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14 novembre 1793
Événement

Chabot court dénoncer la « conspiration de l’étranger »

Maison Duplay, où loge Robespierre : Chabot vient l’y réveiller
📍 398 rue Saint Honoré anciennement : 366 rue St Honoré Aussi : Hôtel de Brionne · 19 rue d' Anjou
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François Chabot (1759-1794), ancien capucin, député montagnard, gravé par François Bonneville (musée Carnavalet). François Bonneville · Paris Musées · CC0 — Wikimedia Commons

Le 14 novembre 1793 au matin, le député François Chabot réveille Robespierre, puis se rend au Comité de sûreté générale : il tient, dit-il, le fil d’une conspiration contre la République. Il en est lui-même.

Chabot, ancien capucin devenu député montagnard, a une semaine terrible derrière lui. Il a critiqué la Terreur et le droit des comités d’arrêter des députés : « S’il n’y a pas de côté droit, j’en formerai un à moi tout seul, dussé-je perdre la tête. » La Convention l’a suivi le 20 brumaire, puis s’est déjugée le 22. Le 23 au soir, les Jacobins le couvrent de huées et nomment une commission d’enquête. On parle beaucoup de son mariage : le 6 octobre, il a épousé Léopoldine Frey, sœur de deux banquiers venus de Moravie, avec une dot de 200 000 livres. Il a reçu chez lui, cinq jours plus tôt, le baron de Batz, recherché par la police. Et il a dans ses papiers un paquet de 100 000 livres en assignats dont il serait bien en peine d’expliquer l’origine : c’est le prix de la signature de Fabre d’Églantine au bas du faux décret de liquidation de la Compagnie des Indes.

Le 24 brumaire, il prend les devants. Il va trouver Robespierre, rue Saint-Honoré. « Je viens te réveiller, mais c’est pour sauver la patrie ; je tiens le fil de la conspiration la plus dangereuse qui ait été tramée contre la liberté. » Des banquiers et des agents de l’étranger achètent des députés pour déshonorer la Convention ; lui-même a fait semblant d’entrer dans le complot pour mieux le déjouer. De là, il passe au Comité de sûreté générale, à l’hôtel de Brionne, sur le Carrousel : à dix heures, il y fait sa dénonciation de vive voix. Le 26, à deux heures du matin, il revient avec quatorze pages manuscrites et dépose les 100 000 livres « comme un commencement de preuve ». Il exige un reçu, qu’il appelle son « sauf-conduit ».

Le sauf-conduit tient vingt-quatre heures. Le 27 brumaire, à trois heures du matin, les deux comités ordonnent l’arrestation de Chabot, de Basire, de Delaunay et de Julien de Toulouse. Un officier de paix vient chercher Chabot chez lui, rue d’Anjou, et le conduit à la prison du Luxembourg. Julien de Toulouse s’échappe : il se cache, de son propre aveu, dans les bureaux mêmes du Comité. Fabre d’Églantine reste libre jusqu’en janvier.

La dénonciation de Chabot donne au gouvernement révolutionnaire ce qu’il soupçonnait : l’argent de la finance travaille la Montagne de l’intérieur. Le rapporteur Amar le dira sans détour : « Chabot a été le proxénète du faux décret, Fabre a été le fabricateur. » Le 16 germinal an II, Chabot, Fabre, Basire, Delaunay et les deux frères Frey montent à l’échafaud avec Danton.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.