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3 octobre 1941
Événement

Le Mouvement social révolutionnaire fait exploser sept synagogues de Paris dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941

Synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth
Le Mouvement social révolutionnaire fait exploser sept synagogues de Paris dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941
La synagogue de la rue Sainte-Isaure après l'attentat d'octobre 1941 (photo de la Bundesarchiv).

Entre deux et quatre heures du matin, des bombes explosent aux portes de sept synagogues parisiennes : ce sont des Français qui les ont posées, sur ordre allemand, avec des explosifs allemands.

Eugène Deloncle est un ingénieur polytechnicien, fondateur en 1935 du Comité secret d'action révolutionnaire, la Cagoule, organisation terroriste d'extrême droite responsable dans les années 1930 d'attentats et d'assassinats politiques, dont celui des frères Rosselli, antifascistes italiens. Sous l'Occupation, il fonde le Mouvement social révolutionnaire (MSR), formation collaborationniste qui met ses hommes au service des Allemands.

À l'automne 1941, Hans Sommer, responsable du service de renseignement allemand en France, prend contact avec Deloncle. Helmut Knochen, chef de la police de sûreté allemande à Paris, veut une opération d'envergure contre les Juifs de Paris. La méthode retenue est le faux nez : les attentats doivent apparaître comme des actes spontanés de Français antisémites, provoqués par les attentats de la Résistance communiste. Les Allemands fournissent les explosifs. Les Français les posent.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941, entre deux heures cinq et quatre heures cinq du matin, des bombes explosent aux portes des synagogues parisiennes : rue des Tournelles, rue Copernic, rue Notre-Dame de Nazareth, rue Pavée, rue Sainte-Isaure, la Grande Synagogue de la rue de la Victoire. Six selon les rapports de police, sept selon un correspondant à Vichy.

Les dégâts matériels sont importants. La synagogue de la rue Pavée, œuvre d'Hector Guimard, est endommagée. Deux policiers allemands sont blessés lors d'une explosion prématurée, ce qui provoquera une brouille interne du côté allemand.

L'opération est un moment charnière. Elle inaugure la violence physique contre les lieux de culte juifs à Paris, six semaines avant que ne s'organise la machine de la déportation. Elle établit la collaboration opérationnelle entre les services allemands et les groupes fascistes français.

Deloncle sera écarté du MSR en 1942, puis abattu par la Gestapo en novembre 1943 dans son appartement du 7e arrondissement. Ses protecteurs s'étaient lassés de lui.