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20 septembre 1870
Événement

Les futurs Communards se réunissent à l'Alcazar d'Hiver contre la capitulation devant la Prusse

Alcazar d'Hiver
Les futurs Communards se réunissent à l'Alcazar d'Hiver contre la capitulation devant la Prusse
Portrait de Jules Vallès.

Le lendemain du bouclage prussien de Paris, deux cent trente militants se retrouvent à l'Alcazar d'Hiver : ils ont tous les noms que l'on retrouvera sur les listes de la Commune, et ils refusent déjà la paix.

Le 19 septembre 1870, les armées prussiennes ont achevé leur mouvement d'encerclement autour de Paris. La capitale est coupée du reste de la France. Deux millions d'habitants sont enfermés avec le Gouvernement de la Défense nationale. Depuis la première semaine de septembre, les rumeurs courent sur des négociations secrètes : Jules Favre aurait rencontré Bismarck à Ferrières. Un armistice humiliant se dessine.

Le 20 septembre, au 10 de la rue du Faubourg Poissonnière, dans la grande salle de l'Alcazar d'Hiver, deux cent trente militants des Comités de vigilance tiennent assemblée générale. Ce sont les représentants des comités d'arrondissement nés dans les semaines qui suivirent la chute de l'Empire, les signataires des affiches rouges, les délégations qui iront à l'Hôtel de Ville demander des comptes au gouvernement bourgeois.

Les noms que la salle réunit ce soir-là sont ceux d'une liste d'honneur. Gustave Lefrançais, instituteur et anarchiste, futur membre de la Commune. Jules Vallès, romancier et journaliste, futur communard et exilé à Genève. Charles Longuet, gendre de Marx, futur élu de la Commune. Benoît Malon, futur représentant du 17e arrondissement. Jean-Louis Pindy, ouvrier imprimeur, futur délégué. Napoléon Gaillard, cordonnier, futur insurgé des barricades. Gustave Cluseret, officier républicain, futur délégué à la Guerre. Zéphyrin Camélinat, ouvrier bronzier, futur membre de la Commune.

L'assemblée rejette catégoriquement toute capitulation et toute négociation d'armistice. Elle réclame la guerre à outrance, l'armement de tous les hommes valides, la réquisition des vivres, des sorties en masse. Ces demandes reprennent point par point celles de l'affiche rouge du 15 septembre, que Jules Favre a refusé d'examiner.

L'Alcazar d'Hiver de septembre 1870 est une antichambre de la Commune. Ces deux cent trente hommes et femmes refusent ensemble, pour la première fois dans un cadre organisé, de laisser la bourgeoisie républicaine décider seule du sort de Paris. Cinq mois plus tard, le 18 mars 1871, ils seront au coeur de l'insurrection. Certains ne survivront pas à la Semaine sanglante.