🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
📖 Les Barricades de la Commune COUBAND Claude
Bibliographie

Les Barricades de la Commune

COUBAND Claude
Les Amis de l'Histoire, 1968.
88 Fiches citant cet ouvrage
1968 Édition

Fiches citant cet ouvrage

88 fiches
Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune
p 87
Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir …

Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir ce que cette date allait devenir.

Le cortège part du 1er arrondissement en direction du cimetière Père-Lachaise. Il traverse un Paris en insurrection. Les rues sont barrées de barricades fraîchement érigées par les Fédérés, qui contrôlent désormais la majeure partie de la ville depuis la fuite de Thiers à Versailles. Rue de la Roquette, une barricade barre le passage. Les gardes nationaux qui la tiennent font ce que personne n'attendait : ils la démolissent pour laisser passer le cortège. Puis ils présentent les armes devant le cercueil.

Devant le corbillard marche Victor Hugo, épuisé, accablé. À ses côtés, Gustave Courbet et Jean-Baptiste Millière — deux hommes qui seront bientôt au cœur de la Commune. La scène dit quelque chose de la journée : au milieu du tumulte révolutionnaire, les Fédérés s'arrêtent pour honorer un mort. La révolution a ses rites, et l'un d'eux est le respect du deuil.

Victor Hugo notera dans son journal que les insurgés lui ont rendu cet hommage. Il n'approuvera pas la Commune — mais il refusera aussi la répression versaillaise. Ce 18 mars, entre deux barricades, il enterre son fils.

Voir la fiche →
Événement
1871
27 février 1871
p 89
Des canons prélevés aux remparts pour les soustraire à l'accord conclu entre le gouvernement de Versailles et les prussiens sont entreposés autour de la salle de la Marseillaise. 31 pièces sur 417 au total
Voir la fiche →
Événement
1871
27 février 1871
p 89
Des canons soustraits à l'accord conclu entre le gouvernement de Versailles et les prussiens sont entreposés à La Chapelle. 45 pièces sur 417 au total
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871
p 89
Les attelages destinés à emporter les canons de Montmartre sont stationnés à la Concorde, ce qui ralentira significativement les opérations et permettra aux Fédérés de s'organiser
Voir la fiche →
Événement
1871
27 février 1871
p 89
Les canons ramenés depuis la place Wagram à Montmartre sont entreposés boulevard Ornano dans un premier temps, avant d'être remontés au sommet de la Butte.171 pièces sur 417 au total soustraites aux prussiens
Voir la fiche →
Événement
1871
11 mars 1871
p 89-90
Première tentative de reprise du canon "Alsace-Lorraine" par le 59ème bataillon sur ordre de Vinoy ; les Fédérés s'y opposent à l'appel d'Allemane, soutenus par la population
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
p 89
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Carrefour Barbès Rochechouart
p 91
Les soldats du 88ème de marche fraternisent avec la foule et la Garde nationale. Colonel et chef de bataillon sont arrêtés
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871
p 91
Point de rassemblement des troupes de Paturel à 3 heures du matin pour récupérer les canons du Moulin de la Galette sur ordre de Thiers
Voir la fiche →
Événement
1870
31 décembre 1870 — Café Tortoni
p 95
Menu de réveillon chez Tortoni, pendant le siège, alors que des parisiens meurent de faim : "Tête de veau, tortue à l'huile, filet de bœuf, pommes sautées, cèpes à la bordelaise, salade, sorbet au rhum, soufflé, fromages …

Menu de réveillon chez Tortoni, pendant le siège, alors que des parisiens meurent de faim : "Tête de veau, tortue à l'huile, filet de bœuf, pommes sautées, cèpes à la bordelaise, salade, sorbet au rhum, soufflé, fromages, fruit"

Voir la fiche →
Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 103-104
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
Voir la fiche →
Événement
1869
juillet 1869 — Demeure de Paul et Laura Lafargue
p 105
Marx fait un voyage clandestin de 6 jours à Paris chez sa fille et son gendre
Voir la fiche →
Événement
1870
5 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Comité central des Vingt arrondissements
p 109
Création du Comité central provisoire, qui devint le Comité central républicain des Vingt arrondissements, représentant les Comités de vigilance ; émanations de l'A.I.T.
Voir la fiche →
Événement
1870
22 septembre 1870
p 111-112
Une centaine de chefs de bataillons et 2 000 hommes demandent des comptes au gouvernement sur les manœuvres de Jules Favre avec les prussiens et pour réclamer pour la première fois une "Commune". Ils reviendront le 26
Voir la fiche →
Événement
1870
5 octobre 1870
p 113
Dix bataillon, dont 5 de Flourens, se rassemblent pour réclamer une offensive contre les prussiens. Flourens rend à Trochu son titre de "major des barricades" qui lui avait été attribué
Voir la fiche →
Événement
1870
8 octobre 1870
p 113-114
Nouvelle manifestation de 5 000 gardes nationaux venant réclamer une offensive contre les prussiens. Ils sont noyés par des bataillons du Fbg St Germain et du quartier de la Bourse. Une harangue de Jules Favre noie le po …

Nouvelle manifestation de 5 000 gardes nationaux venant réclamer une offensive contre les prussiens. Ils sont noyés par des bataillons du Fbg St Germain et du quartier de la Bourse. Une harangue de Jules Favre noie le poisson

Voir la fiche →
Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 118-120
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

Voir la fiche →
Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 118-120
Un garibaldien de Tibaldi parvient à ouvrir les verrous, permettant aux Insurgés d'investir l'Hôtel de Ville ; le gouvernement négocie mais ne respectera pas ses engagements. Trochu a réussi à s'échapper
Voir la fiche →
Événement
1871
5 janvier 1871
p 123
Premier obus prussien tombé sur Paris pendant le siège ; lieu cité en concurrence avec la rue Le Marois. Il en tombera environ 7 000 pendant le siège, de 200 à 500 par jour
Voir la fiche →
Événement
1871
6 janvier 1871 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
p 123-124
Publication de la "seconde affiche rouge", portée par 140 signataires, réclamant la Commune et la poursuite de la guerre
Voir la fiche →
Événement
1871
5 janvier 1871
p 123-124
Rédaction de la seconde "affiche rouge" dont le texte se termine par les mots "Place au Peuple ! Place à la Commune"
Voir la fiche →
Événement
1871
22 janvier 1871
p 126
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
Voir la fiche →
Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 131
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

Voir la fiche →
Événement
1871
26 février 1871
p 131-132
Quatre bataillons de l'armée régulière reçoivent l'ordre d'occuper la place de la Bastille. Ils fraternisent avec la foule et doivent se retirer
Voir la fiche →
Événement
1871
26 février 1871
p 132
Parc provisoire des canons ramenés de la place Wagram pour les soustraire aux troupes prussiennes
Voir la fiche →
Événement
1871
26 février 1871 — Balcon de l'immeuble du 2 bd Richard-Lenoir
p 132
Pelata veut pendre Vincenzini au balcon de l'immeuble ; il en est empêché par une habitante
Voir la fiche →
Événement
1871
26 février 1871
p 132-133
Un bataillon du 4ème arrondissement, conduit par son commandant, prend l'initiative de récupérer les canons abandonnés par les versaillais place Wagram et de les ramener place des Vosges
Voir la fiche →
Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 132
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
Voir la fiche →
Événement
1871
27 février 1871
p 132-133
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

Voir la fiche →
Événement
1871
1 mars 1871
p 133
Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capi …

Le 1ᵉʳ mars 1871, Paris vit l’une de ses journées les plus amères. En vertu des préliminaires de paix négociés à Versailles, 30 000 soldats allemands sont autorisés à occuper symboliquement les quartiers ouest de la capitale : ils doivent entrer par l’avenue de Neuilly, franchir la barrière de l’Étoile et descendre vers la Concorde. Vers 10 heures, les premières colonnes se présentent au bout de l’avenue de la Grande‑Armée : casques à pointe, manteaux gris, fifres et tambours en tête.

Autour d’eux, la ville s’est organisée pour exprimer son deuil et sa colère sans déclencher d’affrontement. Les statues de la place de la Concorde, notamment celle de Strasbourg, sont voilées de crêpe noir ; des couronnes et des fleurs sont déposées au pied des monuments. Des prolonges d’artillerie et des caissons ferment l’accès aux rues qui mènent vers les quartiers non occupés : les Parisiens ont vidé la zone, tandis que plus de cent mille gardes nationaux montent la garde en limite du périmètre assigné aux troupes prussiennes. Sur l’avenue de la Grande‑Armée et les Champs‑Élysées, les régiments allemands défilent presque dans le vide : peu de Parisiens aux fenêtres, presque aucun drapeau, une atmosphère de paysage figé.

Bismarck et Moltke, chefs civil et militaire de l’Empire allemand, ne s’aventurent guère dans la capitale : Bismarck s’avance un moment sur l’avenue de la Grande‑Armée, est reconnu et sifflé, puis fait demi‑tour ; Guillaume Iᵉʳ, qu’on annonçait à l’Élysée, n’entrera finalement pas dans Paris, l’Assemblée ayant ratifié très vite les préliminaires de paix pour hâter le départ des troupes. Le 3 mars au matin, la parade victorieuse prend fin : les derniers détachements quittent la ville par la même avenue, sous les regards d’une foule populaire qui, cette fois, suit les colonnes au plus près, gamins en tête.

Pour les contemporains, cette entrée du 1ᵉʳ mars reste un traumatisme symbolique : Paris, qui a tenu le siège pendant des mois, voit passer sous l’Arc de Triomphe et sur les Champs‑Élysées l’armée ennemie, sans pouvoir tirer un coup de feu. Dans les quartiers populaires, beaucoup considèrent que la vraie bataille est désormais à venir, non plus contre les Prussiens, mais contre le gouvernement de Thiers retranché à Versailles ; quelques jours plus tard, cette tension se déplacera vers les canons de la Garde nationale, et mènera à l’insurrection du 18 mars.![[Parade Prussienne dans Paris, mars 1871|Parade Prussienne à Paris 1871.jpeg]]

Parade Prussienne dans Paris, mars 1871

Voir la fiche →
Événement
1871
1 mars 1871 — Barricade improvisée marquant la limite d'occupation par les prussiens
p 133
Voir la fiche →
Événement
1871
3 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 136
Adoption des statuts de la Fédération républicaine de la Garde nationale, dite plus simplement Fédération de la Garde nationale, par les délégués de 215 bataillons. Unification avec le "Comité fédéral républlicain"
Voir la fiche →
Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 137
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix. Quand Arnold procla …

Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix.

Quand Arnold proclame les noms des élus ce soir-là, les 38 membres du nouveau Comité central n'ont rien des chefs politiques habituels. Pas de tribuns connus, pas de notables. Ce sont des délégués issus des conseils de légion et des bataillons de chaque arrondissement — deux par arrondissement, plus un chef de bataillon par légion.

Leurs noms parlent peu à l'opinion : Assi, mécanicien à Creusot, Varlin, relieur, Maljournal, Clémence, Demeule, Géresme, Bouit. Sur les 38, une quinzaine appartiennent à l'Internationale ouvrière ou aux chambres syndicales. Quelques blanquistes. Des hommes qui ont fait leur apprentissage dans les réunions de bataillons pendant le siège, pas dans les cercles républicains bourgeois. C'est précisément ce qui les distingue de tous les comités révolutionnaires qui ont précédé.

Sur la question du commandement militaire, l'assemblée est unanime — à une voix près : elle refuse d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers, et proclame Garibaldi général en chef. Le héros de l'unité italienne déclinera le poste, mais le geste compte : le Comité central ne reconnaît d'autorité qu'à ses propres élus.

Trois jours plus tard, après l'insurrection du 18 mars, ces 38 inconnus se retrouveront à l'Hôtel de Ville, à gouverner Paris. Ils convoqueront les élections de la Commune, lèveront l'état de siège, rétabliront la liberté de la presse, suspendront les expulsions. Leur légitimité : le suffrage des bataillons populaires de Paris.

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Bal de la Tour de Solférino
p 139
Le Garde national Fédéré Turpin, de faction au poste de garde de la tour de Solférino, est abattu par les gendarmes et les soldats du 88ème de ligne qui viennent récupérer les canons de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1871
17 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 139
Ce soir-là, au ministère des Affaires étrangères, Thiers a tranché. Autour de lui : Vinoy, gouverneur militaire de Paris, Aurelle de Paladines, nommé commandant de la Garde nationale, Valentin, nouveau préfet de police, …

Ce soir-là, au ministère des Affaires étrangères, Thiers a tranché. Autour de lui : Vinoy, gouverneur militaire de Paris, Aurelle de Paladines, nommé commandant de la Garde nationale, Valentin, nouveau préfet de police, et Jules Ferry, maire de Paris. Le conseil est élargi aux chefs militaires — c'est en réalité un conseil de guerre.

La décision est simple dans son principe : avant l'ouverture de la session de l'Assemblée à Versailles le 20 mars, l'armée reprendra les canons de la Garde nationale fédérée — 227 pièces entreposées à Montmartre et Belleville, achetées par souscription populaire pendant le siège prussien. L'opération doit être menée avant l'aube, par surprise. Dans un second temps, les principaux meneurs révolutionnaires seront arrêtés.

Thiers est pressé d'agir. Il a déjà échoué deux fois : le 8 mars au Luxembourg, le 16 mars place des Vosges. Cette fois, le plan semble imparable. La neige et la pluie des derniers jours auront dispersé les gardes. Un ordre — signé frauduleusement au nom de Clemenceau, maire du 18e — a renvoyé les factionnaires dans leurs foyers. Vinoy et Aurelle de Paladines jugent l'opération prématurée et font remarquer qu'il faudrait près de 2 000 chevaux pour déplacer toutes les pièces. Thiers balaie leurs réserves.

Dans la nuit, une proclamation est placardée dans Paris : les « hommes malintentionnés » qui ont élevé des retranchements et « braqué des canons » vont être livrés à la justice. La décision est prise. Il reste à l'exécuter.

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871
p 141
Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !" Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas l …

Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !"

Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas là. La foule, elle, est bien présente — et grossit à chaque minute. Place Saint-Pierre, au bas de la butte, des centaines de personnes font face aux soldats. Des femmes, des enfants, des ouvriers du quartier. Ils n'attaquent pas. Ils s'interposent, parlent aux soldats, s'approchent des canons. La situation échappe à tout contrôle militaire.

Lecomte, à bout, donne l'ordre à sa cavalerie : « Sabrez-moi cette canaille ! »

L'ordre ne sera pas exécuté. Les cavaliers restent immobiles. Ce n'est pas de la lâcheté — c'est quelque chose de plus profond qui se passe dans les rangs : ces soldats ne reconnaissent pas dans cette foule désarmée un ennemi à abattre. Certains ont eux-mêmes des parents dans ces quartiers. Beaucoup ont souffert du siège comme les Parisiens. Le mot « canaille » a achevé de retourner les cœurs.

C'est le témoin Noël de Poussargues qui rapportera cet ordre, l'un des plus compromettants de la journée. Il résume à lui seul la logique de Versailles face à Paris populaire — non pas une opération militaire, mais une démonstration de force contre le peuple désarmé. La propagande versaillaise s'emploiera ensuite à effacer ou minimiser ces mots. Ils resteront dans les mémoires communardes comme l'un des éléments qui rendirent l'exécution de Lecomte, quelques heures plus tard, inévitable aux yeux de la foule.

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871
p 141
Les troupes du 88ème régiment de ligne fraternisent avec la garde nationale et la foule
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871
p 142
Une soixantaine de gendarmes qui accompagnaient les troupes de ligne et qui avaient refusé de fraterniser avec les gardes nationaux Fédérés sont conduits et enfermés à la mairie de Montmartre
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 143
Thiers convainc le gouvernement d'évacuer Paris, son vieux plan qui consiste à reculer pour mieux réprimer ; puis il s'enfuit. Il donne l'ordre d'évacuer les casernes pour rassembler les troupes à Versailles
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 143
Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez l …

Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez la Comtesse Taverna

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 144
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 144-146
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 144-145
Le capitaine garibaldien Herpin-Lacroix sera fusillé à Satory pour avoir proposé de constituer une cour martiale afin de juger le général Clément-Thomas, le but étant de le sauver en gagnant du temps. Acharnement meurtri …

Le capitaine garibaldien Herpin-Lacroix sera fusillé à Satory pour avoir proposé de constituer une cour martiale afin de juger le général Clément-Thomas, le but étant de le sauver en gagnant du temps. Acharnement meurtrier de Versailles

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne Napoléon
p 146
Des Fédérés tentent de pénétrer de force dans la caserne, occupée par le régiment du colonel Lespiau. Les officiers donnent l'ordre d'ouvrir le feu mais les soldats refusent. Les officiers tirent alors eux-mêmes sur les …

Des Fédérés tentent de pénétrer de force dans la caserne, occupée par le régiment du colonel Lespiau. Les officiers donnent l'ordre d'ouvrir le feu mais les soldats refusent. Les officiers tirent alors eux-mêmes sur les assaillants

Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne du Prince Eugène/Caserne Vérines
p 146
Le général Brunel et Maxime Lisbonne prennent la caserne du Château d'Eau avec 2 bataillons de la 10ème légion de la Garde nationale
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Hôtel de Rohan/Imprimerie nationale
p 146
Pindy et Debock s'emparent de l'imprimerie nationale avec le 86ème bataillon de la Garde nationale ; Louis Debock en prend la direction
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871
p 146-147
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Appartement de Guillaume Calmon
p 147
Les ministres qui ont fui le ministère des Affaires étrangères où ils ont failli se faire prendre, se réunissent une dernière fois à Paris le soir du 18 mars, avant de filer à Versailles
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
p 147
Prise de la mairie du 1er arrondissement occupée par les maires et les députés républicains ; Duval déclare "vous ne pouvez tenir ; vos femmes sont en larmes, les nôtres ne pleurent pas"
Voir la fiche →
Événement
1871
18 mars 1871 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
p 148
Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet. Vers vingt-trois heures, J …

Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet.

Vers vingt-trois heures, Jules Ferry abandonne l'Hôtel de Ville. Le bâtiment, déserté par le dernier représentant du gouvernement légal à Paris, est aussitôt investi par les fédérés. Au fronton, le drapeau rouge remplace le tricolore.

Dans la salle Saint-Jean, le Comité central de la Garde nationale prend ses quartiers. Brunel, Moreau, Varlin, Bergeret, Eudes, Duval, Rigault, Jourde — les hommes qui ont suivi la journée depuis Montmartre se retrouvent là, face à une responsabilité qu'aucun n'avait tout à fait anticipée. Paris est à eux. Versailles est en fuite.

Quelqu'un évoque une marche immédiate sur Versailles. L'idée est là, brûlante, logique même : Thiers n'a pas encore reconstitué ses forces, la route est ouverte. Mais le Comité hésite. Il n'a pas de mandat pour gouverner la France — seulement pour défendre la Garde nationale parisienne. Il annonce des élections municipales et s'en tient là.

Ce scrupule de légitimité, que ses adversaires interpréteront comme une faiblesse fatale, dit quelque chose d'essentiel sur ces hommes : révolutionnaires, oui, mais républicains d'abord.

Voir la fiche →
Événement
1871
20 mars 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 149-150
Un des quartiers généraux des "Amis de l'ordre" contre la Commune. Les maires et les adjoints s'y sont installés et prétendent représenter le pouvoir, face au Comité central de la Garde nationale
Voir la fiche →
Événement
1871
19 mars 1871 — Banque de France
p 150
Démarche auprès de la Banque de France, effectuée par 11 membres du Comité central de la Garde nationale, pour lui demander 1 million ; elle ne lâchera que 15 millions pour la Commune, contre 257 pour Versailles Le lende …

Démarche auprès de la Banque de France, effectuée par 11 membres du Comité central de la Garde nationale, pour lui demander 1 million ; elle ne lâchera que 15 millions pour la Commune, contre 257 pour Versailles

Le lendemain du soulèvement, le Comité central a besoin d'argent. Onze de ses membres — Varlin, Jourde, Assi, Billioray et sept autres — se présentent rue La Vrillière, au siège de la Banque de France. La demande est modeste : un million de francs pour faire tourner Paris.

Le gouverneur Gustave Rouland les reçoit. L'entretien est courtois, presque surréel : d'un côté des ouvriers et artisans en armes, maîtres depuis la veille de la capitale ; de l'autre un grand commis de l'État habitué à traiter avec des ministres. Rouland temporise, consulte, oppose des procédures. La Banque n'est pas une caisse publique, dit-il en substance. Elle ne peut débloquer des fonds sans garanties légales.

La délégation repart sans le million. C'est Varlin et Jourde qui, dans les semaines suivantes, géreront les finances de la Commune avec une rigueur scrupuleuse — trop scrupuleuse, diront certains. La Commune ne touchera jamais aux trois milliards de billets de banque stockés dans les caves de la rue La Vrillière, à portée de main. Elle obtiendra en tout 15 millions, accordés au compte-gouttes par une institution qui joue double jeu.

Le gouvernement de Versailles, lui, recevra de la même Banque 257 millions — pour financer, entre autres, l'armée qui écrasera la Commune en mai.

Voir la fiche →
Événement
1871
22 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 150
Paschal Grousset s'empare du ministère au nom de la Commune ; devenu délégué aux Affaires extérieures, il ne remet pas en cause la paix signée avec Bismarck
Voir la fiche →
Événement
1871
22 mars 1871
p 151-152
Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale. Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand …

Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale.

Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand Hôtel, cocardes bleues à la boutonnière, ils convergent vers la place Vendôme au cri de : Vive l'ordre ! Vive la loi ! Sous la colonne, leur colonne — celle que Napoléon avait fait fondre avec le bronze des canons d'Austerlitz — ils entendent signifier au Comité central que Paris bourgeois existe encore.

Ils sont en majorité bonapartistes. L'ironie ne leur échappe peut-être pas, ou peut-être si : manifester pour l'ordre légal quatre jours après que Thiers a fui Paris en laissant la ville aux insurgés demande une certaine souplesse de conviction.

Jules Bergeret les attend. Commandant fédéré, il a déployé ses hommes autour de la place. La confrontation tourne à la fusillade — les gardes nationaux ouvrent le feu sur les manifestants qui s'enfuient. Le bilan est lourd : quinze morts et une dizaine de blessés parmi les manifestants, tous issus de l'aristocratie, de la finance et de la presse parisiennes.

C'est la première tentative organisée de la réaction parisienne contre le Comité central. Elle échoue, mais laisse des morts — ce qui radicalise les deux camps. Versailles en tirera argument. Dans six semaines, ce sera différent.

La colonne Vendôme, elle, sera abattue le 16 mai. Courbet en assumera la responsabilité, à ses dépens.

Voir la fiche →
Événement
1871
22 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 152
Arrestation de Charles Lullier, dont Martin a dénoncé les visées dictatoriales, par le capitaine Fossé sur l'ordre d'Assi, avec l'aide de Maxime Lisbonne. Brunel, Eudes et Duval sont nommés chefs militaires à sa place
Voir la fiche →
Événement
1871
28 mars 1871
p 153
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

Voir la fiche →
Événement
1871
10 mai 1871
p 161-162
Rossel passe en revue les troupes, convoquées selon certains pour la reprise du fort d'Issy, pour d'autres afin de tenter un putsch sur la Commune. Faute d'effectifs il renonce et donne sa démission
Voir la fiche →
Événement
1871
5 mai 1871 — Église St Roch/Club Roch
p 164-165
Le curé de St Roch tente de s'opposer à la tenue d'une réunion dans son église. Pillot "nous sommes propriétaires des églises. Nous vous les laissons pendant le jour, mais de 7h à minuit, elles seront affectées à des réu …

Le curé de St Roch tente de s'opposer à la tenue d'une réunion dans son église. Pillot "nous sommes propriétaires des églises. Nous vous les laissons pendant le jour, mais de 7h à minuit, elles seront affectées à des réunions publiques"

Voir la fiche →
Événement
1871
29 avril 1871 — Église St Germain l'Auxerrois/Club Germain l'Auxerrois/Club des Libres Penseurs/Club de femmes
p 165
Club de femmes pendant la Commune de 1871, animé par Lodoïska Kawecka. Une cantinière des "Vengeurs de Paris VIII" propose de voter en faveur du divorce
Voir la fiche →
Événement
1871
21 mai 1871
p 171
Le matin-même du 21 mai, Lefrançais constate que la poterne, sous le déluge de feu de l'artillerie versaillaise, est abandonnée par les Fédérés. Il envoie un rapport à Delescluze, qui ne lui parviendra pas
Voir la fiche →
Événement
1871
22 mai 1871 — Cimetière d'Auteuil/Lieu de massacre de Communards
p 173
Massacre de 68 Fédérés pendant la Semaine sanglante, fusillés contre le mur du cimetière d'Auteuil
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
12 avril 1871
p 173
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 174
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
Voir la fiche →
Événement
1871
24 mai 1871
p 174
Résistance à l'avancée des troupes de versailles pendant la Semaine sanglante
Voir la fiche →
Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 174
Voir la fiche →
Événement
1871
25 mai 1871 — Mairie du 11ème arrondissement (dans la bibliothèque)
p 175
Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évac …

Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évacuée à minuit

Voir la fiche →
Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 176
Voir la fiche →
Événement
1871
27 mai 1871 — Ancienne mairie du 20ème arrondissement (de 1847 à 1875)
p 176
Voir la fiche →