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18 mars 1871
Événement

Barricade démolie pour laisser passer le cortège funèbre de Charles Hugo devant lequel les Fédérés présentent les armes

Barricade pendant la Commune
📍 1 rue de la Roquette — 11e arr. (à l'angle de la rue du Fbg St Antoine)
Barricade démolie pour laisser passer le cortège funèbre de Charles Hugo devant lequel les Fédérés présentent les armes
Daniel Vierge, Funérailles de Charles Hugo, 18 mars 1871

Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir ce que cette date allait devenir.

Le cortège part du 1er arrondissement en direction du cimetière Père-Lachaise. Il traverse un Paris en insurrection. Les rues sont barrées de barricades fraîchement érigées par les Fédérés, qui contrôlent désormais la majeure partie de la ville depuis la fuite de Thiers à Versailles. Rue de la Roquette, une barricade barre le passage. Les gardes nationaux qui la tiennent font ce que personne n'attendait : ils la démolissent pour laisser passer le cortège. Puis ils présentent les armes devant le cercueil.

Devant le corbillard marche Victor Hugo, épuisé, accablé. À ses côtés, Gustave Courbet et Jean-Baptiste Millière — deux hommes qui seront bientôt au cœur de la Commune. La scène dit quelque chose de la journée : au milieu du tumulte révolutionnaire, les Fédérés s'arrêtent pour honorer un mort. La révolution a ses rites, et l'un d'eux est le respect du deuil.

Victor Hugo notera dans son journal que les insurgés lui ont rendu cet hommage. Il n'approuvera pas la Commune — mais il refusera aussi la répression versaillaise. Ce 18 mars, entre deux barricades, il enterre son fils.