

Au 5, rue Saint-Antoine (IVe arr.), la forteresse de la Bastille Saint-Antoine abrite les derniers soldats anglais de Paris. Ils n'en ont plus pour longtemps.

Depuis seize ans, Paris vit sous occupation anglaise. Le traité de Troyes, signé en 1420, a livré la capitale au roi d'Angleterre. Le duc de Bedford gouverne la ville au nom du jeune Henri VI ; les Parisiens subissent, entre guerre civile, disette et humiliation. Mais en 1435, tout bascule : le traité d'Arras réconcilie Philippe le Bon avec Charles VII. La Bourgogne change de camp. L'Angleterre, privée de son allié et de Bedford — mort la même année —, perd pied.

Le 13 avril 1436, Arthur de Richemont, connétable de France, se présente devant les murs de Paris avec ses troupes. À l'intérieur, un complot est en marche. Michel de Laillier, riche bourgeois et changeur, a organisé un réseau prêt à ouvrir les portes. La conspiration est éventée, les clés confisquées. Qu'importe : la ville se soulève. Des Parisiens grimpent sur les remparts, abaissent une échelle, forcent la porte Saint-Jacques. Jean de Villiers de l'Isle-Adam est le premier à planter la bannière française sur la muraille.

C'est la débandade pour la garnison anglaise. Les soldats refluent vers la forteresse de la Bastille Saint-Antoine, au bout de la rue Saint-Antoine — la seule position encore tenable. Ils s'y barricadent. Mais sans vivres, sans renforts possibles, la situation est désespérée.

Le 15 avril, c'est fini. Richemont offre une sortie honorable : la vie sauve contre le départ immédiat. La garnison capitule et prend la route de Rouen. Après seize ans, Paris est française.

L'ironie, c'est que Charles VII ne se presse guère. Il n'entrera dans sa capitale que dix-huit mois plus tard, en novembre 1437, découvrant une ville ravagée. Quant à l'Isle-Adam, le héros du 13 avril, il mourra à Bruges quarante et un jours après son exploit — sans avoir eu le temps de savourer la victoire.

Voir la fiche
Événement
1394
février 1394 — Couvent des Mathurins
p 215 & 213
Principal lieu de réunions de l'Université, où fut décidée la rupture avec le pape
Voir la fiche
Événement
Événement
1420
3 juin 1420 — Couvent des Mathurins
p 229
Les étudiants des "facultés supérieures" de l''Université jurent de respecter le traité qui livre la France à Henri V d'Angleterre
Voir la fiche
Événement
1420
4 juin 1420 — Église St Julien le Pauvre
p 229
Les étudiants des "nations des arts" de l''Université jurent de respecter le traité qui livre la France à Henri V d'Angleterre
Voir la fiche
Événement
1418
juin 1418 — Collège de Navarre
p 229
Mise à sac du collège de Navarre par les Bourguignons malgré le revirement de l'Université
Voir la fiche
Événement
1548