🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
2e & 9e arr.
Voie · Traverse 2 arrondissements

Boulevard des Italiens

De rue de Richelieu, 103, et boulevard Haussmann, 1. à rue Louis le Grand, 34, et rue de la Chaussée d'Antin, 2.
Quartiers Chaussée-d'Antin · Faubourg-Montmartre · Gaillon · Vivienne · Longueur ≈ 390 m
≈ 390 m
Longueur
1704
Ouverte en
2
Arrondissements
4
Quartiers
⚑ Cette rue traverse : 2 e arr. & 9 e arr.
I

Histoire de la rue

Tracé sur les anciens remparts de Louis XIII, le boulevard des Italiens naît par lettres patentes de juillet 1676, puis confirmé par arrêt royal en 1704 : on perce alors une longue promenade plantée d'arbres que les Parisiens appellent d'abord simplement le boulevard Neuf, puis le boulevard du Dépôt ou boulevard de la Chaussée d'Antin. Son nom définitif, il le doit au voisinage de la Comédie Italienne — plus tard Opéra Italien, aujourd'hui Opéra-Comique — qui s'installe dans le quartier et lui prête sa réputation de légèreté et de plaisir.

Dès le XVIIIe siècle, le boulevard attire le beau monde et ses sulfureux voisins. Au n° 31, le pavillon du maréchal de Richelieu reçoit Voltaire, ce qui en dit long sur l'ambiance du lieu. Au n° 15, en 1782, on lit clandestinement devant quelques invités triés sur le volet un texte subversif intitulé La Folle Journée — ce sera le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Quelques années plus tard, en 1789, une échauffourée entre gardes françaises et soldats du royal-allemand au n° 38 préfigure l'insurrection qui couve. Le même immeuble abrite bientôt le siège de la section révolutionnaire de la Grange Batelière. En 1796, au n° 27–29, Augustin Darthé y recrute Georges Grisel pour la Conjuration des Égaux de Babeuf — et c'est là que le mouvement se trahit lui-même.

Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, le boulevard devient le cœur battant de Paris : on y vient s'afficher, débattre, duelliser. En 1817, le n° 19 accueille les premiers essais publics d'éclairage au gaz de la capitale. Les cafés se succèdent, chacun avec sa clientèle : chez Tortoni (n° 22, haut lieu de 1798 à 1894), on refait le monde entre journalistes ; au café Hardy (n° 20), on dîne ruineusement — « il faut être bien riche pour dîner au café Hardy, et bien hardi pour dîner au café Riche », dit-on alors. La Librairie Nouvelle (n° 15, 1849) réunit Flaubert, les frères Goncourt, Zola, Musset, Dumas père qui installe même ses bureaux du Mousquetaire au n° 20. Le passage de l'Opéra (n° 2), avec ses galeries du Baromètre et de l'Horloge, prolonge ce monde couvert de flânerie, avant de disparaître en 1923 — immortalisé par Louis Aragon dans Le Paysan de Paris.

En 1871, le boulevard est un théâtre politique à ciel ouvert. Edmond de Goncourt note, glacial, ce 20 mars : « Les cohortes de Belleville, en face de Tortoni, foulent notre boulevard conquis… » Quelques semaines plus tard, après la Semaine sanglante, on insulte les officiers versaillais au n° 27. Chez Tortoni, pendant le siège de 1870, on avait encore servi filet de bœuf et charlotte à des Parisiens dont d'autres mouraient de faim à quelques rues de là. Le boulevard des Italiens a toujours eu ce don : refléter, dans ses vitres et ses nappes blanches, tout ce que Paris contient d'élégance et de brutalité mêlées.

Centre de la voie Adresse documentée Calque « Plan ancien » (haut-gauche) : choisir un plan + régler l'opacité.
Voir la rue sur la grande carte →
II

Fiches

76 fiches · 22 adresses
2
2 boulevard des Italiens
Passage de l'Opéra/Galerie du Baromètre/Café Le Petit Grillon (face au café Certà)
10 fiches
Voir l'adresse
Louis Aragon et Breton rédigent la "Lettre ouverte au Comité Lautréamont"
Voir la fiche
Personnage(s) : André Breton ·Louis Aragon
Un mouvement qui refuse toute définition établit un procès-verbal pour savoir qui en est : c'est ainsi que Dada meurt et que le surréalisme commence. Dada est né à Zurich en 1916, au Cabaret Voltaire, parmi des exilés…
Lire le récit
5
5 boulevard des Italiens
Siège du journal "Le Temps"
1 fiche
Voir l'adresse
13
13 boulevard des Italiens
Café Anglais
1 fiche
Voir l'adresse
Lieu à la mode et de réunions pendant la période romantique
Voir la fiche
Personnage(s) : Paul Chevreuil ·Milord l'Arsouille
15
15 boulevard des Italiens
Grand Cercle Républicain
5 fiches
Voir l'adresse
La Librairie Nouvelle, fondée en 1849 par Bourdilliat et Jaccottet au 15 boulevard des Italiens à Paris, était un lieu emblématique de la vie littéraire et mondaine du XIXe siècle. Elle proposait des livres à prix…
Lire le récit
Première lecture publique clandestine de "La Folle Journée", qui prendra le titre de "Mariage de Figaro" chez l'ambassadeur de Russie
Voir la fiche
Personnage(s) : Beaumarchais
22
22 boulevard des Italiens
Café Tortoni
8 fiches
Voir l'adresse
Café fréquenté par le révolutionnaire cubain José Marti lors de son séjour à Paris, au cours duquel il rencontre Auguste Vacquerie et Victor Hugo
Voir la fiche
Le 20 mars 1871, Edmond de Goncourt sort se promener boulevard des Italiens. Il observe, il note. C'est son métier depuis trente ans — observer et noter, avec une précision de naturaliste et les préjugés de sa classe. Ce…
Lire le récit
Personnage(s) : Edmond de Goncourt
Menu de réveillon chez Tortoni, pendant le siège, alors que des parisiens meurent de faim : "Tête de veau, tortue à l'huile, filet de bœuf, pommes sautées, cèpes à la bordelaise, salade, sorbet au rhum, soufflé, fromages, fruit"
Voir la fiche
Courant envoie chez Tortoni, le café des journalistes, pour essayer d'y expliquer le déclenchement de la fusillade du bd des Capucines, l'officier Baillet qui manque d'être lynché par la foule
Voir la fiche
Personnage(s) : Courant ·de Brotonne ·Baillet
Lieu de rencontres littéraires et poétiques, mais aussi politiques, sous le Second Empire
Voir la fiche
Personnage(s) : Alfred de Musset ·Charles Yriarte
24
24 boulevard des Italiens
Méridienne de Paris/Médaillon Arago
3 fiches
Voir l'adresse
Demeure et salle d'armes d'Henry Seymour, dit Lord Seymour sous le pseudo de Willliams, que Jenny reprendra pour signer des articles qu'elle enverra au journal "la Marseillaise"
Voir la fiche
Personnage(s) : Henry Seymour
26
26 boulevard des Italiens
Fantaisies-Oller/Troisième Théâtre des Nouveautés (en 1878)
3 fiches
Voir l'adresse
Le Café de Bade, situé au 26 boulevard des Italiens dans le 9ᵉ arrondissement, fut l’un des cafés en vogue durant le Second Empire et fréquenté par des artistes et intellectuels. Edouard Manet y convia Émile Zola le 1ᵉʳ septembre 1868 afin de le remercier pour sa critique enthousiaste publiée dans le journal L’Événement. Des membres de la bohème artistique, comme Zacharie Astruc et d’autres proches de Manet, s’y réunissaient également régulièrement, participant à la vie culturelle du quartier de la Chaussée d’Antin. Le café a disparu avec la transformation du boulevard à la fin du XIXᵉ. Eduard Manet Émile Zola
Voir la fiche
27
27 boulevard des Italiens
Café du Helder (rendez-vous des officiers versaillais après la Commune)
2 fiches
Voir l'adresse
Le Café du Helder, situé au 27 boulevard des Italiens à Paris, était célèbre au XIXᵉ siècle pour la qualité de son absinthe, attirant une clientèle artistique et lettrée. Les frères Goncourt, écrivains majeurs du Second Empire, fréquentaient assidûment ce lieu emblématique des boulevards parisiens, tout comme d’autres personnalités littéraires. Le café symbolisait la sociabilité bohème et bourgeoise des grands boulevards, où l’absinthe, alors en vogue, participait au rituel des rencontres intellectuelles. Son décor et sa situation ont fait du Café du Helder un repère du Paris littéraire d’avant les grands travaux du XXᵉ siècle, avant sa disparition au profit d’une banque vers 1920.
Voir la fiche
31
31 boulevard des Italiens
Palais Berlitz
2 fiches
Voir l'adresse
On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer. Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard…
Lire le récit
Personnage(s) : Otto Abetz ·Paul Sézille
Pavillon du maréchal de Richelieu fréquenté par Voltaire qui, somme toute, n'était pas si regardant sur ses fréquentations ; le pavillon tient son nom du pillage de la province allemand qui l'a financé
Voir la fiche
Sans numéro
Sur la voie, sans adresse précise
8 fiches
Les partisans de l'ordre qui refusent de se décoiffer sur le passage du cortège funèbre des nombreux morts de la sortie du 3 avril sont violemment pris à partie par la foule, au cri de "à bas les chapeaux"
Voir la fiche
Personnage(s) : Fédérés
Après un premier essai de "colonnes mauresques" en 1839, à la fois vespasiennes et affichage public, Morris obtient l'autorisation d'installer sur les boulevards 10 édicules publicitaires des spectacles. Il y en aura jusqu'à 773 à Paris
Voir la fiche
Le préfet Chabrol ordonne de paver les trottoirs des Grands boulevards en pierres volcaniques de Volvic en Auvergne
Voir la fiche
Personnage(s) : Gaspard de Chabrol de Volvic
Rendez vous sous le Directoire des émigrés de retour de Coblentz, et référence à l'exil de Louis XVIII, réfugié à Gand en Belgique, origine du mot "gandins" désignant la jeunesse dorée
Voir la fiche
Le "Nouveau cours", promenade aménagée sur l'emplacement des anciennes fortifications de Louis XIII, dont elles vont bientôt tirer le nom de "boulevart", et où vont s'installer diverses attractions, dont de nombreux théâtres populaires
Voir la fiche
Personnage(s) : Louis XIV
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution