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Couverture — Armagnacs et Bourguignons. La maudite guerre
Bibliographie

Armagnacs et Bourguignons. La maudite guerre

SCHNERB Bertrand
Perrin. Tempus, 2001.
23 Fiches citant cet ouvrage
2001 Édition

À propos de cet ouvrage

Le tableau d'un épisode trop méconnu et trop longtemps sous-estimé de la guerre de Cent-Ans.

Le conflit entre Armagnacs et Bourguignons, qui revêt d'abord la forme d'une querelle entre les deux princes les plus puissants de la cour de France et dégénère ensuite en une guerre civile, paraît difficilement compréhensible. Ses motifs semblent obscurs. Son déroulement est souvent masqué par les péripéties de la guerre de Cent Ans. En fait, ces événements constituent les signes extérieurs d'une des crises les plus profondes que l'Etat monarchique ait eu à surmonter au Moyen Age. Ce sont deux conceptions de l'Etat qui s'affrontent. Le royaume de France tout entier se partage en deux camps. Le personnage même de Jeanne d'Arc ne peut être évoqué en dehors de ce contexte de guerre civile dans lequel notre " héroïne nationale " a grandi et s'est forgé ses propres convictions.

Bertrand Schnerb montre de manière saisissante ce qu'est une guerre à la fin du Moyen Age. L'ensemble constitue un tableau très éloquent de la France au début du XVe siècle.

Bertrand Schnerb, professeur à l'université de Lille III, a notamment publié L'Etat bourguignon (1363-1477).

Fiches citant cet ouvrage

23 fiches
Événement
1407
23 novembre 1407 — Allée aux Arbalétriers/Hôtel Barbette/Hôtel de la Reine
p 91-94
Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à p …

Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à proximité du 38 rue des Francs-Bourgeois, alors qu’il rentre de l’Hôtel Barbette où il avait rendu visite à la reine Isabeau de Bavière. L’attaque, menée par une quinzaine d’hommes sous la direction de Raoul d’Anquetonville et orchestrée par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, est soigneusement préparée. Thomas Courteheuse, valet du roi, joue un rôle dans la conspiration en prévenant le duc d’un faux appel du roi. Louis d’Orléans est tué à coups de hache après avoir été jeté à bas de sa monture. Cet assassinat marque le début d’une guerre civile entre les factions des Bourguignons, menés par Jean sans Peur, et des Armagnacs, partisans de la famille d’Orléans. Ce conflit, alimenté par la folie du roi Charles VI et la rivalité pour le contrôle du royaume, durera environ trente ans et déstabilisera profondément la France en pleine guerre de Cent Ans.

Sources

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Événement
1407
23 novembre 1407
p 91-96
Cachette des meurtriers de Louis 1er d'Orléans à l'instigation de Jean Sans Peur. Ils vont l'assassiner devant cet hôtel
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Événement
Événement
1407
20 novembre 1407 — Église des Grands Augustins
p 91-94
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Événement
1407
24 novembre 1407 — Église du couvent des Célestins
p 94
Le frère du roi est tombé sous les coups de hache, rue Vieille-du-Temple. Deux jours après ses obsèques, le commanditaire avoue. Depuis que Charles VI a sombré dans la folie, en 1392, le royaume est gouverné par un conse …

Le frère du roi est tombé sous les coups de hache, rue Vieille-du-Temple. Deux jours après ses obsèques, le commanditaire avoue.

Depuis que Charles VI a sombré dans la folie, en 1392, le royaume est gouverné par un conseil de régence où s’affrontent les princes. Au premier rang, le frère cadet du roi, Louis d’Orléans : partisan de la reprise de la guerre contre les Anglais, maître du Trésor royal, il domine le conseil aux côtés de la reine, Isabeau de Bavière. En face, les ducs de Bourgogne — Philippe le Hardi, puis, à partir de 1404, son fils Jean sans Peur —, qui voient le pouvoir leur échapper. En août 1405, Jean sans Peur est entré dans Paris à la tête de ses troupes ; une réconciliation a évité de justesse la guerre civile. Mais en avril 1407, une ordonnance réforme le conseil du roi : les Bourguignons n’y sont plus que deux, contre vingt-six auparavant. Le duc de Bourgogne décide de frapper.

Le complot est méthodique. En août, à Lille, il verse cent écus à son homme de main, Raoul d’Anquetonville, et quinze cents à un homme de confiance, à déposer en lieu sûr dans Paris. Le 14 novembre, un courtier loue une maison, l’hôtel de l’image Notre-Dame, qui aurait servi de cache aux tueurs.

Le 23 novembre 1407, vers huit heures du soir, Louis d’Orléans sort de l’hôtel Barbette, rue Vieille-du-Temple, où il est allé voir la reine, qui vient d’accoucher. Un valet du roi, complice du complot, est venu lui dire que Charles VI le réclame d’urgence à l’hôtel Saint-Pol. Le duc remonte la rue sur son mulet, avec une petite dizaine de valets et de piquiers. Une quinzaine d’hommes, tapis dans l’ombre, se jettent sur la troupe ; on le jette à bas de sa monture, on lui coupe la main. « Je suis le duc d’Orléans ! » — « C’est lui que nous voulons ! » Un coup de hache à la tête l’achève, aux côtés de son fidèle valet flamand, Jacob. Son corps est déposé à l’église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, en attendant les funérailles.

Dessin : les bâtiments du couvent des Célestins

Le lendemain, 24 novembre, Paris enterre le frère du roi à l’église du couvent des Célestins. Le lieu n’est pas choisi au hasard : bâti près de l’hôtel Saint-Pol, que Charles V affectionnait, le couvent est, après Saint-Denis, la plus importante nécropole des princes, et Louis d’Orléans y a fait élever une chapelle pour sa famille, où reposeront deux de ses fils.

Qui a armé les tueurs ? Le 26 novembre, lors d’une séance du conseil royal, Jean sans Peur avoue à son oncle Berry et à son cousin Anjou avoir commandité le meurtre ; il file le lendemain vers la Flandre. Loin de s’en cacher ensuite, il fera prononcer par le théologien Jean Petit un éloge du tyrannicide. En 1410, à Gien, lors des noces du jeune duc d’Orléans, Charles, avec Bonne d’Armagnac, les grands du royaume se liguent contre lui : c’est le noyau du futur parti armagnac. La guerre civile ne s’achèvera qu’au traité d’Arras, en 1435 ; Jean sans Peur lui-même sera assassiné par les Armagnacs en 1419.

Du couvent des Célestins, fermé en 1779, il ne reste rien. Profané sous la Révolution, changé en dépôt de bois puis en caserne, il a été coupé en deux par le boulevard Henri-IV en 1876 ; ses derniers vestiges ont disparu entre 1895 et 1901, lors de la construction de la caserne des Célestins de la Garde républicaine, entre la rue du Petit-Musc et la rue de Sully.

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Événement
1407
24 novembre 1407 — Église du couvent des Célestins
p 94
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Événement
1413
30 janvier 1413 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
p 164
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Événement
1413
27 avril 1413 — Hôtel du Petit Musc/Hôtel Neuf
p 172
Il a seize ans, il gouverne au nom d’un roi fou, et la foule vient sous ses fenêtres réclamer les têtes de ses conseillers. Derrière l’émeute se tient son propre beau-père, le duc de Bourgogne. Depuis 1392, le roi Charle …

Il a seize ans, il gouverne au nom d’un roi fou, et la foule vient sous ses fenêtres réclamer les têtes de ses conseillers. Derrière l’émeute se tient son propre beau-père, le duc de Bourgogne.

Depuis 1392, le roi Charles VI sombre par intermittence dans la folie, et le royaume se déchire entre deux partis : les Armagnacs, autour de la maison d’Orléans, et les Bourguignons de Jean sans Peur, qui a fait assassiner son cousin Louis d’Orléans en 1407, rue Vieille-du-Temple. Depuis, le duc de Bourgogne domine Paris, où il est populaire. Il s’appuie sur une faction menée par Simon le Coutelier, dit Caboche — d’où le nom de Cabochiens —, recrutée dans le petit peuple et dans la puissante corporation des bouchers, riches mais tenus à l’écart des notables. La guerre contre les Anglais vide le Trésor ; les bouchers refusent de payer davantage tant que les princes, qui ne contribuent pas, garderont leurs privilèges fiscaux. Les Cabochiens portent pour signe de ralliement un chaperon blanc.

L’héritier du trône, Louis de Guyenne, fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, a seize ans. Il préside le Conseil depuis 1409 au nom de son père malade, mais ce sont sa mère et son beau-père, Jean sans Peur, dont il a épousé la fille, qui mènent le jeu.

Le 27 avril 1413, l’émeute éclate. Les Cabochiens s’emparent de la Bastille, puis viennent sous les fenêtres du dauphin réclamer les têtes des « traîtres », à commencer par celle du prévôt de Paris, Pierre des Essarts. Louis répond qu’il n’y a pas de traîtres chez lui. Il doit pourtant céder : sous la pression des émeutiers, son chancelier, Jean Jouvenel des Ursins, lit une liste de cinquante personnes à châtier, et plusieurs de ses proches sont emmenés chez Jean sans Peur. Furieux, le dauphin se plaint de l’affront à son beau-père, le véritable instigateur de l’émeute ; mais le duc est maître de la capitale, et Louis, réduit à l’impuissance, doit s’entourer de conseillers bourguignons et laisser faire les massacres.

Les Cabochiens tiennent Paris plusieurs mois. Ils mettent à mort Pierre des Essarts, pénètrent jusque dans le palais du roi, tuent dans les prisons et dans les rues. Le 27 mai, une ordonnance de réforme préparée par des universitaires et des conseillers du duc, l’« ordonnance cabochienne », est promulguée : elle rappelle notamment que l’impôt doit être consenti par les états généraux. Le roi doit la signer et coiffer le chaperon blanc.

Mais les excès lassent les Parisiens. À la fin d’août, des maîtres de l’Université et la haute bourgeoisie, menée par Jouvenel des Ursins, favorisent le retour des Armagnacs, que soutient le dauphin. L’ordonnance est cassée le 5 septembre. Les Cabochiens qui n’ont pu fuir sont exécutés ; Caboche s’échappe avec Jean sans Peur ; la boucherie du parvis Notre-Dame est rasée. Louis n’y gagne rien : presque prisonnier des Armagnacs au Louvre, il appelle en vain son beau-père à l’aide. Il meurt le 18 décembre 1415, à dix-huit ans.

La scène d’avril 1413 se situe en bordure de l’hôtel Saint-Pol, la résidence que Charles V s’était constituée hors des murs, entre la Seine, la rue Saint-Paul, la rue Saint-Antoine et la rue du Petit-Musc. Charles VI y tenait sa cour. Loti à partir de 1544, l’hôtel a disparu ; il en reste le nom du quartier Saint-Paul et le tracé des rues ouvertes sur ses jardins.

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Événement
1413
1413 — Hôtel du Petit Musc/Hôtel Neuf
p 172
Le dauphin Louis est inquièté par les insurgés Cabochiens qui enlèvent plusieurs de ses proches emmenés chez Jean sans Peur
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Événement
1413
28 avril 1413 — Bastide St Antoine/Forteresse de la Bastille
p172-173
Les Cabochiens assiègent la Bastille pour capturer l'ancien prévôt Pierre des Essarts qui s'y est réfugié. Il se rendra le lendemain sous promesse de grâce. Il sera malgré tout exécuté
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Événement
1413
22 mai 1413 — Hôtel St Pol/Hôtel St Paul
p 175-176
Nouvelle incursion des émeutiers cabochiens, les "chaperons blancs", dans l'Hôtel St Pol. Le dauphin Louis de Guyenne, aîné des fils de Charles VI, est insulté
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Événement
1413
1er juillet 1413 — Gibet des Halles/Croix des Halles
p 181
Exécution par décapitation de Pierre des Essarts, trahi par Jean sans Peur qui s'était engagé à le protéger pour obtenir sa reddition alors qu'il tenait la Bastille
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Événement
1413
juillet 1413
p 183
Les cabochiens font irruption lors d'une réunion de l'Échevinage et menacent les participants qui tentent d'organiser une médiation entre Armagnacs et Bourguignons
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Événement
1418
1er juin 1418
p 249-250
Les partisans Armagnacs du dauphin Louis tentent une entrée dans Paris dont la porte St Antoine leur a été ouverte, mais échouent après de violents combats. Le dauphin s'enfuit à Melun
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Événement
1418
12 juin 1418 — Grange St Éloi (transformée en prison)
p 251-252
Avant l’aube, une rumeur traverse la ville : les Armagnacs reviennent. Ce sont leurs prisonniers qui vont payer. Depuis la nuit du 28 au 29 mai 1418, Paris est aux Bourguignons : Perrinet Leclerc leur a ouvert la porte d …

Avant l’aube, une rumeur traverse la ville : les Armagnacs reviennent. Ce sont leurs prisonniers qui vont payer.

Depuis la nuit du 28 au 29 mai 1418, Paris est aux Bourguignons : Perrinet Leclerc leur a ouvert la porte de Buci. Dans les jours qui suivent, on rafle les partisans du connétable Bernard d’Armagnac, qui est pris lui-même ; les prisons de la ville débordent. Une contre-attaque armagnac lancée depuis la Bastille a échoué, et Paris vit dans la hantise d’un retour de l’ennemi.

Juste avant l’aube du 12 juin, une fausse alerte annonce qu’une armée armagnac approche de la porte Bordelle. Près de quatre mille personnes se massent sur la place de Grève. Des meneurs surgissent — un potier nommé Lambert, un étameur, quelques bouchers — et la foule réclame la mort des prisonniers et des étrangers. On massacre des arbalétriers génois, on pille le quartier des Italiens, on fouille les maisons des suspects.

Le soir, la foule force les prisons l’une après l’autre. À la Conciergerie, Bernard d’Armagnac et le chancelier Henri de Marle sont traînés dehors et battus à mort ; on grave la croix d’Armagnac sur le corps du comte. Vient ensuite la prison Saint-Éloi, installée dans la grange du prieuré, rue Saint-Paul : tous les détenus y sont tués, sauf l’abbé de Saint-Denis, Philippe de Villette, réfugié dans l’église et sauvé par Jean de Villiers de L’Isle-Adam. Le capitaine qui a pris Paris et Guy de Bar, entré avec lui, tentent en vain de s’interposer.

Au Petit Châtelet, les gardes laissent sortir les prisonniers un à un devant la foule, qui les tue et jette les corps à la Seine. Au Grand Châtelet, les détenus, armés par leurs gardiens, résistent des heures avant d’être submergés. La tuerie ne cesse que dans la matinée du 13 juin : entre mille et deux mille morts, parmi lesquels un connétable, un chancelier, plusieurs évêques et des maîtres de l’Université, comme le théologien Benoît Gentien — mais aussi des débiteurs, des petits délinquants, des femmes. Les corps restent plusieurs jours dans les rues.

Jean sans Peur n’est pas à Paris, et les historiens estiment que les chefs bourguignons n’eurent guère de part au massacre. Le dauphin Charles, réfugié à Bourges, s’en sert pourtant contre eux : le roi, dit-il, est prisonnier, et nul ordre venu de Paris ne doit être obéi. Le 21 août, une seconde tuerie, menée cette fois par le bourreau Capeluche, fera encore quelque trois cents victimes.

Rue Saint-Paul, rien ne signale la prison, qui occupait l’emplacement des n°s 36 et 38. La voûte du n° 36 ouvre toujours le passage qui la séparait de l’église Saint-Paul-des-Champs.

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Événement
1418
20 août 1418 — Prison du Châtelet
p 253-254
Les massacres d'Armagnacs reprennent dans la nuit du 20 au 21 août à la prison du Châtelet
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Événement
1418
20 août 1418 — Prison de la Bastille
p 253-254
Les massacres d'Armagnacs reprennent dans la nuit du 20 au 21 août à la Bastille, dont Jean sans Peur, venu pour s'interposer, finit par faire ouvrir les portes
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Événement
1418
1418 — Gibet des Halles/Croix des Halles
p 254
Après l'avoir protégé, Jean sans Peur fait décapiter Capeluche à qui il reproche, outre sa désobéissance, le fait de lui avoir serré la main en l'appelant "beau frère"
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Événement
1425
août 1425 – 1669
p 289
Réalisation de la “Danse macabre”, fresque célèbre du charnier des Saints-Innocents, commencée en août 1925 selon le "Bourgeois de Paris"
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Événement
1429
8 septembre 1429 — Porte St Honoré/Enceinte de Charles V
p 348
Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les …

Le 8 septembre 1429, fête de la Nativité de la Vierge, Jeanne d'Arc lance l'assaut sur la porte Saint-Honoré, dans l'enceinte de Charles V qui ceint la rive droite de Paris. La ville est tenue par les Bourguignons et les Anglais; le duc de Bedford, régent du roi Henri VI, en a fait le coeur du dispositif anglais en France. Depuis la victoire d'Orléans en mai et le sacre de Charles VII à Reims en juillet, Jeanne pousse vers la capitale; le roi la suit de loin, prudent, réticent.

Le 7 septembre, elle a campé à Monceau, village situé à l'emplacement de l'actuelle place de Lévis dans le 17e arrondissement. Le 8 au matin, accompagnée du duc d'Alençon, de Gilles de Rais et du maréchal de Boussac, elle porte ses troupes devant la porte Saint-Honoré, à l'emplacement approximatif de l'actuelle rue de l'Échelle. Des couleuvrines ont été installées sur la butte Saint-Roch pour appuyer l'assaut. Les fossés remplis d'eau qui protègent la porte sont larges et profonds; pour en mesurer la praticabilité, Jeanne s'avance elle-même jusqu'au bord et sonde la profondeur avec sa lance.

C'est là qu'un carreau d'arbalète la frappe à la cuisse. Elle refuse d'abord d'être emportée, continue d'exhorter ses troupes, ordonne de poursuivre l'assaut. Son porte-étendard est tué à ses côtés. Ce n'est qu'à la tombée du soir que ses capitaines la contraignent à se retirer; elle est soignée à la maison à l'enseigne des Genêts, près de l'actuelle place André Malraux, puis Gilles de Rais la ramène dans la nuit au village de La Chapelle, au nord de Paris, où elle avait établi son quartier général.

Le lendemain, Charles VII ordonne la retraite. Il refuse de recommencer l'assaut et rappelle ses troupes vers la Loire, faisant détruire le pont de bateaux pour ne pas laisser à Jeanne la possibilité d'agir seule. L'occasion de reprendre Paris est perdue. Jeanne, clouée au lit par sa blessure, ne peut qu'obéir au roi qu'elle a sacré deux mois plus tôt.

Paris restera sous domination anglaise et bourguignonne jusqu'en 1436, sept longues années après la blessure de la porte Saint-Honoré. Ce délai, Charles VII le devait à sa propre timidité. Il en fallait un peu moins pour comprendre ce que la prudence d'un roi peut coûter à ceux qui se battent pour lui.

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