Omnibus parisien de l’Entreprise générale des omnibus de Stanislas Baudry. Lithographie d’Auguste Raffet de 1828. Source: France-pittoresque
Création de la 1ère ligne d'omnibus à chevaux à Paris. Dérivé du latin "Omnes Omnibus". Viendront ensuite les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises et les Tricycles.
Le 11 avril 1828, place de la Madeleine, part le premier omnibus parisien — une grande voiture à chevaux pouvant transporter quatorze voyageurs, tirée par trois chevaux, desservant la ligne Madeleine-Bastille toutes les quinze minutes. Le prix du trajet : vingt-cinq centimes, quelle que soit la distance. Le mot vient du latin omnibus, datif pluriel de omnis : « pour tous ». C'était l'idée — un véhicule accessible à tous, pas seulement aux riches qui pouvaient se payer un fiacre.
L'inventeur s'appelle Stanislas Baudry, ancien colonel de l'Empire mis en demi-solde sous la Restauration. Il exploitait une minoterie et des bains publics à Nantes, et avait organisé une navette pour amener les clients depuis le centre-ville jusqu'à son établissement. Il remarqua que ses voitures prenaient des passagers en cours de route, qui n'allaient pas aux bains mais voulaient simplement se déplacer. Il abandonna les bains, obtint l'autorisation du préfet de police De Belleyme en janvier 1828, et vint à Paris monter son Entreprise Générale des Omnibus avec dix lignes simultanées.
Le succès fut foudroyant — entre avril et octobre 1828, plus de deux millions et demi de voyageurs empruntèrent les omnibus parisiens. En quelques mois, une quinzaine de compagnies concurrentes envahirent le pavé, portant des noms charmants : les Dames blanches, les Favorites, les Écossaises, les Carolines, les Batignollaises, les Hirondelles, les Gazelles. Chacune avait ses couleurs, ses itinéraires, sa clientèle. Paris se dotait d'un réseau de transport en commun — précurseur de la future Compagnie Générale des Omnibus, ancêtre de la RATP.
Baudry, lui, ne vit pas son succès prospérer. Laminé par la concurrence et criblé de dettes, il se suicida en mars 1830 en se jetant dans le canal Saint-Martin. Le dernier omnibus hippomobile circula à Paris le 11 janvier 1913 — à corriger sur la fiche, qui indique 1912.
L'omnibus à chevaux circula jusqu'en 1912, progressivement supplanté par le tramway électrique puis par l'autobus. Baudry, lui, ne vit pas son succès durer : criblé de dettes malgré la popularité de ses véhicules, il se suicida en 1830, deux ans après son invention.