Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café.
Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur Dallidet, responsable central de l’organisation et de la sécurité, y retrouve son agente de liaison Marguerite Lamy, qui travaille alors pour Jean Jérôme. Ils s’assoient, parlent de façon apparemment anodine, échangent des nouvelles de la famille ; Dallidet lui glisse discrètement une enveloppe de documents, ainsi qu’un paquet contenant une importante somme en devises et un peu d’or, destiné à l’appareil clandestin.
Ce que les deux militants ignorent, c’est qu’ils sont déjà dans le viseur des Brigades spéciales. La filature d’un responsable régional (Pican, en liaison avec la direction parisienne) a permis à la BS1 de remonter jusqu’aux cercles proches du centre du Parti. Quand Dallidet et Lamy quittent le café, à l’angle du boulevard Diderot et de la rue de Reuilly, les inspecteurs bondissent : un car de police arrive, des « ouvriers du comptoir » se révèlent être des policiers en planque, et les deux résistants sont arrêtés sur le trottoir.
L’enjeu est énorme. Dallidet, qui vient d’être livré à la police française puis aux Allemands, a sur lui ou vient de transmettre des listes de noms et d’adresses de l’appareil clandestin, ce qui entraînera une série d’arrestations, dont celle de l’importante agente de liaison « Betty » (Madeleine Passot). Il subit ensuite des interrogatoires et des tortures extrêmement violents à la Santé et dans les locaux de la Gestapo, sans parler selon les témoignages de ses codétenus, avant d’être fusillé au mont Valérien le 30 mai 1942.
Pour Marguerite Lamy, enceinte au moment de l’arrestation, commence un long parcours de détention, d’interrogatoires et de déportation, dont elle reviendra, contrairement à Dallidet.
[Emplacement précis inconnu: le 118 ou le 79 du bd Diderot]