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31
Boulevard des Italiens
Adresse

31 boulevard des Italiens

📍 31 boulevard des Italiens, 75002 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1760 — 1941

Toponymie — boulevard des Italiens

boulevard des Italiens
Voisinage de l'ancien théâtre de la Comédie Italienne, plus tard Opéra Italien, aujourd'hui théâtre de l'Opéra Comique.
Anciens noms : boulevard Neuf · boulevard du Dépôt · boulevard de la Chaussée d'Antin
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Événements à cette adresse

2 événements · 1760 — 1941
Palais Berlitz
On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer. Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard…

On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer.

Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard des Italiens, ouvre ses portes à une exposition qui se propose de démontrer, cartes, statistiques et portraits agrandis à l'appui, la "mainmise" des juifs sur la France. Organisée par l'Institut d'étude des questions juives (IEQJ) sous la direction de Paul Sézille, avec le soutien actif de l'ambassadeur allemand Otto Abetz, "Le Juif et la France" durera jusqu'en janvier 1942 et accueillera plusieurs centaines de milliers de visiteurs.

Le contexte est celui d'une collaboration antisémite qui a déjà produit ses premiers effets légaux. Le statut des juifs de Vichy, promulgué en octobre 1940 sans que les Allemands l'aient exigé, avait exclu les juifs des emplois publics, des professions libérales, de la presse, du cinéma. Une deuxième loi en juin 1941 avait étendu ces exclusions et introduit le numerus clausus dans les professions restantes. L'exposition de septembre 1941 est le prolongement culturel de cette législation : il s'agit de faire voir, de rendre visible, de donner à la haine un décor présentable.

Les salles du Palais Berlitz présentent des photographies démesurément agrandies de personnalités juives, des graphiques sur leur présence dans les médias, la finance, le commerce, le barreau. Le visiteur est guidé dans un parcours conçu pour déclencher le dégoût : chaque panneau est une accusation, chaque chiffre un mensonge présenté comme une vérité scientifique. La propagande nazie avait produit une exposition similaire, "Der ewige Jude" ("Le Juif éternel"), que les organisateurs parisiens prennent pour modèle.

Parmi les visiteurs, Louis-Ferdinand Céline visite l'exposition et se plaint que ses propres brochures antisémites n'aient pas été placées dans la bibliothèque de l'événement : le fascisme littéraire français voulait sa part du spectacle. La collaboration prend ici une forme que l'historiographie appelle "zèle" : des Français qui font plus que ce que les Allemands demandent, qui ajoutent de l'ardeur là où une simple obéissance aurait suffi.

Les premières rafles massives de juifs à Paris débuteront en juillet 1942. Entre l'exposition de septembre 1941 et ces rafles, il y a moins d'un an : le spectacle de la haine précède et prépare la logistique de l'extermination.

Emplacement : emplacement du Pavillon de Hanovre
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Personnage(s) : Otto Abetz ·Paul Sézille
31 boulevard des Italiens — 2e arr.
Pavillon de Hanovre (reconstruit dans le parc de Sceaux)
Pavillon du maréchal de Richelieu fréquenté par Voltaire qui, somme toute, n'était pas si regardant sur ses fréquentations ; le pavillon tient son nom du pillage de la province allemand qui l'a financé
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31 boulevard des Italiens — 2e arr.
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